CHAPITRE III
Siège et principe de V Hystérie.
Passons maintenant à l'examen du siège et de îa cause interne ou immédiate de cette affection.. Si l'on cherche à connaître quel est le siège de
cette maladie, et quel arrangement des organes de la femme produisent les phénomènes de l'hystérie , on est bientôt convaincu que l'utérus est le siège de cette névrose, et qu'il existe vers cet organe une irritation, un spasme, qui se fait le plus souvent sentir aux malades elles-mêmes, et qui est indépendant d'une lésion organique ou d'une altération de tissu : passio hysterica sœpè oritur, ubi nullum omnino uteri vitium organicum adest, quant tamen causant in utero hœrere ipsœ sentiant œgrœ et fateantur. Pendant les accès d'hystérie , la main placée sur l'hypogastre reconnaît un mouvement vermiculaire, qui se fait également sentir au doigt introduit dans le vagin.
Les accidens qui se manifestent hors de l'utérus sont produits par une action sympathique.
Ce sont les nerfs de cet organe qui influent sur tout le système nerveux de l'économie. Dans un petit nombre de circonstances , le système nerveux général peut être affecté primitivement, et modifier à son tour l'action nerveuse ou la sensibilité de l'utérus. Quand la maladie est produite par l'énergie du système générateur , on pourrait présumer que la présence d'une liqueur spermatique très-abondante provoque le spasme de cet organe, et par suite, celui de tout le système nerveux général. Ce qui semble confirmer notre opinion, c'est l'extrême fréquence de l'hystérie
chez les femmes dont l'imagination est très-lascive, ou le tempérament utérin très-développé, et la guérison qui résulte presque toujours de l'union des sexes.
Ne sait-on pas qu'une pratique infâme, clitoridis titillatio, id est, uteri secretio, dissipe le plus souvent les accès? Mais lorsqu'il existe une inclination contrariée, et qui s'était manifestée avant le développement des accidens de l'hystérie , il est très-probable alors que le moral a été primitivement affecté, et que le système nerveux général a influé sur celui de l'appareil génital, et a produit ainsi l'affection hystérique : dans ce cas, la pléthore spermatique peut exister, mais elle est consécutive. De même, quand les anomalies de la menstruation , et surtout la suppression des règles, ont amené cette névrose, on peut présumer que le reflux du sang irrite tous les nerfs de l'économie ; car souvent les symptômes de la turgescence sanguine surviennent vers la tête ou la poitrine , et l'affection de l'utérus n'en est que la conséquence.