ARTICLE UNIQUE
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§ i". — Phimosis.
Il y a phimosis quand le gland ne peut être découvert parle prépuce. Il existe, ordinairement alors, prolongement, rétrécissement plus ou moins considérable de cette enveloppe ; ou bien les parties que le pré. puce doit recouvrir se sont tuméfiées, quelquefois il est survenu des tumeurs, des excroissances qui empêchent les mouvements de cette enveloppe. L'ouverture du prépuce permettait bien au gland de sortir quand il était à l'état normal ; mais, tuméfié, hypertrophié ou couvert de végétations, il ne peut plus passer. Le phimosis est plus ou moins complet, selon que le rétrécissement de l'ouverture préputiale est plus ou moins prononcé.
Cette disposition du prépuce qui empêche le gland d'être mis à découvert peut être congénitale ; le prépuce alors a persisté dans son état primitif, comme on le voit dans les premiers temps de la vie. Hais une irritation, une ulcération quelconque, un chancre, peuvent développer lepré(flice au point de lui faire ensevelir le gland. Cet effet se produit, le plus souvent, à la suite de la balanite, rarement à la suite de la blennorrhagie urétrale, excepté quand il y a complication de lymphite et d'abcès péri-urétraux. On voit souvent le phimosis avec le chancre.
car celui-ci étant entouré de plus ou moins d'induration^ ilyaépaississement, absence de souplesse ; c'est quelquefois au point que le prépuce ressemble à une toque qui renfermerait le gland. J'ai déjà signalé cette forme du chancre induré: c'est Tinduration diffuse. La rétrocession nécessaire au découvrementde l'extrémité de la verge devient alors impossible ou dangereuse^ car il peut s'ensuivre un paraphimosis.
Les chancres sont vers la base du gland ou plus ou moins voisins du limbe du prépuce. Lorsqu'ils bordent le limbe méme^ ils peuvent, s'ils sont nombreux, empêcher le découvrement du gland pendant la turgescence inflammatoire, et, plus tard, par les cicatrices qui leur succèdent, lesquelles forment une véritable stricture ; de là un phimosis accidentel permanent. Le phimosis accidentel peut aussi devenir permanent par des brides, des adhérences qui ont rendu le prépuce et le gland continus là où ils ne doivent être que contigus.
Ce ne sont pas seulement les accidents dits primitifs qui peuvent donner lieu au phimosis ; les éruptions dites secondaires, les tubercules plats, hypertrophient plus ou moins le prépuce, le rétrécissent, le rendent moins souple.
Les inflammations, les chancres et autres lésions qui ont produit le phimosis, peuvent être aggravés par le phimosis lui-même ; l'eflfet devient cause et cause complicative : c'est ainsi que, par le fait du phimosis accidentel, il s'établit un certain degré d'étranglement; de là plus ou moins d'oblitération de la cavité préputiale et difficulté dans l'épanouissement des tissus enflammés. Quand c'est surtout le prépuce qui est phlogosé, on voit quelquefois la peau de la verge attirée en avant ; le gland est comme repoussé en arrière, et le prépuce fait une saillie au-devant de lui, saillie qui peut avoir, selon Hunter, jusqu'à 3 pouces. Quelquefois ce pédicule se tord un peu. Il arrive aussi que la muqueuse préputiale cède plus facilement que la peau ; cette muqueuse forme alors une espèce de bourrelet un peu étranglé par un collet qui est sur le point où la peau se termine naturellement. Dans ces deux cas, le rétrécissement du prépuce est considérable, et on ne peut songer à découvrir le gland.
L'inflammation du prépuce, d'abord érysipélateuse, peut devenir phlegmoneuse : de là des abcès qui s'ouvrent sur la peau ou dans la cavité préputiale, selon que l'enveloppe externe ou l'interne aura cédé. Il arrive souvent que les deux menbranes cèdent également. La perforation du prépuce a lieu alors soit par une escarre, soit par une ulcération qui a procédé de l'intérieur à l'extérieur. Le plus souvent les choses se passent comme Hunter l'a fait remarquer avec tant de justesse; le gland est entre l'orifice du prépuce et les ulcérations; il
remplit !§ cnvité prépntiale et souvent avec une telle exactitude que le pus sécrété par ces ulcérations ne peut se frayer un passage par Touverture naturelle de cette cavité, il se forme alors une collection en arrière de .la couronne du gland^.une espèce d'abcès qui provoque une ulcération, laquelle marche de dedansendehor&et^perce le prépuce. L'ouverture, la fenêtre, s'ouvre presque toujours vers le point du .prépuce qui correspond au dos de la verge, et cela soit qu'elle provienne d'une ulcération^ soit qu'elle reconnaisse pour cause la chute d'une escarre. Quand cette fenêtre est assez grande, legland s'yengage et aort ainsi du prépuce; l'extrémité de celui-ei se porte en bas^ fait saillie dans ce sens, ce qui donne à la v§rge un aspect bifide. On a observé la destruction de la plus grande partie du prépuce ; il arrive aussi quels gangrène opèce une véritable résection du prépuce, une drconcision complétée. Il est d'autres dégftts qui sont plus graves : ce «ont ceux, qui atteignent le gland, soit que l'ulcération ait porté d'alK>rd sur lui, soit qu'elle y soit arrivée du prépuce par extension. Après l'ouverture dupiépuce, on voit alors une-partie du gland dévorée. Le cas est malheureux; il est bien plus funeste encore quand l'ulcération .est allée jusqu'à l'urètre, quand la fosse naviculaire a été ouverte et ^e les corps caverneux ont été atteints.
§ 2. -— Paraphimosis,
Un accident grave qui peut être la conséquence des inflammations des chancres du prépuce, c'est le paraphimosis, c'est-à-dire l'étranglement de la verge derrière la couronne du gland par l'anneau du prépuce. Il faut distinguer ici le paraphimosis qui succède à un phimosis accidentel ou congénital, lequel est observé quand on a voulu découvrir de vive force le gland, du paraphimosis qu'on peut appeler primitif, de celui qui survient chez les sujets dont le gland est découvert et chez lesquels il survient un gonflement de la verge : dans ce dernier cas, l'ouverture préputiale qui, auparavant, était assez large pour permettre les mouvements du prépuce sur le gland, étrangle celui-ci à sa base. Le premier étranglement, celui qui est avec phimosis préalable, produit des effets beaucoup plus rapides et plus graves : il arrive, du coup, au plus haut degré d'intensité; car ici l'étranglement est formé par l'anneau qui agit contre la verge^ et par la verge qui va, pour ainsi dire, à la rencontre de l'anneau. Au contraire, quand il n'y a pas phimosis préalable, c'est seulement la verge qui va s'étrangler : en se gonflant, elle s'applique graduellement, lentement, contrel'anncau préputial, lequel était assez large pour permettre les mouvements de la verge