‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 32 sur 76 · SANG DES SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

SANG DES SYPHILITIQUES

nels, il &it mention des douleurs semblables aux douleurs rhumatismales K MaiS; en général, Hunter considère cette fièvre comme accompagnant les lésions consécutives et non comme prodromique.

C'est surtout l'affection rhumatoîde qui constitue le symptôme le plus spécial de la vérole; les autres peuvent être observés dans une foule de maladies. On a observé aussi des troubles dans les fonctions digestiveS; des étourdissements, comme prodromes de la vérole.

H. Ricord a accordé une grande valeur au développement des gan* glions de la région cervicale postérieure comme première preuve de l'infection. Ce développement ganglionnaire est réellement manifeste dans la région indiquée ; mais il se produit souvent aussi dans presque toutes les régions où se trouvent des ganglions, et on le constate, en général^ quand on veut bien les chercher. Je répéterai^ d'ailleurs, ce que j'ai dit quand il a été question de l'adénite considérée comme compagne obligée du chancre induré : les mêmes tumeurs peuvent être produites par la moindre ulcération, le moindre bouton de la peau; et comme elles sont liées à l'affection strumeuse, comme elles peuvent être antérieures à l'affection syphilitique, on ne devra pas leur accorder une grande valeur dans le diagnostic. M. Salleneuve, interne de H. Ricord, a examiné 50 sujets pour constater, dit-il, les ganglions à l'état normal; sur ce nombre, 9 seulement étaient sans engorgement ganglionnaire. Il y en avait sur les autres aux aines surtout, puis au cou, aux aisselles '. Quelle est donc la valeur d'un pareil état pour déceler une lésion pathologique quand il coïncide si souvent avec l'absence de cette lésion ?

Je ne quitterai pas ce sujet sans signaler une erreur qui peut être occasionnée par le développement des ganglions appliqués sur les surfaces osseuses. Ainsi sur la face extérieure de l'apophyse mastoîde, un ganglion peut être dur, immobile et simuler une exostose.

ARTICLE V

8aB|^ des syphtllltqnes.

J'ai déjà prouvé, je prouverai encore que certains produits morbides^ pendant la syphilis, sont inoculables. Quant aux sécrétions normales, il en sera question dans le paragraphe relatif aux causes des maladies vénériennes chez les nouveaux nés. Oa verra que la syphilis

' Traduction française, p. 659.

> Thèses de Paris, 1852.

peut être héréditaire par le fait du père^ ce qui fait supposer une cer» taine altération du sperme. Je traiterai aussi la question de savoir si la nouiMce peut infecter le nourrisson par le lait.

Ici il s'agira du sang des syphilitiques.

Selon Waller, la déglobuUsation du sang pendant Texistence de la diatbèse syphilitique serait en partie justifiée par l'aspectet par quelquesuns des accidents que les globules éprouvent ; mais la démonstntion à Taide de l'analyse du sang n'aurait pas été faite. Le docteurLerch, sur la prière de Waller, soumit à une analyse quantitative le sang de plusieurs vénériens sans arriver à aucun résultat positif. Cependant M. Grassi dit avoir fait des analyses desquelles il résulterait que dans le sang des si^ets attenta d'accidents consécutif, la [uroportion des globules diminue et quelquefois d'une manière très-notable : ce serait le contraire pendant l'existence des accidents primitif. La quantité d'albumine serait en raison inverse de la quantité des globules. Cest ce qui a fiut dire à M. Dorvault qui a publié les expériences de M. Grassi : c A mesure que la syphilis se constitué dans l'économie, le fluide nourricier perd peu à peu de sa force par la résolution de ses globliles en albumine ^ s Tout ce que je puis dire, c'est quil est des sujets atteints de symptômes primitifs qui sont fort débilités, chex lesquels le sang ne doit pas être fort riche en globules, tandis quil est des individus en pleine vérole, qui restent pléthoriques. Hais ce n'est pas la règle.

On a beaucoup agité la question de savoir si le virus était seulement mêlé au sang et dans des rapports tout à fait physiques, conservant ainsi toutes ses propriétés, ou bien si ces propriétés se modifiaient, s'altéraient. Selon Waller, l'idée du simple mélange dti virus avec le sang est contraire aux principes de la physiologie, et les expériences la renversent en démontrant que l'inoculation faite avec le sang est incapable de reproduire un chancre primitif, tandis que la syphilis secondaire peut être ainsi communiquée à des sujets sains. Carmichaël mentionne deux faits confirmatifs ; Waller aussi. De plus, ce dernier médecin a fait une expérience des plus concluantes dont je rapporterai tous les détails. Selon Hunter, le sang n'a aucune qualité contagieuse, a S'il pouvait, dit-il, faire naître dans une plaie saine rinflammation syphilitique, aucun sujet ayant la matière vénérienne en circulation, c'est-à-dire ayant lu syphilis constitutionnelle, ne pourrait éviter un ulcère vénérien toutes les fois qu'il serait saigné ou qu'il se ferait une égratignure avec une épingle; les petites plaies ainsi produites se transformeraient en autant de chancres. En effet, que le pus vénérien soit

» Gazette médicale, 1850, p. 200.

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