‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 55 sur 76 · MALADIES DKS MUSCLES, DES TENDONS, ETC · texte numérisé non relu

MALADIES DKS MUSCLES, DES TENDONS, ETC

maies. Petît-Radel caractérise bien « une rétraction rebelle aux moyens de guérison. » M. Lagneau semble avoir observé des faits analogues^ et il considère les contractures syphilitiques comme des phlegmasies chroniques des muscles sous Tinfluence de la vérole. MM. Ph. Boyer el Ricord signalent d'une manière très-nette les contractures, surtout les contractures des muscles fléchisseurs de Tavant-bras; ils mettent hors de doute la nature syphilitique de cette lésion et ses rapports avec les accidents de la troisième période de la syphilis. J'ai plus d'une fois observé la contracture du biceps brachial, et j'ai noté une fois une tumeur du droit antérieur de la cuisse. Je donnerai bientôt les détails de ce fait. Aujourd'hui, !•' mars 1855, j'ai sous les yeux un charretier qui a eu une périostose de la clavicule droite. Les deux racines du muscle sterno-mastoldien étaient rétractées, plus dures, plus volumineuses qu'à l'état normal. Enfin, M. Bouisson a traité ex professo la question des tumeurs syphilitiques des muscles et de leurs annexes, dans un mémoire qu'on trouvera dans la Gazette médicale de Paris, année 1846. Je mettrai à proAt ce travail dans cet article.

CaaMMs. — Les derniers effets de la diathèse revêtent les formes d'une foule de maladies locales. C'est au praticien à la reconnaître et à lui assigner le rôle étiologique qui lui convient. Rien de mieux établi que les manifestations vers les tissus osseux et fibreux, dans ce qu'on appelle la troisième période de la syphilis, et ces manifestations, le plus souvent, c'est la syphilis qui les provoque par sa seule influence et sans l'intervention d'aucune cause locale ou externe appréciable. Les tumeurs syphilitiques des muscles, des tendons, sont dans la même catégorie; elles se développent dans l'épaisseur de ces faisceaux, sans devoir leur origine à une cause provocatrice particulière.

Hymptôme» et anatomle patboloi^iiiue* — Les symptômes principaux sont la douleur, la contracture, les tumeurs,

i"" Douleur. — La douleur est plus particulièrement observée quand la vérole est invétérée, et chez les malades qui ont été exposés à l'impression du froid et de l'humidité : cette cause adjuvante n'est pas nécessaire. Ce symptôme a été décrit sous le nom de rhumatisme syphilitique. La douleur se manifeste dans le trajet des muscles, des tendons, des aponévroses d'insertion ou d'enveloppe ; elle ressemble aux douleurs dites ostéocopes, mais elle est moins profonde et exaspérée par la contraction musculaire; elle dlifère des douleurs rhumatismales ordinaires par le rapport qu'elle aflecte avec des symptômes franchement syphilitiques, et elle cède au traitement spécifique,

2" Contracture. — La contracture des muscles est tantôt le résultat du rhumatisme syphilitique dont elle n'est qu'un degré plus avancé;

im MALADIES VÊ^iÉKJfc:N^ES DITES CON&ÉCLTIV^ES.

d'autres fois elle se mafiifested*une oianièie Itnle, et parvient gr^iduel^ lemetit à un état plus ou moins avancé. Ce sont les muscles des membres supérieurs, el^ avant toul^ les fléchisseurs de l'avant-bras, sur lesquels on olî&erve le plus souvent cette contracture* M. Boui&son parkd'une rétraction syphilitique de Tun des muscles oculo-naoleurs* Setoc ce chirurgien, s'il fallait établir un sié^e d'élection pour ce genre <k phénomènes morbides, ce serait aux sphincters qu'il le placerait, s On sait, dit-il, combien sont fréquentes les rétractions permatientes du constricteur de lanus, chez les sujets qui présentent des syphîlides autour de cette ouverture ^ et qu'on dit atteints de tissure. On obBem aussi assez fréquemment la rétraction active et douloureuse du vagin, chez les femmes qui portent des ulcérations au voisinage de san orifke vulvaire- Or si, dans certains cas, ces spasmes sont provoqués parla présence de rulcéralion, indépendamment de toute influence spécifique^ on n'enfreint pas les lois d'une sage analogie en faisant rentrer, dans d*autres cas, la contracture des muscles sphincters parmi les symptômes de la syphihs confirmée» et en la considérant comme untf véritable contracture vénérienne {loco citato). b Je ne ms pas précisément si M* Bouisson enfreint ici les lois de l'analogie, maisj si je ne consultais que mes observations, je dirais qu'il en abuse*

3* Tumeurs, — Les tumeurs développées dans le système musculaire et ses dépendances doivent surtout fixer notre attention. Je parlerai d'abord des tumeurs des dépendances.

Les tendons, les aponévroses, sont plus souvent le siège des tumeurs syphilitiques que la partie charnue des muscles. Les tendons, comme le périoste^ malgré leur organisation peu vasculaire^ participent aux effets de la syphilis invétérée, et sont particulièrement susceptibles de devenir le siège d'épaississements partiels, ou de petites tumeurs appelées no</u5, tantôt dures et pleines, tantôt fluctuantes. La susceptibilité pathologique des aponévroses est ici moins prononcée, mais diverses observations, et, en particulier, celles de Hunter, ne laissent aucun doute sur la part qu'elles prennent à ce genre d'affections. On ne saurait se dissimuler cependant que l'énoncé des observations qui se rapportent à ces lésions est partout laconique, insuffisant, et qu'il se borne à l'indication de l'existence de la maladie, sans plus amples développements; il est même probable que, dans plusieurs cas où des tunieurs formées dans ces tissus, sous l'influence de la syphilis, se sont présentées à divers observateurs, la nature de leur cause n'a pas été soupçonnée.

Les tumeurs sont tantôt solides, et semblent produites par une hypertrophie circonscrite du tissu fibreux des tendons avec épanchement

Page 1