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MALADIES DES MUSCLES, DES TENDONS, ETC

Au tromème degrés les tumeurs syphilitiques noa suppurées s'indurent. Des phases successives d'organisation les conduisent de l'état simpleaient scléreux à Tétat subcartilagineux^ cartilagineux et osseux. Cette transformation ultime est celle qui, par ses caractères et sa persistance, a le plus frappé les anatomo-pathologistes. M. Bouisson a vu^ au Musée de la Faculté de médecine de Strasbourg, une masse osseuse, d'un volume très-considérable, développée dans l'épaisseur du muscle carré de la cuisse.

Les ossifications des muscles et de leurs tendons ont souvent coïncidé avec des exostoses sur divers points du corps. H. le professeur Dubreuil possédait le squelette d'un Arabe qui eut la syphilis. Outre de nombreuses exostoses, il y avait eu ossification d'un grand nombre de muscles à leur point d'insertion. Les productions osseuses de ce squelette sont styiiformes, laminées, ou de toute autre configuration, suivant la disposition des muscles qui ont participé à l'altération.

Le siège des tumeurs musculaires est très-variable. M. Bouisson en a observé dans le grand fessier, le trapèze, les sterno-mastoïdiens, le vaste externe et quelques autres muscles du membre inférieur; il en a observé, dans l'épaisseur du muscle grand pectoral, chez un homme qui avait en même temps une périchondrite syphilitique des cartilages costaux. Enfin, le même chirurgien a constaté, dans des muscles de régions très-diverses, des traces d'ossification qu'il était rationnel d'attribuer à rinfluence de la syphilis. J'ai déjà dit que H. Ricord avait trouvé une de ces tumeurs dans le jambier postérieur.

Voici un exemple de tumeur musculaire ayant son siège dans le droit antérieur de la cuisse. On verra ici cette tumeur apparaître après des syphilides profondes des membres, et avec une exostose.

Le i4 juillet 1845 est entré à l'hôpital du Midi le nommé L...., figé de trente-huit ans, palefrenier; tempérament sanguin. Il y a six ans, il contracta une blennorrhagie qui dura neuf mois. 11 y a trois ans et demi, L... entra dans le service de M. Puche pour un bubon à l'aine gauche, survenu douze jours après un coït suspect; il dit avoir vu sur le gland , le lendemain du coït, une petite écorchure qui dura deux ou trois jours seulement. Le bubon était très volumineux; il fut ouvert et suppura peu. On le traita ensuite par la compression. Le malade fut soumis à un traitement interne , et demeura deux mois et demi dans les salles. A sa sortie, il ne restait plus qu'une petite grosseur, qui a fini par disparaître.

11 y a deux mois, aucun accident ne s'était encore manifesté ; nuds, à cette époque, des pustules parurent sur les jambes, et surtout à gauche; elles avaient, au dire du malade, le volume du bout du doigt; elles

MAUDIES VÈÎSÉHIENMES DITKS CONSÉCUTIVES,

s'ouvrirent bientôt, et depuis ce temps îl est resté des ulcérations sur les divers points qu'elles occupaient. Aujourd'hui ces ulcérations soof petites^ arrondies, comme taîilées par un emporte-pièce, placées de chaque c6té des deux jambes, au nombre de six h huit ; la peau sur laquelle ces ulcérations reposent est d'un rouge violacé- H en exista aussi quelques-unes sur ie bras droit , au niveau de repitrochlée* A l'époque où ces pustules parurent, il y eut des douleurs dans les membres, et principabmeiit dans les jambes, el quelque temps après (quinxe jours environ)^ le malade remarqua une saillie sur la partie moyenne de la crête du tibia; cette tumeur devint le siège d'une douleur sourde, s exacerbant pendant la nuit. Alors un médecin qui, probable me ni. avait pris les ulcérations vénériennes pour des ulcères variqueux, conseilla un bas lacé au malade. Mais la compi^ssion était intolérable, l*s douleurs devenaient très-vivt^s dès qu'il appliquait ce bandage. Aujourd'hui la saillie du tibia a la grosseur d'une noisette j ellp est irune dureté osseuse, douloureuse h la pression ; la peau est saine à son niveau* Depuis que le mwïade est à lliôpital , les douleurs ont disparu : c'était surtout quand il fatiguait qu'elles devenaient plus intenses.

Un jour il remarqua une induration, une tumeur dans l'épaisseur dt^ la cuisse^ h sa partie antérieure ; elle était douloureuse è la pression; quand le malade étendait la jambe, la douleur augmentait et la tumeur ne pouvait pîisètre mobilisée. Cette tumeur, qui a de 6 a 8 millimèti^s de diamètre^ n'appartient point au fémur^ car elle est mobile, ni k la peau, car celle-ci glisse facilement au-devant d'elle; elle parait appartenir au muscle droit antérieur de la cuisse , à peu près au niveau de rinsertion de ce ihuscle au tendon qui Tunit à la rotule.

Le 26 juillet, le malade est mis au traitement par Tiodure de potassium (21 grammes par jour). Les quatre premiers jours de l'administration de ce médicament , il a éprouvé des éternuments fréquents et un écoulement considérable de mucosités par le nez , accompagné d'enchifrènement. Le 10 août, diminution sensible dans l'étendue de l'induration de la cuisse. Le 15 aofit, les ulcérations des jambes, qui ont été recouvertes de Vigo, sont cicatrisées, la grosseur du tibia a diminué de moitié. On donne, à partir de ce jour, 3 grammes d'iodure de potassium. Le 30 août, la tumeur de la cuisse et celle du tibia ont disparu; il n'y a plus de douleur; le malade sort guéri.

Quand les tumeurs des muscles sont un peu volumineuses « toute contraction est suivie de douleur, ou celle-ci s'exaspère si elle existait préalablement. Quelquefois le muscle affecté se rétracte, comme on Ta vu pour les muscles psoaset iliaque. Les tumeurs sont mobiles ou Hxes, suivant Pétat de relAcheroent ou de repos du muscle affecté. Si

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le muscle est en repos^ la tumeur peut être explorée avec une entière facilité; on lui imprime des mouvements en sens divers qui servent à la distinguer des tumeurs adhérentes, et Ton apprécie en même temps la plupart de ses autres caractères physiques. Si le muscle entre en contraction, la tumeur acquiert aussitôt une fixité proportionnée à la durée de la contraction, et cette expérience influe aussi sur son degré de résistance et sur sa sensibilité.

La consistance des tumeurs varie suivant leur ancienneté et le genre de terminaison qu'elles paraissent devoir affecter. D'une dureté assez médiocre dès leur première période, elles deviennent fluctuantes si la matière qui les forme se convertit en pus ou en liquide gommeux ; elles deviennent enfin très-dures si, leur résolution n'ayant pu s'effectuer, elles subissent un grand nombre d'inflammations chroniques. Leur forme est ordinairement globuleuse; leur volume varie depuis celui d'une petite noix jusqu'à celui d'une orange. Il n'y a ni changement de couleur à la peau, ni adhérence avec cette membrane ; aucune sensation de chaleur insolite, à moins que des accidents phlegmasiques ne s'y manifestent ; des ganglions lymphatiques sont quelquefois engorgés dans leur voisinage, comme on l'a vu pour des tumeurs des lèvres.

Les muscles de la langue, des lèvres, ceux qui forment la portion mobile du palais, offrent de ces tumeurs; mais l'anatomie pathologique n'a pas encore mis l'observateur à même de distinguer celles qui tiennent réellement à une espèce de dégénérescence musculaire des tubercules qui naissent entre les fibres et les écartent, tubercules qui, par leur élimination, laissent de si profondes ulcérations. Le larynx luimême, si souvent attaqué dans ses éléments muqueux et cartilagineux, peut l'être dans les muscles qui meuvent ses diverses pièces. Enfin, dit M. Bouisson, s'il est vrai que le tissu de l'utérus participe des caractères du tissu musculaire, ne serait-il pas convenable de comprendre, dans . le genre de tumeurs qui nous occupent, certains engorgements de son col qui succèdent à l'action de la maladie vénérienne ? Il y a longtemps que j'ai donné l'éveil sur les tumeurs ou tuméfactions de l'utérus et de la prostate comme dépendant d'une vérole avancée. On peut voir, sur ce point, ce que j'ai dit dans mon livre de chirurgie ^.

Enfin, le cœur pourrait être envahi par des tumeurs analogues à celles que je viens d'étudier dans les muscles de la vie animale, du moins cela semble résulter d'une observation et d'un dessin qu'on trouve dans VJconographie de M. Ricord. A l'autopsie d'un vénérien, qui

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mourat subitement^ on trodva q(M les parois ventricaltires présentaient dans plusieurs poiMs une altération tubei^ulifornie constHaée par une matière Jauttttre dure^ criant sons la pointe du bittouri, sans vascularité^ de ednsistance squirrholde; en quelques points» et; dans d'autres» analogue par faspect à' la matière tuberculeuse en voie de ramollissement. Esï uii mot» dit ce médedn» on retroum là les caractères des nodus ou tubercules syphilitiques; accidents tertiaires qu'on observe souvent data lefi^^ifi^ sous-cutané ou sbus^ntiquéux.

Mais c'étaient ici les flibres mêmes du ooeur qui étaient àfléctéBS. Je le^iepdrai sur ce bit en décrivant la syphilis des viscères.

ÇrultenÉest. -^ Lès affections du système musculaire et de ses d^ndances se toanifèattiM I ultie époque -avancée de la vérole» et» eôimme je l'ai déjk'dit^tôoncurremment avec%B syphilides profondes» et surtout avec dè^ lésions du périoste et des os» c'est-à-dire à une époque où» généralement» l'organisme est affaih&et peu disposé à tolérer le mercure» le^l d'ailleurs a été déjà erikfdoyé dans le Ifilus grandnombre des éas»' et mfime à plusieurs reprises. Ces drconstaùces doivent donc faire Mfeter cet agent thérapeutique dans le plus grand nombre d<» c»s» oo» si l'on y revient» ce sera avec les plus grands ménagements; on devra surveiller avec soin ses effets. Le plus souvent» ce sont les prépaipitiôiis diode qui seront sixrCotit indiquées» et l'iodnre de potassium avant tout. Les doâies élevéeë seront préférées. On peut» pour le mode d'administration^ consulter les pages 340^ 341 et 342, contenant les formules qui ont mérité le plus de suffrages. On prescrira 16 grammes d'iodure de potassium dans 250 grammes d'eau ; on mettra une cuillerée h bouche de cette solution dans un verre de tisane de houblon, qu'on prendra deux fois par jour, ce qui fait 2 grammes d'iodure par jour. On peut aller, dans le même espace de temps, jusqu'à six cuillerées de ce liquide, c'est-à dire 6 grammes d'iodure. Mais, je le répète, il est rare que je dépasse la dose de 4 grammes. On peut en même temps administrer quelques bains de Baréges, quelques bains de vapeur, surtout ces derniers, si le malade n'est pas trop débilité. H. Bouisson dit avoir employé, dans certains cas et avec avantage, les préparations d'or. Je préférerais, dans les cas de grande débilité, et quand Hodure a été employé pendant longtemps, je préférerais tenter les préparations ferrugineuses, pour en revenir plus tard à l'iodure de potassium, car c'est toujours le meilleur moyen à opposer aux accidents tardifs de la vérole.

Il est rare qu'un traitement local soit réellement indiqué. Il est évident que, pour les tumeurs musculaires douloureuses, quand les mouvements, les contractions musculaires exaspéreront la douleur, on

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