‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 59 sur 76 · MALADIES DES OS ET DL PÉRIOSTE · texte numérisé non relu

MALADIES DES OS ET DL PÉRIOSTE

peau^ rien qui puisse être secondaire. Ainsi donc, double échec à la doctrine que nous combattons : i"^ Rapidité de Taffection tibreuse ; — 2" Accident tertiaire arrivant sans être précédé par le secondaire.

Au point de vue pratique^on voit ici une affection qui aurait été bien plus difficile, bien plus longue à guérir, si Ton s'était borné à Piodure de potassium, si on ne Tavait pas combattue vigoureusement comme inflammation.

OSTÉITE.

L'ostéite syphilitique atteint les mêmes os qui ont déjà été signalés comme le point de départ des douleurs nocturnes : tibia, clavicule, sternum, crâne, cubitus, radius. J'ai déjà dit qu'il est difficile d'admettre la périostite sans l'ostéite. En effet, toujours ou presque toujours la lame la plus superficielle de l'os est atteinte, quand on observe une périostose, et souvent c'est elle qui a d'abord été affectée; il s'opère alors entre cetle lame et le périoste un épanchement qui décolle celui-ci ; déjà la tumeur existe, et elle peut être constatée si l'os est voisin de. la peau. Au lieu d'attaquer ia superficie de l'os, l'inflammation peut sévir sur son parenchyme, être profonde ; c'est surtout alors qu'elle peut exister pendant quelque temps sans caractères physiques matériellement observables ; la douleur seule peut l'accuser. L'ostéite, qu'elle atteigne la lame la plus externe, le parenchyme, toute l'épaisseur de l'os, peut être circonscrite, quelquefois très-limitée, ou bien être diffuse, et s'étendre à tout l'os. L'os est d'abord tacheté, ses canalicules se développent; ils contiennent du sang rouge et un liquide transparent semblable au suc osseux. Du reste, ce qui a lieu ici se remarque dans toutes les ostéites commençantes, quelle que soit leur nature. Puis il se produit un suc plus épais ressemblant à celui du cal; quelquefois c'est une matière plastique organisable comme celle de certaines périostoses.

La tumeur produite par la congestion sanguine et les produits que je viens de signaler, survient souvent quand déjà le malade accusait des douleurs nocturnes; et elle est d'abord très-mal limitée, diffuse; elle ne proémine et ne fait une saillie brusque que dans les cas d'ostéite circonscrite, et quand il va y avoir une véritable exostose.

L'ostéite syphilitique a une marche lente, chronique; quelquefois elle revêt une forme sur-aiguë.

Deux mots sur le traitement de la périostite et de l'ostéite.

C'est surtout la périostose, et bien entendu la périostoie axteme, qu'on peut traiter par les topiques et certaines opéntioi cIps périosiloses manifestement inflammatoires^ *^^é^l

miKNNES niTÊS œNSÉCCTïVES.

affectent des sujets qui ne sont pas trop débilités; il y n alor:» inclicatioii formelle pour lu saignée locale par \cs sangsues^ saignée qu'on peul répéter comme je Tai fait dans le cas citéù la lin du paragraphe Pé~ riostite. Quand on a obéi à celte première indication^ on en vient aui vésicatoires. Ceux-ci devront être d'ahord appliqués, sans être précédés par la saignée locale, quand la tumeur^ moins franchement ïmflaninmtoîre, survient sur un sujet débilité. On panse le vésicatoire avec l'onguent mercuriel. La pério&tose peut être traitée aussi par les incisions. Ces petites opérations, qui ont surtout été recommandée, dans les cas de périostite aiguë, par Crampton^ MM, Yelpeau elMaîsonneuve, ne seront entreprises ici que dans îe^ cas de tumeur a'é levant sur un os superficiel, et si déjà Tiodure de potassium administré à rintérieur n'a pas amendé les symptômes, s'il n'a pas calmé la douleur. Alors on pourra supposer, avec raison, que la résistance des tissus fibreux à l'expansion inEIammatoire produit sur le point affecté une espèce d'étranglement qu'on peut lever par des incisions, des débridements; mais, je le répète, avant tout on devra tenter Ttodurede potassium» lequel a quelquefois des effets aussi prompts sur la douleur que les incisions elles-mêmes. Dans les cas aigus on ne devra pas oublier tes saignées locales.

Le traitement de Tostéite, surtout de l'ostéite superricielle^ ne diffère pas de celui de la périostite que je viens d'indiquer. C'est surtout ici qu'il faudra se garder d'avoir recours à une opération avant d'employer le moyen interne dont la puissance est si uDlversèUement reconnue, riodure de potassium.

§ 3. — Exostases.

Dans la périostite et Tostéite il y a tumeur de Tos, mais on appelle surtout exostose la tenuinaison de ces deux inflammations par une induration plus prononcée que celle des deux inflammations qui viennent d'être étudiées. En effet, au lieu de se résoudre et de disparaître, au lieu de suppurer et de se mortifier, la tumeur formée par Tostéite devient le siège d'une surnutrition, d'une ossification anormales. Hais il n'est pas toujours nécessaire qu'il y ait ostéite ou périostite pour que l'exostose se produise : on voit, en effet, quelquefois Thy* pertrophie indépendante de tout antécédent inflammatoire ; quelquefois c'est une substance plastique qui est déposée dans toute la trame osseuse, même dans le canal médullaire, substance tout à fait semblable à celle que j'ai signalée quand j'ai décrit les lésions syphilitiques des muscles.

Variétés. — Les exostoses syphilitiques^ comme d'ailleurs toutes

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les exostoses^ peuvent être divisées en deux principales variétés : exostose parenchymateuse^ exostose épiphysaire.

i^Exastose parenchymateuse, — C'est celle que l'on observe surtout à la suite de Tostéite profonde. L'ossification anormale peut revêtir le caractère du tissu aréolaire ou celui du tissu compacte. Dans le premier cas, ce sont des lames> des lamelles qui laissent entre elles des aréoles et constituent ce que quelques auteurs ont appelé exosioses celluleusesy laminées. Dans le second cas, c'est le tissu compacte^ et^ comme le dit Albers de Bonn, la substance corticale qui constitue Texostose. Si les lamelles osseuses ont subi une divarication, entre elles a été déposée une matière osseuse sans organisation distincte^ et Tos a non-seulement augmenté de volume^ mais son poids^ sa densité, ont aussi subi un accroissement marqué. Ce sont là les exostoses éburnées, celles qui ont pu être utilisées pour manches de scalpel.

^ Exostose épiphysaire. — C'est celle qui est surtout le résultat d'une périostite. Albers de Bonn l'appelle ostéophyte^ c'est-à-dire organe nouveau indépendant de l'os avec lequel il est en rapport (au moins pendant un certain temps)^ puisqu'on peut enlever cette exostose^ l'os restant tout à fait intact. Albers cite un ostéopbyte (déposé au musée de Bonn) qui est sur la partie moyenne du fémur d'un adulte; il est ovale selon le grand diamètre de l'os ; il a une écorce compacte et l'intérieur est celluleux. Ce sont des épiphyses, des os surajoutés qui^ comme toutes les épiphyses^ finiront par faire corps avec l'os. Elles en sont d'abord séparées par une lame cartilagineuse ou osseuse^ qui disparaît pour que cette épiphyse anormale fasse corps avec l'os. On voit d'ailleurs des exostoses épiphysaires se grefier sur des exostoses de la première catégorie, sur une exostose parenchymateuse. Selon M. Rognetta, les exostoses épiphysaires auraient une structure analogue à celle du velours, c'est-à-dire qu'elles seraient composées de fibres perpendiculaires à leur surface d'implantation.

Quelle que soit la variété d'exostose, elle peut avoir une forme qui se rapprochera plus ou moins d'une demi-sphère; elle peut être conique, aplatie, allongée ou même presque pédiculée ; quelquefois c'est une crête qui affecte la disposition annulaire de certaines syphilides : on voit un exemple de cette singulière forme dans Y Iconographie de H. Ricord. Ce sont les exostoses épiphysaires qui sont le mieux dessinées, qui font la saillie la plus brusque.

L'exostose peut gêner, comprimer les organes environnants, surtout quand elle est volumineuse; elle peul allé '■^nt ses formes. On voit dans mon livre de chirurgie * "le exostose du maxillaire supérieur qui avait « ^

Uie MAI.ADIES VÉ^SÉKIENiSES OtTES (:O^SÉCLmVFA

et qui avait remiii le malade hideux*, Quelquefois il n'y h gène que pour les organes voisins, lesquels peuvent ^tre déplacés, réduits, atrophiés. L^exoslose du maxillaire supérieur doni j'ai déjà parlé avait d'abord gêné les mouvements de la mâchoire inférieure; elle lînit par luxer ce dernières. La régularité des mouvements d'un membre peut être détruite par une exostose. Par la compression des vaiss^aui elle peut produire de l'œdème plus ou moins loin de son siège, et par la compression des nerfs donner lieu h des modillcations de li sensibilité, à des douleurs qu'il ne faut pas confondre avec la douleur spéciale, celle qui part de l'exostose même et non des organe* qui Tavoisinent. Les effets de la compression sont surtout graves quand Texostose atteint des os qui entrent dans la composition d'une cavité renfermant des organes d'une grande importance, comme U cavité crânien nCj la cavité raehidienne* C est alors que, par la compression des centres nerveux, il se produit des phénomènes morbides du côté de la sensibilité générale, de la sensibilité spéciale, du C4!^té de lamotilitéet mémede llntelligence.l'ne exostoseci^nienne peut produire de l'agitation^ de la somnolence^ de la paralysie, des convulsions, du délire, L'amaurose est quelquefois produite par une exostose du sphénoïde ou d'un autre os de la base du crâne ; cette paralysie oculaire n'est pas extrêmement rare, et^ pour le dire en passant, quand elle tient à cette cause, elle n'aflVcte,eu f^énéral, qu'un a?iL I.Vxos* tose de la cavité orbitaire peut produire d'autres paralysies oculaires et Pexophthalmie.

Le8 exostoses des os du rachis sont, je crois, plus fréquentes que celles du crâne, mais elles sont plus souvent méconnues. J'ai déjà indiqué ma division en exostoses internes et externes : eh bien ! c'est surtout quand il n'y a qu'exostose interne que le diagnostic peut rester obscur, surtout, comme je l'ai déjà dit, si l'on n'a pas suffisamment pris connaissance des antécédents. Ainsi on peut observer des altérations de la sensibilité, de la motilité sans apparence d'exostose, rien sur le crâne n'indiquera une lésion osseuse, car elle peut ne porter que sur la table interne des os qui forment la cavité. Au rachis il n'y a pour ainsi dire pas d exostoses externes^ car cette tige osseuse étant cachée en partie dans la poitrine, dans l'abdomen, par les organes antérieurs du corps et en partie ensevelie par des masses musculaires, on peut souvent ignorer l'existence de toutes les exostoses du rachis jusqu'au moment où elles produisent leurs effets les plus désastreux. Et encore, alors, si Ton n'est pas prévenu par des faits antérieurs, on peut né-

* Traité de pathologie externe et fte médecine opératoire y t. II, p. 394,

a« édition.

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