MALADIES DES OS ET DU PÉRIOSTE. - EXOSTOSES
gliger d'examiner les antécédents et rester dans Tiguorance^ dans l'inaction^ quand on pourrait être si secourable au malade par la con- . naissance de la cause des désordres nerveux. Dans le plus grand nombre des cas c'est par les syphilides qu'on sera mis sur la voie. Ainsi on trouvera une de ces éruptions ou bien des stigmates qui accusent leur existence antérieure. Hais il peut arriver^ quoi qu'on en dise^ que l'exostose précède la syphilide. Alors^ si celle-ci vient à apparaître^ c'est un trait de lumière pour le praticien. Dernièrement (juin i852)^ M. Debout a lu à la Société de chirurgie un travail intéressant sur la paralysie musculaire. Une des observations de ce travail est relative à une paralysie d'une partie du membre supérieur^ dont le diagnostic avait été obscur. H. Nélaton^ qui traitait le malade^ soupçonna une exostose du rachis. 11 est dit^ dans le travail de H. Debout^ que M. Nélaton fut confirmé dans son diagnostic par l'apparition d'une roséole. Voilà donc une roséole^ c'est-à-dire un accident secondaire, ordinairement hâtif et qui n'apparaît ici qu'après un accident dit tertiaire 1 €'est fort compromettant pour la régularité de la triade syphilitique. Hais enfin le fait a été observé par un clinicien habile^ et ce fait est écrit tout au long dans un travail sérieux dont j'ai entendu la lecture. Je vais rapporter une observation de paralysie des membres inférieurs, paralysie que j'ai considérée comme l'effet d'une afi*ection des os du rachis, d'une exostose. Je suis arrivé à ce résultat par Tétude des antécédents du malade et l'examen attentif des stigmates qu'il portait, stigmates qui accusaient l'existence antérieure de syphilides à divers degrés de profondeur. Cette observation ne contient pas seulement un fait remarquable au point de vue pratique, elle est de la plus grande importance au point de vue doctrinal. J'ai, en efi'et, inoculé le malade par le vésicatoire, avec le pus de la pustule plate et j'ai produit une ulcération spécifique, puis un tubercule de la peau comme ceux de la syphilide tuberculeuse disséminée. Ce tubercule s'est résolu et a laissé à sa place une tache rouge cuivrée, comme les autres taches que le malade portait depuis si longtemps sur la peau et qui a persisté trèslongtemps. Cette expérience, comme celle de M. Bouley, prouve nonseulement l'inoculabilité de l'accident secondaire, m^is encore la possibilité d'une double vérole. L'observation a été recueillie en entier et avec un soin extrême par mon interne, H. Codet. J'ai dû retrancher une foule de détails relatifs aux antécédents ; j'ai laissé tous ceux qui constatent que le sujet avait eu une vérole complète, qu'il était, comme on le dit, tertiaire quand je l'ai inoculé. Je tirerai parti plus tard de cette observation, que je publierai alorsen entier. Ce malade^ d'ait** leurs, a été plusieurs fois à la Pitié, et a été traité par deux de mes
W MAÏ.ADIES \ÉiNÉmEN?^ES DITES CONSÈCUTIVES-
côUègtieSj et il est resté très-1oDgiemp& dnns mon service, où il a é\é observé par plusieurs médecins et par mes élèves qui ont suivi les phases de Tinoculation.
Le nommé M.,, est âgé de trente-sept ans; il est entré k l'hôpitaî du Midij le (î octobre 1851, La première infection a eu lîeti le 13 mai 18*7; c'étaient des chancres à la verge* Après blennorrbagîe, orchite et affection des yeux; un de ces organes est perdu. Il survient un suintement et des pustules plates à l'anus. Le malade était, en juin 1B^, à rhûpital de la Pitié, dans le service de M, PiedagneL II portait alors k la face externe de la cuisse gauche une ulcération profonde de ta largeur d'une pièce de cinq francs. Pansement avec diachyfum et poudre de caloïuel ; guérison au bout de quarante jour^^. La cicatrice de cette ulcération est aujourd'hui très- apparente, profonde et d'un rouge brun; il y en a aux jambes de la même couleur^ mais moins profondes. Ce umladcj qui a eu de très-violerites douleurs de tète, souffre un peu moins de ce cAté ; mais il survient des souffrances aux jambes»
Pendant les mois d'octobre et de novembre 1B50, le malade travailla dans une mégisserie. Ses pieds devinrent le siège d*un sentiment très* prononcé de froid ; ils s*engourdirent. La marche était très- fatigante; ie malade traînait une jambe; il lui semlikit marcher sur du r4>ton; il maigrit.
L'appédît devint irrpgulipr. 11 entra comme gardien aux Madelon* nettes. Là^ la paralysie des membres inférieurs augmenta de jour en jour.
n se fait recevoir de nouveau à la Pitié^ le 10 février iB51, dans le service de M. Becquerel. Bains sulfureux. On applique des cautères à la région lombaire; on administre la strychnine, et rélectricité est employée ; mais la paralysie augmente toujours. Les testicules s'engorgent sans que le malade quitte le lit ; ils deviennent insensibles. Une ulcération profonde de la jambe gauche ne cède qu'à Temploi du fer rouge ; des escarres se forment au sacrum et font courir les plus grands dangers au malade^ lequel se remet lentement et sort avec un peu d'amélioration.
Enfin, il entre. à l'hôpital du Midi le 6 octobre i85i pour une récidive. M. Vidal, prenant connaissance des antécédents^ frappé de l'aspect des cicatrices, de la nature de l'engorgement testiculaire, pense que la paralysie est due à une affection des os du rachis^ probablement à une exostose. Le malade est donc soumis à l'usage de l'iodure de potassium^ à 3 grammes par jour. 11 en retire les plus grands avan* tages. Au bout de deux mois^ il peut se lever et marcher, quoique avec difficulté. L'état général est excellent. L'engorgement testiculaire^ qui
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était plus prononcé à gauche qu'à droite, diminue considérablement sous rinfluence de Tiodure. Le malade prend de l'embonpoint; mais îl désire rester quelque temps à l'hôpital, attendant une place du gouvernement.
En janvier 1852, on appliqua un petit vésicatoire à chaque cuisse pour une paresse vésicale ; on les pansa avec de la charpie imbibée du pus de pustules plates que portait un autre malade. Le résultat fut nul.
M. Vidal se propose de répéter plus tard cette expérience.
En effets le 12 avril 185%, le malade se plaignant de suffocation, il fut fait application d'un vésicatoire à la partie externe et supérieure de chaque bras.
13 avril. — On panse les deux vésicatoires avec de la charpie imbibée du pus de pustules plates ulcérées d'un autre malade. Le sujet inoculé éprouve dans la journée des douleurs assez vives.
15 avril. — La plaie de chaque bras est couverte d'une fausse membrane grisâtre très-adhérente. La suppuration est très-abondante et d'une odeur infecte ; de la charpie imbibée du même pus que le 13 est placée sur les plaies des vésicatoires.
i6 avril. — La fausse membrane manque dans certains points; sur les points où elle manque, on voit une surface assez rouge et granulée, surtout au bras droit. Pansement des deux côtés avec le pus de pustules plates d'un autre malade de la même salle ^
17 avril. — La plaie est plus rouge à droite ; la fausse membrane disparaît. Pas de douleur. Dorénavant on ne pansera les deux bras qu'avec du cérat simple.
18 avril. — On aperçoit à droite, au milieu de la surface excoriée, une tache grisâtre qui paraît légèrement déprimée ; à gauche, la surface est rouge vermeil ; à peine y voit-on çà et là quelques points grisâtres.
'1 Voici la note de M. Godet sur les malades qui ont fourni le pus pour les inoculations.
Salle H , n« 14. A... (Adolphe), peintre, quarante et un ans, entré le U a>Tll, sorti le 19 avril 1852. Ce malade porte un chancre induré en voie de cicatrisation. Ce chancre date de deux mois à deu\ mois et demi. Le malade s'est apen;u en outre ilepuis quelques jours de pustules plates à Tanus et dans le pli génito-crural ; ces pustules sont le siège d'une suppuration abondante. Deux fois, le 13 et le 15 avril 1852, le pus des pustules de Tanus a été inoculé au Tfi 32, salle il.
M... (Louis), quarante-cinq ans, voyageur, entré le 15 mars, sorti le 23 mai 1852. Chancre au mois de décembre 1851, cicatrisé vers le 15 janvier; pustules àTanus vers le 20 janvier, puis au nez, au menton, à la bonehe, à ralstèttor^'^ ^
culation a été faite avec le pus des pustules de l'anus, m tt* 9f' le 16 avril 1852. "li
im MALADIES VÉNÉRIE>fNES DITES CONSÉCimVTS,
{9 avril, — La petite tache grisAtre du côté droit se creuse légèrement; à gauche, le vésicatoire se sèche.
20 avril. — Tout le vé&iculoire du côté droit est rouge, sauf la partie centrale, qui se déprime un peu, et dont la couleur grise tranche sur celle du reste de la plaie* On supprime les verres de montre qui, jusqu'à présent, ont couvert les plaies des vésicaloires*
21 avriL — Lasurfac^de la petite ulcération du vésicatoire (à droite] change de eouleui»; elle est piquetée de rouge; on aperçoit de^^houT' geons charnus Jongueux et molïasses ; dureste, elle n'a pas augmenté^ elle a à peu près 8 millimètres dans tous les sens ; au fond^on voit une petite élevure qui arrive presque jusqu'au niveau des bords, A gauche, il reste à peine à cicatriser une surface de la largeur d'une pièce de vingt centimes.
22 avriL — Môme aspect de la petite ulcération de droite ; seulement la couleur rouge Tempoi^le sur la grise*
23 avril, — L'ulcération de droite semble se régulariser ; le fond lend à devenir horizontal, les bords sont très-nettement tranchés^ la coloration est à peu près la m^me, le rouge domine. Cicatnsaiion com* plète du vésicatoire gauche.
25 avril* — A la place de la petite ulcération do droite, on trouve un petit tubercule dur, couvert par une croûte hrunftlre qui pei^iste à la place de l'ulcération.
26, 27, 28, 29, 30 avril, 8 mai. — La petitecroûte persiste toujours; on Tenlève ; sous elle on trouve une petite ulcération couverte de pus, les bords en sont nettement coupés, le fond est grisâtre.
9, 10, il mai. — L'ulcération se cicatrise lentement.
14 mai. — La petite ulcération est couverte de bourgeons charnus, on la touche au nitrate d'argent. Quelques pustules se sont montrées au cou du malade, à la racine des cheveux et sur la lèvre supérieure ; elles se couvent de croûtes brunfttres.
18. — La petite ulcération est comblée ; mais à sa place on trouve un petit corps dur d'un rouge brun, qui s'élève à peine au-dessus de la peau et qu'on sent dans les tissus de la grosseur d'un pois ; il persiste longtemps ; il disparaît enfin et laisse à sa place une macule rouge cuivré de la couleur des cicatrices des jambes; cette macule existait encore au commencement de juin 1852.
On voit ici une première inoculation faite sur les cuisses échouer. Plus tard, on inocule deux bras, et on ne produit des effets que sur un membre. Si l'on s'était contenté d'inoculer une seule fois ce malade"^ et si, la seconde fois, on n'avait inoculé qu'un bras, on aurait pu avan* cer, avec quelque fondement, qu'il n'y avait plus possibilité chez lui cb