MAIADIES DES OS ET DU PÉRIOSTE. — EXOSTOSES
produire une forme syphilitique quelconque. Ce fait prouve encore une fois la nécessité de répéter les expériences avant de se prononcer. On remarquera que les vésicatoires n'ont été pansés que deux fois avec de la charpie purulente. Les autres pansements ont été faits avec du cérat simple.
Double vérole. — On sait que Texostose a été placée tout à fait aux contins de la vérole, qu'elle est Texpreission la plus classique de l'état tertiaire, après lequel, dit-on , il ne peut plus surgir de nouvelles véroles. Eh bien ! l'observation qu'on va lire contient un fait, une nouvelle preuve que celle-ci peut sévir deux fois sur le même individu. En effets on voit le malade, après plusieurs accidents primitifs, après une syphilide superficielle, rester quatre ans comme guéri , c'est-à-dire no portant aucun signe de vérole, puis survient une exostose au tibia, c'està-dire un accident réputé tertiaire, et en même temps une syphilide profonde. Je me rappelle parfaitement cette première maladie , je l'ai traitée avec succès par l'iodure de potassium. Mais, deux mois après, le malade contracta deux nouveaux chancres qui mirent deux mois à se cicatriser, et deux ans après il eut une blennorrhagie compliquée d'orchite. Enfin , en 1850, nouvelle syphilide à l'épaule droite, au bras, au ventre ; elle a d'abord la forme squammeuse, puis elle s'ulcère et suppure beaucoup; enfîn viennent des croûtes qui entourent de larges plaques rouges. Ne peut-on pas considérer cette dernière syphilide comme le résultat ou des derniers chancres ou de la blennorrhagie qui a existé' en 1848? N'est-ce pas là une nouvelle vérole? Je sais qu'on répondra qu'il s'agit seulement d'une récidive de la syphilide déjà observée chez le môme individu; mais je ferai remarquer : 1° que cette récidive arrive un peu tard, car on l'observe trois ans après; 2** que cette dernière syphilide est moins profonde que celle qui l'aurait devancée, que celle qui a existé avec l'exoslose. En effet, les cicatrices des deux lésions de la peau existent encore; elles peuvent être comparées; on pourra se convaincre alors que la dernière est plus superficielle. Or, on sait que les syphilides sont d'autant plus profondes qu'elles arrivent plus tardivement. Au surplus, si la dernière syphilide n'est pas l'expression d'une nouvelle vérole, c'est toujours un accident secondaire qui serait survenu après un tertiaire. D'ailleurs, voici l'observation telle qu'elle a été rédigée par M. Codet, mon interne :
Le nommé L... Christian, âgé de trente-cinq ans, profession de vitrier, tempérament lymphatique^ constitution faible, entré le 7 juin 185:2, salle 12, lit t^ 10.
En 1839, ce malade eonktMtJ "HMie sur le gland ; il fut mal soigné, et continua à voir dMI k^rurent de nouveaux
502 MALAniï:s VÉNÉRIENNES DITES CONSÉCUTU^iS.
chancreSj et, peadanl trois ou quatre aû:s, L* *. conserva des uicéraiions $iir la verge. A la même époque, il lui poussa des végétations sur le prépuce et te gland. Les ganglions inguinaux des deux côtés d^vinrenl * trèS'Vûluiiiineux, mais ne suppurèrent jamais.
En iH42j sypîiilis constitutionnelle, crofttes dans les cheveux, svphiiides qui ont laissé des traces peu profondes ; ces accidents disparurent presque sans traitement. Quatre ans plus lard (en 1810), L... fui atleînt d'une eitostose du tibia droit; il survint en même lemps de* ulcérations profondes sur les bras, les janibes et un peu sur le tronc. Les cicatrices de ces ulcérations sont encore très-ap pare nies- L.,. entra k Thôpital du Midi (service de M. Vidal) ; soumis à Tiodure de potassiuiiij il sortît gnéri au bont de Irois mois. Deux mois après sa sortit? de rhi^pital du Midi, L,.. contracta un nouveau chancre. Les ganglion» inguinaux no se sont pas tumétiés^ dit-il, et k cbancre s'est cicatrisé^ après deux mois de pansement avec de l*eau blauciie.
Deux ans plus tard (1848) survient une blennorrbagie ; à sa suite deux orchites du côté droit. Guérison. Le malade ne s'aperçoit plus de rien jusqu'en 18r)0* A cette époque j Tépaule droite et la gauche présentent une large plaque rouge, légèrement élevée. Bientôt répidertne se détache sons forme de squames; au-dessous la peau est rouge, de nouvelles écailles se foi nient et tombent à leur tour. Quelques moi^ plus tardj des plaques pré sentant, une desquamation analogue apparaissent à la partie interne des bras (au niveau du coude] et à la partie inférieure de Fabdomen (du côté droit); toutes s accroissent lentement pendant deux ans, lorsqu'au commencement de 1852 une suppuration abondante s'établit à leur surface. Le malade fut soigné par M. Gibert. La suppuration diminua assez rapidement ; il se forma des croûtes épaisses sur les ulcérations. Le malade reste dans cet état pendant quelque temps, et entre le 7 juin à l'hôpital du Midi, dans le service de H. Vidal. Sa constitution paraît seulement un peu aifaiblic. Les ganglions cervicaux sont presque normaux, ceux de Taine très-légèrement engorgés. Sur les points que nous avons signalés , on voit des ulcérations dont quelques-unes (celles des épaules) sont presque deux fois aussi larges que la main; elles intéressent la peau; leur surface est couverte , en certaines parties , de croûtes épaisses , rugueuses et brunes. Le pourtour des surfaces atteintes est d'un rouge caractéristique.
Le S juin on prescrit Fiodure de potassium à la dose de :2 grammes par jour.
Le 13, on voit déjà s'affaiblir la teinte cuivrée, et la suppuration a diminué. Cet effet continue les jours suivants.