MALADIES DES OS ET DU PÉRIOSTE. - EXOSTOSES
Le 15, quelques croûtes sont tombées; il n'y a presque plus de suppuration.
Le 20^ il n'y a plus que quelques croûtes adhérentes ; plus de suppuration. Larges emplAtres de Vigo sur tous les points atteints par la syphilide. SousTinfluence de ce moyen, la syphilide se modifie promptemeut.
Le 35^ toutes les croûtes sont tombées; il ne reste plus que des cicatrices rouges à surface encore un peu humide.
Le 30, le malade est guéri. Il ne reste plus qu'une coloration rouge sombre où étaient les plaques formées par la syphilide.
Passons au traitement de l'exostose. 11 ne diffère point de celui de la périostose^ que j'ai déjà fait connaître. Pour ce qui est des moyens internes, on devra avoir recours^ le plus tôt possible, à l'iodure de potassium. Mais encore ici il ne faudrait pas être absolu et croire que le mercure^ à cette période de la syphilis, n'a plus aucune efficacité. La thérapeutique n'est pas assez riche pour qu'on rejette légèrement un moyen aussi énergique. U ne faut pas qu'une acquisition nouvelle nous fasse abandonner les anciennes^ quand elles ont une valeur réelle. On se souviendra surtout en thérapeutique que quelquefois le moyen le plus puissant échoue quand un agent qui l'est moins réussit. Dans l'observation remarquable qu'on va lire, on verra le mercure faire disparaître une exostose des plus volumineuses^ c'est-à-dire une de ces lésions qu'on croit aujourd'hui ne pouvoir guérir que par l'iodure de potassium, quand on les guérit.
a Un postillon d'une grande maison portait depuis plus de deux ans une exostose du sinus maxillaire gauche. De ce côté, l'œil était larmoyant et poussé en avant, le nez déjeté à droite, la narine bouchée et la voûte palatine un peu bombée. La tumeur était fort saillante en haut et en dehors, et la peau qui la couvrait rouge et luisante. Le visage de cet homme était vraiment hideux. L'exostose avait paru peu de temps après l'infection vénérienne et l'apparition de quelques autres symptômes. Elle avait gr«)ssi lentement; mais, depuis plusieurs années^ elle n'avait fait aucun progrès. Douloureuse d'abord^ elle avait cessé de l'être, en cessant de croître. C'est pendant la glorieuse campagne de Harengo, et en suivant le chef de l'armée auquel il était attaché, que ce postillon fit disparaître les autres symptômes vénériens, en prenant de la liqueur de Van Swieten, et en faisant quelques frictions.
a Menacé d'être mis à la retraite à cause de sa difformité , cet homme crut devoir tout entreprendra pour la bire disparaître. Il sollicita et obtint d'un médecin nne ùréim \fnmr deux livres de liqueur de Van Swieten. Il se servit hoif ^ pharmaciens, de la
même ordonnance ; et ar et sans guide, en
moins de trois moiSj cent vingt-huit grains de tnuriate suroxygéné de lïipfcure, il se trouva entièrement débarrassé de sa tumeur. L'œil était rentré dans l'orbite ; le larmoiement avait cessé; les narines étaient libres. On voyait vers le haut de la joue un enfoncement qui provenait de l'adhérence de la peau eu cet endroit *, p
Quant an traitement local^ chirurgieal, c'est-à-dire quant aux émissions sanguines locales^ aux vésîcatoires, aux inctsions conrmne débridement , il y aura moins à espérer ici de leur emploi , car il y a pour ainsî dire un nouvel os qui s'est formé, et ce n'est pas une chirurgie aussi superficielle qui est de mise alors; ce sont des trépanations, des résections^ des amputations pour lesquelles d'ailleurs on ne se déddis que quand rexostose, par ses rapports, son volume, cause des désordres qui compromettent la vie ou des fonctions tr^s*împorlante&. Os opérations sont décrites dans les livres de chirurgie auxquels je ren* voie le lecteur* Cependant je dois ici tracer quelques préceptes qui sont surtout applicables aux résections des exostoses.
H est des cas où la fumeur est très-sailknre, elle semble pédiculée; on la cerne alors par deux incisions semi-^elliptiques^ on meta découvert le périoste de ce pédicule^ et, par un trait de scie, on abat la tumeur* Les mêmes incisions devront être faites quand la tumeur ^st à large base et quand il y a altération des parties molles qu'on enlève alors avec la tunjeur osseuse. Mais, dans le plus grand nombre des ca*, îlncision cruciale devra être préférée, car elle fournit quatre lambeaux dont la dissection méthodique agrandit le champ de Topération et facilite le jeu des scies. Ces instruments varieront selon Texostose, sa forme, son développement, sa position. Ce sera tantôt une scfe à lame flexible, tantôt à lame étroite et droite montée sur un manche, ou à lame circulaire. Ce sera Tostéotome de M. Heine, qui est une scie à chaîne se mouvant sur le bord d'une grande lame. On peut être obligé d'avoir recours à la gouge, au ciseau ; il faudra alors fixer solidement la partie pour éviter les ébranlements , et ces instruments devront agir très- obliquement pour qu'ils coupent, en sciant, autant que possible. La rugine et les tenailles peuvent être employées pour compléter l'opération. Il est des cas où le feu pourrait être réclamé pour terminer l'opération.
Quand une tumeur est très-volumineuse, on pourrait, pour ainsi dire, la débiter; on en ferait plusieurs parts, qu'on attaquerait ensuite séparément ou en plusieurs séances. C'est ici une application du principe
» Boyer, èialad. chirurg,, t. VI, 4« édit., p. 182. — On dira peiil^élre quld \{ n*y avait pas vérole. Le fait n'en serait que plus extraordinaire. Mal* lki\^r fait itè^ bien mention d'autres symptômes vénériens.