CLASSIFICATION
Pour ne pas trop m'éloigner des habitudes classiques, je décrirai, d'abord : 1° Les maladies vénériennes primitives; 2° les maladies vénériennes consécutives; 3° puis viendront les maladies vénériennes infantiles; 4° et je terminerai par la prophylaxie.
NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 55
Mais il faut qu'il soit bien entendu, que par maladies vénériennes primitives je n'entends pas désigner des lésions locales, comme certains syphiliograpbes, surtout quand Le virus syphilitique sera intervenu. Par maladies primitives, je désigne celles qu'on observe, en général, en premier lieu, ordinairement à une époque rapprochée de l'application de la cause et sur le point même de cette application. La blennorrhagie et le chancre dominent dans cette première section du livre *. Par maladies consécutives, je désigne celles qui se manifestent après que le* virus a agi sur les liquides et les solides, de manière à créer une constitution à part la diathèse syphilitique. Dans cette section se trouveront les accidents dits secondaires et tertiaires.
Cette division que je considère comme la plus utile pour l'étude n'est pas inattaquable. En effet, l'époque à laquelle apparaît la lésion dite primitive est loin d'être fixée, et le lieu de l'apparition n'est pas toujours celui qui a d'abord été mis en contact avec le virus.
On verra d'ailleurs que les pustules muqueuses, les végétations ont tour à tour été rangées parmi les accidents primitifs et parmi les accidents consécutifs, parce qu'en réalité elles constituent quelquefois des lésions qu'on observe en premier lieu et là où l'action vénérienne s'est produite, et tantôt après que d'autres lésions ont été observées et sur un point plus ou moins éloigné de l'application de la cause.
On a cru lever toutes les difficultés par l'inoculation . La lésion primitive s'inoculerait et la lésion consécutive ne s'inoculerait pas. Mais comme il est bien prouvé qu'il est des lésions primitives qui ne s'inoculent pas, tandis que certaines lésions consécutives s'inoculent, les syphiliographes qui ne sont liés par aucun système s'en tiennent à l'ancienne division que j'ai adoptée aussi, tout en faisant les réserves commandées par la logique. D'ailleurs la syphilis est une. Au fond, il s'agit d'un empoisonnement qui se manifeste par une infinité de lésions, de formes. On peut les grouper artificiellement dans les livres, mais dans la nature elles se tiennent toutes par le lien étiologique. Aussi les divisions fondamentales sont-elles impossibles, et quand on les tente, surtout quand on les prend à la lettre, on crée des difficultés à la pratique, et on répand de l'obscurité dans la science par des discussions prolongées, et qui n'ont pas toujours le mérite de la fran-
1 Pour >ï. Ricord il n'y a qu'une seule forme de la syphilis primitive, le chancre. Le chancre par excellence c'est le chancre induré. Or pour les élèves les plus directs de M. Ricord, cette ulcération est consécutive 11 n'y aurait donc point de forme primitive de la syphilis Voyez la thèse de M. Hélot, ancien interne de M. Ricord, et le livre de MM. Montanier et Maisonneuve.
chise. Croit-on que les discussions sur la non-transmissibilité de l'accident secondaire et sur la transmissibilité absolue de l'accident primitif se seraient longtemps prolongées , si on avait été obligé de prouver, avant de prendre la parole, la réalité d'une différence fondamentale entre ces deux principales formes de la syphilis?