‹ Traité des maladies vénériennes [electronic resource]Chapitre 20 sur 134 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

J'ai déjà dit, en faisant connaître la classification que j'adopte, ce que j'entendais par maladies vénériennes primitives. Leur cause peut être seulement irritante ou spécifique, d'où des maladies simples et des spécifiques, virulentes. Ainsi, dans les premiers chapitres, on trouvera des lésions qui peuvent être considérées comme des inflammations simples et locales. Certaines blennorrhagies sont dans ce cas. Mais, comme le virus syphilitique intervient le plus souvent, les lésions, en général, ne sont ni simples ni tout à fait locales. Si, par exemple, le chancre avait ces caractères, ce ne serait pas un chancre, c'est-à-dire une ulcération spécifique, ce serait tout simplement une plaie qui suppure.

Après les maladies acceptées par tous comme primitives, on en trouvera qui sont considérées par quelques syphiliographes comme consécutives, d'où le désespoir des classificateurs qui tiennent à être complètement logiques et des auteurs à lois absolues. Les pustules muqueuses appartiennent à cette catégorie. Je les ai placées sur la limite de la première section et de la deuxième, c'est-à-dire entre les maladies primitives et les maladies consécutives, et cela pour marquer que quand le virus intervient, la maladie est une, et que les phénomènes qui s'y rattachent se tiennent tous. L'arbitraire peut les séparer. Mais il faut qu'il soit bien entendu que c'est à titre provisoire, et dans l'intérêt des jeunes intelligences.

La plupart des maladies de cette première section ont un caractère aigu et revêtent la forme plus ou moins inflammatoire. Outre les accidents qu'on attribue au virus, éclatent ici des accidents plus directs, plus prochains, et qui ont aussi le caractère inflammatoire. En effet, si

les testicules, la prostate, les articulations, les yeux, les ganglions lymphatiques s'affectent par extension, par sympathie ou par métastase, c'est sous forme de phlegmasie. Ce sont donc des inflammations qu'on a le plus souvent à traiter, et des inflammations quelquefois tellement graves et menaçantes pour certains organes, que toute l'attention du praticien, tous les moyens dont il dispose, doivent être promptement dirigés contre elles, sans considération de la cause spécifique qui doit être mise un instant de côté. C'est, avant tout, l'effet qu'il faut combattre. Les antiphlogistiques devront donc avoir une large place dans cette section. On verra qu'ils semblent tout juger définitivement. Les partisans de la non-existence du virus saisissant cette circonstance, et, prenant le temporaire pour le définitif, l'exception pour la règle, ont prétendu que la thérapeutique simple, c'est-à-dire les antiphlogistiques, les adoucissants, l'hygiène triomphaient toujours des maladies vénériennes, et que, par conséquent, le virus n'existait pas. La vérité est que le traitement simple suffit quelquefois, puisque la nature seule a pu juger complètement ces maladies, puisqu'il en est qui ne sont pas virulentes; l'erreur existe dans la généralisation de ces résultats et surtout dans la conclusion qu'on tire de ces cures relativement à la nature de ces maladies : elles ne seraient pas spécifiques, parce qu'elles auraient guéri par des moyens non spécifiques ! Toute la médecine, philosophiquement interprétée, proteste contre cette erreur qui serait la négation de la force médicatrice , c'est-à-dire du plus grand, du plus beau fait de la physiologie pathologique.

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