‹ Traité des maladies vénériennes [electronic resource]Chapitre 23 sur 134 · ABCÈS PÉRI-URÉTR AUX · texte numérisé non relu

ABCÈS PÉRI-URÉTR AUX

troduit tous les jours, il n'est pas possible de s'assurer si l'écoulement qui a lieu est une suite de la maladie ou de l'irritation qu'elles excitent; aucune ne peut rester un certain temps dans l'urètre, même d'une personne saine, sans se trouver, quand on la retire, cou verte de pus ou de mucus puriforme.

Il vaut mieux introduire les bougies deux ou trois fois par jour, et ne les laisser dans l'urètre que dix minutes ou un quart d'heure, que de les mettre à demeure ou d'employer des sondes. Quelquefois, non-seulement le suintement est augmenté par ces instruments, mais il surgit une vraie blennorrhagie, surtout quand on a laissé les sondes à demeure. Il faut alors suspendre l'emploi de ces moyens. On devra surtout les mettre de côté,, s'il survient des envies fréquentes d'uriner, les symptômes d'une cystite du col. Après avoir calmé l'inflammation, on verra si le suintement disparaît complètement. S'il n'en est pas ainsi, on reviendra aux bougies, mais avec beaucoup de prudence. 11 faudra particulièrement éviter de les enfoncer trop profondément, comme cela arrive souvent aux malades et aux jeunes praticiens.

Le médecin devra prendre en considération la constitution du malade, et ici la diathèse et la disposition générale doivent avoir une grande influence sur les indications. Ainsi, comme je l'ai dit, j'ai obtenu de bons effets des dragées de lactate de fer de 5 centigrammes chacune. On a, dans quelques cas, obtenu de bons effets d'une boisson composée avec un litre eau de goudron, 10 grammes citrate de fer, 500 grammes sirop de Tolu. M. Ricord donne souvent la décoction d'ava ursi à quatre verres par jour, en Fédulcorant avec le sirop de Tolu et ajoutant le cachou.

Le suintement, qui a été rebelle à tous les moyens que j'ai fait connaître et à ceux que j'ai omis, disparaît quelquefois sans qu'on sache comment. Le coït a produit cet effet. Enfin, il est des blennorrhées qui résistent à tout, même au temps, et qui, après avoir été le symptôme d'une forme de l'inflammation de l'urètre, accusent un rétrécissement, une affection de la prostate, de la vessie, ou se compliquent de pertes séminales. Le traitement doit alors être modifié selon ces complications.

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