‹ Traité des maladies vénériennes [electronic resource]Chapitre 3 sur 134 · II PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

II PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

sances qui composent la spécialité médicale appelée syphiliographie.

Depuis que les maladies vénériennes sont étudiées avec un peu de soin, on admet que certaines lésions se produisent, en général, sur le point contaminé et à une époque voisine de l'application de la cause : ce sont là les maladies vénériennes dites primitives ; il en est, au contraire, qu'on observe ordinairement, après celles-ci, qui leur succèdent : ce sont les maladies vénériennes dites consécutives. On peut très-bien étudier les faits sous ces deux divisions déjà anciennes. Je les ai adoptées parce que ce sont les moins reprochables au point de vue de la logique , et parce qu'elles me paraissent favorables à l'enseignement. Mais je suis loin de les admettre comme pouvant servir de base à une doctrine.

Hunter avait établi deux variétés parmi les maladies consécutives ou constitutionnelles, et M. Ricord, adoptant cette subdivision , arriva à la classification des accidents syphilitiques en primitifs , secondaires y tertiaires. Ce syphiliographe crut même trouver dans cette espèce de triade , déjà vieille d'ailleurs 1 , les bases d'une véritable méthode, et il n'aboutit qu'à un système, mais un système dont l'exacte symétrie devait séduire une époque portée au positivisme et dont la simplicité apparente était fort du goût de certaines intelligences que je n'ai nullement besoin de caractériser. D'après un grand esprit , qui dit système dit supposition j or, on sait ce qui arrive aux suppositions quand on les approche de la lumière d'une critique un peu sévère. Cependant le système semblait résister à la logique et même aux arguments puisés dans l'observation clinique. C'est qu'il avait été érigé par l'expérimentation , et l'on comprend la puissance de l'expérimentation sous le règne du positivisme. Les adversaires se virent

1 Voyez Thierry de Ilery, La méthode curatoire de la maladie vénérienne, et la page 295 de ce livre, où j'ai exposé cette triade avec les termes mêmes de son véritable auteur.

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