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On a tenté l'inoculation du furoncle; insuccès

19. Les inoculations, sous l'influence de l'emplâtre de Vigo, ont diminué d'étendue; l'engorgement disparaît en grande partie. Les ulcères de la verge restent stationnaires ; l'un d'eux, à droite, est moins granuleux, sa surface s'élargit, devient grise, et simule une papule muqueuse.

30. L'une des inoculations, la seconde, est cicatrisée ; l'autre diminue tous les jours. Leur base présente une certaine résistance. Rien sur la peau. Pas de traitement.

15 décembre. Tous les ulcères sont à la période de réparation. La santé générale est excellente. Pas de manifestations constitutionnelles. Il y a bientôt sept mois que le malade a contracté les végétations. Il y a quatre mois qu'il est à l'hôpital sans traitement aucun.

On a nécessairement accusé les instruments, les pièces de pansement; on a enfin soupçonné des rapports anormaux de la part du malade. L'interne M. Dolbeau répond :Une paire de ciseaux a seule été employée ; ces instruments, qui servent fréquemment, sont, il est vrai, susceptibles d'être souillé^ par le pus virulent. Mais ils sont toujours lavés et essuyés après chaque opération. De plus, c'était la première opération du jour, et il y avait trois jours que les ciseaux n'avaient servi.

Comme pansement, le malade n'a jamais employé que du coton cardé, qui est le même pour tous. On a cité, il est vrai, des cas d'inoculation par les pièces de pansement; mais, dans ce cas particulier, rien ne fait supposer qu'il en ait été ainsi. Quant aux rapports anormaux, le malade les nie formellement. Cette observation a été recueillie sous les yeux de M. Puche et publiée dans Y Union médicale, journal sympathique à M. Ricord. J'ajouterai que M. Puche ne se sert pas des ciseaux des élèves comme le font quelques chefs de service. Il n'a confiance qu'aux siens, qu'il nettoyé toujours avant et après l'opération. D'ailleurs, d'autres faits analogues se sont produits depuis la publication de cette remarquable observation.

Traitement. — Le traitement est général et local. Les syphiliographes qui prétendent que la végétation est indépendante de tout virus rejettent le traitement général et proscrivent le mercure. Les praticiens, au contraire, qui admettent la spécificité dans l'étiologie de la végétation, conseillent un traitement général. Pour savoir à quoi s'en tenir, on devra se reporter à ce que j'ai dit des circonstances dans lesquelles les végétations se développent : j'ai prouvé qu'on les voyait apparaître à toutes les phases de la vérole et qu'elles pouvaient être le premier symptôme de l'infection. Or quand elles se développent pendant l'existence d'une diathèse, elles sont rarement seules, il y a d'autres accidents qui commandent le traitement général : ici donc point de doute sur la nécessité de ce traitement. Quelquefois elles apparaissent après tous les autres accidents ou leur survivent, et alors il est rare qu'un traitement n'ait pas déjà été entrepris, et c'est ordinairement le mercure qui aura été administré, ou bien les préparations iodées. Tout ce qu'on entreprend alors, comme médication générale, peut rester sans effet sur les végétations; elles se sont localisées, elles n'ont plus de racines profondes, ce sont des espèces de reliquats. Le traitement local, les topiques, les petites opérations chirurgicales surtout, doivent être préférées alors; car si les végétations sont entièrement extirpées, il n'y a pas de récidive, et elles ne repullulent plus, comme on l'observe si souvent dans d'autres circonstances.

Quand les végétations sont primitives, quand elles constituent le premier symptôme apparent de l'infection, on devra encore administrer un traitement général, si Ton ne veut pas exposer les malades à des récidives fréquentes, et si l'on désire éviter les complications. D'ailleurs, les faits sont là pour prouver l'efficacité du traitement général; on en trouve un remarquable dans l'ouvrage déjà cité de M. Reynaud (de Toulon)1. Sous l'influence du sirop concentré de salsepareille avec addition de sublimé et d'extrait d'opium, en quinze jours, des végétations très-prononcées devinrent molles, se flétrirent et tombèrent pour ne plus repousser. Je me rappellerai toujours une jeune fille que je trouvai à la salle Saint-Louis à Lourcine, quand je pris Je service de cet hôpital. Elle avait les grandes et les pelites lèvres couvertes de végétations qui lui causaient un prurit insupportable, puis de véritables douleurs. Toutes les poudres, toutes les pommades avaient été employées inutilement; quelques-unes de ces végétations avaient été coupées et elles repoussèrent, les autres persistèrent. Aucun traitement général n'avait été entrepris, le mercure n'avait pas été tenté,

VÉGÉTATIONS

peut-être parce que la jeune malade était débile, lymphatique. Je crus cependant pouvoir prescrire les pilules de Dupuytren, et en moins de vingt jours les végétations se flétrirent; elles tombèrent toutes peu à peu et spontanément. De pareils faits se sont encore offerts à mon observation. Mais, pour rester dans le vrai, je dois dire encore que le plus souvent les végétations persistent malgré le traitement général. Il faut en venir alors au traitement local, aux topiques, à la ligature, à l'excision.

Les topiques sont très-nombreux, on les a beaucoup multipliés en faveur des malades méticuleux qui redoutent toute espèce d'opération. On a employé la boue d'opium, l'opium brut, l'iodure de fer, le sulfate de cuivre, le calomélas. Voici le moyen qui me réussit le mieux :

Sabine 5 grammes.

Alun calciné 5 grammes.

Faites une poudre très-fine. Lavez deux fois par jour les végétations avec du vin rouge ; couvrez-les ensuite avec une forte couche de poudre selon cette formule. Après trois ou quatre jours les végétations deviennent friables et le malade peut commencer à les arracher peu à peu avec les ongles. A chaque arrachement il y a un peu d'écoulement sanguin, on l'arrête avec la lotion vineuse et l'on remet de la poudre.

Quand les végétations ne sont pas très-volumineuses, qu'elles n'ont pas une large base, on réussit avec ce moyen, et les malades sont enchantés de s'opérer eux-mêmes, de se soustraire ainsi à la main, aux instruments du chirurgien.

Il est des praticiens qui préfèrent la cautérisation; elle a été tentée avec les acides nitrique, chlorhydrique, le nitrate d'argent, le beurre d'antimoine. Le caustique aujourd'hui le plus employé et le plus efficace, c'est le nitrate acide de mercure.

On a aussi tenté la ligature que l'on fait avec un fil végétal, un fil de soie ou d'argent. Ce moyen, long dans ses effets, aussi douloureux que la cautérisation et même que l'excision, est généralement abandonné par les chirurgiens. Il est quelques malades qui y ont recours encore : ils serrent graduellement le lien, et comme ce sont eux qui opèrent, comme ils peuvent suspendre l'action à volonté, ils endurent quelquefois une douleur qu'ils ne voudraient pas supporter si elle venait d'une main étrangère. Mais les topiques ne peuvent atteindre la racine de la végétation; si l'on veut, avec les caustiques ou la ligature, aller aussi loin, on détermine une douleur des plus violentes et d'une durée bien autre que celle de l'excision.

C'est donc le fer qui doit être préféré quand on suppose que les racines des végétations sont un peu profondes, dans les cas où leur base

est large et si la muqueuse sur laquelle Pinsertion a lieu est manifestement épaissie, indurée, quand enfin on veut éviter les récidives. On se sert d'une pince pour saisir les végétations, et d'un ciseau courbe sur le plat, pour pratiquer l'excision. Pour l'extirpation des végétations un peu volumineuses, les pinces à disséquer ordinaires, les pinces à pansement même, sont suffisantes. Mais si les végétations sont petites, peu saillantes, comme on en voit si souvent sur les parties génitales de la femme, il est quelquefois difficile de les saisir; elles glissent entre les mors. Je me sers, alors, de petites pinces à dents de rat qui accrochent très-bien la quantité et seulement la quantité de muqueuse qu'il faut enlever autour de . la végétation, et celle-ci est extirpée sans être déchirée. Les oculistes emploient beaucoup ma pince à dents de rat pour les opérations qu'ils pratiquent sur les paupières et sur l'œil.

Il est des chirurgiens qui cautérisent la plaie qui résulte de l'extirpation ; mais cette cautérisation est inutile si les limites de la peau ont été dépassées; si elles n'ont pas été franchies, c'est qu'on n'a pas bien extirpé, l'emploi du caustique constitue une seconde opération. Il vaut beaucoup mieux saisir toute l'épaisseur du tégument et ne pas le ménager. On se soumettra surtout à cette règle si le tégument luimême est plus ou moins altéré, épaissi, soit par le symptôme vénérien sur lequel la végétation a poussé, soit par l'ancienneté de la végétation qui, alors, à force d'irriter la peau, a développé dans son tissu un mouvement hypertrophique.

Après l'extirpation, il n'est pas rare de voir le sang couler en assez grande abondance, surtout quand on a opéré sur le gland. On fera d'abord des lotions, des applications froides, et l'on pansera ensuite comme s'il s'agissait d'une plaie simple.

Il est bien entendu qu'on n'entreprendra pas l'extirpation s'il existe des chancres non réparés, car la plaie serait bientôt inoculée.

En général, on n'opère que quand les complications sont levées. Cependant il y .a souvent autour des végétations une irritation, une inflammation même qui ne cesse que quand ces produits ont été enlevés.

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