IODURE EE POTASSIUM
viens de dire, elles doivent être innombrables. Je ne ferai connaître que les principales, les plus utiles.
M. Ricord se servait de la formule que voici :
lodure de potassium 50 centigr.
Sirop de pavot 30 grammes.
Eau distillée..., 94 grammes.
Les doses de l'iodure étaient ensuite augmentées tous les cinq jours de 1/2 gramme jusqu'au complément de 5 grammes par jour, qui n'étaient que rarement dépassés. Une année après, le même expérimentateur imprimait qu'on pouvait commencer par 1 gramme d'iodure et même 2 en un jour, et en faire supporter, toujours en un jour, 8 et 9 grammes. Enfin, dans les notes de la deuxième édition de Hunter, M. Ricord dit : « Lorsque les accidents tertiaires existent seuls, le mode de traitement qui m'a le mieux réussi consiste dans l'emploi de l'iodure de potassium. On commencera par la dose journalière de 3 grammes. Cette dose est prise en trois fois^ dans la journée, dans trois verres de décoction de salsepareille, de houblon ou de saponaire. Les doses sont ensuite augmentées de 1 gramme, tous les cinq jours, jusqu'à 6 grammes par jour, dose que j'ai rarement dépassée. » On va voir où elle est portée par M. Puche dans les deux formules suivantes :
Solution d'iodure de potassium de V hôpital.
lodure de potassium 100 grammes.
Eau 400 grammes.
Cochenille g. s.
Faites une solution colorée en rose.
Usage contre les syphilides tardives et les symptômes tertiaires, soit ulcérations ecihymateuses, tubercules, soit périosloses, exosloses, caries.
"Aux doses de 25 à i 25 grammes par jour dans un litre de tisane amère ou sudorifique. A boire en six fois à intervalles égaux.
Sirop d'iodure de potassium.
lodure de potassium 20 grammes.
Anisette de Bordeaux 50 grammes.
Sirop de sucre 430 grammes.
Cochenille q. s.
Doses de 25 à 125 grammes par jour, dans un demi-litre d'eau froide. A boire en quatre fois à intervalles égaux.
Nota. — La dose de l'iodure de potassium de ce sirop peut êire portée à 100 grammes.
Quant à moi, je donne l'iodure de potassium de deux manières : comme tonique et comme antisyphilitique. Je ne dépasse jamais
1 gramme pour remplir la première indication, et je vais rarement au delà de k grammes pour obéir à la seconde. Je m'explique : je crois que presque toutes les maladies vénériennes peuvent être traitées par le mercure, et cela avec succès, si cet agent est bien manié; mais la constitution lui est quelquefois antipathique; alors, au lieu de produire des effets curatifs, il ne produit que des effets morbides. Ainsi, il est des malades profondément débilités qu'on ne peut d'abord attaquer par le mercure, qui déprime évidemment les forces, car c'est ce qu'on appelle un hyposthénisant. J'administre alors l'iodure de potassium depuis 25 et 50 centigrammes jusqu'à 1 gramme, et jamais plus. Par ces doses je ne me propose pas un effet antidiathésique, je ne vise pas directement au virus, je cherche à agir sur la constitution, à la fortifier et la mettre dans les circonstances les plus favorables pour lutter contre l'agent d'intoxication et pour tolérer plus tard le mercure. L'iodure alors n'est pas un spécifique, et quand il guérit c'est indirectement, par contre-coup. L'estomac reprend du ton, l'appétit sous ces petites doses devient vif, la nutrition s'active, les forces se rétablissent, et il n'est pas rare d'observer alors un certain embonpoint. Mais quelquefois la maladie vénérienne persiste. S'il s'agit d'une syphilide superficielle, on ne la voit pas disparaître; il peut arriver même qu'elle prenne plus d'activité : c'est le cas alors de faire intervenir le mercure ; il sera employé seul, si la constitution est rétablie, ou bien on l'adjoint seulement à l'iodure de potassium ; on combine les deux moyens. C'est alors le traitement mixte. Quand les accidents sont plus tardifs, c'est-à-dire quand les tissus fibreux, osseux, les organes profonds sont affectés, il y a un grand avantage à agir par la dose spécifique, par celle qui s'adresse directement au mal; on débutera alors par 2 grammes d'iodure de potassium, afin d'aller jusqu'à 4 ou 6 grammes par jour dans la même semaine.
Voici ma formule :
Eau distillée 250 grammes.
Iodure de potassium 16 grammes.
Une cuillerée matin et soir, dans un verre de tisane de houblon ou de saponaire. On peut aller progressivement jusqu'à 6 cuillerées, et comme, d'après cette formule, chaque cuillerée contient 1 gramme d'iodure, on en donne 6 grammes par jour. Je n'arrive à cette dose qu'exceptionnellement.
A l'hôpital du Midi les flacons qui contiennent l'iodure ont des lignes transversales sur un côté des parois, de manière à marquer huit espaces dont chacun est occupé par une cuillerée de solution, soit 1 gramme d'iodure ; les flacons contiennent huit cuillerées.
On peut prouver qu'à haute dose l'iodure agit directement, comme