IODURE DE POTASSIUM
antidiathésique : 1° par les modifications avantageuses qui s'opèrent du côté du mal avec une rapidité incroyable, quelles que soient les circonstances hygiéniques dans lesquelles se trouve le malade, et avant que l'ensemble de la constitution paraisse le moins du monde modifié; 2° par les insuccès qu'on observe dans certains cas où la dose administrée a été au-dessous de 1 gramme, et les succès qui sont la conséquence de Félévation de la dose, et précisément dans ces mêmes cas. J'ai connu un jeune littérateur qui avait une ulcération tardive de la base de la langue assez profonde pour loger Fextrémité de Findex. Ce malade était traité inutilement depuis six mois par Fiodure à des doses qui ne s'élevaient pas au-dessus de 50 centigrammes par jour. Le traitement avait été suivi en province. Arrivé à Paris, ce littérateur voulut bien se confier à mes soins, et je débutai par 2 grammes par jour ; j'arrivai à A grammes dans la première semaine , et en trente jours Fulcération était complètement réparée.
L'iodure de potassium peut aussi avoir un effet prophylactique ; il peut aider le mercure à empêcher les dernières périodes de la vérole de se produire. Ainsi je le donne souvent à petites doses, après un traitement complet, par le mercure, des accidents primitifs ou secondaires qui ont offert une espèce d'opiniâtreté, surtout quand le sujet est débilité. Je fais dissoudre alors Fiodure de potassium dans du sirop de fumeterre ou de bardane dont on prend une cuillerée à bouche, deux ou trois fois par jour, dans un verre de tisane de houblon.
J'ai déjà fait entendre qu'on ne s'était pas borné à combattre par Fiodure de potassium les accidents tertiaires, car on a voulu lui donner une part dans toute la thérapeutique antisyphilitique. Si l'on parcourt la liste des cas qui ont été traités par Wallace, on verra qu'elle contient des lésions secondaires, et, dans ces derniers temps, on a proposé Fiodure non-seulement contre cette seconde phase de la syphilis, mais encore contre la première, celle qui est représentée par les accidents dits primitifs. MM. Payan 1 et Bazin 2 ont publié des faits qui prouvent que ce puissant modificateur a produit, dans ces derniers cas, d'heureux effets.
Je suis loin de vouloir contester ces faits, car j'en possède d'analogues, ayant expérimenté Fiodure de potassium à toutes les périodes de la syphilis ; j'ai donc vu guérir des chancres, des affections cutanées secondaires pendant l'emploi de Fiodure : mais Faction thérapeutique de cet agent ne s'est jamais montrée alors avec cette prompti-
1 Voyez Journal de la Société de médecine de Bordeaux, 1844.
2 Gazette des hôpitaux, 1843.
tude, cette netteté, cette évidence qu'on observe quand il est employé contre les accidents dits tertiaires et très -tardifs; enfin, je n'ai jamais constaté ces caractères qui font que la causalité ne peut être mise en doute. Dans ces nouvelles applications, la guérison, certes, peut être rapportée à Fiodure, mais on peut en faire honneur aussi à la nature, car il s'est presque toujours passé un temps assez long pour qu'elle arrivât. Je ferai ici une exception : Les syphilides tardives profondes, Fecthyma à grosses pustules, certaines syphilides tuberculeuses, sont guéries quelquefois avec une très-grande rapidité par Fiodure, surtout quand le mercure a déjà été employé.