PRONOSTIC DES SYPHIL1DES
entouré des plus grandes difficultés que l'on conçoit, si Ton se rappelle que bien que les éruptions vénériennes suivent une marche essentiellement chronique, les lésions élémentaires, souvent peu marquées, laissent après elles d'autres lésions qui peuvent les faire méconnaître , on verra que, pour certaines formes surtout, ces lésions sont si souvent passagères qu'il est impossible de les apprécier : par exemple, dans presque toutes les éruptions vésiculeuses, dans la syphilide pustuleuse lenticulaire. »
§ 5. — Pronostic des syphilides.
Le pronostic des syphilides elles-mêmes n'est pas grave ; dans un grand nombre de cas les dangers viennent des complications, des récidives, car les retours en général affectent plus profondément la peau. Les syphilides, dans leur ensemble, forment deux grands groupes. Un groupe qui, le plus souvent, apparaît peu après l'accident primitif, qui revêt une forme relativement plus aiguë, qui s'étend beaucoup en surface ; c'est le groupe que j'appellerai superficiel, bénin : il se compose principalement de la roséole, des papules, des pustules superficielles et nombreuses. L'autre groupe est tardif, plus souvent chronique, arrive après le premier, surtout quand il est mal traité; il s'étend en profondeur et non en surface ; il est malin relativement à l'autre. Les pustules profondes, les syphilides pustulo-crustacées, l'ecthyma tardif, peu nombreux, mais profond, qui vient aux membres, aux jambes, le rupia, les tubercules qui envahissent la face; ces syphilides qui viennent un peu tard, avant les affections osseuses, avec elles ou très-tard après même les exostoses, sont très-graves, parce qu'elles épuisent la constitution et laissent des traces indélébiles, quelquefois des mutilations qui malheureusement, portent, le plus fréquemment, sur la face et rendent le sujet hideux. Ajoutez les difficultés du traitement, bien plus grandes ici que dans la première catégorie, et vous verrez de combien les formes profondes et chroniques sont plus graves que les formes aiguës et superficielles. Je dois encore prévenir ici l'élève d'éviter l'absolu dans cette classification des syphilides au point de vue du pronostic, car il pourra lui arriver d'observer tardivement des syphilides très-superficielles et peu compromettantes comme certains herpès à très-petites vésicules, ou bien ce seront de légères efflorescences, des inflammations superficielles des muqueuses les plus voisines de la peau.
Le pronostic dépend aussi du traitement. Or, comme il est prouvé que c'est souvent, mais non toujours, par les récidives que la syphilide devient de plus en plus profonde, on devra les éviter. Le meilleur
moyen, c'est un traitement méthodique dans lequel le mercure devra presque toujours entrer. Il est vrai que le traitement le mieux ordonné, le mieux suivi, ne met pas toujours à l'abri des récidives; mais, comme il est bien constaté aussi que les retours sont beaucoup plus fréquents dans les cas qui n'ont pas été traités ou dont la thérapeutique a été mal dirigée, mal suivie, on devra toujours traiter et bien traiter les premières syphilides, et, ce qui vaudra beaucoup mieux, soigner les accidents primitifs, pour que les syphilides ne se produisent pas ou qu'elles apparaissent sous des formes bénignes et faciles à combattre.
§6. — Traitement des syphilides.
Le traitement des syphilides est interne ou externe.