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MALADIES DES DÉPENDANCES DE LA PEAU

On s'est bien trouvé de la pommade au goudron de M. Emery, dans les cas de syphilides squammeuses. Voici la formule :

Pommade au goudron.

Goudron 100 grammes.

Axonge 300 grammes.

Les cautérisations sont en général rejetées.

Quand les croûtes du rupia syphilitique sont tombées à la faveur de quelques cataplasmes, M. Ricord panse Fulcération avec de la charpie imbibée dans la solution suivante :

Solution iodurée.

Eau distillée 200 grammes.

Teinture d'iode 6 grammes.

Iodure de potassium 1 gramme.

On ne saurait trop recommander l'application du sparadrap de Vigo cum mercurio dans la plupart des syphilides. J'ai déjà fait mention d'un beau cas de guérison rapide de plusieurs ulcérations très-graves, très-étendues et serpigineuses. C'est peut-être le moyen qui hâte le plus la disparition des symptômes. On comprend quelle importance peut avoir cet emplâtre, surtout quand il s'agit de certaines syphilides de la face. J'ai vu des pustules de cette région, modifiées très-rapidement par le Vigo, perdre leur aspect accusateur en très-peu de temps, et cela sur une personne qui par profession devait se montrer tous les jours en public.

ARTICLE IL

Maladies des dépendances de la peau.

§ 1er. — Chute de l'épiderme.

Déjà, dans le précédent article, il a été question d'une altération de l'épiderme, c'est quand j'ai décrit la syphilide squammeuse, laquelle devient cornée à la plante des pieds, à la paume des mains. En dehors de cette syphilide, il est certaines altérations de l'épiderme qu'il est bon de signaler ici. On voit en effet, et cela pour tout accident consécutif, l'épiderme s'épaissir un peu, se décolorer, devenir plus blanchâtre, grisâtre, puis se détacher par petits disques et laisser au-dessous le corps papillaire recouvert seulement par une couche très-mince d'un épiderme nouveau. Ces phénomènes se produisent surtout à la paume des mains. Quand ces plaques se multiplient, se touchent, se confon-

dent, la chute de Tépiderme peut s'opérer dans une assez grande étendue; les doigts sont quelquefois ainsi dénudés. Certains auteurs ont appelé pelade cette chute de l'épidémie des mains, des pieds et d'autres points du corps.

Quelquefois l'épiderme tombe par desquamation extrêmement fine, furfuracée, et cela au cuir chevelu, quand il y a alopécie, même quelquefois sans chute des cheveux. On rencontre aussi ces affections de l'épiderme à la face, dans la barbe, aux sourcils. Souvent cette chute de l'épiderme est une suite d'une affection érythémateuse impétigineuse ou papuleuse. C'est le pityriasis des auteurs.

§ 2. — Alopécie.

Ceux qui ont étudié les diverses classifications des accidents syphilitiques savent qu'une des premières appartient à Fernel. Pour ce grand médecin, le virus vénérien n'envahissait pas d'emblée l'ensemble de l'organisme ; il l'attaquait par couches, et cela de l'épiderme vers les parties profondes jusqu'aux os. Fernel, d'après cette théorie, établissait quatre degrés de la vérole : dans le premier, le virus s'insinuait comme une vapeur sous l'épiderme, d'où chute des poils, des cheveux. On peut certainement négliger la théorie de Fernel, comme toutes les théories; mais le fait d'observation reste : il est très-vrai que l'alopécie est une des premières manifestations de la vérole. Ici il est de toute nécessité de distinguer l'alopécie partielle de l'alopécie générale, universelle, de la chute de toutes les parties du système pileux. Sans cette distinction, il y aurait impossibilité d'expliquer les différences d'opinion qui existent sur l'alopécie et de commencer une histoire vraiment sérieuse de cet accident. Il est évident que si M. Desruelles avait établi cette distinction, il lui eût été impossible d'avancer que l'alopécie a presque entièrement disparu 4, qu'on ne l'observe plus, et M. Lagneau surtout ne l'aurait pas déclarée extrêmement rare. Si ces auteurs entendent parler de l'alopécie générale, universelle, ils ont raison. Mais ils seraient tout à fait en dehors de l'observation, s'ils contestaient la fréquence de l'alopécie partielle. Ce phénomène, en effet, est commun au début de la diathèse, quand il y a céphalée, douleur rhumatoïde. M. Baumès, qui est de mon avis sur ce point, dit « qu'on observe cette chute partielle des cheveux après des affections toutes récentes, chancres ou blennorrhagies 2. » Il y a alors quelquefois éruption furfuracée,

i T. II, p. 411.

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