‹ Traité des maladies vénériennes [electronic resource]Chapitre 67 sur 134 · MUQUEUSE BUCCALE. TRAITEMENT · texte numérisé non relu

MUQUEUSE BUCCALE. TRAITEMENT

être des plus complètes et cependant le sujet qui la porte n'aura jamais eu le moindre développement ganglionnaire ni au cou ni ailleurs. Au moment où ceci est écrit, il y a dans mon service à Fhôpital du Midi, deux malades que je montre journellement aux élèves : l'un est cocher, il a des ulcérations superficielles des deux amygdales survenues peu de temps après la cicatrisation d'un chancre de la verge, les ganglions sous-maxillaires sont engorgés; le second a des ulcérations des mêmes glandes, mais plus profondes et arrivées plus tardivement ; il a comme le premier des engorgements ganglionnaires sous la mâchoire. Le chancre de celui-ci datait d'un an, il était à la verge. Ces deux malades ont été interrogés de toutes les manières pour savoir si une infection directe aurait pu avoir lieu. On est arrivé, dans les deux cas, à établir positivement que les ulcérations de la gorge étaient consécutives. J'ai gardé longtemps ces malades à l'hôpital, surtout le cocher. On voit donc la valeur que peuvent avoir les engorgements ganglionnaires dans le diagnostic des ulcérations.

Traitement. — Il faudra se rappeler ici les deux principales variétés d'ulcérations que j'ai établies : une superficielle appartenant aux premières périodes de la vérole , l'autre profonde et correspondant surtout aux périodes ultimes de la diathèse.

1° Contre la première variété, représentée surtout par des ulcérations superficielles et correspondant à une des formes des syphilides, on emploiera le traitement mercuriel par le proto-iodure à l'intérieur, tel que je l'ai formulé en établissant la thérapeutique des maladies vénériennes dites consécutives. On ajoutera ici pour la localité le gargarisme suivant :

Décoction de gruau 100 grammes.

Miel 20 grammes.

Liqueur de Van Swieten 10 grammes.

2° Contre la seconde variété, quand les ulcérations sont tardives, profondes, arrivant après les syphilides et avec des symptômes concomitants du côté des systèmes fibreux osseux, on devra employer l'iodui e de potassium, d'après la formule que j'ai indiquée quand j'ai fait connaître cet agent thérapeutique et son mode d'administration. On a vu, que je mets 16 grammes d'iodure de potassium dans 250 grammes d'eau, ce qui fait 1 gramme d'iodure par cuillerée de ce liquide. On va jusqu'à 3 cuillerées par jour, rarement jusqu'à 6.

On ajoutera pour la localité un gargarisme selon la formule que je viens de transcrire; mais au lieu de 10 grammes de liqueur de Van Swieten, on mettra 10 grammes d'iodure de potassium. M. Ricord conseille souvent ce gargarisme :

Eau distillée

Teinture d'iode

Iodure de potassium

1 gramme.

J'ai constaté plus d'une fois que ce gargarisme agaçait trop la gorge. Je préfère donc celui qui ne contient point de teinture d'iode et qui est seulement composé avec l'iodure de potassium à dose un peu forte.

Il ne faut pas toujours attendre que les ulcérations de la cavité buccale soient profondes pour en venir à l'iodure, soit à l'intérieur, soit en gargarisme. Pour peu que la muqueuse soit détruite, pour peu que les ulcérations montrent une certaine opiniâtreté, on devra avoir recours à ce puissant modificateur, surtout si le sujet est débilité. Alors on abandonnera le mercure. Mais, dans les autres cas, ces deux agents pourront être combinés et agir concurremment, comme je l'ai déjà établi.

Pour les deux variétés, on peut employer la cautérisation avec l'acide chlorhydrique ou l'azotate d'argent. On aura recours à ce moyen dans les cas de plaques muqueuses, surtout quand elles couvrent une partie des joues, la face interne des lèvres, et quand il n'y a pas une forte turgescence inflammatoire. Lorsque les ulcérations sont profondes, tardives, et avec symptômes concomitants vers les os, le meilleur moyen c'est encore l'iodure de potassium à l'intérieur et en gargarisme, mais à haute dose. La cautérisation pourrait avoir des inconvénients dans les premiers temps des ulcérations ; il vaudrait mieux les toucher alors avec le mélange suivant, qui est conseillé par M. Baumès :

Quand les parties sont moins sensibles, que les bords de l'ulcération sont moins tuméfiés, moins turgescents, on en vient à toucher avec :

Fréquemment et après la guérison des symptômes primitifs, chancres, blennorrhagies, et quand on croit que tout est fini, le malade éprouve, sans y faire grande attention, une sorte d'en chifrènement qu'il prend pour un rhume de cerveau qui durerait beaucoup plus longtemps, voilà tout. Mais il constate de plus en plus que le nez est embarrassé, bouché, et„bientôt il mouche une matière épaisse, jaunâtre,

Miel rosat

Laudanum de Sydenham

8 grammes.

1 gramme.

Miel rosat.

Acide chlorhydrique

8 grammes.

3 à 20 gouttes.

§2. — Muqueuse du nez.

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