MUQUEUSE DES ORGANES GÉNITAUX
Dans les cas d'ozène, on pourra injecter dans les cavités nasales la solution suivante :
La syphilis consécutive peut revêtir sur la muqueuse génitale toutes les formes que nous avons observées dans la syphilis primitive. Ainsi la blennorrhagie urétrale consécutive a été observée. Il en est de même de la balano-posthite ; on en trouvera une observation et une représentation dans la section première de ce livre. Trop souvent chez la femme dont la muqueuse génitale est si étendue, on observe des écoulements qui s'éternisent parce qu'ils tiennent à une syphilis constitutionnelle qu'on s'obstine à nier et qu'on ne traite pas en conséquence. Toutes ces blennorrhagies consécutives sont généralement plus ou moins indolentes, sans réaction marquée ; ce sont plutôt enfin des blennorrhées. On ne les reconnaît ou, pour mieux dire, on ne soupçonne leur nature que quand elles sont concomitantes d'une autre affection franchement consécutive, comme une syphilide. Et encore il n'est pas rare de voir attribuer, dans les deux cas, l'écoulement à une nouvelle contagion, ce qui d'ailleurs peut très-bien être. Ainsi, on le voit, le diagnostic des écoulements liés à une affection syphilitique constitutionnelle n'est pas facile, surtout si on ne peut directement observer, inspecter la surface muqueuse malade. Lorsqu'il y a possibilité de la voir, on constate qu'elle est d'un rouge moins vif, qu'elle tend à revêtir la couleur cuivrée caractéristique des affections secondaires. On peut voir, planche lre, deux dessins : l'un représente la posthite aiguë tout à fait primitive, l'autre représente la balano-posthite consécutive, chronique. Le rouge de cette dernière figure est plus brun, plus sombre que celui de la première.
Les ulcérations consécutives de la muqueuse génitale sont généralement moins bien dessinées que les primitives, que les chancres, et elles se répandent quelquefois assez promptement, mais pour se reproduire ensuite. On voit de ces ulcérations sur le prépuce, à la surface interne des grandes lèvres, sur les petites.
11 est quelquefois difficile de distinguer ces ulcérations consécutives de cette disposition aux excoriations qu'offre la muqueuse génitale ayant déjà été le siège d'une lésion primitive qui a persisté pendant quelque temps. Ainsi on observe souvent, après le chancre induré du prépuce, une disposition à réchauffement, à l'ulcération de la mu-
Eau distillée
Chlorure de soude
300 grammes.
100 grammes.
§3. — Muqueuse des organes génitaux.
queuse, qu'on prend souvent pour une affection consécutive ; l'inflammation, l'ulcération^ ont alors des retours qu'on attribue à des récidives. Le plus souvent il n'y a rien de syphilitique dans cet état de la muqueuse préputiale, et on réussit bien mieux à en débarrasser le malade par des topiques, par des moyens simples, que par un traitement mercuriel. Ce que je dis ici de la muqueuse du prépuce peut se dire de la muqueuse de la vulve et de toute la muqueuse génitale de la femme. Le véritable praticien ne se hâtera donc pas d'entreprendre un traitement mercuriel, ni même un traitement par l'iode, surtout si le premier a déjà été suivi pendant un certain temps et d'une manière régulière. On ne prendra cette détermination que s'il existe, avec cet état de la muqueuse, des syphilides ou d'autres lésions concomitantes dont le caractère syphilitique ne puisse faire le moindre doute.
J'aurais ici à parler des végétations et des tubercules plats de la muqueuse génitale ; mais ces productions ont été assez étudiées dans la première partie de ce livre. On se rappelle que j'ai beaucoup insisté alors pour prouver qu'elles pouvaient être primitives et consécutives.
Quant au traitement général, il n'est pas différent de celui des syphilides. Le traitement local doit surtout consister à isoler les surfaces enflammées et à appliquer les astringents. Je considère comme astringents les solutés de nitrate d'argent à un faible degré. Le traitement local peut avoir une grande influence dans les cas d'affections de la muqueuse génitale des femmes. On devra revoir ici ce que j'ai écrit dans la première partie de ce livre, sur les injections intra-vaginales et intrautérines.
§ 4. — Muqueuse de Vêpiglotte et du larynx.
Il est des cas où l'affection de l'arrière-bouche et du pharynx s'étend plus profondément et va jusqu'à l'épiglotte; de là des désordres graves de la déglutition. Cette affection, qui est en général sous forme ulcéreuse, peut atteindre l'appareil phonateur, et occasionner dans la voix des altérations bien plus prononcées, mais variables, suivant qu'elles affectent les parties supérieures ou qu'elles pénètrent dans l'intérieur même du larynx ; elle peut donner lieu aussi à l'œdème de la glotte K
Quand ces ulcérations existent indépendamment d'une affection de la cavité buccale, il est souvent très-difficile d'en reconnaître la nature et d'en bien établir le diagnostic différentiel. Selon M. Reynaud, qui
1 Ici on lira avec fruit le Traité de Vangine laryngée œdémateuse de M. Sestier, p. 88.
MUQUEUSE DE l'ÉPIGLOTTE ET DU LARYNX. 439
a étudié avec soin cette forme de la vérole, la laryngite ulcéreuse ne surviendrait souvent que trop longtemps après les symptômes primitifs. Elle produirait tous les accidents des maladies ordinaires du larynx, tels que gêne ou douleur fixe au niveau du cartilage thyroïde dont le volume s'accroît manifestement dans quelques cas, altérations de la voix, dyspnée, toux saccadée, efforts pour expulser les mucosités qui obstruent la glotte et après lesquels les malades rendent un peu de matière purulente mêlée dans quelques cas de stries de sang.
Le mal par sa persistance peut amener de la fièvre avec sueurs nocturnes, avec tout le cortège de la phthisie laryngée. Les parties dures du larynx participent quelquefois à la maladie et en augmentent la gravité. Dans les cas les plus heureux alors, quand on parvient à arrêter la marche de l'ulcération, quand on guérit, il reste généralement de l'aphonie, ou du moins on observe des altérations profondes dans la voix. Le siège du mal indique assez sa gravité.
Le traitement est celui des affections dites secondaires de la bouche. Mais si l'affection persiste, si elle survient longtemps après des syphilides tardives profondes, on devra avoir recours à Piodure. Dans quelques cas même, malgré ce moyen, le mal semble persister, mais il s'agit alors d'une nécrose qui jouera le rôle de corps étranger, et, quoique la vérole n'existe plus, le malade est loin d'être sauvé.
§ 5. — Muqueuse de l'oreille.
La muqueuse, ou pour mieux dire la semi-muqueuse de l'oreille, peut être affectée par la syphilis constitutionnelle. En traitant des pustules muqueuses, j'ai fait mention d'un malade qui en avait sur tous les points où l'on peut en observer : il y en avait dans les deux conduits auditifs; d'un côté on voyait la plaque s'élever et un léger suintement; de l'autre côté, à gauche, le conduit auditif était exulcéré, d'un rouge obscur brun, et il se faisait un véritable écoulement par cette oreille. L'audition n'était en rien altérée. J'ai lu cependant dans les auteurs, et on peut voir dans le livre de M. Baumès, que les écoulements consécutifs par l'oreille coïncident presque toujours avec une dureté plus ou moins marquée de l'ouïe. Il est vrai que le médecin de Lyon signale des écoulements jaunâtres verdâtres. Depuis ma première édition, j'ai observé l'otite purulente consécutive et indépendante des plaques muqueuses. Le pus avait la couleur indiquée par M. Baumès et il y avait presque tout ôté de l'oreille malade. Dans un autre cas, j'avais observé une humeur séreuse trouble et odorante. On a aussi signalé des ulcérations ayant le caractère de celles qui appartiennent à la vérole consti-
tutionnelle ; elles seraient à l'entrée du conduit auditif ou profondément, et on ne les découvre qu'à l'aide du spéculum auris. 11 y a nécessairement alors plus ou moins d'écoulement. Toujours selon M. Baumès, on voit aussi, parfois, dans le conduit auditif, pendant l'existence de l'écoulement, des végétations molles fongueuses pédiculées. Je crois qu'il s'agit le plus souvent alors de plaques muqueuses, comme je l'ai observé, et que ce sont ces plaques qui produisent la matière de l'écoulement. Je n'ai jamais rien vu dans l'oreille qui pût être comparé aux véritables végétations avec pédicule. 11 est bien entendu que je ne parle pas ici des polypes qui n'ont rien de commun avec la vérole.
Quand j'ai eu à traiter des plaques muqueuses du conduit auditif, J ai administré à l'intérieur le proto-iodure de mercure, et comme topique je me suis borné aux soins de propreté. Lotions avec eau blanche, avec eau chlorurée étendue ; coton dans les conduits.
§ 6. — Muqueuse de Vanus et du rectum.
En 'parlant de la blennorrhagie, dans la première section de ce livre, j'ai dit que les écoulements par l'anus étaient le plus souvent dus à des affections consécutives. Ce sont souvent les pustules muqueuses consécutives de l'anus qui sont la source des écoulements qu'on observe à cette région ; mais la source la plus abondante de Fhumeur est surtout à la muqueuse qui entoure ces pustules, muqueuse qui devient alors le siège d'une inflammation blennorrhagique consécutive. Les végétations, et surtout la muqueuse qui les entoure, peuvent aussi donner lieu à un écoulement plus ou moins abondant. A l'anus, ces végétations sont consécutives dans le plus grand nombre des cas. Elles peuvent envahir la muqueuse beaucoup plus haut que les tubercules plats, lesquels se forment presque toujours à la marge de l'anus et empiètent plutôt du côté des fesses, quand elles s'étendent et se multiplient. Les végétations peuvent au contraire remonter dans le rectum, pousser sur la muqueuse même de cet intestin, ce qu'on peut constater par le spéculum ou en ordonnant au malade de faire des efforts comme pour aller à la selle.
Les ulcérations du rectum, et surtout celles de l'anus, sont fréquentes. Elles revêtent, dans le plus grand nombre des cas, la forme allongée : c'est ce qu'on appelle des rhagades. Elles ont alors un fond jaune grisâtre à bords un peu durs et inégaux. On les voit en entier quand le malade pousse comme pour aller à la selle. Le toucher et la défécation sont bien moins douloureux que quand il y a fissure, et l'on
MUQUEUSE DE l'àNUS ET DU RECTUM. 441
n'observe pas cette disposition aux lipothymies qui est un des caractères de cette dernière affection. Il y a une autre espèce d'ulcération qui est plus superficielle : on l'observe avec la blennorrhagie ; c'est plutôt une excoriation comme celle de la balanite. M. Baumès a observé des écoulements verdâtres par Fanus avec d'autres symptômes syphilitiques. Il examina avec le spéculum et trouva la muqueuse rouge,, épaissie, comme granulée dans quelques points et sans ulcération. Il ne faudrait pas confondre avec cette lésion l'induration chancreuse. Il existe en effet ici des chancres dont l'induration envahit tout le calibre du commencement du rectum, induration qui forme des rétrécissements et qui persiste des années entières. Ce sont ces indurations qui ont été prises pour des squirrhes du rectum. Mais en général il y a des ulcérations avec écoulement puriforme, et ces ulcérations s'établissent sans engorgement, sans induration préalable de la muqueuse. Selon le médecin de Lyon, elles peuvent alors se présenter à une assez grande hauteur dans le rectum.
Le traitement général des affections consécutives de l'anus est celui que j'ai déjà conseillé pour les mêmes affections des autres muqueuses. Le traitement local consiste surtout en soins de propreté. On donnera souvent des bains de siège. L'anus sera garni avec de la charpie ou du coton cardé. On pourra cautériser légèrement avec le nitrate d'argent la muqueuse qu'on peut découvrir. Des injections à l'eau blanche ou avec une solution de nitrate d'argent seront faites quand la lésion remontera jusque dans la cavité de l'intestin. On devra se méfier des injections dont le laudanum fait partie. J'ai observé un empoisonnement qui a failli devenir funeste et qui fut occasionné par une injection avec une solution de sulfate de zinc et une assez forte proportion de laudanum de Sydenham.
ARTICLE IV
Maladies des yeux.
J'ai déjà décrit dans la première partie de cet ouvrage une affection grave des yeux qui commence par la membrane la plus extérieure, par la conjonctive; c'est une des maladies vénériennes dites primitives, une forme de conjonctivite. La conjonctivite consécutive a été signalée, ou plutôt elle a été supposée , car ce que l'on a pris alors pour une manifestation de la syphilis secondaire du côté de la muqueuse oculaire était probablement une conjonctivite chronique succédant à l'ophthalmie blennorrhagique ou la prolongeant ; ou bien c'était une
conjonctivite liée à toute autre cause diathésique qu'on n'a pu préciser. Cependant je dois dire qu'en 1839, pendant que je faisais le service de l'hôpital de Lourcine, il m'a été donné d'observer une femme qui avait une roséole papuleuse. La face était prise et le voisinage des yeux. La conjonctive était d'un rouge obscur comme la peau du visage. Quand j'écrivis ma première édition, j'avais oublié ce fait, qui cependant se trouve noté dans le troisième volume de ma Pathologie externe, au paragraphe des Ophthalmies dermatosiques. Quant aux lésions des autres éléments anatomiques de l'œil, si elles ont réellement été observées, ce n'est que dans des cas d'iritis grave avec extension de la phlegmasie,ou pour mieux dire dans des cas de complication. Ainsi on a parlé de la désorganisation complète de tout le globe oculaire à la suite de l'affection syphilitique de l'iris. Mackensie fait mention de cet accident, et au moment où ceci est écrit il y a dans la salle XI de mon service, un malade qui a passé par toutes les périodes et les demi-périodes de la syphilis : il a un œil vidé. Ce n'est que longtemps après cette lésion profonde que j'ai pu l'observer ; de sorte que je n'ai pu constater le point de départ de l'affection oculaire. Mais il a été prouvé qu'il n'y avait pas blennorrhagie quand l'œil a été affecté ; de sorte qu'il ne s'agirait pas ici d'une fonte de l'œil comme on l'observe quand l'ophthalmie blennorrhagique est grave, mais d'une lésion qui serait survenue pendant l'évolution des divers accidents consécutifs, ou probablement d'un accident même de cet ordre, mais beaucoup plus grave que celui qu'on observe le plus souvent, c'est-à-dire l'iritis syphilitique. C'est en effet l'iris qui s'affecte le plus souvent quand le virus a agi sur toute la constitution ; c'est même de cette lésion oculaire seulement qu'on parle dans les livres qui traitent des maladies vénériennes.
Iritis syphilitique.
M. Ricord dit dans ses Notes à Hunier : « Il est un accident secondaire dont Hunter n'a pas parlé, parce qu'il échappait aux lois systématiques qu'il avait posées, ou parce que très-probablement il ne le connaissait pas : c'est l'iritis syphilitique. » Je cite textuellement l.
Causes. — L'iritis syphilitique est tellement liée aux affections tégumentaires et elle arrive assez fréquemment à leur suite, qu'elle pourrait être considérée comme un accident des syphilides. Mais cette affection des yeux ne coïncide pas toujours avec l'existence de l'affection cutanée : c'est quelquefois après que celle-ci est entièrement
1 Hunter, 2e édit., noie de M. Ricord, p. G*8.
IRITIS SYPHILITIQUE.
disparue ; elle se produit alors avec ou avant les affections des tissus fibreux osseux, ou comme dernier effet de la diathèse.
Ce mode différent d'apparition a fort embarrassé les classificateurs absolus, et on a cru lever la difficulté en appelant Y iritis accident de transition. Mais s'il termine tout, comme cela peut arriver, cette dénomination devient absurde.
On a cherché à établir quelle était la forme des éruptions syphilitiques qui pourrait avoir plus particulièrement une influence sur la production de l'iritis. Selon M. Legendre, ce seraient les syphilides papuleuse et pustuleuse qui fourniraient le plus de cas d'iritis (thèse déjà citée). Mackensie dit que les accidents syphilitiques qu'il a vus le plus souvent associés à l'iritis sont, en première ligne , les éruptions pustuleuse, squammeuse de la face et du tronc, et, en seconde ligne, les affections syphilitiques de la gorge. « Les pustules de la face, dit Mackensie, que j'ai observées en coïncidence avec l'iritis syphilitique étaient souvent volumineuses, dures, situées si profondément dans la peau qu'elles méritaient presque le nom de tubercules. Les éruptions squammeuses de la face se rapprochaient quelquefois de la forme aréolaire de la lèpre. Sur le corps, où l'éruption avait généralement un caractère plus aigu, celle-ci se montrait sous la forme de nombreuses élévations circulaires, d'un rouge brunâtre, grandes comme la moitié d'un pois environ, se terminant par une desquamation successive de minces pellicules épidermiques l. »
M. Ricord admet trois degrés d'iritis syphilitique. Selon ce médecin, si le malade se trouve actuellement à la période des accidents secondaires précoces, tels que syphilides exanthématique, rubéolique, l'iritis, se rattachant à cette forme, sera , toutes choses égales d'ailleurs, moins intense et constituera ce qu'on appelle Y iritis érythémateuse, et que quelques ophthalmologistes appellent iritis séreuse. Il y aurait ensuite une iritis compagne des syphilides papuleuses ; alors on observerait dans quelques circonstances des végétations que Beer a comparées aux végétations condylornateuses; mais le plus souvent, on observerait sur l'iris de véritables papules plus ou moins saillantes, de la grosseur d'un grain de millet au plus et de couleur rouge cuivré. Enfin, lorsque l'iritis survient en même temps qu'une syphilide vésiculeuse ou vésico-papuleuse, ce seraient de véritables vésicules, des vésico-pustules, et l'on pourrait même dire de petites pustules ecthymateuses. Chaque forme principale de syphilide aurait donc sa représentation sur l'iris. Telle est la conception de M. Ricord. Ainsi non-seulement on voit ici une iritis syphilitique, mais plusieurs iritis
1 Mackensie, Maladies des yeux, p. 377; traduction de MM. Laugier el Richelot.
syphilitiques qui correspondent à plusieurs syphilides. Et cependant M. Ricord finit par douter de l'iritis syphilitique; il semble finir par les rejeter toutes, et cela après en avoir décrit trois ! On lit, en effet, dans la même note du même syphiliographe : «En l'absence donc de signes pathognomoniques, on est encore en droit de se demander, comme dans certains cas de pemphigus des nouveaux nés, si la syphilis ici n'agit pas à la manière des causes communes *. » De sorte qu'ici la syphilis agirait comme le froid ou un autre excitant non spécifique; et tout cela parce que cette iritis n'aurait pas un caractère matériel à part. Comme si les antécédents, la marche de la maladie, ses rapports avec d'autres affections concomitantes, telles que les syphilides, comme si toute l'histoire pathologique de l'iritis ne valait pas un caractère anatomique pour établir sa nature !
Symptômes. — Diagiiosl le. — Avant tout , je dois rappeler que l'iritis, quelles que soient sa cause et sa nature, peut offrir les caractères suivants : 1° vascularisation particulière de la cornée Opaque et de l'iris même ; 2° modification dans les mouvements, les formes de la pupille ; 3° production d'une lymphe, d'une humeur plus ou moins purulente, adhérences; 4° troubles de la vision et douleurs de l'œil ou autour de l'œil, et même plus loin, mais toujours à la tête. Ainsi, il y a ce qu'on appelle la sclérotite zonulaire, c'est-à-dire des vaisseaux trèsdéliés, qui se rendent comme des rayons vers le bord de la cornée transparente. L'iris est altéré dans sa couleur par un développement vasculaire anormal ou la production d'une lymphe dans sa substance ou à sa face postérieure. S'il est naturellement bleu, il tourne au vert, et devient rougeâtre quand il est brun. La pupille se rétrécit et ses mouvements sont altérés ou perdus. La lymphe dont j'ai déjà parlé peut s'épancher dans la chambre postérieure et même dans la chambre antérieure. Cette même lymphe peut s'organiser sur certains points en membranes, en brides, lesquelles attachent le bord pupillaire à la capsule du cristallin, beaucoup plus rarement à la cornée. Les productions morbides peuvent revêtir la forme de tubercules, de pustules : ce sont alors, dans le plus grand nombre des cas, de petits abcès de l'iris. Enfin, il y a des symptômes subjectifs qui portent sur la vision, laquelle est plus ou moins troublée et quelquefois abolie ; il y a photophobie, et il existe des douleurs circumorbitaires qui peuvent être nocturnes. Ces caractères ne se rencontrent pas tous dans toutes les inflammations de l'iris, mais on peut les observer, quelle que soit leur cause 2.
1 Voyez Noies à Hunier, p. 682, 2« édition.
2 Voyez dans ma Pathologie externe les diverses formes, les divers degrés de l'iritis, t. 111, p. 18 et suiv., 3e édition.