‹ Traité des maladies vénériennes [electronic resource]Chapitre 72 sur 134 · MALADIES DES TESTICULES. SARCOCÈLE · texte numérisé non relu

MALADIES DES TESTICULES. SARCOCÈLE

l'orchite, lésion presque toujours aiguë. Ici il s'agira d'une affection observée après d'autres manifestations syphilitiques; c'est une des formes les plus remarquables de la syphilis consécutive, c'est le sarcocèle syphilitique ou le testicule vénérien, maladie essentiellement chronique.

Sarcocèle syphilitique ou testicule vénérien.

Cet engorgement chronique, qui avait déjà été entrevu par Astruc, que B. Bell semble indiquer, n'a commencé à être un peu connu que depuis les observations de Dupuytren et d'A. Cooper. Mais ce sont surtout les travaux plus modernes qui ont réellement éclairé l'histoire de cette maladie en laissant néanmoins bien des points encore obscurs.

Comme je l'ai déjà dit, le sarcocèle syphilitique est une des formes les plus remarquables de la syphilis consécutive ; c'est aussi la maladie dont les débuts fournissent peut-être la preuve la plus forte contre la division systématique des accidents en trois périodes. En effet, la même tumeur peut être un accident secondaire, un accident de transition et un accident tertiaire ; car tantôt on voit le sarcocèle syphilitique se développer pendant l'existence du chancre et au moment où apparaissent les syphilides les plus précoces et même sans syphilide préalable, tantôt il n'apparaît qu'avec des syphilides profondes et tardives avant l'exostose ; enfin il peut n'arriver qu'à la dernière période et avec les exostoses : il est alors tertiaire ! J'ai observé pendant longtemps dans mes salles trois malades qui portaient des testicules syphilitiques qui avaient ces trois rapports avec les autres accidents.

Symptômes. — Si l'on veut dissiper, en partie, les obscurités qui entourent encore l'histoire des engorgements vénériens du testicule, il faut de nécessité établir deux variétés.

Première variété. — Il a existé une blennorrhagie, qui peut durer encore, mais elle est rarement seule, car le plus souvent il y a ou il y a eu des chancres. La tumeur commence presque toujours par l'épididyme ; à une période ordinairement avancée de la maladie on constate un épanchement plus ou moins considérable de sérosité dans la tunique vaginale. Quelquefois le testicule s'affecte en même temps que l'épididyme; il peut former la plus grande partie de la tumeur, qui est, en général, considérable ; elle est presque toujours plus volum ineuse que dans la deuxième variété, plus inégale et plus douloureuse . C'est surtout dans cette première variété que la tumeur est le siège de douleurs lancinantes comme celles du cancer. Pour peu que la maladie

soit ancienne, on trouvera les deux côtés affectés; alors, quand on croit avoir affaire à une orchite ordinaire qui passe d'un testicule à l'autre , on est bien trompé, car, tandis que l'orchite ordinaire disparaît d'un côté au moment où l'autre s'affecte, ici on voit la tumeur d'un côté faire des progrès, tandis que celle du côté opposé ne rétrograde pas. C'est là l'engorgement testiculaire qui est pour M. de Castelnau une orchite chronique et pour les autres syphiliographes un testicule syphilitique, et qui, pour moi, est l'une et l'autre. Si l'on veut, je dirai que c'est une orchite compliquée de syphilis, ce qui lui donne un caractère éminemment chronique. Ainsi, dans cette première variété, la vérole s'est portée sur un testicule déjà malade , déjà enflammé ; elle a envahi l'orchite.

Deuxième variété. — Cette variété peut être observée chez des malades n'ayant jamais eu de blennorrhagie, qui même n'ont jamais eu antérieurement aucune affection des parties génitales, puisque j'ai observé un sarcocèle syphilitique chez un sujet dont le seul antécédent était un chancre à la lèvre. En général il y a eu d'abord une ulcération primitive de la verge, puis une syphilide. Dans le plus grand nombre des cas, rien n'annonce que le testicule va être envahi, et souvent le hasard seul fait découvrir au malade qu'il y a quelque chose de changé à ses parties génitales, ou bien il éprouve un peu de pesanteur, une gêne, un tiraillement. Si le médecin n'explore pas fréquemment les testicules du syphilitique qu'il traite, il peut ignorer l'existence de l'affection dont je parle. Ceci arrive plus souvent qu'on ne pense. On observe, mais rarement, qu'une douleur gravative aux lombes, manifeste surtout la nuit, précède ou accompagne cette variété d'engorgement syphilitique. En général, la tumeur est moins considérable que dans la première variété. Quelquefois l'épididyme ne prend aucune part à la formation de la tumeur. La glande s'endurcit peu à peu par plaques, par zones; elles se multiplient, enfin elles se réunissent toutes, et le testicule, sans avoir augmenté de volume, sans changement manifeste de sa forme, devient d'une dureté remarquable. En général, les deux testicules sont affectés, mais, il y en a un qui l'est d'une manière plus marquée, ce qui fait qu'il fixe seul l'attention des observateurs. Si un seul testicule est d'abord affecté, l'autre ne tardera pas à être envahi. On a réellement rencontré un seul testicule malade dans des cas anciens; mais comme un traitement énergique avait déjà été administré, un testicule avait été guéri, tandis que l'autre est resté malade, et celui-ci a été alors considéré comme seul affecté, parce qu'on a négligé les antécédents. Ainsi l'erreur vient de ce qu'on observe trop tôt ou trop tard.

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L'atrophie du testicule peut être une conséquence du sarcocèle dont il s'agit, mais elle n'est pas constante. Plus d'une fois les deux testicules complètement vénériens sont revenus à leur état normal et ont rempli ensuite parfaitement leur fonction. J'ai même constaté l'hypertrophie testiculaire après l'affection syphilitique. J'ai observé le testicule syphilitique chez un sujet qui n'en avait qu'un, l'autre avait été amputé, et ce malade, après sa guérison, a abusé du coït. Je reviendrai sur ces faits.

Cette deuxième variété, qui porte plus spécialement sur la glande séminale, peut se produire sans qu'on ait observé antécédemment aucun chancre; elle peut être la suite d'une blennorrhagie syphilitique. Ce sont les cas de cette dernière espèce qui ont jeté le plus d'obscurité dans l'histoire de la maladie que j'étudie ici, car les partisans de l'orchite chronique, ceux qui rejettent presque toujours la seconde variété que je viens de décrire, tirent un grand parti de l'antécédent blennorrhagique pour constituer cette même orchite chronique.

En général, les tumeurs ne sont pas douloureuses, qu'elles appartiennent à la première ou à la seconde variété. Si l'on comprime un peu fort, on peut produire la douleur ordinaire de la compression d'un testicule sain. Mais il arrive souvent que cette compression n'éveille aucune espèce de sensibilité. La douleur, s'il y en a une, est plutôt vers la région inguinale, et elle est alors, dans le plus grand nombre des cas, causée par le poids de la tumeur lorsque celle-ci est volumineuse.

Comme je l'ai déjà dit, il s'agit ici d'affections chroniques. La marche est donc lente, la durée peut être de plusieurs années. Si l'on observe une certaine tendance à l'état aigu, c'est qu'il s'agit de la première variété, c'est que l'épididymite est intervenue. Il y a dans le plus grand nombre des cas une altération marquée des fonctions testiculaires. Les désirs vénériens sont moins vifs, s'éteignent quelquefois complètement; les érections sont donc moins fréquentes; les rapports sexuels, moins recherchés d'abord, finissent par devenir impossibles. Le sperme subit une diminution, une altération qui est prouvée par le nombre toujours moins considérable des animalcules. Ces lésions de fonction sont d'autant plus marquées que l'affection atteint plus particulièrement la substance testiculaire et qu'elle envahit les deux côtés. La deuxième variété, sous ce rapport, est plus grave que la première. Je reviendrai d'ailleurs sur l'altération des fonctions génitales en parlant du pronostic.

Diagnostic. — Le diagnostic sera singulièrement simplifié si l'on

a égard à la règle générale 1 que j'ai fait connaître dans un travail lu à Y Académie de médecine. J'ai dit que quand il y a engorgement chronique des deux testicules, l'affection est nécessairement bénigne ; elle ne peut appartenir à aucune forme de cancer, ni à la catégorie des tumeurs formées par des tubercules qui sont répétés dans les viscères. Ainsi le sarcocèle syphilitique ne peut être confondu qu'avec l'engorgement chronique des testicules considéré comme tuberculeux, mais qui est bénin parce que l'affection des bourses n'est pas répétée dans les viscères. Il s'agit donc de distinguer le sarcocèle syphilitique de cet engorgement chronique, ou, si on le préfère, de ces tumeurs tuberculeuses bénignes. Ici les antécédents, les symptômes concomitants seront d'un grand secours. De plus, la tumeur de la seconde variété est bien moins inégale que la tumeur strumeuse et la dureté porte sur le testicule même, tandis que celui-ci a sa souplesse normale dans la tumeur strumeuse. La première variété, celle que j'ai décrite d'abord, serait plus facilement confondue avec l'engorgement dont il est question, d'autant mieux que dans les antécédents des deux tumeurs on peut trouver une blennorrhagie. Mais la tumeur strumeuse est beaucoup plus inégale, souvent il y a des points de cette tumeur qui se ramollissent, qui suppurent ; il est rare que le malade n'ait pas éprouvé de la douleur à une certaine période de la maladie, la compression détermine cette douleur et même une compression légère. Le sarcocèle syphilitique, au contraire, peut parcourir toutes les phases sans jamais avoir été le siège de la moindre douleur, et quelquefois même par une compression un peu forte.

Le traitement peut ici éclairer le diagnostic; en effet, l'iodure de potassium à haute dose aura une action prompte, marquée sur la tumeur syphilitique, surtout dans les premiers temps, tandis que le même modificateur, s'il agit sur la tumeur strumeuse, ne le fera qu'après un très-long temps et après une modification profonde de l'organisme. Il est vrai que l'action si prompte et si évidente dont j'ai parlé ne s'exerce que sur la première variété, et qu'il est rare de l'observer avec ces caractères quand l'iodure est administré contre la première variété. Mais cette première variété est très-favorablement influencée par Je traitement mercuriel externe et interne, tandis que le mercure est funeste dans les cas de tumeurs strumeuses.

Pronostic. — J'ai déjà manifesté mon opinion sur le pronostic du sarcocèle syphilitique, puisque je l'ai classé parmi les tumeurs bénignes des bourses. Ainsi le pronostic est favorable, surtout depuis que

1 Je dis règle générale et non loi absolue, deux choses bien différentes, car, en pathologie, la première existe et l'autre n'existe p;is.

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Tiodure de potassium a été introduit dans la thérapeutique de certaines formes de la syphilis. Tout le monde convient de cela. L'individu n'a donc rien à craindre, en général ; mais que lui reste-t-il de ses fonctions génitales? Voilà une grave question que j'ai cherché à traiter dans un travail lu à la Société de chirurgie.

Il est évident que le testicule atteint de ce qu'on a appelé sarcocèle syphilitique subit de profondes modifications dans sa structure. Cet organe peut passer à l'état fibreux, devenir cartilagineux, son parenchyme peut même être envahi par des sels calcaires; mais ce qui domine alors, c'est l'atrophie. L'acte nutritif est affaibli dans la substance testiculaire ; l'organe est amoindri, et après la guérison de cette espèce de sarcocèle il reste plus faible, plus petit. L'atrophie testiculaire est donc un fait qui se produit assez fréquemment, après le sarcocèle syphylitique, pour qu'on soit autorisé à lui donner un caractère de généralité. Mais je pense que ceux qui ont voulu considérer l'atrophie comme une terminaison fatale du sarcocèle syphilitique sont allés audelà de l'observation, ou, pour mieux dire, n'ont pas suffisamment observé avant de conclure. On conçoit les conséquences, pour les fonctions génitales, de l'atrophie du testicule, puisque, si elle est portée très-loin, si elle envahit les deux parenchymes, elle équivaut à la castration. Malheureusement cela arrive quelquefois. Ainsi j'ai été consulté par un de mes confrères qui avait vu le parenchyme de ses testicules se fondre, pour ainsi dire, sous l'influence syphilitique ; il ne restait plus des deux côtés qu'une portion de l'épididyme; ces débris de l'organe étaient d'une sensibilité extraordinaire; l'impuissance était complète. Ce fait montre l'atrophie dans ses effets les plus graves. Il est plus fréquent de voir le testicule seulement réduit dans son ensemble, un peu déformé et de consistance inégale.

L'échec éprouvé par la virilité n'est pas toujours en rapport avec les pertes que la syphilis semble avoir fait subir à la substance testiculaire : on voit, en effet, des sujets ne pouvant plus entrer en érection, ou capables seulement d'une émission séminale très-peu abondante, trèsfluide, et qui cependant n'ont presque rien perdu de la substance testiculaire. Ces différences tiennent beaucoup à l'âge du sujet, à l'usage ou à l'abus qu'il a pu faire de ses forces viriles et à l'état de son esprit. Sous ce dernier rapport, on peut observer des faits bien tristes : ils se produisent surtout dans la classe de la société qui peut comprendre ce que c'est que l'atrophie testiculaire ou du moins ses effets sur la virilité. On a expliqué à ces malheureux le chancre induré et ses conséquences, le testicule syphilitique et ses résultats ; le mal les tient longtemps sous son influence ; leur esprit se fait à l'idée d'une impuissance

dont souvent ils ne sont pas frappés en réalité ; ils n'osent aborder le mariage, se considérant comme des hommes déchus, et vivent dans le célibat le plus complet et le plus triste. Si certaines considérations, des exigences de famille ou l'intérêt les portent à contracter des liens conjugaux, au moment d'accomplir l'acte, le courage qu'ils s'étaient fait les abandonne, il se passe alors des scènes fort sombres. J'ai connu un sujet qui s'est trouvé acteur d'une pareille scène, qui plus tard est réellement devenu père, et cela quand il a été persuadé que la virilité peut très-bien être conservée aux individus qui ont eu les deux testicules syphilitiques, mais quand un traitement méthodique a été fait à temps. Ce seul fait est bien de nature à faire comprendre l'importance du sujet que je traite.

Pour mon compte, non-seulement je ne crois pas à une atrophie, à une impuissance fatale après la guérison de ce qu'on appelle sarcocèle syphilitique, mais je connais des faits qui me portent à penser que, dans certains cas, le testicule affecté ainsi de syphilis peut, après un traitement bien dirigé et commencé à temps, après guérison, conserver sa vigueur, être complètement réparé au point de vue anatomique et physiologique. Une exception rare, c'est de voir la même influence syphilitique, s'exerçant sur le même individu, produire des effets complètement opposés dans chaque testicule ; elle atrophiera un testicule, tandis qu'elle hypertrophiera le congénère. Je rapporterai bientôt une observation qui est une preuve de ce double effet de l'affection syphilitique.

L'observation qui établit le mieux que la virilité peut survivre à une affection syphilitique profonde du testicule a déjà été publiée par moi ; elle est dans mon livre de chirurgie et je la reproduirai en parlant de la thérapeutique. Le sujet était un militaire auquel un chirurgien de l'armée enleva un testicule pour une tumeur qu'on crut de nature maligne. L'autre testicule s'affecta plus tard ; il formait une tumeur ayant les caractères de celle qui déjà avait été enlevée ; je m'informai des antécédents, parmi lesquels je trouvai des symptômes vénériens. Je fis prendre à ce militaire de l'iodure de potassium à la dose que j'appelle suffisante. Le testicule revint peu à peu à l'état normal ; seulement son volume resta plus considérable que celui d'un testicule ordinaire. Je note ici, avec soin, que l'observation finit par ces mots : Le sujet est toujours plus porté aux plaisirs vénériens. Ce qui me l'a confirmé, c'est que j'ai été à même de traiter ce militaire de deux blennorrhagies depuis sa sortie de l'hôpital.

Ainsi, voilà un sujet qui n'a plus qu'un testicule, ce testicule est affecté de ce qu'on appelle sarcocèle syphilitique ; les antécédents, les

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caractères de cette tumeur, les bons effets de l'iodure de potassium, tout le prouve, eh bien ! ce testicule, après guérison, non-seulement n'est pas atrophié, mais il semble hypertrophié ; non-seulement la virilité n'est pas éteinte, mais elle se manifeste par des écarts que le malade paye par plusieurs chaudes-pisses.

Dans mon service de l'hôpital du Midi, il y avait, en août 1847, un charretier qui a offert un cas analogue à celui que je viens de faire connaître. Ce malade n'avait pas perdu de testicule, mais il en portait un qui n'avait pris aucun développement : c'était le droit ; il était resté vers l'orifice externe du canal inguinal, où il n'était représenté que par l'épididyme, qui avait à peine le volume d'une fève de marais. Ce charretier sortit guéri de mon service ; il contracta ensuite un chancre dans une maison de tolérance, le transmit à sa femme qui devint enceinte et donna le jour à un enfant, qui mourut peu de temps après sa naissance avec des syphilides comme celles que j'avais observées chez la malheureuse mère. Voilà donc encore un sujet qui n'avait, en réalité, qu'un testicule ; il est devenu manifestement syphilitique, et cependant la virilité n'a nullement été atteinte, puisqu'elle s'est manifestée par des rapports dont la conséquence a été la naissance d'un enfant portant les traces du mal paternel.

Voici maintenant une observation qui semble prouver que l'affection syphilitique, envahissant les deux testicules, peut en atrophier un. M. Ricord fait remarquer que cette atrophie est consécutive à une affection réelle du testicule qu'on a pu ignorer, car elle n'a pas augmenté le volume du testicule. Pour moi peu importe que l'atrophie soit primitive ou consécutive ; ce que je soutiens, c'est qu'il peut y avoir atrophie d'un côté, et hypertrophie de l'autre.

Le 49 juillet 1845 est entré dans mon service le nommé B..., âgé de cinquante ans, cantonnier, d'une bonne constitution. 11 y a vingt ans, il contracta un chancre qui fut suivi d'un bubon suppuré du côté gauche. Au bout de dix jours le chancre fut cicatrisé, mais le malade fut obligé de rester au lit pendant quarante jours pour attendre la guérison du bubon. Il a pris à cette époque des pilules, mais il ne sait pas si elles contenaient du mercure; jamais il n'a eu d'éruption à la peau, ni de mal de gorge. Il y a six ans, il éprouva des douleurs dans la tête, le cou et les membres, sans cause appréciable ; elles ne durèrent que quinze jours. Il y a trois mois, il contracta un nouveau chancre à la partie antérieure de l'impasse du prépuce ; le chancre fut seulement cautérisé ; il était cicatrisé au bout de quinze jours.

Jamais ce malade n'a eu de blennorrhagie. Il y a cinq mois, c'est-àdire deux mois avant le dernier chancre, le testicule gauche commença

à grossir sans devenir douloureux. Depuis un mois seulement, le malade y ressent des élancements plus fréquents la nuit que le jour.

Aujourd'hui le testicule gauche aie volume d'un gros œuf de poule; il est dur, pesant, piriforme, présentant de très-légères inégalités. On ne sent pas l'épididyme, qui paraît confondu avec le testicule.

Le cordon est un peu plus gros qu'à l'état normal, les veines du même côté sont aussi plus développées. La pression ne détermine qu'une faible douleur. Il y a un mois et demi, il parut à la partie externe et supérieure de la cuisse gauche une petite tumeur qui suppura. La plaie n'est tout à fait cicatrisée que depuis huit jours; il reste une cicatrice assez large, rougeâtre, analogue à celles que laissent après eux les tubercules cutanés.

Le testicule du côté droit est atrophié ; il est réduit à la moitié de son volume. Cette diminution s'est opérée sans gonflement préalable, environ deux mois après que le gauche eut commencé à augmenter de volume et à l'époque où des emplâtres fondants avaient été appliqués sur ce dernier, ce qui avait fait croire au malade que l'emplâtre était la cause de l'atrophie du côté droit.

12 juillet. — L'iodure de potassium est administré au malade à la dose de 2 grammes par jour. Ce modificateur est rapidement porté jusqu'à la dose de 6 grammes par jour.

Huit jours après, les douleurs n'existaient plus et la diminution dans le volume du testicule était sensible.

28 juillet. — Le testicule gauche, celui qui était volumineux, est réduit à la moitié à peu près de ce qu'il était à l'entrée du malade. On y sent bien plus manifestement des bosselures quand on le fait glisser sous la peau entre les doigts; la consistance est moins considérable. L'épididyme se distingue parfaitement du reste de la glande; le cordon a repris son volume normal. Il n'y a plus de douleurs même à une pression un peu forte. La sensibilité normale semble diminuée.

Depuis quelques jours le malade éprouve de la faiblesse dans la vue, les vaisseaux rayonnés de la sclérotique sont légèrement injectés; il y a de la photophobie et du larmoiement. Le malade se plaint aussi de bourdonnements dans l'oreille gauche ; mais ceux-ci existent depuis plusieurs années.

8 août. — Les yeux sont revenus à leur état normal; tous les phénomènes congestifs ont disparu. Les bourdonnements d'oreille continuent. Les bosselures du testicule gauche sont devenues moins nombreuses et moins sensibles. La consistance a encore diminué.

22 août.— Le testicule gauche a aujourd'hui sa forme ordinaire. Mais il reste plus volumineux qu'un testicule normal. Le droit est toujours

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petit, c'est-à-dire réduit de moitié. J'ai pu revoir ce malade, un mois après sa guérison, car il est venu me consulter pour une blennorrhagie qu'il venait de contracter.

Voilà trois faits qui prouvent que le testicule et ses fonctions peuvent être conservés dans leur intégrité après les effets, après la guérison du sarcocèle syphilitique. Ils m'autoriseraient même à admettre l'hypertrophie testicuiaire dans les mêmes circonstances.

Je ne me dissimule pas les objections qu'on pourrait faire et qu'on pourrait puiser dans les faits mêmes que je viens de citer. On m'objectera peut-être que l'hypertrophie d'un testicule, quand l'autre est absent, ou quand il est incomplètement développé, que cette hypertrophie est un fait d'organogénésie très-connu ; qu'ici l'hypertrophie a précédé l'infection syphilitique. Le mouvement hypertrophique aurait donc été soumis à cette loi de compensation qui veut que les matériaux destinés à l'accroissement d'un organe absent ou qui existe à peine, se portent vers l'organe congénère qui en reçoit un accroissement exagéré. On dira peut-être que, dans les trois faits dont il vient d'être question, la syphilis a rencontré des testicules hypertrophiés, et que si, après guérison, ils sont restés avec leur volume naturel ou un volume au-dessus de la règle, s'ils ont pu fonctionner encore, cela ne prouve nullement que ces organes n'aient pas subi un certain degré d'atrophie; car un organe qui est puissant comme un et demi peut très-bien subir une soustraction et rester encore puissant comme un et même un peu plus. Le fait le plus favorable à ce raisonnement se rapporte au charretier déjà cité : il était venu au monde avec un seul testicule complètement développé, tandis que la place de l'autre était seulement marquée par une partie de l'épididyme. On se croit donc en droit de soutenir qu'ici le testicule régulièrement constitué a pris un développement considérable avant d'être malade. La vérole sévissant alors sur lui a pu l'amoindrir sans le réduire à un volume au-dessous de la règle. Chez ce malade il y aurait eu atrophie sur hypertrophie, et cette dernière aurait fait les frais de la guérison. Ces arguments, auxquels je ne refuse-pas une certaine valeur, ne détruisent pas le fait d'un testicule restant avec son volume, et même avec un volume plus considérable, conservant ses fonctions, et cela après avoir subi l'affection appelée sarcocèle syphilitique. Je ne sais pas précisément ce qu'était avant la syphilis le testicule gauche de ce charretier; ce que j'affirme, c'est qu'après la guérison il s'est trouvé plus volumineux qu'un testicule appartenant à un sujet de l'âge et de la force de ce malade. J'ajoute que ce charretier, qui n'avait pas eu d'enfant avant sa maladie, en a eu un après sa guérison.

On pourrait peut-être diriger les mêmes arguments contre le fait du

militaire à qui on extirpa un testicule et qui, après la guérison d'un sarcocèle syphilitique du côté opposé, a conservé le testicule correspondant hypertrophié et très-actif, car il s'est passé deux ans entre la castration d'un côté et l'affection syphilitique de l'autre côté. Pendant ce temps, dira-t-on, le testicule épargné a profité, à lui seul, des matériaux nutritifs destinés aux deux glandes et a pu prendre ainsi un développement exagéré ; il se serait hypertrophié, ce qui aurait empêché les effets de l'atrophie de se produire. Je répondrai d'abord qu'il ne s'est passé que deux ans depuis l'opération qui a privé ce militaire d'un testicule à l'invasion syphilitique de l'autre glande; or c'est déjà un temps assez court pour qu'un organe s'hypertrophie au point de résister aux effets atrophiques de la syphilis. D'ailleurs, comme toute l'histoire pathologique de ce militaire, histoire qu'on lira bientôt, me prouve que le testicule amputé n'était pas cancéreux, mais seulement syphilitique ; comme c'est la même vérole ayant sevi d'abord sur le premier testicule qui a envahi ensuite le second, je me demande si un sujet, en pleine syphilis, sous l'influence d'un principe qui tend à atrophier le testicule, peut voir un de ces organes s'hypertrophier. Je crois d'ailleurs que les altérations de tissu qui constituent la tumeur appelée testicule ou sarcocèle syphilitique doivent varier et le mode de réparation ne doit pas être toujours identique : j'en donnerai pour preuve l'observation que j'ai rapportée complètement. Elle prouve, en effet, que sous la même influence syphilitique un testicule s'est atrophié sans se tuméfier, tandis que l'autre s'est tuméfié, a formé réellement tumeur et est resté avec un certain degré d'hypertrophie. Ces faits et ces interprétations sont, selon moi, de nature à mériter l'attention des praticiens, car ils touchent à une question importante d'anatomie pathologique et à la question de la stérilité chez l'homme, question trèsgrave sous beaucoup de rapports.

Traitement. — Le traitement est celui de la vérole confirmée; mais il y a des modifications à apporter selon la variété de sarcocèle et d'autres circonstances que j'ai déjà notées. On doit se rappeler ici que le sarcocèle syphilitique n'apparaît pas toujours à la même période de la vérole. J'ai avancé en commençant cet article, que la tumeur pouvait se produire, peu de temps après la première manifestation syphilitique, avec une syphilide précoce ou sans syphilide, qu'elle avait été observée pendant la période de transition, et qu'enfin elle pouvait être retardataire et n'arriver qu'avec les accidents ultimes, avec les périostoses et les exostoses. Ces circonstances doivent être prises en considération par le praticien. Le sarcocèle qui apparaîtra avant cette profonde altération de l'organisme, laquelle contre-indique tout hyposthéni-

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sant, celui-là pourra être traité avec avantage par le mercure. C'est ce sarcocèle, que j'appellerai hâtif, qui a été guéri à la faveur du mercure seul par Dupuytren, Boyer et les praticiens qui, avant de se décider à la castration, soumettaient au traitement mercuriel les malades portant des tumeurs testiculaires chroniques, ayant certains caractères du cancer. Ainsi, dernièrement, j'ai fait disparaître par les pilules de proto-iodure de mercure un double sarcocèle syphilitique, qui avait précédé une syphilide squammeuse. Le mercure donc et même le mercure seul, peut guérir radicalement certains sarcocèles syphilitiques, et je crois qu'on fera bien de commencer par lui quand il y aura une syphilide concomitante peu profonde, sur un sujet conservant des forces, et dont la constitution n'est pas profondément altérée. C'est, je crois, le moyen d'éviter les récidives. Mais il est évident que certains sarcocèles, surtout ceux de la deuxième variété, ne sont quelquefois nullement influencés par le mercure, quel que soit son mode d'administration. Ce moyen alors peut avoir des dangers, et c'est principalement quand l'affection est tardive, quand elle arrive à la période ultime de la vérole, quand le sujet passe à la cachexie. Ce sont ces sarcocèles pour lesquels la castration était autrefois pratiquée. On considérait ces tumeurs comme cancéreuses, parce qu'elles résistaient au mercure. Cette époque n'est pas loin de nous, et j'ai vu enlever par les grands maîtres que je viens de citer (surtout par Boyer), des testicules qui auraient été sauvés par l'iodure de potassium. C'est donc ce moyen qu'il faudra employer dans les cas graves, quand la constitution sera déjà compromise ; il aura alors un effet prompt et d'abord très-marqué, dans la deuxième variété. Son emploi même ne devra pas se borner à celle-ci ; le plus souvent il devra être associé au mercure dans la première variété. Voici enfin l'observation dont j'ai déjà parlé; elle est de nature à faire réfléchir tous les chirurgiens, et à inspirer des regrets au praticien qui a fait la castration.

Engorgement grave du testicule gauche. Ablation de cet organe par un chirurgien militaire qui a considéré la tumeur comme un hydrosarcocele. Engorgement analogue au coté droit. Guérison par l'iodure de

potassium. — B , âgé de vingt-neuf ans, armurier, couché au n° 24-,

salle 10, est entré à l'hôpital le 11 mars. C'est un homme peu robuste, qui a l'apparence scrofuleuse. Il dit que, dans l'enfance, il n'a jamais été malade. Ses parents se portent bien et sont très-vigoureux. Cependant, on remarque à la face et au cou des cicatrices qui ont succédé à des ulcérations scrofuleuses. Il y a six ans, il eut une blennorrhagie qui coula pendant dix-huit mois; elle ne fut jamais douloureuse et

guérit sans traitement. Six mois après, survinrent des ulcérations au prépuce et au gland, fort longtemps après tout rapport sexuel. Le malade suivit un traitement mercuriel.

Depuis, survint à la peau une éruption que le médecin ne regarda pas comme syphilitique, à ce que rapporte le malade, puis un engorgement dans l'aisselle gauche, sans écorchure ou plaie au membre supérieur correspondant ; bubon peut-être scrofuleux, traité par les maturatifs et l'incision. Le malade rapporte avoir eu dans la bouche une ulcération syphilitique que son médecin toucha et guérit plusieurs fois avec le nitrate d'argent. Enfin le testicule gauche s'engorgea (le malade était alors au service militaire) ; en quatre mois il acquit un volume énorme; dur au début, il est de plus en plus mou; des élancements de plus en plus fréquents parcourent la tumeur ; ils se font ressentir jusque dans les reins. B resta pendant quatre mois dans les

hôpitaux militaires. Enfin on fit l'ablation de cette tumeur en avril 1841. Au bout de six semaines la cicatrisation était complète. Cet homme reprit sa profession d'armurier.

Deux ans après apparaît un nouvel engorgement au testicule droit. Depuis le mois d'août 1843 cet engorgement acquiert assez rapidement le volume de deux poings. Il était dur surtout à la partie inférieure; il était le siège de douleurs intenses, lancinantes, qui ne laissaient point au malade un instant de repos. Son médecin fait appliquer successivement un grand nombre de sangsues sur la tumeur, puis il fait faire des frictions avec l'onguent mercuriel, et appliquer un emplâtre de Vigo. Six semaines après, il y avait beaucoup d'amélioration ; mais le malade mène une vie peu régulière, fait des excès. Quoiqu'il soit privé d'un testicule, et qu'il ait l'autre malade, le désir des rapports sexuels est très-vif chez lui. Après ces excès, les douleurs reparurent plus fortes qu'auparavant. C'est alors qu'il prit la résolution de se confier à mes soins, et qu'il se fit recevoir à l'hôpital du Midi. La tumeur était beaucoup plus volumineuse que le poing; elle est dure en arrière et sur les côtés; un peu molle en avant, où il y a une apparence de fluctuation dans l'étendue d'un pouce environ ; elle est ovoïde, à grosse extrémité supérieure, et ressemble assez bien, pour la forme, à une hydrocèle; mais elle est beaucoup plus lourde que cette dernière tumeur. Comme je l'ai dit, cette tumeur est le siège de douleurs lancinantes extrêmement vives. La dureté particulière de cette tumeur, la nature des douleurs, la circonstance de l'ablation déjà faite de l'autre testicule, tout semblait prouver que c'était là un véritable sarcocèle, une tumeur squirrheuse ou encéphaloïde qui devait avoir une terminaison funeste. Mais ayant bien étudié l'histoire de ce malade, je le soumis, dès son

SARCOCÈLE SYPHILITIQUE. — TRAITEMENT 7 463

entrée, à l'iodure de potassium ; il en avait pris environ 8 grammes, et déjà les douleurs avaient à peu près cessé. Maintenant, c'est-à-dire le 15 avril 1844, la tumeur a diminué de moitié, et il n'y a plus trace de douleur.

La partie de la tumeur qui offrait une fluctuation obscure ne s'est point agrandie, mais elle offre la sensation d'un liquide un peu épais, comme le serait la matière d'un ramollissement. Le 2 mai 1844, le point endurci a diminué d'étendue, la fluctuation est plus apparente, la totalité de la tumeur est moindre que la moitié du volume primitif; le i 9 mai, la tumeur a à peine le double du volume d'un testicule ordinaire. On suspend l'iodure de potassium. On fait des frictions sur la tumeur avec la pommade à l'iodure de plomb. Enfin le testicule revient à l'état normal, et le malade sort le 15 juin. Il est toujours plus porté aux plaisirs vénériens.

Ainsi on voit là une tumeur qui offre plusieurs caractères de l'encéphaloïde : fluctuation obscure, douleurs lancinantes, débilité, pâleur du sujet, circonstance d'un testicule déjà enlevé, testicule qui offrait une tumeur analogue, et cependant l'iodure de potassium triomphe ! Est-ce que l'iodure aurait fondu un cancer, ou bien a-t-on opéré de l'autre côté pour une tumeur bénigne, pour un sarcocèle syphilitique ? Cette hypothèse me paraît plus soutenable.

Plus je réfléchis à ce fait, plus je me persuade que quand le testicule gauche a été enlevé le droit était déjà affecté, mais d'une manière peu sensible, et qui n'aura fixé l'attention ni du premier médecin, ni du malade. Celui-ci ne s'est plaint du testicule droit que quand il est devenu très-volumineux et très-sensible.

ARTICLE VI

Maladies dn tissu cellulaire. — Tumeurs gommeuses.

En décrivant les affections de la peau et des muqueuses, il a été souvent question des lésions simultanées du tissu cellulaire. Ainsi, les syphilides profondes, les lésions tardives du voile du palais, du pharynx, de la langue, sont avec plus ou moins d'engorgement du tissu cellulaire sous-jacent. C'est là l'induration syphilitique diffuse du tissu cellulaire ; il semble alors affecté par extension de la lésion de la peau ou de la muqueuse qui le recouvrent. D'autres fois le tissu cellulaire s'épaissit, s'endurcit sans lésion préalable du tégument, lequel peut rester longtemps et même toujours à l'état normal.

Au lieu de cette induration diffuse, ou vaguement circonscrite, on peut observer des engorgements partiels qui, peu à peu, prennent la forme d'un noyau, d'un tubercule, d'un nœud. Ce sont tantôt des condylomes, et alors on les remarque surtout à l'anus; ou bien ces tumeurs sont appelées gomme, nodus, tumeurs gommeuses , et on les observe sous la peau, dans le tissu cellulaire profond, dans le sein même de certains organes, des muscles. On observe cette affection du tissu cellulaire quand la vérole a déjà fortement compromis la constitution. Le siège le plus fréquent des tumeurs est aux membres et à leur face externe, dans le tissu cellulaire sous-cutané, surtout où il est lamineux et dense; là elles peuvent conserver longtemps une certaine mobilité et font une saillie très-prononcée : il en est qui se pédiculent.

On a trouvé de ces tumeurs dans le tissu cellulaire du scrotum ; elles forment alors une tumeur qu'on pourrait confondre avec le sarcocèle syphilitique, ce qui ne serait pas grave, ou avec le vrai cancer du testicule, erreur beaucoup plus préjudiciable. J'ai observé un malade portant une de ces affections testiculaires. Il était couché salle 10 de mon service, à l'hôpital du Midi. La tumeur envahissait le testicule gauche ; elle était ulcérée, et du fond s'élevaient de gros bourgeons formant champignon comme au dernier terme du cancer encéphaloïde. Le testicule droit était un peu dur au centre. Ce malade était complètement anémique, essoufflé , ne pouvant rester dix minutes debout; la tête lui tournait. De plus il y avait boursouflement du ventre et un peu d'ascite. Je lui fis prendre, du premier coup, 2 grammes d'iodure de potassium, le lendemain 3 grammes, les jours suivants 4 grammes par jour pendant deux mois, ce qui fut suffisant pour la guérison. Les premiers phénomènes curatifs se manifestèrent du côté du ventre dont le volume diminua au bout de trois jours de traitement. Puis la réparation se manifesta du côté du testicule, et après deux mois, comme je l'ai dit, le malade était rendu à la santé.

On trouve aussi des tumeurs gommeuses dans le tissu cellulaire profond, et même dans celui qui lie ou sépare les éléments qui constituent le système fibreux ou le système musculaire. Ainsi ces tumeurs envahissent assez souvent la langue qui paraît alors comme rembourrée de petites noisettes. M. Ricord cite un cas remarquable qui se rapporte à cette forme de l'affection syphilitique du tissu cellulaire. C'est alors surtout qu'on a pu la confondre avec le cancer. Dans ces derniers temps on a présenté à la Société de chirurgie une tumeur du sein qu'on considérait comme gommeuse.

Il y a ordinairement plusieurs de ces tumeurs ; elles ne naissent pas toutes en même temps, et leur évolution n'est pas simultanée. Quel-

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