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CHAPITRE III

Blennorrhagie urétrale cher 1 homme»

Nous donnons le nom de blennorrhagie urétrale, d'urétrite, à l'inflammation simple de la muqueuse qui tapisse le canal de l'urètre chez l'homme et chez la femme. Elle peut avoir pour cause : 1° toute espèce d'irritation agissant directementou, pour mieux dire, par contact, sur la muqueuse de l'urètre; 2° une irritation mécanique se transmettant à cette membrane par l'intermédiaire des autres parties molles qui constituent la verge.

La première catégorie comprend toutes les substances irritantes, corrosives, caustiques, etc. , déposées volontairement ou accidentellement dans l'urètre, qu'elles soient solides ou liquides; pus blennorrhagique, chancreux, cancéreux, phlegmoneux, liquides corrosifs introduits de l'extérieur; sondes, bougies, calculs, etc.

Dans la seconde, se rangent toutes les excitations mécaniques qui agissent sur le corps de la verge : masturbation , coït répété, contusions, etc.

Nous renvoyons , pour donner une idée complète de l'étiologie , à nos considérations générales. On trouvera aussi dans cette partie tout ce qui a trait aux causes prédisposantes.

Cependant, malgré la limite que nous impose l'étendue de nos généralités , nous ne saurions commencer l'histoire de l'urétrite sans rappeler les conditions qui , dans la plupart des cas, président à son développement.

S'il existe des blennorrhagies qui naissent au milieu des rapports légaux , réfléchis : blennorrhagies honnêtes , je dirai presque légitimes > auxquelles la morale n'a rien à repro-

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cher , ii en est un bien pins grand nombre qui se gagnent au milieu de la débauche et des excès de tout genre. Que l'on consulte la masse des jeunes gens qui vont réclamer les soins du médecin , une grande partie répondra que c'est à la suite d'excès vénériens accompagnés d'abondantes libations, de veilles forcées ou autres fatigues physiques ou morales, que leur maladie s'est déclarée; un certain nombre ajouteront que l'objet de leur passion démesurée était atteint de fleurs blanches ou vertes , et qu'il a communiqué du mal à beaucoup d'autres personnes. C'est en effet au milieu de ces conditions que se prennent la plupart des écoulements.

M. Ricord nous disait souvent qu'il était possible d'engendrer de toute pièce et volontairement une blennorrhagie , et voici la recette qu'il donnait : répétition et prolongation du coït, bain chaud et prolongé le matin en se levant , asperges au déjeuner et bière le restant de !a journée. Il est certain que les bains, les asperges et la bière agissent d'une manière très-défavorable sur les blennorrhagies, qu'elles augmentent les inflammations de l'urètre, et par suite , la sécrétion morbide; aussi sommes-nous de l'avis de M. Ricord et, sans accorder à ces agents une importance de premier ordre dans la production de cette maladie, pensons-nous qu'ils peuvent jouer un grand rôle dans l'accomplissement de l'œuvre déjà si bien commencée par les excès vénériens. Comme nous avons cité le pus de chancre parmi les liquides qui président à l'inflammation simple de l'urètre, il est bon de rappeler, avant d'aller plus loin , que ce pus n'agit ici qu'en vertu de ses propriétés irritantes , et que lorsque , par son action spécifique, il engendre un chancre dans le canal, la blennorrhagie est virulente.

Symptômes. — La blennorrhagie urétrale débute par la région balanique, et se propage d'avant en arrière, en passant successivement par les régions spongieuse, membraneuse et prostatique ; de là , elle s'étend quelquefois au col de la vessie; mais ce cas est assez rare pour que l'on puisse considérer la cystite du col comme une complication. A chaque phase de

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la maladie correspond une série de symptômes qui en indiquent le siège et l'intensité.

Dans les cas ordinaires, c'est du quatrième au six ou huitième jour après le coït, qu'apparaissent les premiers symptômes, le plus souvent, ils échappent à l'observation. Les organes génitaux et surtout l'extrémité du pénis sont d'abord le siège d'une surexcitation anormale à laquelle succède une sensation de prurit, le sommeil est interrompu par de fréquentes érections suivies de pollutions douloureuses. Celte série de phénomènes anormaux porte le malade à examiner de plus près ses organes. Il trouve alors les deux lèvres du méat agglutinées par une espèce de chassie imperceptible , qu'il peut amener à l'état liquide au bout du canal , au moyen de pressions exercées d'arrière en avant; cette humeur est transparente et file sous le doigt. Cependant , l'inflammation gagne en surface et en intensité ; au prurit succèdent un picottemenl et une construction très-pénibles , les lèvres du méat gonflées se renversent en dehors , et laissent apercevoir une surface rouge pointillée. L'urine sort déjà difficilement et produit une vive cuisson dans la région balanique. L'humeur sécrétée par la muqueuse devient plus abondante et plus opaque , elle est encore filante. Au bout de quelques jours , ces phénomènes se prononcent davantage; la douleur est presque continue et se change en une sensation de brûlure au passage de l'urine ; le méaturinaire , l'extrémité du gland et quelquefois le prépuce se tuméfient; la sécrétion prend plus de consistance , tache la chemise en jaune et ne file plus sous le doigt; la peau de la verge est parcourue de lignes rougeâtres qui annoncent une légère lymphite. Les régions inguinales s'endolorissent et présentent parfois de légers engorgements ganglionnaires. Tels sont les symptômes de la période balanique de l'urétrite.

Il est rare que l'inflammation se borne à la fosse naviculaire , presque toujours , malgré les soins médicaux , elle s'étend vers les régions situées plus en arrière. Les douleurs deviennent plus fortes et se font sentir en avant des bourses ou dans l'espace qui sépare les deux testicules. Les érections

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sont plus fréquentes , d'une longue durée et souvent continues pendant la nuit, et prennent le caractère cordé. Le canal enflammé dans son épaisseur , offre une consistance anormale qu'il est facile de constater par le toucher. L'écoulement prend la teinte verte. Le pénis et les testicules deviennent le siège d'un endolorissement auquel participe quelquefois la face interne des cuisses. L'inflammation n'était encore que dans la région spongieuse; mais à mesure que la maladie s'éloigne de son début, elle s'étend plus profondément et rencontre bientôt les régions membraneuse et prostatique.

Aux symptômes précédents , viennent se joindre des douleurs et une espèce d'angoisse périnéale, qui rendent la marche et la position assise très-pénible. La miction produit une sensation de brûlure que les malades rapportent aux parties postérieures du canal; le jet d'urine très-mince affecte les différentes nuances qu'on observe dans les rétrécissements, c'est qu'il existe un rétrécissement inflammatoire. Les crémasters excités se contractent par intervalle et compriment brusquement les testicules endoloris; presque toujours une constipation opiniâtre se joint à celte série de symptômes et contribue à les rendre plus intenses.

Les phénomènes que nous venons de passer en revue ont une période croissante qui dure jusqu'au douzième ou quinzième jour ; mais après quelques jours de statu quo , la maladie commence son déclin. Les douleurs et la sensation de brûlure deviennent moins vives, l'écoulement se réduit et reprend la teinte jaune ; en un mot , tous les symptômes précédents s'amandent de telle sorte, qu'à la fin du troisième septénaire , il n'existe le plus souvent qu'un léger picottement à l'extrémité de la verge, un peu d'ardeur en urinant , et un écoulement muqueux peu abondant. Cependant, les érections cordées persistent, quelquefois encore, quoiqu'il n'y ait plus d'écoulement : c'est un symptôme contre lequel il faut se tenir en garde.

La sympiômatologie telle que je viens de l'exposer, est l'expression de la blennorrhagie la plus simple et la plus ré-

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gulière abandonnée à elle-même ; mais elle ne se présente pas toujours sous des formes aussi bénignes , ce dont on peut juger par le lableau suivant : tableau qui donne l'énumératiou des principaux accidents qui peuvent la compliquer.

Accidents de Purétrile. — Les accidents de l'urélrite aiguë sont : la réaction fébrile ; la cystite du corps , du col et la néphrite ; la dysurie et la rétention d'urine ; les érections cordées, la rupture du canal et l'hémorrhagie ; les abcès périurétraux des glandes de Cooper et de la prostate ; l'induration des corps caverneux, la lymphite , le pénitis et l'adéniteinguinale. Quant aux rétrécissements, aux perles séminales et à l'impuissance, nous les considérons comme des effets trop éloignés de l'urélrite pour que nous soyions tenus de nous en occuper. Nous nous bornerons donc à étudier les accidents que nous avons énumérés dans le lableau précédent.

1° Réaction fébrile. — Quoiqu'elle n'ait rien de dangereux en elle-même, nous la mettons au rang des complications parce qu'elle s'oppose à l'administration des anti-blennorrhagiques , et introduit , par cela même , des modifications dans la marche de la maladie. Les symptômes fébriles sont caractérisés ici , comme dans toutes les inflammations, par un mouvement fébrile, précédé de frisson , de malaise général, de dérangement dans les voies digeslives , et souvent de constipation ; leur fréquence el leur intensité dépendent , au reste, de l'irritabilité nerveuse du sujet, de la profondeur et du siège de l'inflammation. Cette complication est excessivement rare et n'a , le plus souvent , qu'une durée éphémère.

2° Cystite du col, du corps de la vessie , néphrite. — Peut- être devrait-on regarder la cystite du col comme le dernier terme de l'urétrile, et confondre sa description avec celle des autres symptômes; mais son peu de fréquence et les signes particuliers qui la caractérisent nous ont engagé à la mettre au rang des complications.

Dans la cystite du col, les malades sont tourmentés par de fréquentes envies d'uriner; avec ténesme vésical, ils accusent des douleurs lancinantes à la partie postérieure du canal

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loin près l'anus. Quand ils essaient d'uriner, ce n'est qu'après de longs étions qu'ils parviennent à rendre quelques gouttes d'urine lactescente, trouble, mêlée à du sang, et dont le passage cause la sensation d'un fer rouge. La défécation est aussi très-pénible.

La cystite du col est un accident delà dernière période de la blennorrhagie, on l'observe même chez les personnes qui ont des écoulements chroniques très-légers : il paraît et disparaît à plusieurs reprises avant de guérir, et laisse quelquefois une chaleur très-incommode dans celte région du canal.

Nous ne parlerons pas de la cystite du corps de la vessie, elle est trop rare pour que nous nous y arrêtions ; du reste ses symptômes n'ont rien de particulier.

La néphrite blennorrhagique est encore plus rare que la cystite de même nature ; nous pensons, comme M. Ricord, que les douleurs rénales qu'on lui a attribuées pendant le cours de l'urétrite, tiennent le plus souvent aux effets du cubèbe,cequi le prouve, c'est qu'en cessant ce médicament elles disparaissent.

3° Dysurié et rétention d'urine. — La dysurie, symptôme in? hérent à l'urétrite aiguë, est quelquefois assez intense pour constituer un véritable accident , elle est occasionnée par l'engorgement inflammatoire d'une portion assez étendue ou seulement de quelque point circonscrit du canal, d'autant plus prononcée que l'engorgement est plus fort; elle peut aller jusqu'à la rétention d'urine.

Cependant, de ce que l'excrétion de l'urine est suspendue, il ne faut pas toujours en conclure qu'il y ait dans l'urètre un obstacle matériel, car l'inflammation ou mieux l'irritation la plus simple , lorsqu'elle siège dans certaines parties de l'urètre et notamment dans la région spongieuse, peut déterminer une contraction spasmodique des parois qui s'oppose à la sortie de ce liquide.

Dans le premier cas, l'introduction d'une bougie ou d'une sonde trouve un obstacle invincible ou tout au moins trèsopiniâtre.

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Dans le second , l'obstacle est le plus souvent facile à vaincre, mais il renaît sitôt après la sortie de la sonde.

4° Rupture du canal. — Erection cordée. — Hemorrhagie. — La rupture du canal et l'hérnorrhagie sont presque toujours la conséquence de la chaude-pisse cordée. On sait que le caractère de la chaude-pisse cordée est un engorgement de l'épaisseur des parois de l'urètre qui , pendant l'érection , se présente sous forme d'une corde très-dure, semblable à un tuyau de plume introduit sous la peau. Qu'une force quelconque vienne agir brusquement sur cette corde, pendant qu'elle est en état de tension, elle se rompt aussitôt. C'est ce qui arrive au moment de l'éjaculation. Mais ce n'est pas toujours involontairement et contre le vœu des malades , que se produit ce déchirement: cette malencontreuse idée, qu'en rompant la corde, la maladie guérit promptement, a introduit dans le vulgaire une manœuvre détestable destinée à effectuer cette rupture avec préméditation, et c'est à l'herboriste que les malades accordent généralement leur confiance pour subir cette opération. Quel que soit du reste le procédé, unehémorrhagie plus ou moins abondante s'en suit, et amène un soulagement marqué, l'érection cordée disparaît et les malades éprouvent un bien-être très-sensible. Dans les cas les plus heureux, la solution de continuité du canal se referme et n'entraîne aucune mauvaise conséquence; mais il arrive aussi qu'elle devient le point de départ d'infiltration, de fistules urinaires et même de rétrécissements cicatriciels.

5° Abcès pêri-urétraux. — Inflammation' des glandes de Cooper et proslaliie. — Les abcès urétraux se manifestent pendant la période aiguë de la blennorrhagieet sont presque toujours le résultat d'une inflammation phlegmoneuse , qui s'est propagée de proche en proche au tissu cellulaire péri-uréti al ; le siège le plus fréquent est sot les fossettes latérales du frein, on en rencontre aussi sur les autres points de l'urètre et notamment à l'angle péno-scrotal. Les premiers signes qui les font découvrir sont une douleur, avec engorgement, sur un point défini du canal ; la partie qui en est le siège présente bientôt une tumeur arrondie, recouverte d'une peau rouge, luisante et

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chaude, qui, en faisant sallie du côlé du canal, s'oppose plus ou moins complètement au passage de l'urine.

Quelques jours suffisent pour amener la suppuration. Les douleurs deviennent pulsatives, la peau prend une couleur violacée et l'on peut, en touchant les parties malades, constater une espèce d'empâtement qui est un des signes de la fonte purulente. Le pus a deux voies de sortie, le canal de l'urèire et la peau.

Dans le premier cas, le plus fréquent du reste, la muqueuse urétrale se perfore et le pus vient sortir par le méat. L'abcès, vidé presque en entier, diminue considérablement, et les malades sont à l'instant soulagés. Mais ce soulagement n'est que momentané; à la première miction, l'urine s'introduit en partie dans la poche purulente qui représente en quelque sorte une fistule borgne interne, et détermine sur ses parois une sensation de chaleur et une douleur très-vive. Le contact de ce liquide détruit peu à peu le tissu cellulaire qui restait encore , et amène la perforation de la peau. La fistule devenue complète, donne alors passage à une certaine quantité d'urine.

Lorsque la poche purulente s'ouvre de bonne heure sur la surface cutanée, la muqueuse est le plus souvent épargnée, et la fistule borgne externe seulement , se cicatrise sans obstacle. Mais la paroi muqueuse de l'urètre est quelquefois tellement amincie qu'elle se perfore consécutivement; il en résulte, comme dans le cas précédent, une fistule ui inaire complète.

Quand la perforation se fait en premier lieu sur la muqueuse urétrale , le pus , joint à une petite quantité d'urine , s'infiltre dans le tissu cellulaire sous-cutané , décolle la peau dans un trajet assez étendu, et va s'ouvrir une issue sur un point éloigné de son siège primitif. Celte tendance au décollement est due autant à la laxilé du tissu cellulaire souscutané qu'aux propriétés corrosives du pus et de l'urine combinés.

Pour prévenir ces fâcheux résultats, M. Ricord prescrit d'ouvrir de bonne heure ioml es abcès qui se forment autour

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de l'ur ètre. C'est le vrai moyen de prévenir les fisiules urïnaires et les destructions plus ou moins étendues des parois du canal.

Les phlegmons de l'urètre se terminent très-rarement par résolution.

Quant à la gangrène qu'on observe quelquefois, elle peut être occasionnée par l'excès d'inflammation, ou par l'action de l'urine contre les parois du foyer.

Nous avons dit, en commençant, que cet accident se développait surtout pendant la période phlegmoneuse de la blennorrhagie. Nous devons ajouter qu'elle est fréquemment la suite d'excitations en tous genres, d'un traitement intempestif, et dans quelques cas, d'une rupture de l'urètre pendant les érections cordées.

L'inflammation passe quelquefois de la région bulbeuse de l'urètre aux glandes de Cooper; la tumeur occupe les côtés du raphée, au lieu de siéger sur la ligne médianne; elle est simple ou double.

Elle se termine encore par résolution ou par suppuration.

La résolution est annoncée par l'amandement de tous les symptômes et l'affaissement graduel de la grosseur. Il reste néanmoins le plus souvent une légère induration qui disparaît à la longue. La terminaison par suppuration s'annonce par l'augmentation en volume de la glande par son adhérence sur la peau , et par la fluctuation. Après que la poche est vidée, on reconnaît une cavité de la grosseur d'une petite noisette qui, après quelques jours de suppuration, se comble par un bourgeonnement vermeil et se cicatrise.

Faisons remarquer qu'ici la collection purulente est renfermée dans une espèce de coque, et n'a, par cela même, aucune tendance à fuser dans les parties voisines.

La prostaiite se déclare pendant l'inflammation blennorrhagique de la région de la prostate; mais il est rare qu'elle n'ait pas été précédée de quelques écarts de régime, ou d'un traitement excitant administré d'une manière inopportune. C'est, du reste , une complication rare, eu égard à la fréquence de la blennorrhagie.

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La prostatite est précédée de symptômes qui annoncent que ïa muqueuse des parties reculées de l'urètre est atteinte d'inflammation. Aux premiers signes de congestion de la glande, les douleurs périnéales augmentent et deviennent pulsatives; le périnée est le siège d'une pesanteur insolite; la miction cause des souffrances très-vives, et éprouve même parfois une résistance invincible. Si les malades s'assoient et croisent les jambes, ils éprouvent, dans les parties profondes du périnée, une douleur compressive qui les force à quitter cette position. Ils sont tourmentés par une constipation continuelle qui vient aggraver la maladie. On a prétendu que le bol fécal prenait, en passant au niveau de la prostate , une empreinte plus ou moins profonde, selon la saillie formée par celte glande dans le rectum , et l'on a donné cette empreinte comme un des signes de son engorgement. Mais on n'avait pas réfléchi que les matières fécales trouvaient , au niveau de l'anus, une filière plus étroite qui détruit toute forme acquise précédemment. Aussi nous n'accordons aucune valeur diagnostique à ce signe. Par le toucher rectal, on peut constater le degré d'engorgement de la prostate , et quand la glande a suppuré , la fluctuation. Si tout le corps de cet organe est pris, on sent, à trois centimètres au-dessus de l'anus, une tumeur arrondie, sur laquelle il n'est pas possible de distinguer de sillon de séparation. Pour peu que l'engorgement soit volumineux , il s'oppose à ce que le doigt pénètre au-dessus de lui. Si un des lobes seulement est enflammé, la grosseur est déjetée sur un des côtés de la ligne médiane, l'exploration est, dans ce cas, plus facile et moins pénible.

Au lieu de se fixer dans l'épaisseur de la glande, l'inflammation ne fait quelquefois que la traverser, pour se rendre, en cheminant à travers les conduits éjaculaieurs, aux vésicules séminales. La saillie que l'on sent dans le recium est, dans ce cas, plus éloignée de la ligne médiane et plus élevée; les malades sont fréquemment éveillés par des pollutions nocturnes très-douloureuses; la région inguinale est endolorie; les testicules gonflés et rénitents; il n'est pas rare

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d'observer en même temps quelques symptômes de réaction générale.

L'inflammation de la prostate et des vésicules séminales peut se propager au tissu cellulaire sous-péritonéal et même au péritoine. Ces cas sont heureusement très-rares.

Les abcès de la prostate s'ouvrent dans le rectum par le péritoine , dans la vessie et dans l'urètre. Dans le premier cas, le pus sort pendant une selle, quand le foyer doit se vider par le périnée; on observe tous les signes de l'abcès périnéal , jusqu'à ce qu'enfin la peau s'amincisse et se rompe d'elle-même ; il est prudent d'en faire l'ouverture aussitôt qu'on a reconnu la présence du pus. L'ouverture par la vessie ou par l'urètre peut se faire spontanément pendant les efforts que l'on fait pour uriner ; mais c'est le plus souvent pendant que l'on introduit une sonde pour faire uriner le malade , que se fait celte ouverture; le pus sort aussitôt à grands flots par l'extrémité libre de la sonde et par le méat. Ces deux derniers modes d'ouverture peuvent être suivis de fistules , tandis que l'ouverture par l'anus et le périnée y est moins sujette. Comme les abcès des autres parties du canal, ceux de la prostate exigent une prompte ouverture, si l'on ne veut pas exposer les parties à des fistules, à des infiltrations et à des destructions considérables de tissus.

6° Induration des corps caverneux. — L'inflammation peut passer du canal de l'urètre au corps caverneux et y déterminer un épanchement plastique qui détruit les aréoles de ces organes.

Les symptômes aigus de celte maladie n'ont rien de particulier; ce qui intéresse le médecin et, à plus juste titre, le malade, ce sont ses conséquences. Après l'inflammation, les aréoles des corps caverneux sont oblitérées et remplacées par un tissu dur, cicatriciel très-pauvre en circulation. Or, comme les érections ne se font qu'en vertu de la grande quantité de sang qui vient gorger et distendre ces organes, il s'en suit que, partout où le sang ne pénètre pas ou n'arrive qu'en très-petite quantité, l'érection est impossible ou incomplète, circonstance qui s'oppose au développement nor-

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mal du pénis. Aussi que voyons nous? Lorsque le noyeau plastique occupe la partie dorsale de la verge, le développement des corps caverneux étant gêné de ce côté , l'organe, au lieu de prendre une direction recliligne , se courbe de façon à présenter une concavité dorsale. Le gland fuit vers le pubis au lieu de se diriger en avant. Quand le noyeau plastique est inférieur, la face urétrale du pénis devient concave et le gland se courbe vers le périnée. Si toute l'épaisseur du corps caverneux est envahie dans un point, la portion pubienne entre seule en érection pendant que celle qui est audevant de l'induration reste molle et mobile comme la seconde branche d'un fléau.

Après l'état aigu , cette affection n'est plus douloureuse , mais les inconvénients qu'elle présente sont, pour les malades, un sujet continuel de tristesse qui va quelquefois jusqu'à l'hypochondrie. La blennorrhagie n'est pas sa seule cause; les contusions, les pressions et la torsion, une apoplexie caverneuse et la syphilis testiaire peuvent encore en être le point de départ.

Finissons en disant que les malades qui en sont atteints, s'en ressentent presque toujours plus ou moins, quel que soit le traitement qu'ils subissent.

7° Lymphile. — Pénilis. — Adénite. — Ces trois accidents se tiennent le plus souvent; le prépuce commence par s'engorger et devient œdémateux; le corps de la verge présente des lignes rougeâtres plus ou moins confluenles qui se prolongent du côté du pubis pour se rendre aux ganglions inguinaux. Cette inflammation produit quelquefois des bubons volumineux, mais qui n'ont rien de spécifique.

Lorsque tout le corps du pénis est véritablement enflammé, il devient lourd, pesant, très sensible au moindre contact, acquiert un volume exagéré , le gland disparaît sous l'enveloppe préputienne à moins qu'il y ail en même temps paraphimosis, les malades éprouvent souvent une réaction fébrile très-forte. Après cinq à six jours de durée, les symptômes inflammatoires s'amandent, et l'organe revient à l'état normal ; néanmoins la terminaison n'est pas toujours si heureuse : des abcès mul-

"S ble.Vnorriiagie ujîétràle chez l'homme.

tiples, des gangrènes viennent compliquer l'inflammaiion et détruire des portions étendues de tissu.

Le pénitis est un accident commun à toutes les affections de la verge; les plaies simples et les chancres peuvent tout aussi bien le déterminer que la blennorrhagie et la balanoposihite.

Marche de Ùirêlrite. — Dans les cas les plus fréquents, l'urétrite présente trois périodes bien distinctes. Pendant la première, qui dure cinq à six jours, les symptômes sont trèspeu intenses et annoncent plutôt un travail de congestion qu'une inflammation véritable,- l'écouiemenl est muqueux et peu abondant. Vers le cinquième ou sixième jour l'urétrite commence à devenir douloureuse, entre dans sa période aiguë et s'y maintient jusqu'à la fin du deuxième septénaire; arrive enfin la période de déclin où les symptômes aigus s'éteignent insensiblement pour ne laisser, comme expression de la maladie, qu'un écoulement plus ou moins abondant qui diminue par degrés. Les deux premières périodes sont assez régulières, mais la dernière, quel que soit le traitement qu'on lui oppose, est soumise à de très-grandes variations ; dans les cas les plus heureux elle se termine au trentième ou quarantième jour de la blennorrhagie; après l'emploi des balsamiques et des injections, quelquefois elle se prolonge au delà de ce délai et prend le caractère chronique; d'autres fois enfin elle éprouve des recrudescences et des rémissions occasionnées par les excès des malades , et revient à l'état chronique.

Les accidents que nous avons énumérés à l'article Complication, amènent aussi des modifications importantes dans la marche et la durée de l'urélrite.

Terminaison de fUrèlrite. — L'urélrite se termine ordinairement du trentième au quarantième jour, à moins que des excès ou un traitement intempestif ne viennent retarder la guérison. Dans les cas, malheureusement trop rares, où l'on peut appliquera méthode aborlive, la guérison se fait du quatrième au huitième jour.

La médication ordinaire fait cesser rapidement les phéno -*

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mènes aigus, mais il reste souvent un suintement très opiniâtre qui ne disparaît qu'à la longue.

Les terminaisons par délitescence et gangrène sont excessivement rares. Les rétrécissements du canal, les engorgements de la prostate, des vésicules séminales, la cystite, etc. que Ton a si gratuitement attribués aux injections, ne sont , d'après notre propre observation, que la conséquence d'une médication inopportune ou d'une prolongation de la maladie, due presque toujours à l'emploi de remèdes inefficaces.

Pronostic de V urétrite. — Le pronostic immédiat de l'uré- Iriie simple n'a rien de grave, dans la plupart des cas; il varie suivant le siège, l'intensité de l'inflammation, la constitution du sujet, la durée du mal et ses récidives. En général, plus l'inflammation se rapproche des parties postérieures du canal , plus ses effets sont à craindre. C'est pourquoi il est de la plus haute importance d'y couper chemin le plus promptement possible.

Comme pronostic d'avenir , l'urétrite ne doit inspirer de crainte que lorsqu'elle a été abandonnée à elle-même ou mal traitée; dans ces cas, en effet, elle peut être suivie de rétrécissements , d'engorgements chroniques de la prosiate des vésicules séminales et de l'épidyme , d'inflammation chronique du col et du corps de la vessie, de pertes séminales et de tous les troubles fonctionnels qui accompagnent ces différentes lésions.

La constitution n'a rien à craindre des effets directs de la blennorrhagie, et si elle peut en éprouver quelques troubles, c'est toujours indirectement; nous exceptons, bien entendu, le cas où la blennorrhagie serait compliquée d'un chancre, susceptible de s'indurer et d'empoisonner l'organisme. Ici on n'aurait plus affaire à une urétrite simple, mais bien a une urétrite virulente avec infection syphilitique.

Diagnostic de Vurclrite. — Le but du diagnostic est de connaître le siège précis de la maladie , et la nature des lésions qui sont le point de départ de l'écoulement. Le diagnostic du siège qui paraît si simple dans la plupart des cas peut néanmoins offrir quelque difficulté. Ces difficultés se présentent

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lorsque les malades sont atteints de phimosis complet ; dans ce cas, en effet, la sécrétion sort par le limbe du prépuce qui masque l'ouverture du méat, et Ton ne saurait décider, au premier abord, si elle prend sa source dans l'urètre ou autour du gland. Nous appelons l'attention de nos lecteurs sur celle remarque , pour qu'ils aient bien présents à la mémoire les signes qui appartiennent à l'urétrite et à la balanoposihite. D'ailleurs, nous avons donné, page 54 et 55, en traitant la balano-posthite, les moyens de distinguer ces deux affections.

Il ne suffit pas d'avoir reconnu l'urétrite, il faut déterminer encore sur quel point le canal est affecté et distinguer, si l'inflammation est érylhémateuse ou phlegmoneuse, puisque c'est d'après ces connaissances que l'on doit modifier le traitement ; on trouvera toutes ces distinctions soigneusement faites à l'article de la symptômatologie. Pour le diagnostic de la nature, nous renvoyons à nos considérations générales, page 38 et suivantes, où nous avons exposé lesjsignes du chancre urétral comparés à ceux de l'urétrite simple.

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