TRAITEMENT DE LURÉTR1TE
de plus une modification imprimée à celle surface par les, principes du cubèbe ou du copahu contenus dans les urines.
Action du copahu. — Le copahu est le modificateur le plus puissant de la muqueuse urétrale, c'est pour ainsi dire un spécifique contre l'urélriie, mais son action est nulle dans les autres blennorrhagies. Il peut agir de trois manières : 1° par révulsion ; 2° par action générale; 3° par action directe sur la surface que l'on veut modifier.
Action révulsive. — Lorsque le copahu agit par révulsion , il détermine des superpurgations très abondantes, avec coliques , comme le font les autres purgatifs : coloquinte, médecine Leroy, etc Sous l'influence de cette dérivation
l'écoulement s'arrête ; mais il ne faut pas trop se fier aux guérisons ainsi obtenues , car le plus souvent, au moment oùla révulsion cesse, la blennorrhagie revient. Règle générale, dans l'administration du copahu , on ne doit pas rechercher l'action purgative*
Action générale. — Le sang modifié par les principes du copahu , agit sur la muqueuse urétrale d'une certaine façon, qui peut contribuer à la guérison , mais ce mode d'action est bien faible , puisque les blennorrhagies , autres que celles de l'urètre, n'en éprouvent aucune amélioration, il ne faut donc pas y compter^
Action directe anti-blennorrhagique. — Le copahu emporté dans le torrent circulatoire, vient subir, dans les reins, une élaboration en vertu de laquelle il acquiert de nouvelles' propriétés. Aussi les urines des personnes qui usent du copahu ont-elles une odeur particulière, facile à reconnaître. C'est ce principe contenu dans les urines qui modifie les surfaces malades.
M. Ricord a eu l'occasion d'observer la blennorrhagie chez deux malades affectés de fistule urétrale. Chez le premier, l'inflammation se déclara d'abord dans la partie du canal étendue de la fistule à la vessie, la portion antérieure devint malade consécutivement. Sous l'influence du copahu, la partie du canal posiérieure à la fistule, celle qui subissait le contact de l'urine modifiée par le copahu , guérit en peu
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de jours; niais l'écoulement persista sur l'extrémité antérieure* à la fistule, qui ne donnait point passage à l'urine. Il fallut en venir aux injections pour amener la guérison.
Un autre malade, atteint d'une fistule de la même région, pouvait faire sortir l'urine parle méat, en abaissant la verge de manière à mettre les deux bords de la fistule en contact; mais en relevant cet organe, la fistule était béante et donnait passage à tout le liquide. Affecté d'une blennorrhagie urétrale, il vint consulter M. Ricord qui, sans lui être préjudiciable en rien, mit à profit sa maladie pour s'éclairer sur le mode d'action du copahu. Le copahu ayant été administré, on pria le malade d'évacuer les urines par la fistule, et bientôt toute la partie de l'urètre, postérieure à cette ouverture anormale, fut délivrée de l'inflammation blennorrhagique , avant que la portion située en avant n'eut subi aucune modification favorable. M. Ricord ayant fait continuer l'usage du copahu , prescrivit au malade défaire passer les urines dans toute la longueur du canal, ce qu'il fit facilement en baissant la verge de manière à mettre en contact les deux bords de la fistule, et la blennorrhagie de la portion spongieuse de l'urètre disparut comme la précédente. Ces faits ne démontrent-ils pas que le copahu mêlé aux urines a une action spéciale sur l'inflammation du canal de l'urètre? Partant de là , on a cru pouvoir guérir les blennorrhagies en ponant directement le copahu sur les muqueuses malades , mais ce médicament ainsi appliqué ne réussit jamais, et a de plus l'inconvénient d'irriter beaucoup.
Pour pouvoir employer le copahu en injection , il faudrait lui faire subir les modifications qu'il acquiert naturellement en passant par les reins. Aucun procédé n'ayant encore obtenu ce résultat, on est obligé d'ajourner l'emploi local de ce médicament.
Dans l'état actuel de nos connaissances, le copahu ne peut donc être introduit que par la bouche ou le rectum.
Accidents déterminés par le copahu. — Le plus souvent , le copahu occasionne des renvois d'un goût et d'une odeur désagréables, il provoque aussi des vomissements qui tiennent,
dans contins cas, à la répugnance invincible des malades et dans d'autres à une légère irritation gastrique. La diarrhée qui succède à l'ingestion de ce médicament, lient tantôt à une intolérance simple, et tantôt à une légère enlérite. Elle peut produire une dérivation salutaire, tandis que le vomissement est sans aucun bénéfice pour le malade. Le copahu agit rarement sur les centres nerveux ; cependant on a observé ù la suite de son administration des congestions cérébrales qui n'ont cédé qu'à la suspension de ce médicament.
L'ingestion du copahu détermine une fluxion à la peau qui peut aller jusqu'aux différents exanthèmes dont est affectée l'enveloppe cutanée. C'est surtout pendant l'automne et le printemps et après tes premières prises de ce médicament, qu'apparaissent ces éruptions. La forme la plus commune est la roséole boutonneuse, ou le lichen urtié; quelquefois, c'est un véritable urticaire. On observe aussi , mais très-rarement , l'eczéma et les différentes variétés d'érilhème.
L'apparition de la roséole est accompagnée d'un prurit assez vif, les taches disséminées ou groupées dans certains points sont d'une couleur vineuse très- animée ; l'éruption peut être générale et instantanée sans choix de lieu; mais son caractère principal est d'avoir des foyers de concentration. Elle siège de préférence au niveau des articles et toujours du côté de l'extension , assez souvent sur le côté des oreilles et derrière le cou ; jamais elle n'occasionne de la fièvre par ellemême. Si on oubliait tous ces caractères, il en est un pathognomonique qui a beaucoup de valeur: c'est la guérison rapide qui succède à la suspension du médicament.
L'éruption disparaît ordinairement du premier au huitième jour, à partir du moment de la cessation du copahu; ce seul caractère devrait mettre sur la voie du diagnostic ces prétendus spécialistes qui confondent si souvent cet exanthème avec les syphilides.
Sous l'influence du copahu, les reins deviennent le siège de douleurs semblables aux douleurs contusives; l'on a vu à tort, dans ces douleurs, un symptôme de blennorrhagies rénales. Cette erreur profonde peut facilement cire dissipée,
puisqu'en cessant le copahu , les douleurs disparaissent en deux ou trois jours. Or, la guérison d'une blennorrhagie ne céderait point à ce genre de traitement.
Doses et modes d'administration du copahu. — Quelques praticiens administrant le copahu à doses croissantes , commencent par 2 grammes par jour, et vont jusqu'à 20 grammes, c'est , selon nous , une méthode défectueuse , car l'organisme finit par s'habituer au médicament et n'en éprouve plus d'effet.
M. Ricord , et à son exemple le plus grand nombre de médecins, préfèrent donner d'emblée 12 à 16 grammes par jour pour augmenter ensuite. Cette dose est divisée en trois prises dans la journée; savoir : une le malin une ou deux heures avant le déjeûner; la seconde sur les trois ou quatre heures, c'est-à-dire, deux heures après le diner; et la troisième le soir sur les neuf heures. On a voulu ainsi administrer le médicament à doses réfractaires dans la journée, afin de tenir constamment les malades sous son influence, et pour éviter l'action purgative qui pourrait résulter d'une dose trop élevée -, mais les voies digeslives, toujours en contact avec le copahu , finissent par éprouver des dérangements qui ne leur permettent plusde le supporter : les malades sont pris d'inappétence, de renvois et d'envies de vomir qui leur font prendre ce remède en horreur. L'administration du copahu doit être continuée à une dose élevée jusqu'à la disparition complète de l'écoulement; on diminue ensuite graduellement cette dose, et l'on cesse huit à dix jours après la guérison.
L'action du copahu est ordinairement graduelle. Dans quelques cas rares où il agit en purgeant abondamment , la guérison est très-rapide; mais on doit s'en méfier, car elle n'est le plus souvent que momentanée.
L'ingestion du copahu cause une soif très-vive qui engage les malades à se gorger de boissons , mais celte grande quantité de boissons ne fait qu'étendre le principe actif du copahu et l'affaiblit par conséquent; il faut donc, autant que possible, recommander aux malades de s'en abstenir.
On croit, dans quelques cas, avoir guéri un malade :
l'écoulement et les douleurs ont en effet disparu. Mais qu'une pollution nocturne arrive sur ces entrefaites, et l'écoulement reparaît deux ou trois jours après, il ne faut pas s'endormir alors, et prescrire de nouveau le traitement.
Après la guérison, les malades demandent souvent au médecin à quelle époque ils pourront s'acquitter de leurs devoirs conjugaux , il ne faut jamais le leur permettre avant quinze jours de la guérison, et encore ne sont-ils pas toujours exempts de danger , a la vérité ils ne risquent nullement de communiquer la maladie, mais ils courent la chance de la voir recommencer chez eux.
Formes sous lesquelles il faut administrer le copahu. — Moins le copahu est travaillé et plus son action est puissante.
Une des formules les plus efficaces, celle que l'on met encore généralement en usage dans les hôpitaux militaires , c'est la potion de Chopart. Sous l'influence de cette potion , les malades sont quelquefois pris de vomissements trèsopiniâtres.
Potion de Choppart,
Baume de copahu \
Alcool rectifié /
Sirop de Tolu ) 60 grammes.
Eau de menthe i
Eau de fleurs d'oranger. . . . . J
Alcool nitrique 8 grammes.
A prendre trois à six cuillerées par jour, en trois fois, dans la blennorrhagie.
M, Ricord l'a modifiée de la manière suivante :
Copahu )
Sirop de pavot. >30 grammes.
Sirop de Tolu )
Eau de menthe, 60 grammes; eau de fleurs d'oranger, 10 grammes; poudre de gomme arabique, q. s. pour faire une émulsion.
3 , à 6 à 9 cuillerées par jour en trois fois. Pour la faire supporter plus facilement, M. Ricord fait prendre immédiatement après l'ingestion de chaque dose un
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demi-verre de limonade gazeuse ou quelques cuillerées de la potion de Rivière.
Pour éviter l'action immédiate du copahu sur l'estomac, on l'a donné sous forme pilulaire et capsulaire ; on peut l'associer aussi au cubèbe sous forme d'opiat. Mais nous préférons, à l'exemple de M. Ricord , faire prendrele cubèbe et le copahu à part, afin d'avoir encore la ressource de les combiner, dans le cas où les malades se fatigueraient de l'administration isolée de l'un ou l'autre de ces médicaments.
D'après les observations de MM. Cullerieret Ricord, le copahu agit d'autant mieux spécifiquement qu'il purge moins ; il faut donc annuler son action purgative au moyen d'agents correctifs. L'opium est peut-être le correctif qui établit le mieux la tolérence, la ratanhia est aussi dans le même cas. Dans quelques cas très-rares , le copahu constipe au lieu de purger, il faut alors l'associer à quelques substances purgatives.
Nous n'avons indiqué que les préparations de copahu les plus en usage , les pharmacies , les formulaires abondent en formules que nous ne saurions reproduire ici sans nous exposer à des longueurs inutiles. Du reste, il n'y a qu'à connaître la dose journalière et les graduations que l'on peut en faire; c'est ensuite au médecin à déterminer, suivant les cas, les différentes préparations qu'il doit prescrire.
Cubèbe. — Le cubèbe est, à la vérité, un peu moins actif que le copahu ; mais aussi n'a-t-il pas les inconvénients de ce dernier, c'est la médication que nous employons au début de toutes les blennorrhagies, et nous pouvons dire, à son éloge, qu'aucun de nos malades n'a eu às'enplaindre.Une seule fois, depuis que nous exerçons à Marseille , nous avons été obligé de le remplacer par l'émulsion au copahu.
Le cubèbe est mieux toléré, n'occasionne ni renvoi , ni vomissements, le plus souvent il donne du ton à l'estomac et ramène l'appétit, très-rarement il est suivi de diarrhée, au contraire il constipe. Les éruptions cutanées sont bien moins fréquentes après lui qu'après le copahu; néanmoins il parvient rapidement à modifier l'écoulement. Son effet le plus marqué
TRAITEMENT DE L'URÉTRIT'E.
est la diminution rapide des douleurs pendant la miction; nous avons soigné des malades qui, du soir au lendemain, en éprouvaient un soulagement très- marqué.
Doses. — La dose ordinaire est de 16 à 30 grames par jour, divisés en trois prises, une heure avant et deux heures après le repas. Quelques médecins commencent par 40 et même GO grammes par jour. M. Ricord donne 30 grammes de cubèbe en poudre avec addition de 2 grammes d'alun et divisée en trois dosesà prendre dans de l'eau ou dans du pain à chanier, on peut ajouter aussi aux 30 grammes de cubèbe 3 ou 4 grammes de sous-carbonate de fer.
Nous faisons prendre la formule suivante qui , quoique très-compliquée, n'en a pas moins une action très-énergique. Cubèbe . 100 gr.
Poudre de carbonate de soude. . 2 Sirop de gomme ou miel q. s. pour faire un opiat assez consistant A prendre six doses par jour en trois fois dans du pain à chanter. Chaque dose sera au moins de la grosseur d'une noisette. On augmente graduellement jusqu'à 12 doses par jour.
Depuis que j'exerce à Marseille , j'ai donné , comme règle générale, celte formule aux malades qui sont venus me consulter , et cela sans avoir eu égard a l'acuité des symptômes; je n'ai jamais eu à déplorer d'accidents; aussi puis-je dire que j'ai complètement abandonné le traitement antiphlogislique dans les blennorrhagies aiguës ordinaires.
Je m'abstiens de citer les pilules, les bols qui sont en vente chez les pharmaciens ; il m'est démontré que , dans ces préparations faites d'avance, le cubèbe perd tout son principe actif, et que c'est vouloir prolonger la maladie que de les administrer.
Le cubèbe, comme le copahu, doit être continué ù dose
Alun.. . • . .
Extrait de ralanhia.
Extrait thébaique. .
Poudre de camphre
0, cent. 25
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assez élevée, jusqu'à ce que l'écoulement ait disparu; on diminue ensuite graduellement de manière à cesser huit a douze jours après la guérison.
Les succédanés du cubèbe et du copahu sont la térébenthine cuite de Venise , le baume du Canada , le goudron , les purgatifs drastiques tels que la coloquinte, la médecine Leroy; mais ces dernières substances n'ont qu'une action dérivative, le plus souvent momentanée. Les résines seules agissent spécifiquement sur l'urètre; et encore n'est-ce que sur sa partie postérieure.
Après l'emploi de la méthode abortive, trois cas peuvent se présenter : 1° la guérison complète ; 2° le passage de l'inflammation à l'état aigu ; 3° la continuation de l'écoulement avec des symptômes chroniques.
Dons le premier cas , on n'a qu'à se louer d'avoir obtenu une guérison aussi complète en aussi peu de temps.
Dans les deux autres cas , on abandonne les moyens abortifs pour recourir à la médication qu'on emploie ordinairement dans les cas de blennonhagie aigùe ou chronique.
Thérapeutique de la blennorrhagie aigùe. — On prescrit généralement les boissons délayantes , les bains entiers tièdes, les purgatifs légers, salins et huileux , et une demi-dîète. Si les symptômes aigus deviennent intenses, on applique des sangsues soit aux aines soit au périnée, selon la profondeur de l'inflammation. Disons, en passant, que l'on doit toujours éviter d'appliquer les sangsues sur le pénis. A moins que l'urétrite ne soit suivie de réaction fébrile, on n'est jamais obligé d'en venir à la saignée du bras. On cite des cas de guérison radicale survenus à la suite de la médication antiphlogistique seule,- ils doivent être excessivement rares, mais ce sont, dit-on, lesguérisons les plus franches.
Quelques médécins prescrivent , pendant la période aiguë, des injections d'eau de guimauve et de pavot tièdes, des bains locaux dans le même liquide, nous n'avons jamais retiré d'avantage de celle pratique, car les bains locaux et les injections ne servent qu'à irriter le canal et à congestionner l'organe.
TRAITEMENT DE i/UKÉTIUTE.
Du reste , le traitement de l'inflammation urélrale doit varier selon l'intensité des symptômes et des accidents qu'elle développe ; aussi ne serons-nous véritablement complets qu'en parlant de la médication particulière à chaque accident.
Traitement des accidents de la blennorrhagieuré traie. — Nous avons cité, au nombre des symptômes accidentels immédiats, la réaction fébrile, la cystite du goI, la dysurie, la rupture du canal , les abcès , les indurations des corps caverneux , la lymphite, le pénitis et l'adénite; nous réservant d'étudier, dans autant d'articles à part, les autres complications, telles que l'ophtalmie , Tépididyiniie , etc. , qui touchent de moins près à l'urétrite.
Réaction fébrile. <— Il est rare qu'elle accompagne l'urétrite simple, presque toujours elle est la conséquence d'autres complications. Dans tous les cas, elle exige qu'on suspende, plus ou moins complètement, les aliments, pour recourir aux boissons délayantes, au repos et même aux aniiphlogistiques. Néanmoins, comme nous l'avons déjà dit, il est trèsrare que l'on soit obligé d'en venir aux saignées générales
Cystite du col. — Lorsque l'état aigu est bien prononcé , les sangsues au périnée , les bains et les boissons délayantes sent indispensables ; on fera bien aussi d'administrer un purgatif salin au début du traitement ; les lavements froids laudanisés, les quarts de lavements froids camphrés et laudanisés amènent aussi un grand soulagement. La médication anliphlogislique et calmante conjure le plus souvent les symptômes aigus, mais il reste quelquefois un ténesme vésical, suivi de fréquentes envies d'uriner avec cuisson et chaleur à la partie postérieure de l'urètre ; dans ces cas, il faut encore prescrire les boissons délayantes et un régime très-doux. Nous avons presque toujours réussi à calmer ces douleurs, en faisant prendre à l'intérieur deux à quatre grammes de carbonate de soude par jour, et trois à quatre grammes de térébenthine cuite de Venise. Lorsque l'inflammation résiste à tous ces moyens, il faut tenter la cautérisation à l'aide du porte causlisque de M. Lallemand, deux cautérisations suffisent le plus souvent pour conjurer ces symplôrnes. Dans les
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cas rares où la cystite du col est suivie d'accès de fièvre intermittente, les moyens employés contre l'affection primitive réussissent a calmer la fièvre qui n'en est que le symptôme; cependant lorsqu'elle prend le type tierce et qu'elle se prolonge , il ne faut plus hésiter et employer le sulfate de quinine.
Dysurie. — Rétention d'urine. — Elle est très-rarement complète , et ne provient que d'obstacles momentanés et trèscirconscrits qui ont leur source dans une contraction spasmodique ou dans un gonflement de la muqueuse. Tant que les malades peuvent uriner assez pour vider leur vessie, il faut se garder d'introduire aucun corps étranger dans le canal, s'abstenir même des injections émollientes ; on se bornera à employer la méthode antiphlogislique.
Quand la rétention est complète et qu'elle existe depuis plus de 24 heures, malgré l'emploi des remèdes débilitants , on doit avoir recours au cathétérisme. Mais on n'oubliera pas que les tissus que l'on va traverser sont enflammés et par conséquent privés d'élasticité et très-faciles à déchirer. Le cathétérisme pratiqué dans ces conditions réclame donc la plus grande prudence.
On emploie une sonde en gomme élastique un peu résistante ou simplement la sonde d'argent. Après l'avoir enduite de cérat, on la conduit très-lentement dans le canal ; au moindre obstacle, on s'arrête en exerçant cependant une légère compression , afin de dégorger les tissus qui s'opposent à la progression de l'instrument. Ce premier obstacle franchi, l'on chemine en se comportant de même jusqu'à ce que l'on ait atteint le réservoir de l'urine. En transgressant les principes que nous venons d'énoncer, on s'expose à faire des fausses routes et on détermine des accidents très-graves. Après avoir vidé la vessie de l'urine qu'elle contenait, on a deux partis à prendre : laisser la sonde à demeure ou la retirer.
Quand la sonde a pénétré sans trop d'obstacles et que, du reste, le chirurgien sent qu'elle est assez libre entre les parois de l'urètre, il la retire et revient à l'emploi des antiphlogistiques. Si , au contraire , le cathétérisme ayant été difficile ,
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l'instrument est tenu solidement enlre les parois du canal , si , de plus, Turétriie est accompagnée d'un rétrécissement, on doit laisser la sonde à demeure , car on ne ser ait pas sûr de pouvoir l'introduire une seconde fois. Il est vrai qu'on s'expose à des accidents infiammatoires très-intenses, à des abcès, etc., mais au moins est-on assuré que le malade urinera. La sonde sera retirée quand on sentira qu'elle est devenue libre dans le canal. Pour prévenir ou appaiser les accidents inflammatoires, on usera des antiphlogisliques.
Quand on n'a pu pénétrer dans la vessie par les moyens que nous avons indiqués, il reste encore le cathétérisme forcé on la ponction de la vessie. Le cathétérisme forcé se fait avec des sondes coniques en métal, c'est un moyen qu'il ne faut employer qu'avec la plus grande circonspection , surtout dans les circonstances qui nous occupent. La ponction de la vessie est dans ces cas beaucoup moins à redouter que le caihétérisme forcé.
Erections cordées. — Rupture du canal — Hémorrhagie. — L'érection cordée est un des accidents les plus ordinaires de la blennorrhagie , mais il est rare qu'elle soit portée à un degré assez élevé pour réclamer une médication spéciale. Dans les cas les plus fréquents , on réussit à la suspendre par l'emploi du camphre en pilules ou en lavement.
Eau 200 grammes.
Camphre 0.50 centigrammes.
Jaune d'œuf. n°l.
On prend ce quart de lavement pour le garder le soir en se couchant. Il faut avoir soin de vider préalablement le dernier intestin au moyen d'un lavement entier simple que l'on rendra.
M. Ricord fait prendre 4 à 6 des pilules suivantes : Camphre.
Camphre )
Thridace j 3 grammes.
Pour 20 pilules.
Il faut éviter aussi la mollesse et la chaleur du lit. Quand les érections tienuent «à l'inflammation plegmoneuse des parois du canal, il est très-rare que les sédatifs réussis-
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scni à !a calmer; les anliphlogistiques sont toujours nécessaires. On applique des sangsues au périnée et aux aines; ou prescrit des bains entiers lièdes; les purgatifs légers et les boissons délayantes agissent de même dans le sens des émissions sanguines. On a proposé la saignée des veines dorsales de la verge, les sangsues sur le trajet du canal, mais on connaît trop l'inconvénient des ponctions ou des piqûres pratiquées sur des tissus lâches comme ceux du pénis pour imiter cette pratique. Les lotions froides et astringentes sur la verge sont quelquefois couronnées de succès; mais il faut les continuer si l'on ne veut pas s'exposer à déterminer une réaction très-dangereuse. La corde formée par le canal de l'urètre pendant les érections, se rompt quelquefois d'ellemême; d'autres fois elle cède à une pratique en usage parmi le peuple, et qui consiste à mettre la verge sur un plan résistant et à rompre la corde au moyen d'un coup de poing. Quel que soit, du reste, le procédé de rupture, il est toujours suivi d'un écoulement de sang plus ou moins abon ■ dant.
L'hémorrhagie urétrale peut encore provenir d eraiilures de la muqueuse, de l'intensité trop grande de l'inflammation et de la déchirure causée par le cathétérisrne. Les chaucres et les autres ulcérations du canal sont rarement le point de départ d'écoulements sanguins assez abondants, pour réclamer des soins particuliers.
L'hémorrhagie urétrale cède aux applications froides, aux injections froides et à la compression périnéale. Quand elle persiste, on introduit une sonde dans l'urètre. Cet instrument exerce une compression excentrique qui peut fermer la surface de la plaie. Lorsque la rupture siège dans un point du canal antérieur aux bourses, on peut joindre à la compression excentrique uue compression circulaire de dehors en dedans sur les points correspondants à la lésion. On appîatira ainsi les tissus sur la sonde et on s'opposera immanquablement à l'écoulement sanguin, mais le moyen est dangereux; aussi ne faut-il pas le continuer trop longtemps, de peur de voir survenir le sphacèlc de l'organe. Si i on avait
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affaire à une hémorrhagie par exhalation on pourrait employer avec succès le seigle ergoté.
Abcès. — L'inflammation qui précède la formation des abcès doit être combattue ici, comme partout ailleurs, par les antiphlogistiques, toujours en ayant soin de faire les saignées locales sur les aines ou sur le périnée. Lorsque , malgré ce traitement, on n'a pu se rendre maître des symptômes aigus, il faut, dès que les premiers signes de suppuration se sont manifestés , se hâter de donner issue à la collection purulente; ce système vaut mieux que celui qui consiste à attendre. Si l'on attend, en effet, on est presque assuré que le pus se fraiera une route dans l'urètre et y déterminera une fistule borgne interne qui , dans la majorité des cas, devient complète par les progrès de la maladie. Lorsqu'on ouvre prématurément , on n'est pas toujours sûr d'éviter la formation de cette fistule; car l'inflammation qui travaille au fond du sac purulent, finit, dans quelques cas, par amener la perforation de l'urètre, et la fistule de borgne interne qu'elle était devient complète. Il est bon d'avertir le malade des chances qu'il peut courir après l'ouverture d'une de ces collections périurétrales, afin qu'il n'attribue pas à l'inhabileté du chirurgien ce qui n'est que le résultat de la marche de la maladie.
Quelles que soient les conditions de l'abcès , il faut , en l'incisant , s'éloigner autant que possible des parois de l'urètre.
Lorsque la fistule consécutive, à l'ouverture d'un abcès péri-urétral , est complète ou seulement borgne interne, le devoir du chirurgien est, en premier lieu, de protéger la surface de la plaie contre le contact de l'urine. Il n'y a qu'un moyen pour cela ; c'est le cathélérisme fait avec les plus grandes précautions et dans le but de vider la vessie ; il n'est pas toujours nécessaire de laisser une sonde à demeure.
Les abcès de la prostate réclament à leur début , comme les autres , l'emploi répété des antiphlogistiques; mais lorsqu'on n'a pu s'opposer à la suppuration, le seul traitement qui reste à faire consiste à donner issue au pus. L'abcès prostatique peut se présenter par le périnée , par le rectum ou parla paroi urétrale qui correspond à la glande. Dans les
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deux premiers cas, on constate facilement la fluctuation , et ii est encore du devoir du chirurgien de donner issue au pus avant que les parties ambiantes ne soient décollées ou détruites. L'incision par le périnée est chose facile : on la pratique sur le point le plus fluctuant ou bien au centre de la fluctuation, à moins cependant que l'on ne craigne d'intéresser quelque organe ou quelque vaisseau important. L'incision par le rectum peut se faire après avoir préalablement appliqué le spéculum am; on fait encore ici l'incision sur la partie la plus proéminente ; il est plus simple de faire glisser, le long de l'index introduit dans L'anus , un bistouri que l'on garnit de linge dans ses deux tiers inférieurs et dont on fait pénétrer la pointe dans l'abcès. Quand l'abcès prostatique proémine dans l'urètre , il s'ouvre quelquefois seul pendant les efforts que fait le malade, mais le plus souvent il se vide à la suite d'une déchirure pratiquée volontairement ou involontairement pendant le cathétérisme. Si nous voulions étudier complètement les abcès du périnée , nous serions encore bien loin d'en avoir fini avec tous les soins qu'ils réclament. Mais nous bornons là notre tâche pour donner un peu plus de temps à ce qui tou* che de plus près au sujet que nous traitons»
Induration des corps caverneux. — Quand l'induration est un fait accompli, elle résiste le plus souvent à tous les moyens thérapeutiques ; il n'y a que dans le cas où elle tient réellement à des tubercules tertiaires, qu'on peut , si non s'opposer complètement à la difformité qui en est la suite, du moins la rendre moins sensible. Dans les autres cas, ni les antiphtogisiiques, ni les résolutifs ne sauraient ramènera l'état normal un organe dont les aréoles se sont remplies d'une substance plastique qui a dégénéré en un tissu fibreux , réfractaire à la résorption. Mais l'induration peut provenir d'une inflammation aigùe, ou d'une apoplexie des corps caverneux. C'est contre ces affections que les moyens thérapeutiques doivent être dirigés, c'est en arrêtant leurs progrès que l'on préviendra l'induration des corps caverneux et ses effets désagréables.
Lymphile. — Pénitis. — Adénite, — Le caractère seul de ces
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accidents Indique les moyens thérapeutiques qu'on doit leur opposer: les saignées locales, les émoliienls, les résolutifs, tel est le genre de médication qu'ils réclament. Néanmoins, lorsqu'ils sont peu intenses, ils disparaissent d'eux-mêmes et en très-peu de temps. Il est rare que la lymphite ou l'adénite suppurent consécutivement à une blennorrhagie simple. Quand l'inflammation est assez intense pour aboutir à cette terminaison , le chirurgien doit se conduire comme il le ferait dans les autres abcès. Qu'il n'oublie jamais, cependant, que l'aine est une des parties du corps qui répugnent le plus aux larges incisions , et que celte région peut être le siège de tumeur très-variées qui réclament une attention toute spéciale pour ne pas être confondues.
Pour terminer ce qui a rapport au traitement de la période aigùe de l'urétrite , je dois faire connaître la marche que j'ai suivie jusqu'à présent , dans ma pratique particulière, depuis que j'exerce à Marseille. J'ai déjà eu l'occasion de traiter un assez grand nombre de blennorrhagies à toutes les périodes , et j'ai toujours été assez heureux pour me passer du traitement antiphlogistique, même dans les cas de blennorrhagie très-aigus, avec dysurie, érections cordées et lymphites dorsales.
Mon premier soin est, si je le juge nécessaire, d'administrer un léger purgatif salin , je donne aussitôt après , l'opiat âu cubèbe aux doses que j'ai indiquées (voir Cubèbe). Si les érections sont fréquentes et douloureuses, je prescris un quart de lavement camphré ou des pilules camphrées le soir avant le coucher. En même temps que le cubèbe, le malade prend, mais à dose très-modérée, quelques boissons délayantes, orge* limonade légère, orgéat ou tout simplement eau sucrée. Sous l'influence du cubèbe, les douleurs, les cuissons en urinant et les érections cordées diminuent en trèspeu de temps; je fais alors commencer les injections au sulfate de zing et à l'acétate de plomb; trois par jour. Avec ce traitement, j'ai toujours vu les urétrites s'éteindre insensiblement, en moyenne, au bout de 25 à 40 jours. Jamais je n'ai été obligé de recourir aux anliphlogisliques, qui, soit dit
TRAITEMENT DE L'URÉTRITE.
en passant, sont d'une application difficile chez les personnes intéressées à cacher leur affection. Je dois ajouter que j'ai eu assez de difficulté à faire adopter ce système à mes malades qui, pour la plupart avaient fait leurs premières armes sous les auspices d'autres médecins imbus de principes tout à fait opposés aux précédents. Je puis dire ici que je n'ai jamais ordonné un seul bain, même pendant la période aigùe, convaincu qu'ils ne servent qu'à augmenter et entretenir l'écoulement. J'espère que les malades me sauront plus de gré de ce mode de traitement que de celui qui consiste à les lessiver pendant des années entières , au moyen de la graine de lin et de Ja poudre de voyageur.
Traitement de la période de déclin. — Dans celte période les douleurs ont jdisparu; il ne reste plus pour symptôme qu'un écoulement plus ou moins abondant, et assez souvent un peu de raideur dans les parois du canal de l'urètre. C'est seulement alors, que les praticiens timides et les Iessiveurs de toute qualité osent loucher aux anti-blennorrhagiques, encore craignent-ils l'emploi des injections, toujours poursuivis par l'idée de la répercussion de la métastase ou du rétrécissement.
Quoiqu'il en soit, lorsque par les antiphlogistiques, les émollients ou tout autre moyen , on a conduit la maladie à cette période, 11 faut en venir à l'emploi du cubèbe ou du copahu , en suivant les préceptes que nous avons exposés déjà. ( Voir Copahu et Cubèbe ). On peut , par l'emploi des anti-blennorrhagiques, guérir radicalement la blennorrhagie; mais ces cas sont excessivement rares, et il vaut mieux , pour ne pas trop prolonger l'écoulement , prescrire l'usage simultané des injections,
A l'exemple de M. Ricord , nous employons l'injection suivante :
Eau de roses 200 grammes.
Sulfate de zing ) Acétate de plomb) Faire trois injections par jour, agiter le liquide chaque fois
1 gramme.
afin.de ne pas laisser au fond de la bouteille le sulfate de plomb qui doit se précipiter sur les parois de l'urètre.
On peut employer tout simplement 200 grammes d'eau de roses et t à 2 grammes de sulfate de zing, A chacune des injections précédentes, on ajoute quelquefois 1 gramme de laudanum de Sydenham. On prescrit aussi L'acétate de plomb seul. Nous avons quelquefois retiré de très-bons avantages de la solution de nitrate d'argent à 0,25 centigrammes pour. 200 grammes d'eau distillée.
Hunier se servait de l'injection qui suit :
Eau. 200 grammes.
Bichlorure de mercure. . 10 à 20 centigrammes.
Pour terminer l'énumération de ces injections , disons qu'il est quelquefois utile de faire , à la période de déclin , l'injection abortive que nous avons ordonnée au début de l'urétrite.
Le premier effet de L'injection est une légère cuisson el un peu de douleur qui augmentent en urinant; l'écoulement devient d'abord plus abondant; mais il ne tarde pas à revenir à son état antérieur ou à diminuer légèrement par plusieurs injections successives : on obtient ainsi la guérison radicale.
Pendant ce genre de médication , on suspendra ou l'on réduira de beaucoup les boissons ; od défendra les bains qui détruiraient l'action des anti-blennorrhagiques locaux et internes , et l'on fera prendre un suspensoir au malade ; car c'est à celte période que les épididymites sont le plus à craindre, en raison du siège de l'inflammation dans la partie prostatique de l'urètre.
Le traitement de la période de déclin tel que nous venons de l'indiquer, se prolongera toujours au moins huit à dix. jours après la disparition complète de l'écoulement. Si on le cessait trop tôt, on s'exposerait a voir revenir la maladie. M. Ricord recommande de continuer les balsamiques plus longtemps que les injections.
Traitement de la période de chronicité. — Quand l'urétrite s'annonce d'emblée avec des allures chroniques , il faut lui opposer de suite le traitement de la période de déclin.
TRAITEMENT DE L'URÉTMTE. 107
Si Ton a aflaire à un des écoulements qui rentrent dans la catégorie des gouttes militaires ou des suintements habituels, avant d'entreprendre une médication , on doit aller à la recherche de la cause qui entretient l'écoulement.
On explore l' urètre pour s'assurer qu'il n'y a pas de rétrécissement; quand l'écoulement n'est que le résultat d une inflammation chronique , on peut commencer sans crainte le traitement anti-blennorrhagique.
Le copahu et le cubèbe peuvent être tentés au début , souvent même ils diminuent sensiblement l'écoulement; mais on est, dans bien des cas, forcé de recourir à d'autres agents qui, tout en agissant plus lentement, réussissent néanmoins fréquemment à amener la guérison. On emploie avec beaucoup d'avantages la térébenthine cuite de Venise en commençant par deux grammes par jour jusqu'à six à huit grammes ; l'eau de goudron, la décoction de bourgeons de sapin, agis sent dans le même sens, nous avons donné avec avantage la décoction d'uva ursi à la dose de quatre verres par jour en l'édulcorant avec le sirop suivant :
Sirop de Tolu, 500 grammes.
Cachou 12 grammes.
M. Ricord emploie souvent cette formule. Lorsque l'écoulement est entretenu par l'atonie de la muqueuse et par une constitution lymphatique , on peut user de la préparation suivante :
Sirop de Tolu 500 grammes.
Citrate de fer.. , 10 grammes.
Quatre cuillerées dans un litre d'eau de goudron. Pendant l'administration de ces remèdes, le régime doit aussi être tonique et légèrement excitant; on peut joindre au traitement les bains de mer et les bains de rivière froids , cependant il faut avoir égard à la susceptibilité nerveuse des malades.
Concurremment aux remèdes internes que nous venons d'indiquer , on prescrit , avec beaucoup de succès , les injections toniques. Quelquefois même on réussit à faire disparaître l'écoulement par l'injection avec le nitrate d'argent à haute dose.
108 TRAITEMENT DIS L'ïJRÉTRITÈ.
Parmi les injections toniques, les plus simples sont : te lannin, le vin aromatique, les vins du midi purs ou coupés avec de l'eau , et le vin sucré.
M. Ricord a donné la préparation suivante : Eau de roses.. . . /
iT, - ~ ... 100 grammes.
Vin de Roussillon )
Tannin 1 gramme.
Sulfate d'alumine et de potasse. 1 gramme. Faites trois injections par jour.
On se sert aussi de la suivante :
Extrait de ratanhia. ... 2 à 6 grammes.
Eau 200 grammes.
On s'est servi aussi de la créosote à l'intérieur, à la dose de 4 à 8 grammes par jour.
Le proloiodure de fer dissous réussit quelquefois; c'est, à la vérité, une préparation très-infidèle, mais on la rend plus stable en faisant le mélange suivant :
Eau distillée 200 grammes.
Limaille de fer. ....... 1 gramme.
Protoiodure de fer 20 à 40 grammes.
Comme il se fait un dépôt au fond du vase, il faut avoir soin d'agiter le liquide chaque fois que l'on veut en user. Il produit ordinairement des cuissons très- vives et même un suintement sanguin.
Les écoulements résistent dans ceriains cas à tous les moyens que nous avons énumérés, mais le médecin n'est pas encore à bout de ressources, il faut qu'il essaye l'application des bougies en gomme élastique. On laisse ces bougies à demeure pendant 10 à 20 minutes , et plus longtemps si les malades les supportent sans souffrance.
La bougie agit en comprimant les tissus et peut, en les excitant légèrement, modifier favorablement la muqueuse urétrale.
On peut môme charger les bougies de différentes pommades.
Axonge 30 grammes.
Niti aie d'argent. ...... 1 gramme.
TRAITEMENT DE L'uiUvTRiTE. 109
Le nitrate d'argent est remplacé avec succès par le calomei ou l'alun à la dose d'un gramme.
Les bougies gélatineuses simples ou médicamenteuses que l'on a employées , ont l'inconvénient de se ramollir beaucoup et même de fondre dans le canal lorsqu'on les laisse à demeure un peu trop longtemps.
M. Ricord a introduit dans l'urètre des mèches sèches , qui ont l'avantage d'isoler les surfaces muqueuses. Le dernier moyen est encore ici la cautérisation avec le nitrate d'argent fondu, porté à l'aide du porte-caustique Lallemand. Cette cautérisation augmente d'abord l'écoulement, et cause quelquefois exhalations sanguines abondantes; ces effets peuvent durer 2 à 3 jours et c'est seulement après ce délai que l'on sait à quoi s'en tenir sur les effets de la cautérisation.
Après la cautérisation , on a encore le vésicatoire sur le pubis , les aines , au périnée , avec la face interne des cuisses, mais jamais sur le pénis. Nous n'avons jamais eu l'occasion de constater les effets du vésicatoire appliqué dans ces circonstances. Il n'est pas rare qu'un écoulement qui avait résisté à tous les moyens thérapeutiques les mieux dirigés disparaisse sous l'influence des rapports sexuels dont on use avec modération. Cependant nous ne prendrons pas ce prétexte pour conseiller , de concert avec M. Pigeaux , l'usage de la masturbation.
Les écoulements résistent quelquefois à l'emploi de tous les moyens que nous venons d'énumérer. Celte persistance lient alors à quelque condition constitutionnelle qu'il est le plus souvent très-difficile de changer. Le tempérament lymphatique, les scrofules, les tubercules de l'urètre, de la prostate , de la vessie , les vices darlreux scorbutique et rhumatismal,- enfin d'autres états que l'on ne peut pas apprécier , peuvent, en réagissant sur l'inflammation chronique de l'urètre, la prolonger indéfiniment. Dans ces cas, aux médications locales et spécifiques, il faut joindre les modificateurs de la cause d'entretien ; le fer, l'iode , l'huile de foie de morue, la série des anti-dartreux et les anti scorbutiques.
110 TRAITEMENT DE L'URÉTRITE.
Dans le cas où les antécédants du malade permettent de rapporter l'écoulement à la présence d'ulcérations secondaires ou tertiaires de la muqueuse urétrale , on doit essayer la médication mercurielle ou iodurée.
Si la cause d'entretien est un rétrécissement , il faut diriger les moyens thérapeutiques contre la coarctation urétrale, et l'écoulement diminue quand la dilatation commence. Nous renvoyons aux. Traités spéciaux , la question des rétrécissements.
Pour compléter l'étude de la blennorrhagie , il nous reste à faire l'histoire des accidents qui la compliquent : affection blennorrhagique de l'épididyme et du testicule, ophtalmie et arthrite blennorrhagiques.
Nous ne nous occuperons , pour le moment , que de la première de ces complications , parce qu'elle est seule spéciale à l'homme. Quant à l'arthrite et à l'ophtalmie, il nous paraît plus rationnel de ne les aborder qu'après avoir décrit la blennorrhagie de la femme.