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CHAPITRE VI

Affection blennorrhagique des éléments du testicule-

Tumeur vénérienne du testicule. — Engorgement vénérien. — Hernie humorale. — Chaude -pisse tombée dans les bourses. — Orchile blennorrhagique. — Orchite urélrale. — Hydrorchite, etc. — Aucune des dénominations que nous venons d'énumérer n'est rigoureuse, et le plus grand nombre a l'inconvénient de donner une fausse idée de la maladie. Si l'on devait accepter un nom pour la représenter , ce serait à celui d'épididymite que nous proposerions de s'arrêter ; c'est , en effet , l'épididyme qui est le plus souvent atteint , et quand le testicule se prend, c'est presque toujours consécutivement à l'épididymite.

L'épididymite est donc la règle générale , et l'orchite ou didymite l'exception. L'inflammation se borne à l'épididyme ou envahit successivement plusieurs des autres éléments qui composent l'organe sécréteur du sperme. Le canal déférent, le corps même du testicule, la tunique vaginale peuvent y participer ensemble ou séparément. L'affection blennorrhagique des éléments du testicule est toujours consécutive à l'inflammation de l'urètre. Il n'est pas besoin , pour cela , que la blennorrhagie soit virulente comme le croyait Swediaur et comme le pensent encore aujourd'hui beaucoup de praticiens. En effet , les chancres urétraux qui constituent la blennorrhagie virulente, siégeant presque toujours à la partie antérieure de l'urètre , ne sauraient communiquer directement l'inflammation qui les entoure aux canaux éjaculateurs situés tout à fait en arrière. Ce n'est qu'à l'aide d'une blennorrhagie intermédiaire que cette communication se fait. Du reste, ignore-t on que cet accident ne se déclare que du

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deuxième au quatrième septénaire de la blennorrhagie, lorsque déjà l'inflammation est parvenue à la région prostatique; Hunier avait fait cette remarque. En résumé, c'est presque toujours après que la période aigùe a disparu et quelquefois quand il ne reste plus qu'un léger écoulement, que les éléments du testicule se prennent.

Condition de développement. — L'épididymite a été une des objections dirigées contre les méthodes aborlives au profit de la méthode de prolongation. Les injections, l'administration du cubèbe et du copahu ont, en effet, été placées au premier rang des causes de cette complication, sous prétexte que ces moyens répercutaient, arrêiaient l'écoulement ou faisaient changer l'inflammation de place. C'est donc à la répercussion, à la suppression et la métastase que l'on a rapporté l'épididymite. Il nous serait très-facile de confondre avec les faits les partisans de cette opinion , en leur montrant combien nous avons vu d'épididymite survenir à la suite de l'observation rigoureuse de leur médication favorite, la graine de lin et le chiendent. Cependant nous ne nions pas qu'un traitement mal appliqué , l'usage des bougies , des sondes, fait sans discernement, ne puissent favoriser cette inflammation. Mais la cause la plus fréquente est la transmission de la blennorrhagie aux parties postérieures de l'urètre. C'est pour ainsi dire la continuation de l'inflammation blennorrhagique à travers les canaux éjaculateurs et déférents. Tous les moyens, quels qu'ils soient, qui pourront arrêter cette affection à son début , seront donc des prophylactiques de l'épididymite.

Le volume du testicule, la longueur du canal déférent , l'épaisseur du cordon et le varicocèle paraissent prédisposer à l'épididimyte et à la didimyle. L'expérience a démontré que le testicule gauche se prenait plus souvent que le droit ; néanmoins, nos relevés tendraient à nous faire accepter l'opinion contraire. Ce qui démontre qu'il ne faut pas toujours s'en rapporter exclusivement aune seule série de faits. Au nombre des causes plus ou moins directes de la didymo-épididymite, on cite encore les rapports sexuels intempestifs, l'ona-

iiisme , la continence et toutes les excitations qui portent sur les organes génitaux ; l'action subite du froid, des froissements , des pressions , des contusions, enfin la station prolongée, les marches forcées , l'exercice à cheval ,les efforts, la iuite et la conslipaiion habituelle.

Nous avons déjà dit que l'idée de répercussion invoquée pour expliquer l'épididymite était erronnée , et il n'est point nécessaire, pour le démontrer, de recourir à des explications théoriques; il n'y a, pour s'en assurer, qu'à examiner l'urètre des malades atteints d'une de Lés affections; on est bientôt convaincu que l'écoulement peut persister à différents degrés après quel'épididymites'est déclarée. Quelquefois même il augmente à mesure qu'elle se développe. Mais sans cela, les éléments du testicule ne s'enflamment- ils pas consécutivement à l'introduction d'une bougie ou d'une sonde dans le canal? On ne saurait ici invoquer l'écoulement puisqu'il n'en existe pas. C'est tout simplement l'irritation de la bougie sur la muqueuse de l'urètre, qui s'est transmise à travers les canaux jusqu'aux éléments du testicule.

Dans certains cas , il n'est pas possible de trouver de corrélation entre l'inflammation urétrale et celle du testicule; il n'y a alors que la sympathie qui en donne raison. L'inflammation pourrait néanmoins filer le long delà surface interne des canaux éjaculateurs et déférents sans déterminer un engorgement assez prononcé , pour épaissir et rendre plus apparentes leurs parois II est à présumer qu'une partie des épididymites que l'on rapporte à la sympathie, rentrent dans le cas précédent.

Le plus souvent on trouve un lieu non interrompu entre l'inflammation de l'urètre et celle de l'épididyme. Les intermédiaires sont les canaux éjaculateurs , les vésicules séminals et le canal déférent : ou peut s'assurer par le toucher rectal et la palpation inguinale , de l'engorgement des deux derniers. L'inflammation ne se borne jamais au canal déférent. Quand elle siège sur le corps du testicule, elle a toujours passé par l'épididyme. 11 n'y a donc pas de didymite blennorrhagique sans épididymite. En résumé, l'inflamma-

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lion de l'urètre , arrivée aux parties postérieures du canal , peut envahir successivement tous les éléments de l'appareil spermatogène, en commençant par les canaux éjaculateurs, puis les vésicules séminales , les canaux déférents et l'épididyme. D'autres fois elle retentit directement surl'épididyme, sans passer par tous ces intermédiaires; dans les deux cas , le testicule peut se prendre , mais c'est toujours consécutivement à l'épididymile; on voit donc que l'épididyme est ici le pivot autour duquel viennent se grouper les inflammations des éléments de l'appareil sécréteur du sperme.

Symptômalologie. — L'inflammation blennorrhagique peut envahir les éléments du testicule, sans aucun symptôme précurseur, c'est alors le plus souvent pendant un effort , après une course prolongée , un excès de coït ou consécutivement à d'autres fatigues que la maladie se déclare. Les malades éprouvent dans un des testicules et sur le trajet du canal inguinal , une douleur très-vive qui les force à garder le repos ; un gonflement plus ou moins prononcé avec sensation de pesanteur aux bourses , succède immédiatement à ce premier symptôme, et tous les signes de l'épididymile sont bientôt établis.

Plus souvent l'inflammation blennorrhagique est précédée de quelques symptômes précurseurs, tantôt ce sont des désirs vénériens suivis de pollutions nocturnes douloureuses , tantôt des envies fréquentes d'uriner et une cystite du col de la vessie, souvent aussi les malades ressentent un malaise inexplicable à la région des aines, leurs testicules s'endolorissent et deviennent si douillets qu'ils ne peuvent résister à la moindre pression. La région des reins, quoique éloignée des testicules , est quelquefois le siège de douleurs sourdes , assez semblables ù celles de la courbature. Ces phénomènes précurseurs ont lieu durant le passage de l'inflammation du canal de l'urètre à l'épididyme. Leur durée est d'uu à deux jours, après quoi l'épididyme se prend.

L'épididymite aiguë est toujours accompagnée de douleurs très-vives , continues et souvent exacerbantes qui s'irradient en remontant le iong du cordon , jusqu'aux reins; quelque-

fois ces douleurs gagnent la partie supérieure et Interne des cuisses. Les bourses augmentent de volume et gênent , par leur propre poids, les mouvements du malade; elles sont aplaties d'un côté à l'autre, ce qui tient à la pression transversale qu'exercent sur elles les cuisses; la peau du scrotum est chaude, rouge, lisse et luisante. Si pour s'assurer de l'état des parties on les prend dans la paume de la main , on sent qu'elles sont plus chaudes et plus pesantes qu'à l'état normal; le toucher permet de constater aussi que la tumeur est composée de deux parties distinctes : une postérieure et interne , dure et allongée dans le sens vertical , l'autre antérieure et externe , globuleuse, molle et élastique, encadrée pour ainsi dire dans une espèce de demi-lune, formée par la précédente. La première estl'épididyme engorgé et la seconde le testicule.

Cet examen doit être fait avec de grands ménagements , car, sans cela, il détermine des douleurs insupportables.

Le canal déférent tuméfié donne la sensation d'une corde excessivement dure, mais ne présente pas de nodosités.

Nous avons dit que la partie dure se trouvait le plus souvent en arrière , c'est qu'en eflèt l'épididyme qui affecte naturellement celte position , est le plus souvent malade. Mais , dans quelques cas on sent l'engorgement en avant, tandis que le tissu globuleux , mou et élastique est en arrière; cette anomalie tient à une position anormale du testicule signalée par les anatomistes. Dans ces cas, le testicule est en effet placé en arrière, tandis que l'épididyme est en avant. Il faut être averti de ces anomalies pour ne pas s'exposer à trouver et surtout à débrider plus d'orchites qu'il n'en existe véritablement.

L'épididymite est rarement accompagnée de réaction , quelquefois cependant un léger mouvement fébrile s'établir, mais il n'a guère plus d'un ou deux jours de durée.

L'inflammation de l'épididyme est à son maximum de développement au cinq ou sixième jour, et commence à s'étendre à partir de ce délai . Au dixième jour, les bourses sont presque revenues à leur état normal et les malades n'éprou-

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vent plus qu'un poids incommode et une douleur sourde très-supportable. Mais il s'en faut de beaucoup que l'engorgement de l'épididyme disparaisse aussi rapidement que les autres symptômes, et souvent il persiste encore un ou deux mois et même plus longtemps.

Après être arrivée à sa période de déclin , l'épididymite peut repasser à l'état aigu sous l'influence des mêmes causes qui l'ont déterminée. Elle disparaît quelquefois d'un côté, se porte sur le côté opposé pour revenir enfin sur le premier , ce qui lui a valu le nom tfépididymite à bascule. Les deux côtés sont rarement pris en même temps.

Inflammation du corps du testicule. — La didymite blennorrhagique est très-rare, relativement à l'épididymite, nous savons du reste qu'elle n'existe jamais sans une épididymite; ici les douleurs sont beaucoup plus intenses et prennent souvent les caractères de l'étranglement.

Au premier mouvement de fluction , le poids et le volume du testicule augmentent, sa rénilence et son élasticité sont remplacées par une espèce de résistance qui ferait croire que l'organe est coagulé: il se masse avec l'épididyme de manière à n'être plus distinct de cet appendice. La plus légère pression , le moindre contact occasionnent des souffrances très-vives; nous avons vu des malades qui ne pouvaient supporter ni le poids des cataplasmes ni celui des draps. Les symptômes circonvoisins tels que douleurs inguinales, rénales et fémorales , sont plus intenses ici que dans l'épididymite simple. L'orchite est souvent accompagnée d'un appareil fébrile assez élevé, et donne lieu à quelques-uns des symptômes de l'étranglement: hoquet, nausées, légères syncopes et vomissements. Ces symptômes ne doivent pas étonner, car l'inflammation du testicule n'est autre chose qu'une inflammation par étranglement; le cordon lui-même , quand il se développe trop , éprouve , à son passage vers l'anneau , une constriction qui simule quelquefois la hernie étranglée.

L'engorgement inflammatoire du testicule n'ajoute pas beaucoup au volume delà tumeur, car son développement est arrêté par la tunique albuginée. Cependant l'augmentation

est toujours assez sensible, et nous ne concevons pas que Ton ail pu avancer que le volume total de la didymite et de l'épididymite réunies est moindre que celui de l'épididymite isolée.

La didymo-épididymite et l'épididymite sont, dans quelques cas , accompagnées d'un épanchement séreux qui donne à la tumeur totale une forme ovoïde régulière. Cet épanchement n'est point le fait d'une vaginalite mais bien le résultat de la compression qu'exercent les parties engorgées sur les vaisseaux ambiants , c'est une hydropisie passive. La sérosité est limpide, cilrine, et ne contient aucun des produits de l'inflammation; la présence de ce liquide est souvent difficile à constater, et plus d'une fois on a cru ù son existence quand on ne louchait que le tissu mou et fluctuant du testicule. Lorsqu'il est assez abondant, on peut constater la transparence superficielle de la tumeur.

Inflammation dé la tunique vaginale..— Vaginalite. — Considérée comme accident consécutif à la blennorrhagie , la vaginalite est excessivement rare, nous ne l'avons jamais vue sur le grand nombre de blennorrhagies qui se sont présentées à notre observation. Le seul cas de vaginalite que nous ayions trouvé à l'hôpital du Midi se développa pendant le cours d'une variole. Les douleurs étaient très-vives , exaspérées par le mouvement et la pression, les bourses étaient gonflées, luisantes comme érysipelateuses , on percevait bien une fluctuation sourde, mais il n'était pas possible de découvrir de la transparence. L'autopsie du malade nous fit constater un épanchement purulent très épais dans la cavité vaginale: la séreuse d'une couleur violacée était parcourue d'arborisations vasculaires très confluentes ; sur quelques points on découvrait des fausses membranes adhérentes. Les autres éléments du testicule étaient parfaitements sains. C'était bien là la reproduction de la péritonite purulente.

Mode de terminaison. — L'épanchement séreux de la tunique vaginale, l'épididymite, l'orchile, peuvent se terminer par délitescence ; mais il faut pour cela que la maladie soit encore à son début et à la période de fluxion ; quelquefois

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l'inflammation disparaît subitement d'un côté pour se porter sur l'autre. (Épididymke à bascule.)

La terminaison ordinaire est la résolution. Quand elle passe à l'état chronique, elle se concentre sur des points isolés et y forme des noyeaux d'induration. La présence de ces indurations isolées, sur la tête ou la queue de l'épididyme, chez les individus scrofuleux, est presque toujours le point de dépari d'une dégénérescence tuberculeuse. Ces indurations sont alors résistantes et marronnées, tandis que l'hypertrophie simple présente une tumeur lisse, uniforme et d'une consistance moyenne. L'épididymite blennorrhagique se termine rarement par suppuration , et encore, dans ce dernier cas , on découvre presque toujours des tubercules dans les portions suppurées. Dans tous les cas, il faut bien distinguer la suppuration du tissu cellulaire souscrotal de celle de l'épididyme. L'épanchement intra-vaginal disparaît ordinairement lorsque l'inflammation de l'épididyme s'éteint. Quelquefois, néanmoins, il persiste pour devenir plus tard une hydrocèle.

L'orchite(didymite proprement dite), se termine par résolution, par le passage à l'état chronique ou par suppuration. H n'est pas rare de voir le testicule s'étrophier.

La vaginalite suppure le plus souvent ; dans quelques cas cependant, le liquide épanché se résorbe elles deux feuillets adhèrent ensemble.

La terminaison de ces différentes affections a ordinairement lieu du quatrième au cinquième septénaire , à moins cependant que des causes imprévues ne viennent troubler leur marche.

Pour compléter l'élude de l'affection blennorrhagique du testicule, nous n'aurions plus qu'à parler du traitement; mais nous croyons indispensable d'insister encore quelques instants sur Certaines anomalies qui pourraient être le point de départ d'erreurs très préjudiciables.

Épididymile renversée. — Nous avons déjà mentionné celte variété ; sur 38 observations prises au hasard dans le service tfe M. Ricord , nous l'avons notée trois fois.

Épididymite inlra inguinale, — Le testicule s'arrête quelque-

fois dans le canal inguinal à diilërentes hauteurs, °t , comme on le pense bien, cette position anormale ne l'exemple point des accidents de la blennorrhagie. D'ailleurs, les faits sont là pour convaincre ceux qui refuseraient d'admettre cette variété. Il est de la plus haute importance d'en cire averti ; car les signes qu'elle fournit, mal interprétés, pourraient en imposer pour un bubon suppuré. Mais, avant de prendre une détermination , il est nécessaire d'examiner le côté correspondant des bourses, qui est dans ce cas, flasque, vide et atrophié. Voici, du reste, le résumé du fait que nous avons recueilli à l'hôpital du Midi :

Salle 1", n° 1 1 , le 13 juillet 1845 , est entré un jeune homme de 22 ans, affecté depuis cinq semaines d'une blennorrhagie uréirale, à laquelle on n'a opposé que quelques injections d'eau de groseilles. Il éprouva , il y a environ huit jours, une douleur très-aigiie à l'aine droite , et ne tarda pas de constater en ce poini un gonflement assez prononcé. A son entrée , il présentait les symptômes suivants :

Persisiance de l'écoulement urétral, tumeur à l'aine droite; sa forme est allongée dans le sens transversal ; son bord externe esl à sept centimètres en dedans de l'épine iliaque anlero-supérieure. La peau dont elle est recouverte n'a pas changé de couleur et n'adhère nullement aux parties ambiantes. La pression , douloureuse sur certains points, esl sans effet sur d'autres. L'engorgement est composé de deux parlies bien distinctes : une externe et sur un plan postérieur, regarde vers le côté externe de la région inguinale, celle-ci est très-dure et demi-circulaire; l'autre, sur un plan postérieur et interne, arrondie, molasse et moins douloureuse que la première, simule presque la fluctuation. Cette dernière est encadrée dans la première. La tumeur exécute des mouvements d'ensemble en diverses directions ; on peut même la soulever en passant le doigt derrière sa face postérieure, audessous d'elle on ne sent aucun des éléments du cordon , la bourse correspondante est atrophiée et complètement vide. Évidemment nous avions affaire à une inflammation de i'épïdidynie droit arrête daas h caual ijiguinal. Le traitement ami-

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phlogistique fit disparaître 1 inflammation, mais la tumeur molle n'en persista pas moins.

Épididymile pêrinéale. — L'organe sécréteur du sperme dépasse quelquefois ses limites normales et vient se fixer sur les côtés du raphée médian du périnée. Il faut encore s'aider ici de l'examen des bourses et de l'étude détaillée de la tumeur, car une erreur exposerait le médecin à plonger un bistouri dans le testicule, lorsque des moyens simples auraient pu dissiper l'engorgement.

Epididymile intra-curale. — Le testicule peut prendre une fausse direction et s'introduire dans le canal crural au lieu de gagner le canal inguinal. Ce cas doit être présent à la mémoire, lorsqu'on veut établir le diagnostic différentiel des tumeurs de l'aine.

Épididymile inlr a- abdominale, .— D'après les recherches de Makensie , le testicule qui reste fixé dans l'abdomen , nonseulement n'atteint pas son développement normal, mais finit toujours par s'atrophier. Dans cet état, il n'est guère susceptible d'inflammation, du moins, nous ne connaissons pas d'observation semblable. Il est très-probable que l'orchite abdominale , si elle existait, présenterait quelques-uns des symptômes de la péritonite partielle ou de l'abcès de la fosse iliaque.

Pronostic. — L'orchite passe rarement à l'état chronique , mais elle peut être le prétexte d'altérations beaucoup plus graves. Les sarcocèles tuberculeux, cancéreux et syphilitiques en sont assez souvent la triste conséquence, mais ces affections ont leur principe dans l'organisme; l'inflammation n'a été pour elles qu'une cause déterminante. Les tubercules de l'épididyme et du corps du testicule sont fréquemment dans ce cas.

L'inflammation simple de l'épididyme a peu de tendance à la suppuration , mais elle dispose les tissus à l'hypertrophie. L'inflammation du testicule tend au contraire à la suppur ation et amène fréquemment l'atrophie de l'organe.

Traitement. — La thérapeutique de l'affection blennorrhagique du testicule comprend trois ordres de moyens : 1° les

DES ÉLÉMENTS DU TESTICULE. fft

prophylactiques; 2° les aborlifs; 3° les moyens curalifs réguliers.

Prophylactiques. — Les moyens préventifs de la blennorrhagie sont des prophylactiques indirects de l'affection blennorrhagique du testicule. Lorsqu'on n'a pu s'opposer au développement de l'urémie, que reste-t il à faire pour empêcher que l'inflammation n'atteigne les éléments du testicule ? le simple bon sens indique qu'il faut la guérir le plus tôt possible, afin de s'opposer à sa progression en arrière, où viennent déboucher les canaux qui éiablissent une communication entre l'urètre et les testicules. On prescrira le repos . l'usage du suspensoir, quelques légers purgatifs salins, et l'on éloignera toutes les causes capables d'exciter les organes géniiaux.

Méthode abortive. — On peut FemployeF au début, lorsqu'il n'existe encore que de la fluxion , on prescrit alors le repos horizontal , la position relevée des bourses , l'application sur ces parties d'une couche épaisse de boue de rémouleur; ou réussit aussi au moyen de la glace, ou de Feau blanche; les quarts de lavements froids sont des adjuvants très-utiles.

Traitement régulier, — L'orchite s'annonce toujours par des symptômes plus ou moins aigus ; aussi faut- il le plus souvent lui opposer une médication antiphlogistique. Lorsque l'acuité est très-prononcée, on commence par interdire la marche ; on fait coucher les malades en leur recommandant de tenir les bourses relevées, afin de prévenir , autant que possible , un surcroît de congestion; on prescrit une saignée locale au moyen de sangsues appliquées sur le trajet du cordon qui correspond au cô:é malade, ou bien à la région du périnée, vers la racine des bourses. On n'appliquera jamais les sangsues sur les bourses, de peur que les piqûres ne déterminent une érysipèle qui, dans cette région , est trop fréquemment suivi de gangrène. On a conseillé de pratiquer la saignée sur les veines du scrotum ; mais les piqûres des veines scrotales donnent à peine quelques gouttes de sang; de plus, elles ont quelquefois les dangers de la morsure des sangsues. Après les sangsues, on met ordinairement le malade daus un bain ,

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mais un bain entier et non point un bain de siège qui aurait l'inconvénient de congestionner les organes génitaux. L'usage des bains entiers peut être continué pendant le cours du traitement; mais il faut savoir en apprécier les effets et le suspendre lorsqu'il augmente la congestion. Après l'application des sangsues, on administre avec avantage un purgatif, pour débarrasser l'intestin des matières fécales qui, en irritant l'urètre par leur voisinage et par la compression qu'elles exercent sur ses parties les plus reculées , s'opposent au retour du sang vers le centre commun et favorisent la congestion des organes malades. M. ïlieord donne tous les deux jours un ou deux verres d'eau de sedlitz ou de pulua. Les purgatifs salins font sur la muqueuse intestinale uue espèce de saignée séreuse qui peut agir dans le sens de la phlebotomie.

Comme traitement local, nous appliquons sur les bourses des cataplasmes de farine de graine de lin entre deux linges, en ayant soin de les disposer de telle sorte qu'ils ne pèsent point sur les bourses. Ces cataplasmes peuvent être arrosés de laudanum. Lorsque l'inflammation est un peu éteinte, nous prescrivons sur la partie malade, avant de la recouvrir du cataplasme, des onctions avec quatre grammes d'onguent mercuriel belîadonné.

Les boissons se composent de tisannes délayantes : orge , limonade légère, chiendent, graine de lin , mauve, réglisse , etc., etc.

Au début de la maladie , on peut'permettre au ma'ade des bouillons ou un potage léger matin et soir; les aliments sont ensuite augmentés proportionnellement à l'amélioration de la maladie. Si la didymite s'annonçait avec de la réaction chez des sujets pléthoriques, la saignée générale serait indiquée. Ce moyen devient indispensable dans le cas où le corps du testicule se prend. Les douleurs cessent quelquefois, comme par enchantement , immédiatement après l'emploi de ce moyen , la diète est ici de rigueur. La médication que nous venons d'indiquer n'amène le plus souvent qu'un calme momentané auquel succède bientôt une recrudescence

inflammatoire. Dans ce cas, on ne doit pas craindre de revenir, en redoublant d'énergie, aux moyens précédents.

Lorsque la phlegmasie résiste à toute médicaiion, qu'elle se termine par suppuration , il est à craindre que la fonte purulente ne se propage à tout le tissu cellulaire sous-scrotaL Pour prévenir cet accident, il faut se hâter de donner issue à la matière purnlenle qui vient de se former en faisant une ou plusieurs ouvertures sur les points suppurés.

Les moyens que nous venons d'énumérer, employés seulement avec plus d'énergie , peuvent réussir à appaiser l'inflammation du corps du testicule. Nous n'avons donc, pour ce qui nous regarde, rien de nouveau à conseiller contre la didynùte.

Cependant, nous ne terminerons pas l'étude de la médication , sans mentionner le moyen mis en usage depuis plusieurs r.nnées dans un des services de l'hôpital du Midi. M. Vidal de Cassis pratique sur la tunique albuginée une incision d'un centimètre et demi de longueur, qui n'intéresse que l'épaisseur de la tunique albuginée ; on peut se servir, pour cela, d'un bistouri ou d'une lancette. Immédiatement après , les malades se sentent soulagés; M. Vidal attribue ce bienêtre à la disparition de l'étranglement. Nous avons eu l'occasion de constater les bons effets du débridement pendant notre internat chez M. Ricord. Cette pratique qui a effrayé et effraye encore beaucoup de chirurgiens, est tout à fait sans danger; du moins, c'est ce que nous ont démontré les expériences que nous avons faites sur le cadavre avec mon ami et collègue M. Viard , interne de M. Vidal de Cassis. Nous nous sommes assurés par nos recherches que la crainte de déterminer la hernie des vaisseaux spermatiques était imaginaire , car, en comprimant le testicule après l'incision , nous n'avons jamais pu tes faire sortir. Les chirurgiens qui ont manifesté cette crainte, avaient sans doute oublié que ces vaissaux sont retenus en place par de nombreuses traverses fibreuses.

Quant à l'épanchement de la tunique vaginale, s'il est peu volumineux et sans douleur, on peut le laisser résorber; si

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Ihydrocèle symptômaiique est volumineuse et accompagnée de tension douloureuse, on l'évacué par des ponctions multiples , ou par une seule incision.

Mais voici une question des plus graves, et sur laquelle les avis sont encore partagés. Quelle conduite doit on tenir visà-vis de l'écoulement pendant le traitement de l'affection blennorrhagique du testicule ?

Nos observations démontrent clairement que, dans la majorité des cas, l'écoulement persiste après l'épididymite; sur 38 observations prises au hasard à l'hôpital du Midi , 26 fois, l'écoulement existait encore assez abondant, et dans les autres 12 cas, il nous a presque toujours été possible, après des pressions méthodiques, de découvrir une goutte de mucopus ou un léger suintement.

Tant que l'orchite est à sa période aigùe, nous proscrivons les anti-blennorrhagiques , de peur d'exciter, et d'agir dans le sens de l'inflammation ; mais lorsque l'état aigu est éteint , nous revenons à cette médication avec la plus grande confiance. Par ce moyen , non-seulement nous menons de front la guérison des deux maladies , mais nous éteignons dans l'urètre uneinfïmmation qui pourrait être le point de dépar t d'accidents du même genre dans le testicule opposé , ou la source d'une récrudescence dans le même organe.

Quelques chirurgiens, encore imbus de l'idée fausse que la chaude-pisse tombait dans les bourses par suite d'une métastase ou d'une suppression brusque, cherchent à la rappeler par tous les moyens possibles dans son premier siège. Pour arriver à leur but, ils introduisent dans l'urètre des bougies ou des sondes destinées à irriter, ù enflammer le canal et produisent ainsi de toute pièce un écoulement. Leur fanatisme les a même conduit à souiller la sonde d'un pus urétral pris sur un autre malade , sans réfléchir que ce pus pourrait provenir d'un chancre larvé.

L'écoulement urétral qui ne demande qu'un prétexte pour augmenter ou se reproduire ne larde pas de devenir trèsabondant sous l'influence de ces moyens ; mais l'épididymite ou l'orchite n'en suivent pas moins leur marche, et il esl à pré-

su mer que la nouvelle inflammation doit, dans quelques cas, subir une recrudescence; d'ailleurs, n'a t-on pas à craindre les phlegmasies de la prostate , des vésicules séminales et du col de la vessie?

Nous n'avons jamais eu occasion de voir employer cet expédient; mais il heurte tellement le bon sens et la raison , que nous croyons difficilement qu'on ose encore aujourd'hui le mettre en pratique. La méthode du rappel est donc encore une de ces vieilleries dangereuses que la jeunesse chirurgicale doit combattre de toutes ses forces , une de ces pratiques détestables et immorales que le malade doit repousser par tous les moyens possibles.

Avant d'aborder la période de déclin de l'épididymite , mentionnons encore la mélhode préconisée par Frichi de Frambourg, la compression. La compression employée au début est , en quelque sorte, un moyen abortif. Pour l'appliquer, il faut que la maladie soit à sa période de fluxion , et que les malades soient bien résolus de ne faire aucun écart d'hygiène ou de régime. On se sert de bandelettes de Diachylon ou de Vigo. La première bandelette est appliquée à la racine des bourses ou du testicule malade et modérément serrée, elle est destinée à empêcher que le testicule ne glisse et n'échappe aux moyens compresseurs, on continue ensuite d'envelopper l'organe jusqu'à sa partie inférieure ; l'extrémité inférieure étant à nu, doit être recouverte par des bandelettes mises en sautoir que l'on fixe elles-mêmes par d'autres bandelettes circulaires. Tout le testicule est ainsi enveloppé et comprimé.

Après avoir établi la compression, il faut suivre le malade au moins pendant quelques heures. Si , à partir du moment de l'application les douleurs vont en augmentant, c'est une preuve de contre-indication , et on doit enlever les bandelettes. Si une heure après l'application des bandelettes les douleurs cessent ou diminuent sensiblement, on peut les laisser en place avec l'espoir de voir ce moyen couronné de succès ou tout au moins exempt d'accident.

Si l'on juge à propos de laisser les bandelettes, il n'en est

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pas moins indispensable de surveiller le malade, car, au bout de deux ou trois jours, les parties comprimées venant à se dégorger, le bandage devient trop lâche et les circulaires situées à la partie supérieure déterminent un léger étranglement. En ayant soin de renouveler le bandage à mesure que sa coque devient lâche, on peut obtenir des résultats admirables; mais, nous le répétons, c'est un moyen dont il faut suivre les effets. L'engorgement inflammatoire du cordon est une contre- indication de la compression, caria compression ne pouvant agir que sur une partie limitée du cordon , aurait l'inconvénient de favoriser la fluxion de la partie restée libre. Ce moyen est surtout applicable au début des épididymites sympathiques.

Traitement de la période de déclin. — Tant qu'il reste de la sub-inflammation et des douleurs, les émollients sont nécessaires. Mais lorsque les douleurs ont cessé et que la maladie est résumée dans l'engorgement, on doit recourir aux résolutifs. On peut se servir de l'eau de Goulard , de la solution de chlorhydrate d'ammoniaque; des fumigations aromatiques, des onctions mercurielles simples ou belladonnées , des frictions avec les pommades d'hydriodate de potasse, d'iodure de plomb et des emplâtres de Vigo. M. Ricord employait avec succès l'emplâtre de savon appliqué autour des bourses. A cette période , la compression bien faite doit avoir aussi de très-grands avantages. Si les moyens précédents restent sans effets ou n'arrivent, après un long emploi, qu'à des résultats incomplets, on peut administrer à l'intérieur lé calomel uni à la cigùe; associé au savon médicinal et donné à dose altérante, il réussit quelquefois très-bien. Dans le cas d'hydrocèle symptômatiqne, on est quelquefois forcé d'en venir à la ponction et à l'injection. La guérison de celte hydrocèle est alors fréquemment suivie de la résolution de l'engorgement testiculaire.

Tous ces moyens restent quelquefois sans effet sur la maladie , et l'engorgement persiste. La cause de cette persistance doit, dans ce cas, être recherchée dans l'organisme , et combattue par des moyens radicaux. Contre les scrofules,

on administrera l'iodure de potassium , l'huile de foie de morue, les bains de mer, les ferrugineux, les amers, l'insolation et un régime analeptique. Lorsqu'on a affaire à uno dégénérescence carcinomateuse, tout moyen est inutile; il n'y a que l'amputation qui offre des chances de succès.

Les rapports sexuels ne doivent être permis que longtemps après la disparition des symptômes aigus, mais il ne faut pas les défendre absolument, car la constipation séminale peut devenir, pour les testicules, une cause d'excitation et de recrudescence inflammatoire. Les premiers rapports qui suivent une inflammation de i'épididyme ou du testicule, amènent souvent un sperme d'une couleur rouillée, cette couleur est due à un suintement sanguin qui vient des déchirures qui s'opèrent sur les conduits éjaculateurs. Ces déchirures se produisent absolument comme celles qu'on remarque autour de l'anus , à la suite d' une constipation prolongée ; elles sont le résultat de la distension brusque, causée par la colonne de sperme au moment de son passage dans les canaux éjaculateurs. Mais si le sperme conservait longtemps sa couleur rouillée, il faudrait rechercher s'il n'y a pas d'altération plus profonde sur les parois des canaux que traverse la liqueur prolifère.

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