CHAPITRE. VII
Blennorrhagïe chez la femme.
La femme est sujette, comme l'homme, à l'inflammation blennorrhagique des organes génitaux; plus souvent que lui, elle est atteinte d'écoulements qui , sans remonter à une contagion, n'en sont pas moins susceptibles de communiquer des blennorrhagies aiguës. C'est ce qui fait qu'elle donne beaucoup plus de blennorrhagies qu'elle n'en reçoit. Il ne faudrait cependant pas croire que tous les écoulements muqueux des organes de la femme soient contagieux à toute époque et dans toutes les conditions; car, s'il en était ainsi , bien peu d'hommes seraient exempts de la maladie ; il faut, de la part des surfaces enflammées et de l'écoulement , comme du côté des parties qui doivent être imprégnées, des conditions particulières que nous avons déjà déterminées dans nos considérations générales sur l'étiologie; ce qui le prouve, c'est que tel écoulement qui est sans action sur un individu , est éminemment contagieux pour un autre. L'acclimatement joue ici un très-grand rôle. On a vu des femmes, communiquer des blennorrhagies à tous les amants qui s'approchaient d'elles , tandis que leur mari, malgré son assiduité, n'en était jamais atteint.
L'inflammation blennorrhagique peut siéger sur la vulve , le vagin , l'utérus et l'urètre , sur plusieurs de ces parties à la fois ou sur chacune d'elles isolément. La blennorrhagie vaginale est la plus commune , celle de l'urètre, quoique moins fréquente, existe plus souvent qu'on ne semblerait le penser, et si on a pu la croire si rare , la nier même, c'est faute d'observation.