‹ Traité des maladies vénériennes [electronic resource]Chapitre 26 sur 90 · BLENNORRHACIE GUI Z LA FEMME · texte numérisé non relu

BLENNORRHACIE GUI Z LA FEMME

Blennorrhagie vulvaire. — Vulvile. — La vulvite peut être érythémaieuse ou phlegmoneuse; dans le premier cas, elle est bornée à la superficie de la muqueuse; dans le second, elle siège en même temps dans le tissu cellulaire sous-muqueux. L'inflammation envahit quelquefois plus spécialement les follicules et les glandules qui sont dans l'épaisseur de la muqueuse, il n'est pas rare aussi qu'elle s'étende aux glandes décrites, dans l'épaisseur de la vulve, par M. Huiguier.

Symptômes. — Les prodromes de la vulvite se résument dans une excitation insolite , suivie de prurit de chaleur et de désirs vénériens. Les parties se tuméfient, rougissent etdevienennentle siège d'une hypersécrétion irritante, d'abord peu différente de la sécrétion normale , mais qui ne tarde pas de prendre les caractèresdu muco pus;tantquerinflammationest bornée à la superficie de la muqueuse , ou même à quelquesuns de ces follicules les douleurs sont à peu près nulles , les malades ressentent seulement de temps à autre quelques élancements et un peu de cuisson, mais lorsque la maladie se propage dans le tissu cellulaire sous-muqueux les parties deviennent le siège d'un engorgement œdémateux et inflammatoire, elles sont luisantes à leur surface; les petites lèvres, gonflées outre mesure, finissent par dépasser en avant les grandes lèvres et éprouvent à leur base une espèce de constriction, un étranglement comparable sous plusieurs chefs , à celui qu'on observe dans le cas de paraphimosis. Le frottement et la pression continus qu'éprouvent les faces correspondantes de ces organes causent des douleurs et des cuissons très-intenses; celte pression fait naître souvent des érosions, des ulcérations et même des points de gangrène superficielle. Chez les femmes grasses, l'inflammation de la vulve file sur les côtés et en arrière , vers l'anus et le pli génito-crural. Ces parties deviennent alors très-rouges , se dépouillent de leur épiderme et fournissent une sécrétion très-fétide.

Le contact de l'urine pendant la miction irrite beaucoup les parties malades et augmente les souffrances, aussi est-

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on quelquefois obligé de faire uriner les malades dans un bain.

L'inflammation peut, dans quelques cas, gagner les conduits des glandes vulvaires, et arriver ainsi jusqu'au parenchyme de ces follicules. Les douleurs sont alors plus profondes et plus intenses, la grande lèvre correspondante prend un volume exagéré et dépasse de beaucoup celle du côté opposé , sa face interne est le siège d'une tumeur arrondie, très-dure au loucher qui rend la marche pénible et impossible.

Au bout d'un septénaire, l'inflammation tend à se terminer. Dans les cas les plus heureux, mais aussi les plus rares , les douleurs diminuent , la tumeur s'affaisse et se ramollit , en un mot l'état aigu disparaît. Il ne reste le plus souvent à la place de cet engorgement, qu'une légère induration qui disparaît à la longue.

Lorsque la tumeur doit suppurer, l'engorgement inflammatoire, au lieu de diminuer, augmente pendant quatre à cinq jours, les malades sont pris de frissons et d'inappétence, ils ressentent dans la tumeur des douleurs pulsatives, et des battements isochrones à ceux du pouls , qui annoncent un travail de suppuration. Si l'on ne donne issue à la collection purulente, elle finit par sortir spontanément, dans un moment d'effort, après avoir aminci la muqueuse des grandes lèvres. Le pus est ordinairement filant et d'une odeur fétide, il renferme parfois de petits grumeaux de sang.

L'inflammation des glandes vulvaires laisse souvent après elle un engorgement chronique qui devient le point de départ d'abcès périodiques ou de kystes contenant une matière filante comme de la salive. C'est fréquemment à celté cause que remontent les kystes des grandes lèvres.

La vulvite est accompagnée quelquefois, chez les jeunes femmes, d'une sensibilité exagérée qu'il est urgent de calmer, quoiqu'elle ne soit qu'un symptôme; car elle pourrait provoq uer des accidents nerveux très-intenses. On évitera ainsi à la malade les désirs vénériens et les rêves lascifs qui ont chez «lté l'inconvénient des pollutions nocturnes chez l'homme.

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