BLENNORRUAGJE CHEZ LA FEMME
chose à craindre quand on la laisse passer à letat chronique, c'est qu'à la longue , les parties se resserrent et mettent un obstacle à l'accomplissement des fonctions génitales.
Traitement. — La vulvite pouvant se développer sous l'influence de la malpropreté, pour premier prophylactique, nous recommanderons les lotions quotidiennes, surtout chez les personnes qui ont un embonpoint très-prononcé. Dans une certaine classe de la Société, les soins de propreté «ont observés avec rigueur , mais dans le peuple, on les néglige, on les proscrit même et l'on met à l'index la femme ou la jeune fille que l'on soupçonne d'en faire usage. Pourquoi donc ces préjugés ridicules ! voudrait-on mesurer la moralité d'une femme à la malpropreté de ses organes génitaux!
Traitement abortif. — Dans les premiers moments d'une vulvite, on doit prescrire un régime doux, l'isolement des surfaces au moyen d'un linge fin enduit d'un corps gras , et des lotions avec la solution de nitrate d'argent à deux grammes pour cent.
Nous nous sommes très-bien trouvé des lotions faites avec : liqueur de Labarraque, 50 grammes; eau distillée, 150 grammes , après lesquelles on saupoudre les parties malades avec la poudre de calomel préparé à la vapeur.
Cette médication , employée dès le début, triomphe le plus souvent de la maladie en quelques jours. Mais une fois l'inflammation passée à l'état phlegmoneux , ces moyens sont contre-indiqués. On doit les remplacer par les émollients et les antiphlogistiques. C'est aux lotions émollientes , aux boissons mucilagineuses,aux bains entiers et tièdes, aux saignées locales au moyen de sangsues appliquées sur les aines que l'on confie la guérison. Ce traitement doit être employé jusqu'à extinction de l'état aigu. L'on revient ensuite aux résolutifs et aux astringents locaux. Si les grandes lèvres devenaient le siège d'un abcès, on se hâterait de l'ouvrir aussitôt que l'on sentirait la fluctuation. En retardant l'incision , on s'exposerait à des fusées purulentes très-dangereuses dans cette région , à cause de la laxité de son tissu cellulaire. On évite ainsi les décollements et les clappiers très-élendus qui se for-
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menl quelquefois autour de l'anus et du périnée. On préviendra ainsi les fistules recto-vaginales, toujours très-graves et difficiles à guérir.
L'abcès qui siège dans les glandes vulvaires ne doit pas être plus ménagé que celui qui résulte de la fonte purulente du tissu cellulaire des grandes lèvres.
On peut retarder l'ouverture des abcès qui se forment autour des kystes anciens, car la suppuration finit souvent par les éliminer. Les abcès des grandes lèvres laissent quelquefois une fistule ou un cul de-sac qui donne une suppuration intarissable. Pour faire adhérer les parois de ce trajet , on est obligé de recourir à des injections émollientes d'abord , puis astringentes, et enfin aux caustiques. On emploie même le nitrate d'argent fondu pour cautériser leurs parois. La scarrification et la compression des parois réussissent aussi quelquefois. L'incision doit être le dernier moyen, car les malades redoutent beaucoup les cicatrices qui siègent sur ces parlies. Les follicules de la vulve sont quelquefois le siège d'une sécrétion muqueuse très-opiniâtre; il faut, pour la faire disparaître , se servir des moyens que nous avons indiqués pour les fistules.
Nous n'avons pas à nous occuper ici des fistules rectovaginales qui succèdent, dans quelques cas, aux abcès de celte région. Cette étude doit trouver sa place dans les Traités spéciaux.
Urétrite blennorrhagique chez la femme, — La blennorrhagie urétrale est plus rare que la vulvite et la vaginite , cela tient probablement à ce que la matière blennorrhagique qui découle du pénis, pendant les rapports sexuels, est plus directement en contact avec les parois du vagin et de la vulve qu'avec l'ouverlHre urétrale. Néanmoins, nous croyons qu'elle est plus fréquente qu'on ne le pense généralement dans le monde chirurgical.
L'urètre peut se prendre d'emblée à la suite des rapports sexuels et sans qu'aucune des autres parties soit malade , mais souvent il s'enflamme consécutivement à la vaginite.
Symptômes. — Il s'en faut de beaucoup que nous rencon-
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trions ici cette série de phénomènes que nous avons remarqués dans l'urétrite de l'homme. Dans les premiers jours, les malades éprouvent dans les parties une titillation inaccoutumée, leurs organes sont dans un état d'érélisme continuel , le besoin d'uriner se fait sentir plus souvent et la miel ion est accompagnée d'une chaleur intérieure qui va quelquerois jusqu'à la cuisson. L'urèlre sécrète une matière blanche ou jaunâtre qui se mêle à l'écoulement muqueux du vagin ; à ces symptômes, les malades reconnaissent quelque chose de plus que des fleurs blanches. Si l'inflammation s'étend et surtout si elle gagne les couches subjacentes à la muqueuse , on voit arriver la dysurie et même dans quelques cas , rares il est vrai, la rétention d'urine. Lorsque par les progrès de l'inflammation le col de la vessie vient à se prendre, les besoins d'uriner deviennent plus fréquents et s'accompagnent de vives douleurs et de ténesmevésical; les dernières gouttes d'urine sont sanguinolentes. La moindre pression sur l'urètre et par cela même les rapports sexuels, deviennent impossibles. Un des symptômes les plus importants et le plus capable de faire reconnaître la blennorrhagie urétrale , c'est l'écoulement urétral ; mais les femmes qui tiennent à le dérober aux yeux du médecin, ont la précaution d'abord d'uriner immédiatement avant de subir la visite, et de s'essuyer afin d'enlever toutes les traces qui pourraient en rester. Quoiqu'il en soit, pour rendre manifeste cet écoulement , on introduit l'indicateur dans le vagin ; à une certaine distance du méat , on tourne la pulpe vers la paroi urétrale de ce conduit, et on le ramène d'arrière en avant jusque vers l'ouverture du méar, en exerçant une pression le long du trajet du canal. Si l'urètre contient de la matière purulente, celte matière est forcément amenée jusqu'à son ouverture où le chirurgien peut la constater. Au moyen de ces investigations, il est rare qu'une blennorrhagie urétrale , si bénigne qu'elle puisse être, passe inaperçue, aussi nous donnons le conseil de ne jamais se prononcer sur l'état de santé d'une femme que l'on est appelé à examiner , sans les avoir faites.
Quand l'inflammation de la vulve et du vagin est trop-intense,