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CHAPITRE IV

Pronostic du chancre.

Le pronostic exige une connaissance profonde des diiïérenies phases ei déviations auxquelles peut être soumis l'accident primitif. Il est basé sur le diagnostic différentiel des variétés que nous avons admises dans le chancre.

La première question que l'on se fait ou que le malade adresse en présence d'un chancre, c'est, si le niai est et doit rester local, s'il est ou doit devenir constitutionnel. Le médecin est souvent embarrassé d'y répondre dans les premiers jours de la maladie , puisque presque tous les accidents primitifs présentent la même physionomie à leur début. Il est donc obligé d'ajourner son jugement jusqu'à ce que la forme de l'accident se dessine mieux. Néanmoins, on ne doit pas oublier que les chancres guérissent plus souvent sur place qu'ils ne donnent lieu à la syphilis constitutionnelle, et cette observation doit être mise à profit pour diminuer les inquiétudes du malade jusqu'au moment où l'on sera à même de se prononcer plus nettement sur l'issue de la maladie. Si le sujet a eu déjà une fois la syphilis constitutionnelle , on peut l'assurer de suite que les chancres dont il est atteint ne s'indureront pas et guériront sans occasionner d'accidents constitutionnels , c'est qu'en effet on n'a qu'une fois des chancres indurés et la syphilis constitutionnelle.

Le chancre peut rester dix à douze jours à l'état le plus simple, sans que l'on soit en droit de porter un pronostic favorable. Nous savons en effet qu'il s'indure quelquefois plus tard. Cependant , si après le quinzième ou vingtième jour, il ne présente aucune trace d'induration, il est presque sûr qu'il

guérira sur place et que l'organisme sera à l'abri de Tinfeclion. Lorsque le chancre s'esl induré spécifiquement, la syphilis constitutionnelle existe et ses accidents apparaîtront fatalement dans le délai de cinq à sk mois, si on ne vient les déranger par un traitement. Comme pronostic d'avenir, le chancre induré est donc l'accident le plus à craindre.

Les chancres phagédéniques ne dominent lieu , dans la plupart des cas, à aucun accident général spécifique. Le phagédéuisme est donc en quelque sorte une déviation de bon augure. Il faut cependant excepter les cas où le phagédénisme envahii les tissus du chancre induré. Nous avons remarqué aussi que les chancres qui donnaient lieu à des bubons suppurés à pus inoculable , n'étaient généralement pas suivis d'accidents de syphilis constitutionnelle.

Considérés sous le point de vue des lésions locales , les chancres se prêtent encore à des considérations très-importantes. Le moins à redouter est le chancre simple, superficiel.

Le chancre induré , lorsqu'il ne se complique pas de phagédénisme, guérit le plus souvent sans détruire sur place , et il est souvent impossible, après la guérison, de retrouver le plus petit indice d'une ulcération antérieure.

Le chancre phagédénique , qu'il soit gangréneux , pultacé, térébrant ou serpigineux , demande toujours un temps assez long pour guérir. Sa durée est même quelquefois désespérante ; il épuise les forces physiques du malade, frappe souvent son moral de manière à le plonger dans un état de tristesse voisin de i'hypochondrie, atteint et détruit des organes de la plus haute importance, et tout cela sans que l'homme de l'art puisse s'y opposer. 11 guérit enfin , en laissant après lui des pertes irréparables de tissu et des difformités sans nombre qui gênent ou paralysent complètement les fonctions de certains organes. A côté de ces nombreux et graves inconvénients locaux, il est un avantage qui doit rassurer les malades sur des craintes qu'il pourrait concevoir pour son avenir, en présence d'accidents locaux si intenses. Le phagédénisme est l'ennemi juré de l'induration spécifique, etpar suite de la syphilis constitutionnelle ; un chancre simple qui se com-

pljque de phagédénisme ne s'indure jamais el guérit sur place. Celte règle générale peut avoir des exceptions; mais elles doivent être rares , en tout cas , nous n'en connaissons aucune.

Les chancres simples et phagédéniques donnent lieu à des accidents successifs , bubons et lymphites qui suppurent souvent d'une manière spécifique. Le chancre induré est fatalement suivi d'une adénite multiple des ganglions qui sont en rapport avec la partie malade -, mais cette adénite reste généralement froide , indolente , et n'aboutit pas à la suppuration. Si elle vient à suppurer , cela lient à une cause étrangère à la syphilis , la scrofule par exemple , et le pus fourni par les plaies n'est pas inoculable comme dans le bubon d'absorption.

Pour nous résumer sur les deux questions capitales que doit comprendre le pronostic : le malade aura-t-il oun'aurai-il pas la syphilis constitutionnelle? Voici ce que nous répondrons : plus les accidents primitifs présentent d'intensiié , plus ils ont de tendance à détruire localement, moins on doit craindre la syphilis constitutionnelle- Plus les accidents primitifs sont bénins , moins ils ont de tendance à détruire localement , et plus il faut craindre la syphilis constitutionnelle.

L'induration est le premier signe de la syphilis constitutionnelle.

Le phagédénisme est, dans la plupart des cas , une garantie contre l'infection.

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Quant au chancre simple il peut ggrir sur place sansacci-? dents , s'indurer ou devenir phagédénique.

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