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CHAPITRE Vil

Traitement des bubons.

Fidèles aux principes que nous avons exposés dans l'étude des bubons, nous n'admettrons point, comme on l'a si longtemps pratiqué, une méthode unique de traitement ; nous n'afficherons pas, comme au temps de Bell, la ridicule prétention de provoquer ou d'empêcher à volonté la suppuration des glandes engorgées, pas plus que nous ne chercherons avec Humer à reconnaître la quantité de mercure à livrer à l'absorption, et les voies les plus convenables pour, l'introduire dans l'économie. Notre méthode thérapeutique sera basée sur le diagnostic de la nature des adénites et devra, par conséquent, changer ou se modifier avec l'espèce et la variété que l'on aura à traiter.

Mais, comme beaucoup d'autres affections, le bubon peut, dans quelques cas , être prévenu, on peut aussi, lorsqu'il débute, arrêter sa marche et le faire disparaître avant qu'il n'arrive à son complet développement. Le traitement prophylactique et le traitement abortif lui sont donc applicables. Commençons par exposer les moyens qui constituent chacune de ces médications , nous ferons connaître ensuite le cortège des agents qui composent la médication curative régulière.

Traitement prophylactique. — Le malade atteint d'un des accidents qui peuvent occasionner l'adénite, doit fatiguer le moins possible, et, s'il le peut, garder le repos absolu. C'est là une des premières conditions de la prophylaxie. L'accident, chancre ou blennorrhagïe, que l'on juge capable de déterminer l'adénite, doit être détruit le plus tôt possible; car, quels que soient les soins qu'on lui donne, il peut, tant qu'il

existe, occasionner quelqu'une des variétés du bubon. Ce que nous venons de dire nous renvoie au traitement abortif du chancre et de la blcnnon hagie. Lorsqu'il n'est pas possible d'attaquer l'accident primitif par la méthode abortive, on se borne aux moyens curatifs réguliers que nous indiquerons bientôt, en évitant l'administration intérieure et l'application extérieure d'agents irritants.

On a proposé aussi d'agir en même temps sur les ganglions qui sont en rapport avec le siège de l'accident , en exerçant sur eux une compression permanente, il est de fait que l'adénite inguinale est très-rare sous un bandage herniaire appliqué méthodiquement. Sans amener une atrophie complète, la compression des ganglions peut momentanément ralentir la circulation lymphatique et s'opposer ainsi à l'absorption du pus spécifique.

Traitement abortif. — Aux premiers signes de l'adénite, on prescrira le repos absolu; si l'accident , qui est la cause de cette complication , est irrité , enflammé , on le pensera avec des émollients et des narcotiques, on appliquera sur les ganglions douloureux, des agents résolutifs. Le froid, la compression, la cautérisation médiate et les mercuriaux sont les moyens auxquels on a recours.

On peut tenter , audébut , de recouvrir l'engorgement avec de la glace , si , sous son influence, les douleurs et la rougeur inflammatoire diminuent , il y a lieu d'espérer d'obtenir la résolution; mais si, par contre, les accidents augmentent, il faut recourir à d'autres expédients si l'on ne veut pas déterminer la gangrène.

On fait la compression soit avec des bandages spéciaux , confectionnés d'après l'indication du médecin, soit au moyen de bandes et de disques d'agaric Nous avons réussi plusieurs fois en appliquant le spicade l'aine. On exerce encore la corn, pression en mettant sur la maladie des briques chaudes qui ont l'avantage d'agir par leur propre poids et par le calorique qu'elles contiennent.

La cautérisation médiate , préconisée par M. Malapert, et, plus tard, par M. Reynaud, de Toulon, est rarement indiquée

au début des accidents successifs. Ce moyen sur lequel nous aurons bientôt occasion de revenir , ne nous offre théoriquement aucun avantage; d'ailleurs, les résultats pratiques ne parlent pas plus en sa faveur. Nous en dirons autant des cautérisations actuelle et potentielle, ainsi que du séton. Nous n'avons jamais vu employer l'incision sous-cutanée , recommandée par M. Guérin.

Les mercuriaux peuvent, administrés à l'intérieur et à l'extérieur, agir comme antiphlogisliques et résolutifs et s'opposer ainsi à la marche de l'adénite ; mais lorsqu'il s'agit de faire avorter l'état inflammatoire , on ne doit pas compter sur leur action spécifique.

M. Ricord a employé avec succès les vésicatoires pansés avec l'onguent mercuriel double étendu sur un cataplasme , et répétés plusieurs fois.

Traitement curatif régulier. — Lorsque la méthode abortive n'a pu réussir ou que l'on n'est pas à temps de l'employer, on doit, si les accidents aigus sont très-développés, quelle que soit d'ailleurs la nature présumé du bubon , recourir aux antiphlogisliques.

On est rarement obligé d'en venir à la saignée , aussi est-ce le plus souvent aux sangsues que l'on a recours.

M. Ricord donne le précepte d'appliquer cesanélides d'autant plus près de la tumeur que celle-ci est plus voisine de la virulence , et lorsqu'on est sûr, d'après la symptômatologie, que le bubon est. virulent , on doit les grouper à son centre ou sur les points qui doivent être détruits par la suppuration. En effet, en les posant à une certaine distance de la maladie, elles finissent tôt ou tard par s'inoculer au coniact de la sécrétion virulente et se transforment en autant de chancres. Après les sangsues , viennent les cataplasmes émoliienls , les fomentations émollientes et les bains généraux de même na ture. Les purgatifs salins, tels que l'eau de sedlitz , le sulfate de soude, la limonade citro magnésienne contribuent puissamment à la résolution de la tumeur.

L'onguent mercuriel belladonné, étendu sur la tumeur que l'on recouvre ensuite d'un cataplasme émollient , nous a paru

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jouir de grands avantages; toutefois, il faut ne recourir à ce moyen , que lorsque les piqûres de sangsues sont cicatrisées ou avant leur application.

La méthode de M. Malapert figure encore parmi les agents curatifs de celte période. Voici l'opinion de M. Ricord sur ce genre de cautérisation :

« Une méthode qui a récemment occupé l'attention des » praticiens , et qui a été signalée d'abord par M. Malapert et » ensuite par M. Reynaud, consiste à tenter la résolution ra- » pide des bubons par une sorte de cautérisation des tégu- » ments qui les recouvrent. Cette cautérisation se pratique » en couvrant la tumeur d'un vésicatoire , et en appliquant » ensuite sur la surface de la peau / privée de son épiderme, » un plumasseau de charpie imbibé d'une solution de vingt » grains de sublimé corrosif par once d'eau. Ce plumasseau » est laissé environ deux heures en contact avec la surface vé- » siquée, pour être, plus tard , remplacé par un caiaplasme » de farine de graine de lin laudanisé. A la chute de l'escharre » et selon son degré de profondeur et les effets produits , on » répète l'application de la solution de sublimé, ou seulement » on se contente de toucher la surface dénudée à l'aide d'un » pinceau qui en est imbibé.

» Celte méthode active est loin de donner des résultats » heureux aussi fréquents qu'on a bien voulu le dire. Comme » dans le plus grand nombre des cas où on l'a employée, le » diagnostic rigoureux de la nature intime de l'engorgement » réputé bubon n'avait pas pu être fait , il est probable et je » pourrais même dire certain , que le plus grand nombre des » guérisons obtenues sont arrivées dans des circonstances » simples et de non- virulence. Cela n'est pas indifférent à » noter . attendu qu'alors on peut guérir par d'autres moyens » bien moins désagréables que cette cautérisation toujours » douloureuse, et presque constamment suivie de cicatrices » disgracieuses -et indélébiles.» (Traité de la maladie vénérienne par J. Hunier. Addition de P. Ricord, page 550.)

Un mode de traitement que nous avons vu souvent réussir à l'hôpital des vénériens de Paris, consiste à recouvrir l'en-

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gorgement d'un vésicatoire, auquel on fait succéder des cataplasmes émollients, à la surface desquels on étend préalablement un à deux grammes d'onguent mercurielbelladonné.

Sous l'influence d'une des médications précédentes, l'inflammation peut diminuer, mais souvent il reste un engorgement plus ou moins prononcé qu'il ne serait pas prudent de négliger ; c'est dans ces cas que l'on a recours aux emplâtres fondants , tels que ceux de Vigo , de cigùe et de savon, aux frictions iodurées et à la compression.

L'inflammation déborde quelquefois tous les moyens thérapeutiques , et détermine la fonte purulente des tissus qu'elle a atteint, et d'ailleurs cette suppuration est fatale lorsque l'adénite résulte de l'absorpiion du virus syphilitique en nature. Quoiqu'il en soit , l'emploi des résolutifs est à cette période tout à fait inutile , l'indication présente est de donner issue à la collection de pus, sous peine d'exposer les parties à de vastes décollements et à la mortification de la peau.

Dans l'ouverture de ces foyers purulents, il faut chercher à éviter le plus possible les cicatrices trop étendues et difformes , car si quelques malades ne font qu'une médiocre attention à la largeur ou à la forme de la plaie , la plus grande partie s'inquiète beaucoup des traces qu'elle pourra laisser ultérieurement. La coquetterie des organes génitaux doit donc être ménagée avec le plus grand soin. C'est là une sollicitude dont les malades sauront toujours gré au médecin.

Comme précepte général , nous recommandons les petites ouvertures , à moins que l'amincissement , le décollement ou toute autre altération de la peau n'exigent de plus grandes déperditions de substance. On se sert ou de l'instrument tranchant ou des caustiques.

L'adénite est-elle peu étendue et sans altération de la peau, a-t-on jugé, d'après ses symptômes et sa marche comparés à l'état de l'accident primitif, que sa nature intime est simple, il y a indication de l'inciser avec le bistouri. Si le foyer purulent était trop étendu, mais néanmoins recouvert d'une peau

saine , on pratiquerait plusieurs ponctions, afin de le vider promptement sans faire une trop large incision. Lorsqu'on juge, d'après la couleur de la peau, qu'une partie du tissu cellulaire sous -cutané est détruite, comme les téguments ainsi dénudés ne peuvent servir à la cicatrisation , on ouvre l'abcès en les usant au moyen de la pâte de Vienne appliquée d'après les données que nous ferons bientôt connaître.

A-t-on affaire à une adénite virulente, ce que peuvent indiquer les symptômes , il est de précepte d'abandonner le bistouri pour recourir à la cautérisation. Quel que soit le caustique que l'on emploie ici, on doit l'appliquer le plus tôt possible , car plus on laisse le pus enfermé , plus il corrode et s'insinue au loin dans les tissus. A l'exemple de M. Ricord , nous nous servons de la poudre de Vienne; cette poudre se compose de cinq parties de chaux vive pour six de potasse à l'alcool. On la délaye dans un peu d'alcool, de manière à obtenir la consistance d'une pâte. On recouvre la tumeur d'un morceau de diachylon muni d'une ouverture ovalaire que l'on fait correspondre à la portion destinée à être cautérisée. La pâte est déposée dans celte ouverture , on la laisse de dix minutes à un quart d'heure, et en général d'autant plus longtemps qu'on a le dessein delà faire pénétrer plus profondément. Après la cautérisation, on fait un pansement simple avec des cataplasmes émollients; plus lard, sil'escharre ne se détache pas on la recouvre d'un plumasseau de charpie sur lequel on étend de l'onguent styrax. L'escharre tombe ordinairement du 4e au 8e jour. 11 ne reste plus alors qu'une plaie vive que l'on traite suivant les indications.

La potasse, le fer rouge, la cautérisaiion médiate de MM. Malapert et Reynaud ont aussi obtenu quelque succès ; mais aucune de ces méthodes ne présente les avantages de la pâte de Vienne.

Quel que soit du reste la mélhode mise en pratique pour l'ouverture des bubons, la plaie consécutive est simple ou spécifique. Dans le premier cas, les pansements ordinaires suffisent pour l'amener à bonne fin; dans le dernier cas, on a affaire à un chancre ganglionnaire qui réclame les

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mêmes soins que l'accident primitif qui en a été le point de départ.

Si le chancre ganglionnaire marche régulièrement, les pansements avec le vin aromatique , les solutions astringentes et les cautérisations légères avec le niirate d'argent le cicatrisent en deux ou trois septénaires. Une première condition qui s'oppose à la guérison , c'est le décollement des bords de la plaie. Si la peau paraît encore assez épaisse pour pouvoir servir plus tard à la cicatrisation , on touche sa face profonde avec le niiràte d'argent, ou avec d'autres caustiques liquides jusqu'à neutralisation delà spécificité; dans le cas contraire, on la détruit au moyen des ciseaux courbes, ou , ce qui est préférable , avec une traînée circulaire de paie de Vienne.

Le chancre ganglionnaire n'est, pas plus que son prédécesseur, exempt des rigueurs du phagédénisme. Cette dévia lion arrive d'emblée lorsque l'accident qui précède en est atteint, elle peut en outre se produire accidentellement au milieu des conditions ordinaires qui la font naître sur le chancre primitif. La nature du tissu adénique peut aussi y contribuer. L'aspect de la plaie change : de vermeille elle devient grisâtre, présente de petits points hémorrhagiques, et s'étend avec rapidité sur les tissus voisins. Les médecins qui ne connaissent pas ce genre de complication disent que le bubon est ulcéré, et ne s'inquiètent nullement des modifications que peut réclamer son traitement. Nous n'entreprendrons pas de refaire ici le tableau des moyens thérapeutiques destinés à combattre le phagédénisme, et , pour ne pas nous exposer à des redils,nous renverrons le lecteur à la page 243 et suivantes, où la médication anti-phagédénique est traitée avec détail.

Les bubons multiples et indolents , qui n'ont pas acquis trop de volume n'ont besoin d'aucun traitement local, le traitement spécifique interne suffit le plus souvent pour les faire disparaître. Si quelqu'un des ganglions se développe outre mesure, sans cependant s'enflammer, on a recours aux emplâtres fondants, mais surtout à l'emplâtre de Vigo; aux

vés;catoires volants , répétés et pansés avec un cataplasme enduit d'onguent mercuriel belladonné.

Quelle que soit la nature du bubon simple , d'absorption ou mixte > il n'est pas rare de le voir se compliquer de scrofules. Dans ce cas, il peut acquérir des dimensions énormes et résister longtemps au traitement ordinaire. 11 est indispensable alors d'associer à la médication ordinaire spéciale du bubon ,. les médicaments anti-scrophuleux. Tels sont le quinquina , la genlianne , la quassia amara, le houblon , la fumelerre, etc.. et toutes les préparations qui renferment de l'iode , comme l'huile de foie de morue, l'huile iodée parle procédé de M. Personne, l'émulsion iodée d'après la formule deM. Marschal (de Calvi); (iode cinq centigrammes, huile d'amande douce 30 grammes , gomme arabique q. s. pour émulsionner, ajouter 90 grammes d'émulsion d'amande douce. A prendre dans la journée par cuillerée; on augmente graduellement la quantité de l'iode). Comme application locale, on a recours aux fondants ; pommade contenant 4 grammes d'iodure de plomb et 30 grammes d'axonge; pommade slibiée, bains de mer, bains alcalins. Si la tumeur résiste à tous ces moyens > il ne reste plus qu'à l'user graduellement avec un caustique ou à l'extraire avec l'instrument tranchant. M. Malgaigne a conseillé aussi l'écrasement , mais cette méthode, d'ailleurs très-ingénieuse et très -efficace dans beaucoup de cas, ne saurait convenir dans la plupart des régions occupées par les bubons.

L'extirpation avec le bistouri effraye souvent les malades , et du reste elle n'est pas sans danger, aussi préférons-nous l'usure graduelle de la glande au moyen de la pâte de Vienne.

Nous plaçons sur la peau un disque de pâte de Vienne d'une largeur proportionnelle à la largeur du ganglion engorgé; la première couche détruit la peau et une partie de la glande ; une foisl'escharre détachée, ce qui a lieu au bout de cinq à six jours , ou plus tôt si on sait hâter sa chute par i'usage d'un onguent digestif, la tumeur adénique se présente entre les bords de la peau où l'on peut de nouveau l'attaquer avec le même caustique. Après plusieurs cautérisa-

lions successives pratiquées en ayant soin de ménager ia peau , l'intérieur de la plaie se trouve débarrassé du tissu ganglionnaire , bourgeonne comme une plaie simple et se cicatrise en peu de temps.

Les engorgements très-volumineux sont quelquefois entretenus par de petites fistules qui pénètrent , soit dans l'épaisseur même des ganglions malades, soit entre eux et la peau. Dans ce cas, les remèdes interne», les frictions et les emplâtres sont employés en pure perte. Nous avons souvent réussi à les faire disparaître en posant un disque de pâte de Vienne sur chacun des points occupés par les fistules; à la chute de l'escharre la plaie est vermeille, d'un bon aspect et guérit bientôt; Quant à l'engorgement qui reste , il diminue graduellement et cède d'ailleurs à la compression. « Toute- » fois , comme l'a écrit M. Ricord dans ses additions à l'ouït vrage de Hunier, il est des engorgements réputés d'abord » bubons vénériens, qui ont subi de telles dégénéraiions, » qu'ils n'appartiennent plus au cadre dans lequel nous de- » vons rester, et qui ne constituent plus que des écroueiles » incurables ou des altérations carcinomateuses , que ni le » fer, ni le feu n'empêchent d'entraîner la mort. »

De la lymphite. — La lymphite peut être simple ou spécifique. Simple , elle occupe un ou plusieurs des lymphatiques qui sillonnent la face dorsale de la verge , celle région présente des traînées rougeâtres longitudinales qui partent des abords de l'accident primitif et vont se perdre aux envir ons de la racine de la verge. Quelquefois ces traînées rougeâtres qui correspondent aux lymphatiques engorgés, aboutissent au ganglion enflammé, le pénis est chaud , douloureux, enflé comme œdémateux, très-pesant et donne lieu à une sensation de gêne très-incommode , on peut toucher avec le doigt de petites cordes noueuses roulantes sous la peau , la lymphite simple se développe sous les mêmes influences que l'adénite de même nature.

La lymphite virulente d'absorption est beaucoup plus rare que l'adénite de même espèce , et cela parce que le pus virulent, conduit au ganglion par le lymphatique, ne s'inocule

pas toujours contre les parois de ce vaisseau. Il faut , pour que l'inoculation ait lieu, qu'une cause quelconque vienne ralentir la progression du pus primitif, et le maintienne longtemps en contact avec les parois du lymphatique. L'inoculation se fait alors , le tissu cellulaire ambiant s'enflamme , suppure, et il en résulte bientôt un abcès virulent dont le pus est inoculable. Après l'ouverture de cet abcès , la plaie se conduit comme un chancre.

La lymphite peut être indolente et indurée comme l'adénite , le cordon représenté par le lymphatique est , dans ce cas, épais, noueux, roulant sous la peau, et l'on peut le suivre souvent jusqu'aux ganglions les plus rapprochés de la base de la verge.

Le traitement des lymphites ne présente pas d'indications particulières, nous ferons observer néanmoins que tous les moyens dirigés contre les adénites sont loin de lui convenir. Le bon sens indique par exemple que les cautérisations, les vésicatoires, les emplâtres et les frictions ne lui conviennent nullement ; nous rappellerons aussi que les sangsues et les cataplasmes ne doivent jamais être appliqués sur l'organe même.

Phlébite. — Nous n'avons pas observé la phlébite comme accident successif du chancre. Il serait d'ailleurs bien difficile de la distinguer de la lymphite. Dans les cas de phlébite abcédée que l'on a pu observer comme accidents consécutifs au chancre, le pus n'était pas inoculable. Serait-ce que le pus primitif une fois mêlé au sang perd ses qualités spécifiques? On pourrait expliquer ainsi la non-inoculabilité des accidents secondaires , quoique consécutifs au passage dans l'économie du virus vénérien ; l'absorption par les veines occasionnerait la syphilis constitutionnelle, et l'absorption par les lymphatiques les bubons.

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