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CHAPITRE III

Des manifestations secondaires; Accidents secondaires, Syphilides.

Généralités, — On désigne sous le nom générique de syphilides tous les accidents secondaires qui se développent sur la peau et les muqueuses.

Les syphilides peuvent être classées, comme les éruptions vulgaires , d'après la méthode de Willan ; en effet , elles rentrent toutes dans une des formes suivantes :

1° Syphilide exanthématique ; 2° SyphiUde vésiculeuse; 3° %= philide huileuse ; 4° Syphilide pustuleuse; 5° Syphilide papuleuse; 6° SyphiUde tuberculeuse ; 7° Syphilide squameuse.

Ces diverses formes, prises isolément, semblent constituer des maladies tout à fait indépendantes les unes des autres ; mais l'élude , attentive de leur marche et de leur mode de succession, démontre qu'elles ont entre elles des liens trèsintimes.

Celles qui apparaissent d'abord et , comme première manifestation cutanée occupent la surface de la peau , ce sont les exanthèmes; après une durée variable , ces exanthèmes disparaissent complètement ou se changent en une forme plus profonde , la pustule ou le tubercule.

Les pustules et les tubercules débutent rarement d'emblée, c'est-à-dire , sans avoir été précédés, à une époque plus ou moins éloignée, de l'exanthème érythémateux ou papuleux ; exceptons néanmoins les cas dans lesquels un traitement spécifique , administré au début, est venu contrarier l'enchaînement régulier des manifestations.

DES MANIFESTAT. SECOND. , ACCIDENTS SECOND., SYPH1L1T. 299

Lorsqu'il existe en même temps des formes superficielles et des formes profondes, l'éruption est dite polymorphe ( Syphilide polymorphe).

S'il nous était permis d'assigner une marche, un mode de succession aux différentes syphilides qui peuvent envahir la peau , nous les ferions débuter par l'exanthème rubéoliqm ; après quelque temps de durée, les plaques exanthématiques se circonscrivent et s'élèvent au-dessus du niveau de la peau pour former la papule. La papule qui n'est qu'une inflammation limitée de la peau , peut se terminer par résolution. Alors elle s'affaisse et disparaît; elle peut s'élargir par la base, s'arrondir ou devenir ovale, et subir une desquamation à sa surface; on a alors la forme papulo-squammeuse. Dans d'autres cas , la surface du derme, au lieu de présenter une inflammation sèche, sécrète un liquide séreux qui soulève l'épiderme; la syphilide est dite vésiculeuse. Que l'inflammation soit un peu plus vive et plus profonde, et l'on arrive bientôt à la pustule.

Celte succession régulière, encore malheureusement si facile à observer de nos jours, est dérangée par un traitement spécifique. Néanmoins nos observations, jointes à celles de MM. Puche et Cullerier fils , nous permettent d'aîfirmer que, dans presque tous les cas , les syphilides débutent par l'exanthème , et que si on ne l'a pas constaté, c'est qu'on avait négligé de le rechercher.

Les mêmes observations peuvent être faites sur les muqueuses et sur les régions qui les avoisinent; ce sont d'abord de simples altérations de couleur que l'on constate moins facilement, et puis bientôt des papules muqueuses sur lesquelles on a tant discuté et dit tant d'absurdités. D'ailleurs , le tégument interne, dans de certaines limites, peut être affecté des mêmes éruptions que la peau. Les différences dans le mode de manifestation tiennent aux fonctions et à la texture de ces deux organes.

Caractères généraux des syphilides. ( Antécédents ). — Elles sont toujours précédées d'un chancre induré ou d'une syphilis héréditaire. M. Cazenave admet bien des syphilides primitives, mais il appelle ainsi des éruptions qui se rencontrent

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