Ô DES MANIFESTATIONS SECONDAIRES
Ieuses et tuberculeuses non suppurées. Dans ces cas, l'atrophie que l'on remarque dans l'épaisseur de la peau , vient du vide consécutif à l'absorption de la matière plastique qui s'y était épanchée. C'est une cicatrice intra-cutanêe. Dans beaucoup de circonstances, le tubercule subit la dégénérescence fibreuse et forme une tumeur saillante qui n'est que du tissu inodulaire.
Taches. — Il reste souvent après les syphilides des taches plus ou moins larges, en général arrondies et de couleur brun- violacée mêlée d'une teinte jaune, c'est surtout aux membres inférieurs et sur le dos que l'on trouve ces colorations, mais toujours elles sont consécutives à une des formes que nous étudierons bientôt.
Marche. — Les syphilides ont une marche indolente , fréquemment elles se terminent par la guérison ; néanmoins , dans certains cas de tubercules ulcérés et surtout quand les malades ont une mauvaise constitution , les ulcérations persistent, se multiplient et conduisent à une cachexie dont on ne guérit que difficilement.
Diagnostic. — Si l'on en croit quelques sy philographes et M. Cazenave en tête , la physionomie de l'éruption suffirait pour établir le diagnostic. Les antécédents , tels que les symptômes concomittants, les cicatrices ne seraient que des données accessoires et insuffisantes par elles-mêmes. C'est avec de telles inspirations que M. Cazenave est arrivé aux résultats suivants. Sur 108 observations il a constaté soixante cas de syphilides consécutives à la blennorrhagie et quarante-huit au chancre. Nous nous bornons à enregistrer ces faits sans réflexion.
On jugera, en les voyant , de la valeur des moyens de diagnostic préconisés par le médecin de l'hôpital Saint-Louis. Quant à nous , fidèles aux principes de M. Ricord , nous persistons à dire que la physionomie des syphilides n'est pas suffisante pour établir le diagnostic. Et dans tous les cas, nous joignons à l'étude du caractère des accidents présents, l'élude de la filiation des symptômes précédents et l'appréciation exacte de leur valeur.
ACCIDENTS SECONDAIRES, SYPHILinDES. 303
En présence d'une éruption , nous nous mettons en devoir de remonter à sa cause. Nous interrogeons le malade avec soin pour savoir si , à une époque plus ou moins éloignée , il n'a pas eu quelque accident de contagion. Après ces renseignements , nous cherchons, sur les différentes parties du corps qui ont pu être la porte d'entrée du virus , les traces de cicatrices récentes ou anciennes ; nous examinons les ganglions les plus rapprochés de la cicatrice, pourvoir s'ils ne sont pas le siège d'une adénite multiple et indolente. Portant ensuite la main derrière le cou et sur les apophyses mastoïdes, nous cherchons à constater si les ganglions de cette région ne sont pas engorgés , en un mot, s'il n'y a pas d'adénite secondaire. La présence d'une cicatrice plus ou moins large et unique , qui indique la suppuration d'un bubon successif, est pour nous un caractère négatif ; on sait en effet que le bubon virulent qui suppure fatalement est un signe de non -infection ; mais ce caractère n'est pas absolu , puisque les ganglions peuvent suppurer par le seul fait de l'inflammation , et qu'un bubon suppuré a pu précéder le chancre induré survenu après une contagion postérieure.
Ces renseignements , recueillis avec soin et appréciés à leur juste valeur , nous ont presque toujours permis de remonter, en passant par tous les accidents accomplis, jusqu'à l'accident primitif, et si tous les observateurs avaient suivi cette méthode, on n'en serait plus à prendre pour des syphilides, des lichens urtiés , et autres éruptions consécutives à l'administration des substances balsamiques pendant la blennorrhagie.
Causes adjuvantes des syphilides. — L'établissement de la diathèse suffit à lui seul pour l'apparition des manifestations , cependant on ne peut nier l'influence de certaines causes.
Ces causes se trouvent dans les conditions hygiéniques, les écarts de régime, les excès alcooliques, les saisons et les températures.
L'action de certains agents sur nos tissus joue aussi un rôle très-important dans le développement de quelques formes de la syphilis. Ainsi , la pipe favorise la manifestation des plaques