Marques de potiers d'étaîn. — Une industrie que
^ M. Léon Geooud indique en effet dans son étude parue dans le Village suisse que Tévêque de Genève avait ordonné en 1290 le poinçonnage des objets d'orfèvrerie, op. cit., p. 56.
• Fo 45 verso, du manuscrit 22 des Archives de Genève.
' Die Merkzeichen der Goldschmiede, par le Dr Marc Rosenberg. Francforl-s/M,, Keller, 1890. — Heyne, Les orfèvres bâlois dans VAnzeiger fâr Knnde der dentschen Vorseit, i883, p. 209 et s. — Godet, Les orfèvres nea-
l'on peut grouper avec celle de l'orfèvrerie, au point de vue des marques de fabricants est celle des étains qui eut en Suisse son heure de prospérité.
Cette fabrication remonte dans notre pays au XVP siècle et jouit jusqu'au siècle dernier d'un grand développement artistique. Tous les produits sont marqués avec des marques bien déterminées et beaucoup plus visibles que celles de l'orfèvrerie. La marque du fabricant est toujours accompagnée du poinçon de la ville. On sait que Genève fabriqua beaucoup d'étains aux XVIP et XVIIP siècles. Dans la Suisse allemande, les noms de Gaspar Enderlin à Baie au XVIP siècle et de Gloggner à Lucerne au XVIIP demeurent les noms les plus autorisés de cette industrie.
U n'existe malheureusement pas encore de travail sur les marques des potiers d'étain suisses, mais nous savons qu'un amateur a fait relever l'empreinte des marques qui figuraient sur les étains exposés dans le groupe de l'Art ancien à l'exposition nationale de Genève ; on peut espérer qu'il en fera l'objet d'une prochaine publication. On nous annonce d'autre part que M. le docteur Demiani de Leipzig doit publier un travail sur les marques des potiers d'étain bâlois, résultat de ses recherches au musée historique de Bâle.
23. Monogrammes des peintres-verriers. — L'industrie des peintres-verriers qui se développa en Suisse du XIIP au XVP siècle présente aussi un intéressant champ d'étude pour le sujet qui nous occupe.
Les maîtres peintres-verriers marquaient souvent leurs ouvrages d'une marque ou d'un monogramme, sans toutefois qu'il ait jamais existé d'obligation légale à cet égard; un très grand nombre de vitraux, et des plus anciens, ne por-
ehaieloÎM. — GuilUametp-Vaucher, Notice historique sur l'orfèvrerie à Genève, Imprimerie Privât, 1888. — On nous signale encore une étude de M. Max de Techtermann sur les Doreurs et Orfèvres fribourgeois, qui n'existe pour le moment qu'en manuscrit, mais qui paraîtra prochainement.
lent aucune indication permettant de discerner l'artiste qui les exécuta. Les auteurs du catalogue de Fart ancien de l'exposition nationale suisse à Zurich en 1 884 ont eu l'heureuse inspiration de reproduire les monogrammes des peintres-verriers qu'ils ont relevés sur les vitraux exposés. Ce sont le plus souvent des initiales entrelacées, auxquelles se joint parfois à titre d'indication de provenance la lettre initiale de la localité où le maître exerçait sa profession, avec la date de la fabrication. Pour beaucoup de ces monogrammes l'attribution de l'auteur n'est pas encore déterminée. Ils sont du reste difficiles à observer; exécutés en caractères minuscules, ils se dissimulent dans les contours du dessin et sous les brillantes couleurs de la peinture ^