II
jours, a donné à froid une solution d'un rouge assez pur.
70 grammes de graine humecté, avec 10 grammes d'eau et 5 grammes d'ammoniaque, abandonnée quatre jours à Tair et épuisée par Talcpol froid, ont fourni 11 grammes 21, de rouge, soit 16 p. 100 après Tévaporation de l'alcool.
Cette matière rouge est peu soluble dans l'eau et l'éther, soluble sans altération dans l'acide sulfurique concentré qui prend une couleur jaune-olive. L'acide acétique la dissout à froid sans l'altérer. Les carbonates alcalins en excès la font passer au brun sans la dissoudre ; l'ammoniaque précipite la matière colorante rouge et dissout le principe jaune qu'elle peut encore renfermer. A S0° le rouge de harmala devient brunâtre et à 100** il passe complètement au brim.
MM. Schlumberger et D. DoUfus ont essayé le pouvoir tinetorial du rouge de harmala en employant comme bain de teinture une solution alcoolique étendue d'eau. Les mordants d'alumine, de fer et d'étain n'absorbent pas de matière tinctoriale.
Le coton prend- peu de matière colorante et ne se teint qu'autant qu'il y a excès de ce principe : la nuance est d'autant plus belle qu'elle est plus claire; teint dans un bain riche, le coton offre une couleur lie de vin prononcée. Quand le bain est un peu chargé, au contraire, il prend une nuance d'un rose très-pur. Cette teinture peut se faire à froid, mais une température de 2S à 40° favorise la fixation ; de 80 à 100° les nuances deviennent ternes et brunâtres. La laine et la soie se teignent de la même manière que le coton et prennent des nuances qui diffèrent de celles de ce dernier tissu, en ce qu'elles peuvent devenir plus foncées sans se ternir ; la teinte varie d'un bel amaranthe au rouge-ponceau.
Les teintures dérivées du peganum harmala n'ont que très-peu de solidité ; elles passent à l'air et au savon avec la plus grande facilité. Les alcalis, l'ammoniaque, les carbonates alcahns les virent au brun.
En immergeant les fibres dans la solution alcoolique pure,
on observe que la soie et la laine se chargent de nuances ternes et jaunâtres dues à la fixation de la matière jaune que l'eau n'enlève plus. Le coton, au contraire, ne fixe que la matière colorante rouge; de simples lavages à l'eau enlèvent le jaune non fixé et laissent sur toile une couleur d'un rose pur. Les essais d'impression n'ont pas donné de résultats satisfaisants.
En résumé, le rouge de harmala n'a aucune chance de passer dans la pratique.
En indiquant les réactions colorées des alcaloïdes végétaux , notre but était de montrer que ces corps ont, comme l'aniline et la naphtylamine, une tendance à fournir des matières colorantes. Peut-être trouvera-t-on-un jour à tirer parti de l'un ou de l'autre de ces produits. Jusqu'à présent le prix trop élevé des alcaloïdes n'a pas permis d'y arriver.