II
sa» TRAITÉ DES MATltBBS COLORANTES.
en soluticms ; ils sont peu sokiMes dans l'eani* AJrnsi^te sel de potasse exige 100 {Htfties A*em. L'aciée sulf()]^Diciqiie.eo soltttioii, méoDoe étendue^ pvénpitey par ks sete de cbaux, de magnésie^ d'aimnine, defer^d'étainetâecuirre. Le» agents rédudleurS) eMorum stanneux^ albunnne, etc., le Aéosào^ rent ; le liquide reprend sa t^te primitive à l'air.
L'àcîde sulfuncpie concentré le transfbime en acide soifindîgotîque. Réciproquement Tacîde sulfindîgotîque, en contact avec de Tindigo, régénère Tacîde 'sfHlfopiirj[>urfqtte. Par une ébullitiour prolongée dang Teau, ou mîe«x dtens Feau acidulée, il se transfonne partiellement en bïeu. Avec une eau alcaHnisée chaude, il passe au bleu verdfttre. U résiste à froid aux alcalis, tandis que Tacide sulfindigotique passe au jaune.
Acide sulfindigotique. — C*H*AzÔ,Sd^ 11 représente le terme ultime de l'action de l'acide sulfurique sur l'indigotine. II est donc toujours facile de' Tobtenir d'une manière constante, en employant Tacide sulfurique^ â 66*, 15 h 20 parties, et en prolongeant assez la réaction qtie Ton peut favoriser par une légère élévation de température (40* à' 50*); ou mieux en faisant usage d'acide fumant de Nordhausen (6 à 8 parties).
Le liquide bleu (acide ordinaire) ou pourpre (acide fumant) est versé dans 30 à 40 fois son volume d'êau. L'acide sulfophénicique qui peut encore se trouver dans le mélange^ se précipite, et la liqueur filtrée, d'un bleu foncé très-intense, retient Tacide sulfindigotique et une certaine proportion d'acide hyposulfindigotîque.
Berzelius opère leur séparation, en les enlevant au bain au moyen de la laine.
La laine teinte em bleu est mise à, digérer dans une solution faible de carbonate d'ammoimque qui redissottt les deux acides colorants»
On évapore à sec, au bain**marie à SO"", on épuise te
r^idu par (fe rateodtàO^SS^quvâisBout TlsyposciUaiâ^ots^e d*MxxnioBÎdiquei.
La partie insoluble est redissoute dans Teau, précipitée parPacétâte dé plomb. Le salfliid%o€a!l!e d!e pfoniB est^déeon^sé, en suspensio» daiiis Teau, par* un* eeurant dliydTo^ gène suifurév Eto ffltraaill pour séparer le suTf wre de plomb, on obtient un liquide incolore qui s'oxyde à Fkîr et bfettit. Par réYapora*îoiï' à 50", Fâeide sulfeiffigotique reste sous fanse d*^ane» masse amorphe, bleae, hjgroscopîque, de saveur aeide et astringBfntë, à odeur spéciale agréable. Il est fgirt solmèk d«n& Fe«« et raloeMo^l.
Les sidfindigotates sont bleus en selùt}ûin<^ â reflet cniVré trtte-ppononoé à sec, anï«pph«s^;* oro les pr^re* parcombi^ naison directe ou par Faction deTacide sur un caribonate ou un acétate ; les sulând^1la1;e& pe» solubles ou insolubles peuvent encore s-'oètenir par dottbte décomposition. Les cicffiq)09é8^aIeaHns' sont M^petr selubtes^d^hs une eau ehargée d*iMi sel neoire sullalles, cMbirures de^potassîuittOTi desodium), ^ 8ep>Eédpi4;^eiiyt, sous fonne deflocoiis bleos', lorsqu'on ajoute un deees^ sete à- leur& dissolutions (voir carmrn d^indîge).
SuttfLndigoMe de'.pêtasse., Soluble dans 1!4()^ pantîea à%9MMf. Sutfindigotate. de: soude.. Un peu plus solubte. Sulfbidigotaie de baryte* Trè&-peu soluble à froii^ plus< sa-
lubie à cbauil.
StUfindigoMès de chaux, de magnésie, d'alumine. Fort soliibles. l&ultmd/l§Gtaie dèjfdJamb, Insolable.
Les agents rêduclefars a«ides (méittttge'de zinc et d'acides snlfiiriqiiie ou cblorhydrkjue, sel d'êtaiiî, acide îbdfcydrique, acida sulïhydrique (à 5Ô^X ™^ ®* ^l'cide suifûreirx, etc.) décolorent les solutions d'acide sulfindigotique. Les réducteurs alcalins rédiaisent les solîitionfi^de'SuIfiHdigotates avec la plus grande facilité. Le Kquide înealore repasse au bleu au con« taet de* l'air.
Aàek hyposuI/indiffQtique. On fe prépare en précipitant
par l'acétate de plomb la solution alcoolique du sel ammoniacal, et en décomposant le précipité par l'hydrogène sulfuré.
- Il ressemble beaucoup à l'acide sulfindigotique, et ne^s'en distingue réellement que par la solubilité des sels alcalins dans l'alcool à 0,83. Il n'a, du reste, qu'une faible importance pratique.
Berzelius et M. Gros-Renaud ont étudié les modifications des acides sulfoconjugués de l'indigo, sous l'influence des alcalis, ou des terres alcalines. Les résultats obtenus prou^ vent que ces produits bleus sont susceptibles de fournir des dérivés rouges, jaunes, verts et violets, teignant la laine sans mordant et dont l'histoire plus approfondie mériterait d'être reprise.
Voici en résumé les faits observés :
L'hyposulflndigotate de baryte, évaporé au bain-marie, devient vert. Le résidu, très-soluble dans l'eau et l'alcool, donne par le sous-acétate de plomb un précipité vert -grisâtre, d'où l'hydrogène sulfuré dégage un acide, dont les solutions sont vertes par réflexion et rouges par transparence, (acide sulfoviridique).
Le sulfindigotate de potasse chauffé en Vase clos avec 30 parties d'eau de chaux, donne uneliqueurpourpre. En précipitant l'excès de chaux par un courant d'acide carbonique, filtrant, évaporant à sec, lavant à l'alcool et reprenant par l'eau, on obtient une belle solution pourpre foncé qui, par l'acétate de plomb, donne un précipité rouge bruri. Celui-ci, décomposé par l'hydrogène sulfuré en présence de l'eau, donne, après séparation du sulfure, un liquide pourpre, laissant après évaporation une masse brune amorphe (acide sulfopurpurique).
Le sulfindigotate de potasse, traité par l'eau de chaux, en présence de l'air, passe au rouge, puis au jaune. En saturant la chaux par l'acide carbonique, au moment où le liquide est rouge, en filtrant et en évaporant à sec, on obtient
INDIGOTINE. 533
un résidu brun, d'où l'alcool à 0,82 extrait un composé jaune. Cette liqueur donne avec Tacétate de plomb un précipité jaune qui, décomposé par Thydrogène sulfuré, se réduit en sulfure et acide sulfoflavique jaune, cristallisable par l'évaporation de ses solutions.
Le résidu, qui a cédé à Talcool l'acide sulfoflavique, se dissout en rouge dans l'eau. La solution neçrécipite pas par l'acétate neutre, mais par l'acétate basique de plomb. Le précipité, décomposé par l'hydrogène sulfuré, fournit un acide rouge (sulforufique), insoluble dans l'alcool absolu, et un acide jaune rougeâtre, solubledans ce véhicule (acide sulfofulvique) ; tous deux sont amorphes, et solubles dans l'eau.
M. Gros-Renaud (i) a de son côté observé des faits analogues. Du carmin d'indigo (sulfindigotate de soude du commerce), délayé dans l'eau et additionné de soude caustique à 38*, donne une liqueur jaune avec un précipité noir, soluble en bleu dans l'eau pure.
Cette liqueur jaune se modifie progressivement, à mesure qu'on la conserve plus longtemps.
Saturé par un excès d'acide sulfurique à 66*, quelques heures après sa préparation, le liquide passe au bleu stable. Si l'addition d'acide sulfurique n'est faite que 24 heures après, la liqueur prend une teinte verte passant au vert rougefttre, puis au violet.
Au bout de 48 heures, la solution jaune, acidifiée 'fortement, devient rapidement d'un rouge très-intense, en traversant plusieurs teintes intermédiaires.
Le liquide rouge, incomplètement saturé par le carbonate de soude, teint directement la laine non mordancée, en nuances variant du rose à l'amarante foncé, suivant la concentration du bain, la durée de l'immersion et la température.
(1) Bulletin» de la Société industrielle, t. XXIV, p. 843
SI 4 TRAITÉ DES JfATrâRBS COLORANTES.
La solution (violette, fournie par ime mafeécâtHM de ai heures seideiBenl, ieint la lain^ en vMeL
La mflflièiFe rjsmge diffère <esâeiEtiellemeiDit (de l'aokle 9iâfé« fhéiaicjiqye ou sullbpurpurique.
Elle est beaucoup plus soluible dass J'eao, devient in^iiiédâatement jaune par l'addition d'iune*petîtie ^aniûbé de sKuade tflttstique, et repasse à TaimaraDite parr nentâralieation snlfn* ffique. .Elie ne piécipite pas par Vao&Me neutve de {diBid). La laine teinle en «aimaraisite , aivac ^le^ cède la matièiie rouge à J'aoide sulfurrque conoentiré; taiidis qtsi^ l'iadide .sulfopuppucîquie, àhé «ur laiite, donne, dans les mêmes oooditîions, une \liq<ueur bleue., Roân elle n'fôiige pas de virage alcalin, pour produire les nuances roses et .
£fi faisant agir la soude >cauBtique,'pefi(lantftfoiâ jours^^Ur <un mélange id<ftciâesfittlûndigotique«efc;fiulfopkéaiclqiie, on obtient, ipaff la suTsatuoatian avec racide:$uitfiirriqQeià.66% une liqueur rouge et un précipité b«in jawriâtre. «Geluinci, par «des lawages isuISsants et ira(^k>Drné69 donne <àes liqueurs qui produisent à h -teiatiure desnuances jftune clair leLjâm^ femé^ suivant que ie lavage >eet i^m on imâins &vanaeé.
.Jiusqu'à présent, itorufi les effosls itentés tlans le:biit de lé- ^éiiétner limdîgûiitte^ :aux •d^pensrde!ses'déirivéBrSulluri9iie&, ont échoué.
Aeiwn âm ohlortire <de b€9Azoile. — 'CUataolffée aiiec^u loftdoiiftire de <benao£le^ à 1 80% rl'ifi^gotifie se itramd&ipme, avec dégagement d'acide fiblonhydriquey, en «me mbâtanee ibrane, iutsiidki à 1A8% soluble idaos l'ailcaol et Tétber, .etfoffiraat la «smpœitioii^ rûuiigeitiine faeneaîqae.:
'C»H*(C'»H»G)Az0 (f).
Isaiine. — L'isatine est encore une matière colorée, inais
(l) Comptes rendus de f Académie, LVI, 1050. MM. A. SchwarU et Schatienberger.
IN01€OTW£. 5 35
«Ue ae pettt plus compter pan&i les praicbits tinctoriaux «tiieB; lunis a^en diiM}n$ donc qoe queues coots, eonmae ^'im -dérivé immédiat de rindigotine, lérmé^ daas qwlques a^Iications iadustrieiles de ce oorps (enlevages &sf fends jUeu6xuvés, par divers orydasits);
Sfle prend naissance, en général, sons rinfiueDce des oxydants, chlore et eau, acide azotique étendu, aciée «hromique, fisrricyanure de potassium et alcalis caustiques, etc.
On la prépare le mieux, en délayant 1 kilogramme d*itidigo daasreaa,âe manièiie à former uitebomUie, etea ajou- 'tairtpeu àpeu, pendaxrt que Ton chauffe, $00 à 7^0 grammes d'actde mtriqueordinaiPê. I/i»rsqcie la-couleurblema disparu, on ajoute beaucoup d'eau, on porte à rébuUîtion >et <m filtre à chaud. L'isaiâoe se sépare par le refrokliesement en croûtes brunes impures.
Pour séparer une substance résineuse demi-fluide, assez aboadaat^, iqui raoeompagw; oa difis^at le dépôt brut dans la âCRiddy on neutralise exactement par Tatide cblorhydrique et on filtre immédiatement. Dans ces conditions^ la résine se sépare entièrement, etil suffît d'aciduier davantage le liquide orangé filtré, pour voir Tisatine se séparer en cristauK d'un beau rouge orangé.
L'isatine est peu soluble dans Tean froide, plus soluble à chaud, soluble dans Talcool, Téther, la benzine.
Sa composition est représentée par la formule ;
CWAzO» = CWAzO + 0.
Isatine. Indij^otiue.
A froid, Thydrogène nrissant la transforme en un corps blanc très-peu soluble, l'isatyde, qui présente avec elle les mêmes rapports que Tindigo blanc avec Tindigotine.
2CWAzO« + H* =- C«H"Aa*0*.
Isatine. Isatyde.
Llsatine et Tisatyde chauffées à 130% en vase clos, avec de Tacide iodhydrique, ou de Teau et du biiodure de phosphore, se convertissent en un mélange de plusieurs produits insolubles, qui sont : Tun rouge (isatopurpurine), soluble dans Talcool et Téther; l'autre jaune (isatoflavine), insoluble dans Téther, soluble dans l'alcool ; le troisième vert foncé, insoluble dans l'alcool et l'éther.
Ces produits dérivent de l'isatine par élimination d'oxygène. Us peuvent être considérés comme des polymères de rindigotine avec plus ou moins d'oxygène en excès.
J'espérais arriver, par cette réaction, à reproduire Tindigotine, aux dépens de l'isatine, mais je n'ai pas observé trace de formation de ce produit.
La potasse convertit l'isatine en acide isatique :
C«H«AzO« 4- H«0 =« C»irAz08.
Le chlore, en présence de Teau, donne la chlorisatine, la bichlorisatine ; avec le brome, on a la mono-bromisatine et la bibromisatine.
L'isatine s'unit à l'ammoniaque, avec élimination d'eau, et fournit phisieurs dérivés.
Imésatine C«H«Az«0
Imasatine C^^H^^AzW
Acide isamique C^WAz^O*
Isamide C*«H**Az*0»
Isatimide C**H*AzW
En présence de la potasse ou de l'ammoniaque, Tacide sulfureux se combine à l'isatine pour former des composés particuliers, connus sous le nom d'isatosulûtes.
((?H»MAzO»,SO*).
L'isatyde et l'hydrogène sulfuré se combinentpour donner : 1" La sulfisatyde :
C"H"Az«0»S;
INUGOTINE. 587
2" La bisulflsatyde,
C*«H"Az«0«S^
(Le soufre remplace en partie^^l'oxygène de rîsatyde). Par Taction de la potasse caustique sur Tisatyde, M. Laurent a obtenu un corps rouge (indine) C**H*^Az^O* assez voisin de risato-purpurine, mais non identique avec elle. Une solution alcoolique de potasse convertit Tindine ou les sulfisiatydes en hydrindine C'*H**Az*0*, corps blanc ou jaune clair, et en flavindine, corps jaune.
Les produits, obtenus ainsi par Laurent, se rapprochent beaucoup de ceux que j'ai récemment préparés par la réduction de risatine par Tacide iodhydrique. M. Schlieper a pré- . paré Tacidé sulfisatique par Toxydation de Tacide sulfindigotique, et a démontré, en général, qu'aux dérivés sulfuriques de rindigotine, correspondent des combinaisons analogues pour risatine.
Histoire naturelle et préparation de l'indigo. — L'indigo est un produit d'origine végétale ; on considère aussi, comme de l'indigo, la matière bleue qui se développe dans certaines urines pathologiques ou dans les suppurations bleues.
Les plantes qui fournissent l'indigo sont assez nombreuses, et n'appartiennent pas toutes à la môme famille. Aucune d'elles ne contient la matière colorante toute formée. C'est aux dépens d'un principe spécial, incolore, dont nous parlerons plus loin, et sous l'influence d*une espèce de fermentation, que rindigotine prend naissance.
Plantes à indigotine, — Les plus importantes appartiennent à la famille des légumineuses et au genre indigofera.
Indigo fera et produits dérivés. — Les espèces cultivées et les plus estimées sont :
h* Indigofera tinctùria ;V Indigofera disperma; Y Indigo^ fera anil; Y Indigofera argentea.
Parmi les espèces moins fréquemment exploitées, nous
6B« TRAITÉ DES ll4traiME6 COLORANTES.
avons les Indigaferapseudotinctoria^ kirsuta^ sericea, cytisoldes^ angustifolia^ trifoUata^ glabra^ glauca^ etc. *
Caractères botaniques. — Calice quinquéfide et ouvert, étendard ou pétale supérieur arrondi et recourbé. Carène éperonnée des deux côtés • une étamine libre ; style lisse ; gousse étroite, renfermant beaucoup de graines ovales.
Plantes herbacées ou à tige ligneuse, peu élevée et rameuse dès la base ; feuilles simples ou pennées ; fleurs petites, réunies en grappes naissant à Taifisalle des feuilles^ colorées en rouge, Weu ou blanc.
Indigofera tinctoria, — Tige unique, demi-ligneuse et lisse, droite, cylindrique, de la grosseur d'un doigt, d'une hauteur de
1 mètre à \ mètr^ et demi, se ramifiant/à la partie supérieurp; feuilles bïpennées "à 6 où 8 paires, avec une feuille impaire à l'extrémité, ovales, allongées et lisses ; fleurs en grappes plus courtes que les feuilles, roses j gousses cylindriques^ bosselées, de
2 centimètres^ environ, de long et de 2 à 13 millimètres de diamètre, noires et groupées ensemble ^'une manière assez serrée; semences noir verdâ-
tre, de la grosseur d'un gr^aiil de poîVre, ayant la forme d'un tambour.
La racine se développe et s'étend beaucoup, La plante répand une odeur assez forte vers le soir, dans les champs où on la cultive. Les feuilles ont Un goût désagréable et se putréfient rapidement dans l'eau.
La plante «stioriginaire du royaume de Cambaja ou Guzerat, mais elle se cultive dans l'Indoustaii, ht Chine, rUe de Java, en général dans les Indee orientales. Les Espagnols l'ont transportée dans l'Amérique du Sud et aux Iodes ôceidei»tales«
Fig.B.
Blte pBvâ; éUne at^imatée tdanstous lesipap dti&Hds^
iïindiyrofera urgûnùea iOu indigotiar d'Égype^ a des feuilles ManoheB cooveittes/d'un.iSuvet, réioaiJieB par mm tan âeux paipes seiilemBiït, ^gausses iaplsfilâes à ideuxou gioatre semences. On le^ciihiveen âgypteietei Aicaibie«
'}iomr mB donnemns ipas de descriptiosL :spédiale 4es autres espèces^' ^ui 'se papproehent rleutes, :pltss . ou moins, des deux^précédentes, let flant rimpaiitanireiefiti!D«)mda?e«lieB^caraotàFesigsènémuK du Jganre Indif&fèra mjÈHmùni pounetles.
Affix Iwd<e&,>la<oulitaTeidBrind%0tier sei£ait par âesuiis dans une terre bien labourée, argîlo-siliceuse. On sème soit a» -printemps^ soit en ^utorane^ suivant Tespèce de i^nte^ les .unes pomsant plus leiaiteoxrent, et^yantJsesoin de rester plus ionglienips en>terne 'que d'iiulires. La onatiipre du terrain et ia ^ositÂGoa par rappoil; anse dwièces iis^hienl; aussi sur Fépdque de la mise en terre des graines. Dans les terres basses, sujettes A inondations, rindigodoitétffe prêta être coupé au momeTKtdes «raes et ides inonâaticns, qui détniiraieat la xéo0lte en très^^peu de lemps. ^Ciest du reste à Tépoque des ^pkûes^tque le fabricaMdisposeid'assezid'eau,>pouroomiDen- -eerisen >t»ayaâl et quïl convient detcommenfcer la eonpe. •C'est (àmcisuivant l'élévatîoQ du )leri>adn et le danger qu'il «oeurt iâ'ètre incndê^ cga'à feutiréglerleiaKOBiKent rà Tonpoiurra <£oniperila planlie. Les parties les ^ilus élevées sont enseoœn- ^ées pluBÎeurps semâmes après les premaières.
Les Chinois trefôqueiat les jeuaives 'planl^ fA les disposent
^^m Tamgées pavailèles, ^en tenant toujours le terrain bien net
ide parasites. En enlevaint les bourgeons ibraxuc iavaoït laar
déittlappement, «en augmente ikiroissamce das feuilles, «t
partant le rendement en indigo, car c'est dans les ^feuilles
^e se trouve surtout la3naâèFe^o0lo(ri^te.
' Oans certaines localités, mi casse kis feuiites qui^nfl; ao-
jquis uneteinte vert 'bleu ; mads le plus sowvei^^ tm œupe }a
planleeurtière, à ras de terre, aiux mois de jirin<0u de juillet,
alors que les il^ors commencent à s'ouvrir^ Ce qui reste xe-
pousse assez rapidement, et peut fournir une seconde et même une troisième, plus rarement une quatrième coupe. La qualité du produit diminue avec le numéro de la récolte.
La plante appelée Nil^ une fois coupée à la faucille et réunie en paquets, est mise en travail le soir iiième.
Le paquet est formé par le produit d'un espace de terre embrassé par une chaîne de 2,75 mètres de long. La valeur de la matière première change avec la nature du terrain. Ainsi Tun produit une plante qui a beaucoup de tiges et peu de feuilles, un autre donne au contraire beaucoup de feuilles et peu de tiges.
La richesse en matière colorante dépend de la quantité de feuilles, mais elle peut aussi varier, à poids égaux de feuilles, suivant une foule de circonstances atmosphériques et autres.
On donne le nom àUndigoteries ou factories^ aux fabriques d'indigo de rinde (bas Bengale).
M. A. Koechlin-Schwartz (i) a publié d'intéressantes données sur la préparation de l'indigo dans le bas Bengale.
Dans ce pays, qui fournit d'excellent indigo, la faciory renferme, outre les filtres, -des presses, une chaudière, un séchoir et des réservoirs d'eau, deux rangées superposées, de 15 à 20 cuves chacune. Ces cuves sont en maçonnerie, murées en briques et recouvertes d'une forte couche de stuc, très-solide et très-bien fait ; elles sont carrées, de 6 mètres à 6,5 mètres de côté,sur 90 centimètres àl mètre de profondeur. La rangée de derrière est de 90 centimètres environ au-dessus de celle de devant. C'est dans la rangée supérieure que Ton fait fermenter la plante. Quand cette opération est terminée, on ouvre un robinet, et le liquide coule dans la cuve inférieure.
L'eau du Gange, relativement pure et par cela même trèspropre au travail, arrive par une prise d'eau dans des bassins de dépôt, où elle se clarifie, et est de là distribuée par un canal commun aux cuves de la rangée supérieure.
(!) Bulletins de la Société industrielle, U XXVin,p. 30T.
INDIGOTUIE. 541
La plante, coupée le matin et liée en paquets, arrive Faprès* midi à Tindigoterie, et le soir on charge les cuves. Une cuve contient 100 paquets, bien rangés les uns à côté des autres; par-dessus on met de grandes traverses en bois, qu'on presse sur la plante, au moyen de gros coins. Il faut que la plante soit très-serrée, sans quoi la fermentation ne marche pas bien. A la nuit tombante, on ouvre une vanne qui permet à Teau de s'introduire dans les cuves et de les remplir, jusqu'à submersion complète de la plante.
La fermentation est plus ou moins longue, suivant la tem*pérature. Sa durée varie de 9 à 14 heures. On juge de la marche de l'opération, en soutirant un peu de liquide dans la cuve inférieure. S'il est jaune-paille clair, au moment de la sortie, il fournira un produit moins abondant, mais plus pur, que s'il est jaune d'or trouble.
Au moment de sa sortie de la cuve de fermentation, le liquide est jaune plus o\i moins foncé. On laisse reposer quelques instants, et douze hommes nus, armés de longs bambous, entrent dans la cuve pour battre l'eau, pendant qu'elle est encore chaude. Pendant ce temps, on vide la cuve supérieure, et on la nettoie pour l'opération suivante. Une cuve exige 17 ouvriers (12 hommes et 5 femmes). On bat l'eau pendant 2 à 3 heures. Le liquide passe peu à peu au vert pâle, et l'indigo se trouve en suspension sous forme de petits flocons. On laisse reposer une demi-heure, puis on décante peu à peu, en ôtant les uns après les autres les bouchons placés à différentes hauteurs. L'eau retourne à la rivière, et le précipité, sous forme d'une bouillie assez mince, se rend par une rigole dans une fosse.
Au moyen d'une pompe à bras, on monte cette bouillie et on la fait cuire pendant un moment, pour éviter, une seconde fermentation, qui g&terait la qualité du produit, en le rendant noir.
On laisse reposer 20 heures environ, le lendemain matin on recommence à cuire et on maintient l'ébuUition pendant
54 9r TRAITÉ DES llfllK9nftRB8 COLORANTES.
3 à 4 hecrrf?. Di»^ Ih &ahii cculi^r le dëpM: botnllaut sur un grandâltre-où'il s*égooaie« ËèilIlïetse^GonifAiseid'tiiie'oiiw m- maçoni^rie, recouVéïDerdlestlae;, de & mètres à^6,5^ mètres* de long, sur 2 lâèti^es^ dé> Isirge eV 90( c^ntimëC^es dé> profendeur. Oh la c<?yuvrediB bambou»isurlfesquel&o»éftate(fes^ nattes- de jon«s serrées, e€ enfin wae'gvandfe tofle fbrte* et tendue.
Blveste^ sur celte^ei, u^e^pâK^ épaisse, bleu fbn^éf, prKRsque* \ noire. L*eau qui a cowTé- dans te cuve, dépose de rmdRgty passé à travers lefitHre ; (m> dé^ant^ appès repos, ef ta partie trouble est cuite te lendemain avec de Findîgo fpaîs*
Ler pâlde' duâlttretesl} introduite dtoô de petits caisses ea beis, solides, percées dé ti-ous et garnies en d^^dhns^ d'une toile de* coton trës'-'fèrte*. On recouvre d^un morcean d'éKoffe, puis d'un couvercle en bois, percé» de petits trous, et oa soumet à Fîaelfofl d^oae presse h vis, en serrant peu à peu, pour faire écouter le pks d'eau pessiMev
Ot¥ retire* de la^ bçtte mt pain^ ayant la' diiaemsiOTi d'Un pain de savon bïânc dfe» Marseille. Fieaa expriméie' rentre dans ïa ewve à fflft*e pouir être cui^e avec de Tindigo^ frais; La dessiceatlN^ des pains demande à; Mre faite* feiFtëment.
Le séchoîr estuttgrandf bfttîcœenl en^inaçonnerie, assez" Mèvé, percé de beaucoup dWverlîares« garnies de jaibusîes serrées, pour empêcberla lumière dSrecte-du» soleil dis pénétrer dans l'întêpîeur; On? a mëme^ soif» de rentourear de grands arbres touffiis.
Un pain met de trois à cinq jours à sécher;* après* quoi on tes embaWte dans de petites caisses^ e! on les envoie à Calcutta, qui est le grand marché àSi Bengale.
Fne euvedonne 1 8 à25 kilùgrammes (^îiMKge, si îa pfonte est récoltée sur un terrain ffalluvion, et Ifr à 32 si eHe provient d'un terrain glaiseuse, mais dans ce cas le produit es! moins estimé.
La plawte fermentée ne sert plus que commeengraîs ; die reprendrait racine si on la replantait, mais elte ne doime-^
moiGOTma. sas*
Fait phis que des^ prodirit& de qpiialhés mfiimureft et dont la Yaleur ne oouvnrait |ms les frais.
Les détails que nous venons èà donzier s^applifuent aux âibriques diogées par des planteurs europëens». Lesi indigènes opèrent à peu près de mèrae» mata tvee beatteoup moins de soins ; aussi leurs produits sont41s de qualités bien inférienireâ.
Le produit moyen de la pfésidepce du Bengale est d'en* viron 4000000 de kilogrammes par an.
D'après. Twisft(l), on sicbedans. cette loealité les feuilles d*indigatier an soleil; puis on les &it macéjrer pendant quatre à cinq jouis dmisi des cuyea a;Tee de L'eau pure, ea lemoant dé temps à aùtjre.
Au bout de ce temps, oik soutire le lîfuide^ on. laisse déposer, et la bouiUie passée h travers une toile grosr* sière, puis filtrée^ est sécliée an soleil (2). Ordinairement les paysans mélangeiit ta pAte pure airec des terres de couleur bleue.
Les Chinois, qui traitent la plante eotiàre, ajoutent une certaine q^nantitè de chaux éteinte en pmdre, au liquide de la macération,, et favorisent aîosi le (Ûpôt. Suivaait cet tains auteurs, ils sécheraient égalemienA an soleil (3). il y a dans ks provinces méridkniailes de la Chine, des cultures à'Indi^ ^/i?ra très-étendues, surtocit dans les Kouang^si^ le KouangtoungetleFo-Kien.
Théorie de la faôrieatitm de Vindigo. — Quels sont les
( 1 \ Deseriptio Guzeratcei,
(2) Je ne sais si cette indication qae Ton retrouve dans plusienrs ou- Trages, et Botammenl d&ilS' Oenrbfai^, est erronée et dërive de fiiux rensei* gnemeots, to«]«wfr» eftà-ii qsk*f^ eat en contradiction complète av«c la description authentique du procédé sHi?i au bas Bengale. M. A. Kœchlin- Schwartz, qui raconte ce qu^I a vu lors d'on séjour dlo quelques semâmes dans une des meilleures indfgetcriea, recammande fomefteneit laâcsskca* tien à rombce. Dans tous, les cas, r action du soleil no peut qu'akérer le produit.
(3) Sloane, Trew Ehret, Gœrtner, Laroark , Technologies. Voir encore Plagne {Annales maritimes, 1836). — Vilmorin, Journal d'agricuiinre pratique, I, 449. — Hervy, Journal de pliarmaeie, XXVI, 290.
phénomènes chimiques qui se passent pendant la fermentation de la plante ? Sous quelles influences et aux dépens de quels corps Tindigo se développe-t-il ?
Jusqu'à présent^ aucun chimiste n'a étudié la plante fraîche, et suivi avec attention les phases de l'opération faite en grand. Ce n'est que par induction et par analogie avec ce que l'on a observé sur d'autres plantes à indigo de nos pays, que l'on peut donner une explication probable mais non certaine.
L'idée la plus prochaine serait de supposer, dans les feuilles de V Indigo fer a jIb. présence d'indigotine hydrogénée, qu'une fermentation particulière dégagerait des tissus végétaux, en lui permettant de se dissoudre. L'agitation dans la seconde cuve, au contact de Tair, aurait alors pour but de déterminer l'oxydation de l'indigo blanc. Cette interprétation, qui semble fondée sur les propriétés chimiques bien connues de l'indigo, rencontre cependant une objection sérieuse. Le liquide jaune, qui s'écoule des cuves de fermentation, a une réaction manifestemenLacide ; d'un autre côté, nous savons que l'indigo blanc est insoluble dans un semblable véhicule, et ne se dissout qu'à 4a faveur des bases alcalines ou alcalino-terreuses.
A moins d'admettre, par conséquent, l'existence d'un principe inconnu, capable de maintenir l'indigo blanc en solution, jusqu'à ce qu'il ait subi une oxydation à l'air, on ne comprendrait pas la possibilité de l'existence de l'indigotine hydrogénée dans la plante. M. Schunck a retiré de Vlsatis tinctoria^ un principe très-soluble dans l'eau et l'alcool, espèce deglucoside, susceptible de se dédoubler sous l'influence des acides étendus, des alcalis et même spontanément, pendant l'évaporation de ses solutions, en une espèce de sucre (indiglucine) et en indigotine.
11 donne à ce produit le nom d'indican, en lui attribuant la formule
1NDI60TINE. 5 45
On a en effet :
C«H»*AzO" 4- 2HH) := C^H^AzO + 3(C«H*W)
Indican. IndigoUne. Indiglucine.
Il est très-possible que cet indican existe, non-seulement dans V Isatis tinctoria^ mais encore dans les indigofera et en général dans toutes les plantes à indigo. *
La fennentation commencée dans les cuves à macération où rindican se dissout, continuerait dans les cuves à agitation, favorisée par l'accès de Tair, et elle aurait pour résultat de déterminer le dédoublement du glucoside. Cette interprétation semble la mieux fondée. Il se forme en même temps d'autres produits, bruns, jaunes, rouges, qui restent mélangés à l'indigo. Les différentes espèces du genre Indigofera servent presque seules à la préparation de l'indigo, en raison de leur plus grande richesse en matière colorante. Les autres plantes, susceptibles de fournir de l'indigotine, sont plus souvent utilisées directement dans la teinture en bleu, que traitées pour indigo.
Les plus importantes sont :
Le pastel ou Isatis tinctoria;
Le Polygonum tinctorium ou renouée des teinturiers ;
Le Neriùm tinctorium ou laurier-rose des teinturiers.
Citons encore : VAsclepias tingens (famille des asclépiadées), VEupatorium tinctorium (composées), le Galega tinctoria (légumineuses) ; plusieurs espèces d'orchidées , dont la section fraîche se colore en bleu au contact de l'air [Limodorum veratrifolium ^ Tankervillia cantonensis)^ le Marsdenia tinctoria ;\e Spilanthus tinctorius.
Le pastel^ vouède^ Isatis tinctoria^ est une plante de la famille des crucifères. Elle est biennale. La racine est ligneuse.
Tige lisse et squammeuse, de i mètre environ de hauteur et de 1 centimètre de diamètre.