MATIERES COLORANTES OU ROCOU
Applications. — Le rocou sert à la teinture et à l’impression des tissus, pour colorer les huiles, les graisses, le beurre, le fromage, les vernis et le cirage. Les sauvages de l'Amérique l’emploient pour s’en frotter le corps et pour teindre.
Les nuances rocou sont belles et vives, elles résistent bien aux acides et au savon. Le chlore n’a pas beaucoup d’action sur elles, mais elles sont très-peu solides à l’air et à la lumière.
Employé seul, il donne des nuances aurore ou orangé; on l’utilise quelquefois pour rehausser d’autres couleurs (rouge, jaune, orangé, ponceau).
Pour teindre le coton avec cette matière -colorante, on commence par la dissoudre dans le carbonate de potasse ou de soude. Le bain est porté à l’ébullition ou à 60°, et l’on y maintient le tissu ou les écheveaux pendant un quart d’heure, on exprime et on lave à l’eau légèrement acidulée.
On arrive à de meilleurs résultats en opérant avec du tissu stannaté et passé en sumac, et en neutralisant le bain alcalin par l’acide sulfurique, de façon que la matière colorante, sans être précipitée, soit prête à céder à la moindre attraction émanée de la fibre, et à abandonner son dissolvant.
Le rocou peut être fixé par impression.
La dissolution alcaline, dans la potasse caustique, est imprimée, le tissu est exposé à l’air, puis passé eu acide faible, ou dans un bain faible d’alun ou de chlorure stannique.
Pour couleur vapeur, on peut se servir de la préparation suivante ou de toute autre analogue.
Lessive de soude caustique à 12°. S litres. 0 litres.
Rocou en pâle 750 grammes. 5 kilogr.
Cuire pendant 10 minutes et ajouter :
Acide tartrique 90 grammes. 70 grammes.
Alun 350 — 1 kilogr.
Cette préparation s’épaissit à la gomme ou à l’eau de farine. On imprime, on vaporise et on lave.
La soie se teint sans mordant, dans un bain chaud à 50°, monté avec parties égales de rocou et de cristaux de soude, ou de cristaux de soude et de savon ; après l’y avoir manœuvrée un quart d’heure, la teinte aurore est virée à l’orangé par un passage en jus de citron ou acide tartrique.
MATIÈRES COLORANTES VERTES
Vert de Chine. Lo-kao (1).
En 1 848, M. Daniel Kœchlin Schouch signala, dans une toile de coton chinoise, une nouvelle matière colorante verte, ayant servi à teindre des fonds verts, d’une nature toute particulière et inconnue en Europe (2).
M. Persoz, ayant examiné un échantillon de cette toile qui lui avait été remise par M. Kœchlin, arrive aux mêmes conclusions. Il reconnaît que la couleur est d’origine organique, et qu’elle diffère de toutes celles connues en Europe.
Le premier échantillon de matière colorante, venu en Eu-
(1) THngler’s Polytechn. Journ., CXXVI, 238 ; CXLVI, CXLIX, 140; CLXV, 397. — Comptes rendus de l’Acarlémie des sciences , XXXV, 558. — Bulletins de la Société d’encouragement , L1V, 415 ; LV, 299. — Répertoire de chimie appliquée , I, 1 1, 75, 78, 370; II, 53 ; IV, 405. — Buchner' s Repertorium, VIII, 69. - — Bulletins de la Société industrielle de Mu/h., XXV, 96. — Notice du vert de Chine et de la teinture en vert chez les Chinois , par M. Natalis Rondot, suivie d’une Étude des propriétés chimiques et tinctoriales du lo- Itao, par M. J. Persoz et de Recherches sur la matière colorante des nerpruns indigènes , par M. A. -F. Michel. Paris, chez Lahureet Cie, 1858.
(2) Lettre de la chambre de commerce de Mulhouse à M. le ministre du commerce, le 27 avril 1850.
MATIÈRES COLORANTES VERTES