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rope, a été expédié à M. Persoz par M. Forfaes, consul des États-Unis à Canton.
Bientôt, l’attention des teinturiers de Lyon et des Pays- Bas étant fixée sur ce nouveau produit, on ne tarda pas à en recevoir des quantités assez considérables, au prix de 533 francs le kilogramme.
Propriétés physiques (1).
Il est expédié sous forme de lames minces, voilées, de (P, 001 à 0“,004 d’épaisseur, et de 0m,02 à 0m,05 de côté. Elles sont bleues, avec reflets violacés ou verts, fragiles et difficiles à pulvériser, faisant pâte sous le pilon.
Propriétés chimiques.
Le lo-kao ou vert de Chine renferme de 21,5 à 33 p. 100 de cendres, composées en grande partie d’oxyde de fer, de chaux et d’alumine, 9,3 d’eau et 61,9 de matière colorante.
Il se décompose par la chaleur sans donner de sublimé.
L’alcool, l’éther, l’esprit de bois, le sulfure de carbone, sont sans action.
L’eau ne le dissout que partiellement, ou pas du tout, suivant la proportion de substances minérales qu’il contient. Dans tous les cas, il s’y gonfle et s’y délaye.
Action des acides. — L’acide acétique, les acides chlorhydrique, sulfurique, tartrique, étendus et froids, favorisent sa dissolution.
Sous l’influence de la chaleur, les acides énergiques font passer au brun-olive les dissolutions de lo-kao, en même temps qu’il se forme un dépôt gris de fer ; le liquide surnageant est alors jaune, et vire à l’orangé par les alcalis. L’acide sulfurique concentré le dissout en brun vineux.
Action des alcalis et des carbonates alcalins. — Les alcalis
(1) D’après M. Persoz, voir la Notice de M. Natalis Rondot.
favorisent d’abord la dissolution de la matière verte; mais, par un contact prolongé ou, plus rapidement, par l'ébullition, la couleur passe subitement au brun, en formant une nouvelle matière colorante, qu’on ne peut plus ramener au vert et qui se fixe sur coton mordancé. Les carbonates alcalins détruisent de même la couleur verte, si l’on opère à une pression de deux ou trois atmosphères.
Agents réducteurs. — Les acides réducteurs, tels que : phosphatique, arsénieux, hyposulfureux, oxalique, formique, altèrent les solutions de lo-kao, en donnant lieu à la formation d’un précipité pourpre violacé. L’acide sulfhydrique lui donne une couleur rouge sanguine intense. Sous l’influence de l’air, le liquide revient au vert primitif, en passant par une série de nuances intermédiaires.
Le sulfure ammonique réduit et dissout énergiquement le lo-kao. Le chlorure stanneux acide le dissout en fortes proportions et fait passer sa couleur au rouge sanguin. Cette dissolution n’a besoin que d’être saturée par une base puissante ou par un acétate alcalin, pour qu’après une expositition à l’air, le vert se trouve régénéré.
Agents oxydants. — Les acides oxydants (nitrique, chlorique, iodique, chromique, etc.) détruisent le vert de Chine. Le liquide passe par une série de teintes intermédiaires, jusqu’au rouge ou au rose.
Le rouge, ainsi formé par oxydation, n’est pas le même que celui que donnent les réducteurs ; car il ne peut plus régénérer le vert comme ce dernier.
Sels. — Un certain nombre de sels, phosphates, pyrophosphates, borates, margarates, oléates, stéarates alcalins, favorisent la dissolution du lo-kao. Les sels de zinc et de magnésium font passer au bleu pur la couleur verte de ce produit.
Le nitrate d’argent, le cyanure rouge, en présence d’un alcali, oxydent la matière colorante.
Celle-ci possède, à l’égard de certains oxydes métalliques
MATIÈRES COLORANTES VERTES
(chaux, oxyde de fer, etc.), un tel pouvoir masquant, que l’on n’arrive à déceler leur présence qu’en détruisant la matière organique par l’incinération.
M. Persoz considère le lo-kao comme une laque calcaire, magnésienne et ferrugineuse, mélangée à du phosphate d’alumine, partiellement soluble dans l’eau. Il donne le nom de cyanine à la matière colorante pure, débarrassée, par un traitement convenable, des substances minérales qui l’accompagnent. Ce principe est bleu et ne contient pas d’azote.
M. Persoz propose de purifier la laque commerciale, avant, de l’employer, par l’un des deux procédés suivants :
1° On dissout le lo-kao dans une solution saturée de carbonate de potasse. On laisse éclaircir, et l’on ajoute de l’eau à la partie limpide. Au bout d’un certain temps, il se forme un précipité vert qui, lavé et égoutté, peut être employé avec succès à la teinture et à l’impression.
2° Le lokao gonflé à l’eau est broyé avec une fois et demi son poids d’acide acétique. On étend de cinq parties d’eau, on filtre et on ajoute de l’ammoniaque qui précipite une laque plus riche que le produit primitif.
On peut préparer une laque alumineuse en précipitant, par un carbonate alcalin, une solution de lo-kao additionnée d'alun ; ou bien en ajoutant un sel d’alumine à une solution de lo-kao dans le carbonate de soude.
Ou bien encore, en chauffant une solution alunée rendue basique par l’un des moyens connus.
Le chlorure double d’étain (maximum) et d’ammoniaque donne avec une solution aqueuse ou acétique de lo-kao un beau précipité bleu, si l’on a soin d’ajouter de l’acétate de soude.
Le précipité pourpre violacé, obtenu par l’action des acides réducteurs (arsénieux, formique, etc.), se dissout dans l'acétate de chaux, et la dissolution dépose, au bout d’un certain temps, une poudre bleu foncé, virant au \iolct.
Origine et préparation du lo Icao en Chine . — 11 résulte
de renseignements fournis sur les lieux mêmes de la fabrication, et recueillis par le P. Hélot, MM. Montigny, Edan, Arnaudtizon, Fortune, Rémi, Edkins, etc., et des études botaniques faites par M. Decaisne, d’après des dessins et des échantillons envoyés, que le lo-kao exige, pour sa préparation, le concours de deux plantes ; l’une est le rhamnus utilis ou hong-pi-lo-chou ; l’autre le Rhamnus chlorophorus ou pé-pi-lo-chou. De ces deux variétés de nerpruns, l’une serait cultivée et l’autre sauvage; mais on n’est pas d’accord pour savoir laquelle des deux est cultivée. Le hong-pi-lo-chou ou hom-bi-lo-za donnerait une teinte plus forte et plus ferme, mais sans lustre ni reflet, tandis que le pé-pi-lo-chou ou pabi-lo-za donne une teinte faible, mais d’un reflet magnifique.
On trouvera dans la notice citée de M. Natalis Rondot deux dessins représentant, en grandeur naturelle, les rameaux des rhamnus utilis et chlorophorus , ainsi qu’un tissu chinois teint en vert de nerprun.
Pour faire comprendre la préparation du lo-kao, nous devons d’abord dire comment on pratique, en Chine, la teinture de la toile au moyen des nerpruns. C’est,, en effet, en détachant mécaniquement l’excès, la surcharge de matière colorante fixée, que l’on obtient la substance.
Procédé usité à A-zé , d'après le P. Hélot.
L’écorce fraîche de hong-pi-lo-chou, d’abord bouillie, reste infusée pendant deux jours ; l’infusion de l’écorce fraîche de pé-pi-lo-chou dure dix jours. On opère avec deux bains séparés, on ajoute de l’eau de chaux à l’un et à l'autre. On plonge les toiles sept à dix fois dans le bain de hong-pi, ensuite trois fois dans celui de pé-pi ; on fait sécher après chaque immersion. On étend la toile à la tombée de la nuit, mais l’action du soleil est indispensable. La toile n’est teinte que du côté qui a été exposé au soleil. Ce qu'il y a de remar-
MATIÈRES COLORANTES VERTES
quable, en effet, dans les toiles teintes en Chine, c’est qu’elles offrent un endroit d’un vert intense et un côté opposé trèsfaiblement coloré.
Cette apparence était de nature à dérouter même des observateurs aussi perspicaces et aussi habiles que M. Persoz.
« Les Chinois, dit-il, font croire au P. Hélot que c’est par de nombreuses immersions dans les infusions d’écorces qu’on parvient à teindre le calicot en vert. Or. tous les spécimens ont un endroit et un envers, caractères qui démontrent clairement que la couleur a été déposée d’un seul côté, soit par le couteau, soit par la brosse ou tout autre moyen mécanique. »
Et plus loin : « 11 suffit d’exposer ces calicots verts au soleil pour se convaincre, par l’altération qui se manifeste dans la couleur, qu’elle n’a pu être formée et fixée dans de pareilles conditions. » Nous verrons, tout à l’heure, que les travaux de M. Michel sur les nerpruns indigènes, expliquent parfaitement ce que les donnéesdu P. Hélot semblaient offrir d’extraordinaire et de contradictoire avec les faits observés.
Quoi qu’il en soit, une toile de coton, ayant été teinte par une série d'immersions dans les infusions d’écorce et séchée sans avoir été passée à l’eau claire, on la plonge et on l’agite à plusieurs reprises dans l’eau froide.
Les eaux de lavage sont réunies dans une chaudière. Un étend un lit de fils de coton à la surface de l’eau, et l’on porte à l’ébullition. Durant l’ébullition, la matière colorante en suspension se dépose sur les fils. On continue, en mettant dans la chaudière de nouvelle eau de lavage, jusqu’à ce que les fils soient suffisamment chargés. On les lave alors dans l’eau claire et froide, en les frottant dans les mains. Le lo-kao se détache et se précipite. Le précipité bien lavé, et à l’état de pâte très-fine, est étendu sur une feuille de papier tin qui repose sur de la cendre; on le fait sécher d’abord à l’ombre, puis au soleil. La couche de lo-kao se détache du papier, se bossue en séchant, et se brise en petites lames ir-
5üfi TRAITÉ DES MATIÈRES COLORANTES.
régulières, minces, légères, dures, ayant un beau reflet.
Il faut, généralement, un lit de fils de coton du poids de 3k,620, pour épuiser les eaux de lavage de 300 pièces de toile. Quarante pièces donnent 37gr,8 de lo-kao. Chaque kilogramme représente 1060 pièces de toile teinte. On comprend, d’après cela, le prix élevé de ce produit. En effet, suivant le P. Hélot, les cinq fabriques d’A-Zé n’ont pu arriver à livrer ensemble plus de 18 à 24 kilogrammes par an.
M. Michel de Lyon a appliqué le procédé chinois décrit par le P. Hélot, en se servant de l’écorce de nerpruns indigènes. C’est le nerprun purgatif ou catharticus qui lui a donné les meilleurs résultats. Par des immersions successives dans une infusion d’écorce, suivies d’une exposition sur pré pendant la nuit et une partie de la matinée, jusqu’à ce que l’étoffe ait été sèche, il est arrivé à réaliser une nuance violetée assez intense qui passe au vert dans une dissolution bouillante et faible d’alun. Ce bain dissout le jaune et le fauve qui altéraient la nuance. Le vert ainsi formé, sans jouir de l’éclat et de l’intensité de ceux teints. en Chine, en offre cependant toutes les réactions. Il n’est donc pas possible de nier la similitude ou plutôt l’identité de ces deux couleurs. Ce qui les rapproche encore, c’est le caractère commun aux deux tissus de présenter un envers peu coloré.
Les étoffes teintes par M. Michel ne l’étaient que du côté exposé à la lumière diffuse.
Il existe donc dans ces nerpruns une substance, non encore isolée, incolore et jouissant de la remarquable propriété de se colorer en vert, sous l’influence de la lumière blanche du ciel.
Il est inutile de dire que ce phénomème industriel rappelle les colorations vertes des plantes elles-mêmes. Tout le monde sait, en effet, que les bourgeons formés dans l’obscurité d’une cave, sont blancs et se colorent assez rapidement en vert, lorsqu’on donne accès aux rayons solaires, ou
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à la lumière diffuse. Le concours de l’oxygène est-il indispensable dans cette transformation, c’est ce qu’il est impossible de décider dans l’état actuel de la science.
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1° Procédés chinois. — Les Chinois développent la nuance verte sur tissu, soit en partant des nerpruns eux-mêmes ; dans ce cas, le tissu offre, comme nous l’avons dtqà dit, un envers et un endroit ; soit en se servant de la préparation connue sous le nom de lo-kao ; la pièce est alors également teinte sur ses deux surfaces. Cette différence s’explique facilement d’après les recherches de M. Michel. Dans le premier cas. en effet, on fixe une matière incolore et colorable qui n’acquiert une nuance que du côté exposé à la lumière ; dans le second, au contraire, le bain est monté avec une matière colorante toute formée et qui n’aura pas plus de tendance à se porter d’un côté ou de l’autre.
a. Sur coton. — Nous avons déjà donné la méthode suivie à A-Zé pour les toiles spécialement destinées à la préparation du lo-kao.
Si l’on n’a en vue que la teinture avec l’écorce de nerprun, on peut suivre les procédés que voici :
a. Procédé de Khiu-tchèou fou. — On fait bouillir l’écorce fraîche de pé-pi-lo-chou, on ajoute 03 grammes de potasse chinoise par 100 kilogrammes de liquide, et l'on plonge les toiles deux ou trois fois dans le bain ; on fait sécher au soleil après chaque immersion. Dans le Chan-toung, on emploie l’alun, au lieu de chaux ou dépotasse.
b. Procédé d'Emouï , d'après M. Sinclair. — On met l’écorce de lo-tsé dans l’eau chaude, on fait bouillir pendant une heure, on ajoute de la potasse et de l’alun, on décante et l’on filtre; on laisse reposer pendant la nuit; on plonge les pièces dans le bain, on les étend sur le sol, à l’air libre, pour les faire sécher, mais le matin, aux heures où le soleil
est le moins ardent. On a soin de mettre l’envers de l’étoffe sur le sol. Il faut souvent faire passer dans le bain et faire sécher l’étoffe une vingtaine de fois, avant d’arriver à la nuance voulue.
Le lo-kao sert, en Chine, à la teinture de toiles de coton communes, mais en couleurs claires seidement. A cet effet, il est dissous à chaud dans la potasse. La toile, bien lavée, est plongée dans le bain, à la température de 50 à 60 degrés, tordue à la cheville, plongée une seconde fois, tordue de nouveau, rincée dans l’eau claire et séchée à l’air.
h. Sur soie. — Il est certain que les Chinois teignent la soie, avec l’écorce de leurs nerpruns et avec le lo-kao luimême, mais on manque de renseignements exacts sur leur manière de procéder. Madame de Montigny possédait une robe de soie chinoise teinte avec cette matière.
Les recherches deM. Stanislas Julien semblent prouver, que l’usage du vert de Chine ne date que de 30 ans au plus. Il n’en est fait nulle mention dans les traités de botanique et d’agriculture chinois, au milieu du siècle dernier.
2° Procédés français.
M. A. E. Michel, de Lyon, est arrivé à teindre la soie en très-beau vert lumière, au moyen du lo-kao. Il prépare une dissolution d’alun à 5° Baumé, et laisse macérer, pendant trois jours, 5 grammes de vert de Chine avec 30 grammes de ce liquide. Au bout de ce temps, il broie et délaye la matière avec une baguette, en ajoutant 250 grammes de solution aluminique. Le lendemain on décante, avec précaution, le liquide qui est vert foncé, presque noir. On répète cette opération jusqu’à ce que l’on ait un litre de dissolution. Celle-ci se conserve bien sans altération.
Si l’on ajoute de l’eau de puits calcaire, en proportion suffisante, il se forme peu à peu une laque calcaire et alumineuse qui se précipite. M. Michel a déterminé la proportion d’eau calcaire convenable pour que l'on ait un liquide susceptible de se conserver quelque temps, sans déposer son
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colorant, mais dans lequel, cependant, celui-ci est assez faiblement retenu pour se séparer sous l’influence d’une attraction émanée de la fibre. Dans cet état, le bain teint directement la soie immergée à une douce température. Ces proportions sont, pour l’eau de puits de Lyon : 15 litres eau, pour un litre de dissolution alumineuse de vert.
Les nuances plus foncées s’obtiennent en répétant les immersions dans de nouveaux bains.
Les soies cuites et lavées contiennent une certaine quantité de calcaire qui leur sert de mordant, aussi le premier bain est-il rapidement épuisé. On peut utiliser cette observation et donner à la soie un passage en eau calcaire, avant chaque immersion dans un nouveau bain colorant. Au lieu de lo-kao brut, on se servira avec avantage du vert purifié de M. Persoz.
Autre méthode (1). — On dissout le lo-kao dans le sel d’étain faiblement acidulé et convenablement étendu. La soie est manœuvrée dans ce bain, à la température ordinaire. Elle se charge d’une couleur rouge-saumon pâle. On lave dans un bain alcalin d’ammoniaque, de potasse ou d’acétate de chaux, la couleur passe au pourpre, puis au bleu pur. Après avoir oxydé, on rince, et l'on passe, à froid, dans une infusion de graine de Perse, afin de donner au bleu la quantité de jaune nécessaire pour faire un vert harmonique. Ce procédé sert également à l’impression.
On peut aussi teindre la soie en l’alunant préalablement, puis en la manœuvrant dans un bain formé de lo-kao dissous dans le sulfhydrate d’ammoniaque. On répète les immersions en faisant suivre chacune d’une oxydation à l’air.
Enfin, le lo-kao est gonflé et délayé dans une lessive alcaline faible, saturée de protoxyde d’étain hydraté.
On immerge la soie et on expose à l’air. La soie se colore par là en bleu qu’une addition de jaune fait virer au vert.
(1) Persoz.
Dans les méthodes de M. Persoz, où le vert est réduit préalablement par l’oxyde d’étain, on obtient du bleu et non du vert. Celui-ci n’est alors plus que le résultat d’une superposition de jaune, et non d’une teinture directe. Du reste, dans l’opinion de M. Persoz, le vert teint en Chine sur calicot est. comme tous les autres verts d’origine organique obtenus par teinture {le vert d'aniline excepté ), le résultat de la combinaison d’un bleu et d’un jaune. Il n’y aurait pas non plus identité entre la couleur verte fixée sur les calicots, et celle qui fait la base de la laque connue sous le nom de lo-kao.
Dans la première, le jaune domine ; dans la seconde, c’est au contraire le bleu.
Le procédé de M. Michel ne donne, en effet, sur soie, qu’une couleur dont la position, dans le cercle chromatique de M. Chevreul, correspond à l’un des verts-bleus (voiries échantillons de la notice de M. Natalis Rondot). Pour arriver à un vert franc, M. Michel associe l’acide picrique au lo kao.
Teinture du coton. — M. Persoz recommande particulièrement le procédé suivant.
Dans 10 litres d’eau, on peut dissoudre S0 à GO grammes de savon blanc, et l’on y délaye une quantité convenable de lo-kao, préalablement gonflé ou purifie ; on chauffe ce bain, et il suffit d’y plonger le coton pour qu’il se teigne immédiatement.
Pour l’impression , on fait usage d’une toile alunée ou non. La couleur se compose d’eau de gomme dans laquelle on a délayé du lo-kaopur,préalablementgonflé,ou des laques alumineuses, avec ou sans addition d’acétate d’alumine.
Ou bien ou imprime une solution épaissie de lo-kao dans le sel d’étain acide, on sèche, et on passe en acétate de chaux avec excès de chaux. Le coton se teint également bien dans une dissolution de lo-kao dansle sulthydrate d’ammoniaque, mais il faut exposer à l’air, après l’immersion.
Laine. — M. Persoz est arrivé à fixer le vert de Chine
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sur laine, en préparant d’abord une laque à l’étain. Celle-ci est délayée dans l’eau. On chauffe et on ajoute de temps en temps quelques gouttes d'acide oxalique. La laine immergée dans ce bain en sort parfaitement teinte.
Cette même laque, épaissie à l’eau de gomme acidulée à l’acideoxalique et imprimée sur laine, donne après vaporisage une belle couleur verte.
De quelques matières colorantes vertes , signalées à diverses époques , et pouvant être identiques avec le vert de Chine ou analogues (Notice de M. Natalis Rondot, p. 20 et suivantes).
1° M. Poivre, ministre de France en Cochinchine (1749), et le P. Horta (1706) parlent d’une plante nommée tsaï, cultivée en Cochinchine et chez les Tonkinois, qui, étant mise en fermentation comme celle de l’indigo, fournit une fleur de couleur verte qui, seule, donne en teinture un vert d’émeraude très-solide. Depuis cette époque, on n’a plus rien appris sur la nature et l’existence de cette plante.
2° Dinh-xanh de Cochinchine, signalé par M. Charpentier de Cossigny (1770).
« Les Cochinchinois ont une plante qu’ils nomment dinaxang , ressemblant assez à notre mélisse, dont ils retirent, au moyen de la macération dans l’eau, une fécule verte, avec laquelle ils teignent en vert toutes les étoffes, dans toutes les nuances possibles. »
La fécule de dina-xang pourrait bien être la fécule de tsaï de Poi\r‘. La plante appartiendrait au genre mélisse ou serait le mercurialis perennis , ou, d’après Correa, le justicia linctoria , de la famille des Acanthées.
3° Indigo vert. — Charpentier de Cossigny annonce que l’anil ( indigo fera tinctoria) peut fournir une fécule verte, lorsqu’il est traité par des procédés convenables. A cet effet, les feuilles fraîches sont mises à tremper dans l’eau pure ou