‹ Traité des matières colorantes (volume 3)Chapitre 17 sur 124 · A 200° — OB · texte numérisé non relu

A 200° — OB

A 223° — lgr,700 —

A 250° — 3gr,l60 —

Cesnombresne sont qu’approximatifs, raaisils démontrent que jusqu’à 200 degrés la solubilité croît très-lentement et beaucoup plus rapidement lorsqu’on approche des limites de volatilisation de l’alizarine.

La solubilité de l’alizarine dans l’alcool n’est pas exactement déterminée. A la température ordinaire elle n’est pas considérable, quoique plus grande que dans l’eau. Les solutions alcooliques faites à l’ébullition sont jaune orange, si le produit est pur, et laissent déposer l’alizarine sous forme de fines et longues aiguilles.

L’alizarine se dissout facilement, surtout à chaud, dans l’éther, l’esprit-de-bois, la benzine, les huiles de goudron, l’huile de naphte et de pétrole, l’essence de térébenthine, le sulfure de carbone, la glycérine, le chloroforme, les acides acétiques anhydre , monohydraté et môme étendu à 8° Baume.

Quelques-uns de ces liquides, saturés à chaud, laissent déposer l’alizarine cristallisée, par refroidissement.

L’alizarine est insoluble à froid dans les solutions d’alun ; à chaud il s’en dissout une certaine quantité qui se sépare de nouveau à la température ordinaire.

L’acide sulfurique concentré dissout l’alizarine sans l’altérer, l’eau reprécipite la matière colorante non modifiée, en flocons jaune orange. On peut même porter le liquide à 200° sans déterminer de réaction.

Composition. — Les auteurs qui ont étudié l’alizarine ont proposé chacun une formule différente cadrant avec les résultats de leurs analyses et avec leurs idées théoriques sur les produits de la garance.

Ainsi , Robiquet et Colin traduisent leurs nombres par l’expression : G37H24010.

Schunck propose. CuH,0O'1

Debus — C30H20O9

Rochleder — C60H38O19

Laurent fait remarquer avec raison qu’il convient de donner à l’alizarine une formule qui permet d’expliquer rationnellement ses transformations en acides phtalique et oxalique, par les agents oxydants. Partant de cette idée, Wolff et Strecker ont donné à l’alizarine la formule :

qui renferme la même quantité de carbone que la naphtaline; c’est l’expression la plus généralement admise; elle s’appuie en outre sur l’identité présumée entre l’acide oxynaphtalique et l’alizarine. En effet, l’acide ckloroxynaphtalique C10H5G103 de Laurent possède quelques propriétés tinctoriales qui ont pu faire penser qu’en substituant un atome d’hydrogène au chlore, on arriverait à la synthèse artificielle de la matière colorante de la garance. M. Bolley fait remarquer que les analyses de Schunck et de Debus donnent plus d’hydrogène que ne le comporte le calcul de la formule C^ELO3 et propose l’expression C10H703 ou mieux G20H13Û6 qui n’est pas admissible à cause de l’hydrogène impair.

Nos propres analyses faites avec des produits très-purs et cristallisés plusieurs fois dans l’alcool ou l’eau surchauffée, après une ou deux sublimations préalables, cadrent le mieux avec la formule de Wolff et Strecker

Reste à savoir si cette expression représente le véritable poids moléculaire de la substance, ou s’il convient de la

GAKANCE.

doubler et de l’écrire 2G10H1603 = C20H1206. Les considérations suivantes plaident en faveur de cette dernière opinion.

Par ses caractères et ses propriétés tinctoriales, l’alizarine se rapproche tellement de la purpurine, qu’on a pu confondre dans quelques cas ces deux corps ; or, sans aucun doute (voir plus loin), la composition de la purpurine est représentée par C20H1207. Il est assez naturel de supposer que l’alizarine renferme la même quantité de carbone que la purpurine. En l’écrivant C'20H1206, elle n’en différerait que par un atome d’oxygène en moins, et ce rapport de parenté expliquerait très-bien la grande analogie de ces deux corps.

D’un autre côté, j’ai obtenu, par l’action du chlorure de benzoïle sur l’alizarine, un dérivé benzoïque dont l’analyse conduit à la formule non dédoublable C20H9(G7H50)306, alizarine tribenzoïque. Les analyses de différents alizarates (de chaux, de baryte, etc.), faites par Debus, Wolff et Strecker, tendent également à faire de l’alizarine un acide ou un phénol triatomique, de formule :

C20H12O6, les sels étant C20H9M:iO6.

Enfin, la raison principale qui a fait adopter l’expression plus simple C10H6O3, c’est-à-dire l’identité présumée entre l’alizarine et l’acide oxynaphtalique, n’existe plus. On a, en effet, préparé ce dernier corps, et il ne possède aucun des caractères de la matière colorante de la garance.

Dérivés de l’alizarine. — Ce corps se comporte comme un acide faible, susceptible de se combiner aux bases. Avec les alcalis il forme des sels très-solubles dans l’eau, moins solubles dans l’alcool fort, insolubles dans l’éther. La teinte des solutions aqueuses des alizarates alcalins est d’un trèsbeau violet bleuté. On obtient facilement un alizarate de soude cristallisé, en ajoutant une solution alcoolique de -onde ii de l’alizarine eu suspension dans l’alcool et en un-

it.

sant une couche d’éther sur le mélange. Le tout étant conservé dans un vase fermé et dans un endroit tranquille, l’éther se mélange peu à peu et l’alizarate se sépare sous forme de fines aiguilles cristallines. Les terres alcalines et les oxydes métalliques donnent des combinaisons insolubles, diversement colorées, soit en violet, soit en rouge, soit en noir. On leur donne le nom de laques; les laques d’alumine sont rouges ou roses, celles de peroxyde de fer sont violettes ou noires.

La composition de ces sels est encore peu connue . MM . WolfT et Strecker ont analysé les précipités obtenus par les chlorures de baryum ou de calcium, avec une solution ammoniacale d’alizarine, et leur assignent les formules

C40H18Ba„3O12 -\- 6H2Û — C40H18Ca„3O12 + 61P0.

N. B. La formule de l’alizarine se double ici par suite de l’introduction de trois atomes d’un métal diatomique.

En saturant une solution alcoolique d’alizarine par l’eau de baryte, et en enlevant l’excès de baryte par des lavages laits à l’abri de l’air, puis l’excès d’alizarine par de l’alcool bouillant, ces chimistes ont obtenu une première fois un composé de formule C20H10Ba„O6 + 2H20, et une autre fois un composé de formule C40Hl8Ba3,(Q12-}-6H20; ce dernier sel perd 3 molécules d’eau à 120°.

En dissolvant l’alizarine dans l’ammoniaque et en chassant l’excès d’ammoniaque par l’évaporation, puis en précipitant par le chlorure de baryum, on a obtenu un sel qui renferme les éléments de 3 molécules d’alizarine 3(C20H12O6) et de 2 molécules d’oxyde de baryum 2(Ba„0).

Le composé plombique de Schunck contient C40Hl8Pb3„012

Il conviendrait de reprendre toute cette étude des alizarates ; cependant les faits signalés sont plutôt en faveur de la formule double G20H,206.

GAKANCE.

Les carbonates, phosphates, pyrophosphates, borates, silicates, oléates et carbonates alcalins, et en général tous les sels qui exercent sur le papier de tournesol une réaction alcaline, dissolvent Talizarine, surtout à chaud, avec une coloration rouge violacé.

Action de l'ammoniaque. — L’ammoniaque caustique, en solution aqueuse, exerce sur l’alizarine une action remarquable et qui rappelle ce qui se passe avec l’acide carminique.

Elle commence par la dissoudre avec une coloration bleu violacé caractéristique, et les acides reprécipitent l’alizarine intacte en flocons jaune-orange ; mais si l’on maintient la solution aune température de 100° centigrades, en vase clos, pendant quelques heures (12), ou bien encore, si on la conserve quelques semaines à la température ordinaire, les acides ne précipitent plus qu’une masse floconneuse d’un violet très-foncé, renfermant les éléments de l’alizarine et de l’ammoniaque, combinés d’une manière plus stable que dans l’alizarate d’ammoniaque primitif, puisque les acides forts, comme l’acide chlorhydrique, n’en déterminent plus la séparation.

Ce dérivé, auquel j’ai donné le nom d’alizaramide ou d’alizaréine (1), se forme à l'abri de l’air et sans le concours de l’oxygène. 11 est violet rougeâtre en pâte humide, et presque noir à l’état sec. Il est sensiblement soluble dans l’eau bouillante, soluble à froid dans l’alcool même étendu qu'il colore en beau rouge violacé, soluble dans l’éther. L’alizaramide se dépose par l’évaporation spontanée de ses solutions alcooliques, sous forme d’une poudre cristalline. Chauffée sur une lame de platine, elle brûle sans donner de sublimé. Par l’ébullition avec les alcalis caustiques elle dégage de l’ammoniaque ; à froid, la chaux éteinte ne développe pas d'ammoniaque. Elle teint les tissus mordancés en coulèurs qui rappellent celles de la garance, mais elles sont moins fournies et ont une nuance violacé pâle.

I) llullelins de la Soc. ind. de Mu/h., t. XXXI, p. f>03.

IKA1TE DES MA'i'lÉHES COUTANTES.

La laine se teint sans mordant, en lilas sale.

Mes analyses d’alizaramide conduisent à la formule

C20H12O6.AzH3.

Dérivé éthylique (J ). — L’alizarate de soude cristallisé taant chauffé en vase clos, à 120°, avec de l’iodure d’éthyle, donne un dérivé éthylique jaune clair, insoluble dans l’eau,

soluble dans l’alcool, qui semble avoir pour formule C20H9(C2Hs)3O6 .

Calcule. Trouvé.

Carbone 72,2 71,4

Hydrogène 5,5 5,5

Dérivé benzoïque. — Le chlorure de benzoïle réagit à

190° sur l’aiizarine, avec dégagement d’acide chlorhydrique, il se forme un composé jaune, insoluble dans l’eau, soluble et cristallisable dans l’alcool, insoluble à froid dans l’ammoniaque et les alcalis caustiques, mais saponifiable par l’ébullition. Il se reproduit du benzoate et de l’alizarate alcalin.

Sa composition est représentée par la formule C20H9(C7HsO)3O6.

Calculé. Trouvé.

Carbone. ............. 74,54 74,88

Hydrogène 3,63 3,88

Agents oxydants. — L’alizarine est assez sensible à l’influence des oxydants ; l’acide nitrique, le perchlorure de fer la convertissent en acides phtalique et oxalique i comme le montre l’équation

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