‹ Traité des matières colorantes (volume 3)Chapitre 20 sur 124 · CS0H12O · texte numérisé non relu

CS0H12O

Calcule. Trouvé en moyenne.

Carbone 63,93 63,85

Hydrogène 3, '29 3,30

Les alcalis (potasse, soude et ammoniaque) la dissolvent avec une coloration rouge pourprée, caractéristique et bien distincte de la nuance presque bleue des solutions alcalines d’alizarine. On peut, de cette manière, reconnaître 1/10 d’alizarine mélangée à la purpurine, la liqueur alcaline suffisamment étendue présentera dans ce cas une teinte violacée très-sensible.

Les carbonates alcalins et en général les sels à réaction alcaline dissolvent la purpurine avec une teinte rouge. L’alun la dissout plus facilement que l’alizarine et la liqueur rouge ne dépose pas par refroidissement. Les laques d’alumine et de purpurine cèdent leur matière colorante à une solution bouillante de carbonate de soude. Sur ces deux caractères étaient fondés, pendant longtemps, les seuls moyens de séparation de l’alizarine et de la purpurine.

Les combinaisons de la purpurine avec les bases se rapprochent beaucoup de celles de l’alizarine. Les sels alcalins sont très-solubles dans l’eau, les sels alcalino- terreux, terreux et métalliques, sont insolubles. Les premiers sont rouges en solution et très-foncés, presque noirs à l’état sec.

GARANCE

On obtient facilement du purpurinate de soude cristallisé en belles aiguilles, en saturant, par une solution alcoolique de soude, de la purpurine mise en suspension dans l’alcool, et en ajoutant au besoin un peu d’éther. La laque d’alumine est franchement rouge, sans reflets leutés; celle de fer est noire ou violette.

La composition des sels de purpurine est encore à déterminer.

Action de /’ ammoniaque. — Lorsqu’on ajoute de l’acide chlorhydrique à un® solution ammoniacale récente de purpurine, la matière colorante se précipite intacte, en flocons d’un jaune orange ; mais si la dissolution est conservée seulement un jour, le précipité chlorhydrique est violet foncé.

Le même résultat s’obtient plus rapidement en chauffant la liqueur ammoniacale à 100°.

Le précipité violet foncé, obtenu par l’acide chlorhydrique, dégage de l’ammoniaque lorsqu’on le chauffe avec de l’hydrate de soude.

L’azote s’est donc intimement fixé à la matière organique pour donner une amide.

La purpuramide ou purpuréine ainsi obtenue est soluble dans l’alcool bouillant, en rouge violacé foncé, et donne par l’évaporation des cristaux foncés, à reflets verts, comme ceux delà murexide.

Elle teint la laine et la soie en rouge-amarante, sans le secours des mordants.

L'analyse conduit à la formule

Cï0H13AzO6 = C1 2Hlî0O7 + AzH3 — H20 (1).

Dérivé éthylique. - — En chauffant le purpurinate de soude cristallisé avec de l’iodure d’éthyle, à 150°, en présence de l’alcool, il se sépare de l’iodure alcalin et des grains cristallins rouges peu solubles dans l’alcool bouillant.

(1) Bulletins de la Société chimique de Paris, 2e série, t. IV, p. 15.

La composition de ce dérivé est probablement représentée

par la formule

C20Hll(C2H5)O7

Calculé. Trouvé.

Carbone 67,34 66,82

Hydrogène 4,08 4,ol

Pseudopur purine. — Elle est presque insoluble dans l’al-

cool bouillant, soluble dans la benzine bouillante d’où elle se sépare presque entièrement, par le refroidissement, sous la forme d’un réseau de fines aiguilles, rouge-brique après dessiccation. La chaleur la décompose avec production d’aiguilles de purpurine. La même transformation a lieu à 200° en présence de l’alcool.

Elle se dissout avec une coloration rouge dans les alcalis ; avec l’ammoniaque, elle fournit aussi un dérivé amidé semblable à la purpurine.

Sa composition est représentée par la formule C4°H>209

Calculé.

Carbone 60,60

Hydrogène...- 3,03

Trouvé en moyenne de six analyses concordantes.

Matière orange. — Elle est insoluble dans la benzine bouillante, très-soluble dans l’alcool tiède; elle se sépare de ses solutions alcooliques concentrées, tantôt en une masse épaisse, caséeuse, formée de grumeaux cristallins, tantôt en petits feuillets oranges.

Elle se dissout assez notablement dans l’eau bouillante.

La chaleur sèche la décompose avec transformation partielle en purpurine. Sa composition est représentée par la formule C20H16O9 = C20H1207 + H*Û2. Elle constitue donc un hydrate stable de la purpurine, car ces deux molécules d’eau ne peuvent être éliminées, même à 150°.

GARANCE

Calcule.

Trouvé (moyenne de six analyses

concordantes].

Carbone

Hydrogène . . .

La purpurine, la psendopurpurine et la matière orange ou hydrate de purpurine teignent les mordants en couleurs qui rappellent celles que donne l’alizarine. La teinte communiquée aux mordants d’alumine est plus rougeâtre, sans reflets bleus. Les teintures faites avec la purpurine et la matière orange résistent assez bien au savon bouillant, tandis que celles de la pseudopurpurine passent presque entièrement.

La résistance aux opérations de l’avivage est donc en raison inverse de la proportion d’oxygène contenu.

Matière jaune ou purpuroxanthine. — Elle est soluble dans l’alcool et la benzine, peu soluble dans l’eau et sublimable presque sans décomposition. Elle colore les mordants d’alumine en jaunes peu brillants ; la teinte est détruite par l’avivage et le passage en nitromuriate d’étain. On obtient cette matière colorante jaune très-facilement, par la réduction de la purpurine, de la pseudopurpurine ou de la matière orange, soit en chauffant en vase clos, à 180°, avec une solution aqueuse de triiodurede phosphore, soit plus commodément en employant un réducteur alcalin. Ainsi une solution bouillante de purpurine brute, dans la soude caustique, additionnée d’une quantité convenable de sel d’étain, perd peu à peu sa nuance rouge foncé et devient orange.

La matière jaune peut alors être précipitée parmi excès d'acide chlorhydrique, lavée, séchée et purifiée par sublimation et cristallisation dans l’alcool. Sa composition est représentée par la formule C20H1206, qui serait celle d'un isomère de l'alizarine, ou bien encore par C20Hu06.

En résumé, les matières colorantes extraites de la garance d’Alsace forment une série naturelle dont les termes sont

reliés par des relations de composition très-simples et remarquables. En effet, nous avons :

Alizarine C20H12O6.

Purpuroxanthine C20Hl2O6 ou Cî0HuO6.

Purpurine C20Hl2O7 oxyalizarine.

Matière orange C20H16O9 hydrate de purpurine.

Pseudopurpurine C20H1209 oxypurpurine.

J’ai cherché, par un grand nombre de réducteurs, à opérer la transformation de la purpurine ou de la pseudopurpurine en alizarine, mais je n’ai jamais obtenu que du jaune.

Les résultats que nous venons de résumer peuvent être considérés comme définitivement acquis à la science. Cette confiance nous la puisons dans le grand nombre d’analyses concordantes faites avec des produits cristallisés plusieurs fois.

Nous attribuons le succès de nos recherches à la grande quantité de matière pure dont nous disposions. Notre analyse immédiate n’a pas porté sur moins d’un kilogramme de purpurine commerciale. Nous n’avons accepté comme définis que les corps qui ne changeaient plus de composition d’une cristallisation à l’autre, et qui se présentaient avec des caractères bien tranchés.

En face de ces résultats qui prouvent, très-nettement, la multiplicité des matières colorantes de la garance et la facilité avec laquelle elles se transforment, il n’y a pas lieu de rejeter complètement les nombreux dérivés obtenus par M. Schunck dans le dédoublement de son rubian, mais il convient de les soumettre à une critique sérieuse ; car ce chimiste, en opérant forcément sur des proportions trop restreintes de matière, n’a pu arriver d’une manière nette à des composés bien définis. Dans tous les cas les formules qu’il propose sont inadmissibles.

Voici, en résumé, le résultat de ses recherches :

A. Par le dédoublement du rubian sous l’influence de l’a-

GARANCE

eide sulfurique ou de l’acide chlorhydrique étendus et bouillants il a obtenu : 1° de l’alizarine, 2° de larubianine (matière jaune-citron cristallisant en aiguilles), plus soluble dans l’eau et moins soluble dans l’alcool que l’alizarine et donnant à l’analyse :

Carbone 57,42, hydrogène 5,39. Ces nombres ne peuvent se rapporter à aucun des produits susmentionnés et se traduisent par les formules

C20H!0Oi0 = C2°H1206 -f 4H20 ou C20H22O10 = C20H12O6 -j- H2 -f 4H20.

L’existence de la rubianine comme principe colorant dérivé de la garance nous paraît assez probable ;

3° De la rubirétine ou résine «, résine fusible brune. Formule probable

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