MATIÈRES COLORANTES DU SORGHO
chlorhydrique le dissolvent en rouge brun. Le chlore le colore en brun clair. L’acide sulfurique étendu donne, à chaud, une liqueur orange, qui laisse déposer, par refroidissement, une masse grenue, rouge orangé, et où l’ammoniaque détermine la séparation d’un précipité pourpre foncé.
Traité par un mélange d’alcali et de glucose, en vase clos, il donne, par réduction, une liqueur bleue qui brunit rapidement à l’air, et d’où l’acide chlorhydrique précipite des flocons rouge orangé. L’acide nitrique l’attaque et le change en un mélange d’acides picrique, oxalique, anisique et cyanhydrique.
Fixé sur coton, il lui communique une teinte jaune orangé. D’après M. Boussingault, à qui nous empruntons ces détails, le chica ne contient pas d’azote.
M. Erdmann lui donne la formule C8H803, qui en fait un isomère de l’acide anisique. Le même chimiste n’a pas obtenu de résultats satisfaisants, en cherchant à fixer le chica . sur tissus. Il paraîtrait cependant qu’il est employé depuis assez longtemps à la teinture du coton et de la laine en jaune et en rouge, tant dans l’Amérique du Nord qu’en Europe.
MATIÈRES COLORANTES DU S0RGI30 (1)
Le sorgho sucré ou canne à sucre de Chine, plante de la famille des Graminées, importée de Chine en Europe en 1833, et cultivée, tant en France qu’en Allemagne, en raison du sucre qu’elle renferme, contient ou peut fournir plusieurs matières colorantes.
Ainsi la moelle du sorgho fournit, après l’expression et la fermentation ou par un traitement à l’acide sulfurique étendu, une matière colorante rouge, le carmin de sorgho ou purpuroléine.
L’enveloppe des fruits renferme, d’après MM. Sicard,
(I) Bulletins de la Société d’encouragement, LVIII, 378. — Répertoire de chimie appliquée, 1, 428. — Po/ytechnischcs Notizblatt, 1859, 209.
Itier et Joulie, deux autres pigments rouges, la sorghotine et la sorghine.
Winter prépare, avec la tige de la plante dépouillée de ses feuilles, une matière colorante rouge appelée rouge badois. A cet effet, les tiges exprimées sont abandonnées en tas à la fermentation, jusqu’à ce qu’elles aient pris une couleur rouge brun. On les sèche et on les traite par l’eau, après les avoir réduites en fragments plus petits ; enfin on épuise par une lessive étendue de soude. Celle-ci dissout la matière colorante que l’acide sulfurique précipite en flocons rouges. Cette substance est soluble dans l’alcool, les acides faibles et les solutions alcalines. Pour la fixer sur laine ou soie, on fait intervenir les mordants d’étain ; elle leur communique une couleur rouge, assez stable à la lumière et au savon. L’usage du sorgho fermenté, en teinture, est connu des Chinois.
L’écorce des tiges de sorgho renferme une matière colorante jaune, la xantholéine.