‹ Traité des matières colorantes (volume 3)Chapitre 75 sur 124 · MATIÈRES COLORANTES DES FLEURS · texte numérisé non relu

MATIÈRES COLORANTES DES FLEURS

composition du suc de la fleur ; 3° deux principes jaunes , dont l’un insoluble, la xanthine ; l’autre soluble, la xànthéine.

Cyanine. — Pour l’extraire, on traite par l'alcool bouillant des pétales de bluet, de -violette ou d’iris. La fleur se décolore et le liquide prend une belle teinte bleue.

Cette solution passe peu à peu au jaune brun, par suite d’une véritable réduction. L’agitation au contact de l’air rétablit la nuance. Cependant cette réaction ne pourrait être répétée plusieurs fois, sans amener la destruction de la cyanine.

La liqueur alcoolique est évaporée, et le résidu est traité par l’eau. Celle-ci dissout les substances bleues, en laissant de la graisse et des résines. On précipite par l’acétate neutre de plomb. Le précipité d’un beau vert est lavé et décomposé par l’hydrogène sulfuré, on filtre, on évapore, on reprend par l’alcool absolu, et on précipite la cyanine par l’éther.

La cyanine est incristallisable, soluble dans l’eau et l’alcool, insoluble dans l’éther. Elle vire au rouge avec une grande facilité sous l’influence des acides, et au vert par les alcalis.

Les agents réducteurs la décolorent, l’oxygène rétablit la nuance.

M. Morat a également retiré des bluets une belle substance bleue, en les épuisant par l’alcool absolu.

La matière rouge des fleurs s’extrait par des procédés identiques, et, une fois isolée, elle possède tous les caractères de la cyanine.

D’après MM. Cloez et Fremy, les fleurs rouges ou roses sont toutes à réaction acide, tandis que les fleurs bleues sont neutres.

Certaines fleurs rouges prennent, en se flétrissant, une coloration bleue, puis verte. Cet effet s’explique en admettant une décomposition partielle d’une matière azotée, qui développerait des traces d’ammoniaque.

Une dessiccation très-rapide, qui élimine de l’acide carbonique, peut aussi donner lieu au passage du rouge au violet.

Les fleurs roses, violettes ou bleues doivent donc leur coloration à la même substance, différemment influencée par les sucs végétaux.

Les fleurs d’un rouge écarlate contiennent, outre la cyanine, des matières jaunes.

M. Filhol a reconnu que la coloration tantôt bleue, tantôt verte, que prennent ces fleurs sous l’influence des alcalis, dérive de la même matière colorante, et que les différences observées dépendent de la présence de matières étrangères.

Certaines fleurs rouges, celles de l’aloès par exemple, renferment, au lieu de cyanine, une matière peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’éther, soluble dans l’alcool et qui ne vire pas sous l’influence des acides et des bases.

La cyanine paraît se rapprocher par ses caractères et son peu de stabilité de la roséo-cyanine, formée par l’action de l’acide borique sur la curcumine.

La paracarthamine obtenue par M. Stein , par l’action d’un amalgame de sodium sur la quercétine et la mélétine, offre aussi des analogies avec la cyanine.

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