MATIÈRE COLORANTE DES MAUVES
dant aluminique il prend une nuance bleu violacé ; avec le mordant d’étain, une nuance bleuâtre, violette.
La laine mordancée au bichlorure d’étain se teint en violet foncé; avec le fer elle prend une nuance bleu noirâtre ou grise ; avec l’alumine, une teinte grise ou bleu violacé; avec les sels antimoniques, une teinte bleu'e violacée. La soie, avec sels d’étain, se teint en violet.
Pour l’impression il est plus favorable de faire usage d’un extrait alcoolique préparé au moyen d’un appareil d’épuisement continu.
Les couleurs dérivées de la mauve sont plus solides que celles du bois de campêche, mais elles ne supportent pas le savonnage.
Cette nouvelle matière colorante, employée autrefois pour la coloration artificielle du vin, a été introduite depuis quelques années dans la teinture et l’impression, surtout en Allemagne (Bavière).
Ses usages sont du reste peu importants.
Hibliogravhie. — Bulletins de la Société d’encouragement, t. LVIII, p. 332. — Répertoire de chimie appliquée, I, 340. — Dingler’s Polytechnisches Journal, CLI, 468.
SOORANGES. RACINE DU MORINDA CITRIFOLIA.
Importée pour la première fois des Indes à Glascoxv, elle se présente en fragments de 2 à 8 centimètres de long et de 5 à 10 millimètres d’épaisseur, bruns à l’extérieur, jaunes à l’intérieur.
Le pigment est exclusivement concentré dans l’écorce. Il est jaune orangé et porte le nom de morindine.
On l’extrait en épuisant l’écorce de la racine par de l’alcool bouillant. La matière colorante se dépose, par refroidissement, en flocons impurs, mélangés à une matière rouge.
On purifie le produit par des cristallisations répétées dans
l’alcool à 50° centésimaux, et enfin dans l’alcool acidulé avec de l’acide chlorhydrique.
Il se présente alors sous forme d’aiguilles satinées, jaunes.
La morindine est peu soluble, à froid, dans l’eau, plus soluble dans l’eau bouillante qui la dépose en une masse gélatineuse. Peu soluble dans l’alcool froid, plus à chaud, surtout dans l’alcool étendu ; insoluble dans l’éther.
Les solutions aqueuses se colorent en orange par les alcalis ; elles précipitent en rouge par la baryte et la chaux, en cramoisi par l’acétate de plomb, en brun par le perchlorurede fer et l’ammoniaque, en jaune rougeâtre par l’alun et l’ammoniaque.
Elle se dissout en pourpre foncé dans l’acide sulfurique con centré ; au bout de vingt-quatre heures le liquide donne par l’eau un précipité jaune insoluble dans l’eau, et soluble en violet dans l’ammoniaque. Sous l’influence de la chaleur elle fond, entre en ébullition et émet de belles vapeurs orangées, qui se condensent sous forme de fines aiguilles rouges, également insolubles dans l’eau, solubles dans les alcalis en violet foncé. Ce corps, que M. Anderson nomme morindone, paraît être le même que celui qui se forme sous l’influence de l’acide sulfurique. La solution ammoniacale de morindone donne une laque rouge par l'alun et précipite en bleu par l’eau de baryte. L’acide nitrique dissout à froid la morindine et l’attaque à chaud.
M. Rochleder pense que la morindone est identique avec l’acide rubérythrique, et la morindone serait, d’après lui, de l’alizarine.
Le fait serait intéressant à vérifier. Les analyses de M. Anderson ne sont pas d’accord avec cette manière de voir.
D’après lui, la morindone renferme :
Carbone 6o,8f
Hydrogène.... 4,18
MATIÈRES COLORANTES DU VIN
Ces nombres s’accordent beaucoup mieux avec la formule que j’ai assignée à la purpurine et qui exige :
Carbone 65,6
Hydrogène 3,2
Les résultats de l’analyse de la morindone se rapprochent beaucoup de ceux de l’acide rubérythrique.
Carbone 53,40
Hydrogène o,03
La matière colorante du soorange ne teint pas les tissus mordancés à la manière ordinaire.
Le coton préparé pour rouge turc, se teint en rouge brun solide, mais peu vif.
Depuis longtemps les Indiens emploient cette substance.
Le tissu est préparé avec une émulsion d’huile de sésame dans le carbonate de soude et séché au soleil, puis teint, avec le soorange mêlé à de l’huile de sésame. Il prend par là une couleur rouge solide.
L’industrie européenne n’utilise guère cette matière tinctoriale.
Bibliographie. — Anderson, Ann. der Chem, und Pkartn., LXXI, 216. — Dingler’s Polytechnisches Journal, CX1V, 209.