MATIÈRES COLORANTES DU OUERCITKON
de croûtes cristallines que l’on purifie par plusieurs cristallisations dans l’alcool (1).
Certaines variétés de quercitron renferment une substance soluble dans l’eau froide et susceptible de se dédoubler à G0° centigrades, en présence de l’eau, en sucre et en quercitrin.
Le hasard avait mis, entre les mains de M. E. Schlumberger, un semblable produit.
Il a pu en extraire du quercitrin avec une grande facilité, en chauffant à 60° une infusion faite à froid. Le liquide se trouble et dépose une assez forte proportion de quercitrin, en paillettes nacrées à peu près pures.
J’ai vainement cherché, depuis cette époque, à reproduire ce phénomène avec d’autres matières premières. Peut-être réussirait-on mieux en opérant avec l’écorce fraîche. Il n’est pas impossible que le flavin , fabriqué en Amérique par des procédés encore peu connus et qui est en grande partie composé de quercitrin, ne soit obtenu par cette voie.
Le chimiste désireux de se procurer du quercitrin en quantités un peu abondantes, fera bien de prendre le flavin comme point de départ. Il suffit de le chauffer à l’ébullition avec une grande quantité d’eau et de filtrer bouillant. Le liquide dépose après refroidissement des paillettes nacrées de quercitrin pur. Ce corps est presque insoluble dans l’eau froide, soluble dans 25 parties d’eau bouillante, soluble dans l’alcool, très-peu soluble dans l’éther.
Les alcalis fixes et l’ammoniaque le dissolvent aisément avec une couleur jaune verdâtre. La solution ammoniacale s’oxyde et brunit au contact de l’air.
La solution aqueuse de quercitrin précipite en jaune roux par l’eau de baryte. L’alun y développe une belle couleur jaune. L’acétate de plomb, l’acétate de cuivre, le chlorure d’étain y donnent des précipités floconneux jaunes.
Le persulfate de fer la fait passer au vert olive et la préci-
(i) Bolley, Annalen der Chemie und Pharmacie, NXXVIf, 101.
pite peu à peu. L’acide nitrique la colore en rouge orangé. L’acide sulfurique concentré dissout le quercitrin.
Celui-ci se présente sous forme d’une poudre cristalline jaune clair, sans odeur, d’une saveur légèrement amère. Sa réaction est faiblement acide. Les cristaux vus au microscope ont la forme de petites tables rectangulaires. Obtenu par le refroidissement d’une solution aqueuse, il offre un aspect nacré et une couleur jaune très-claire. Sous l influence de la chaleur, il donne un sublimé jaune et laisse un abondant résidu de charbon.
Une certaine incertitude règne encore sur la véritable formule qu’il convient d’attribuer à ce corps. On en a proposé un assez grand nombre, s’accordant généralement avec les résultats de l’analyse élémentaire.
M. H. Iblasiwetz a de plus démontré que le quercitrin ne perd les dernières traces d’eau de cristallisation qu’à des températures très-élevées (200° environ). Ce fait ignoré par les expérimentateurs qui se sont occupés de cette question avant lui , peut servir à expliquer les divergences assez notables dans les nombres observés.
Nous verrons tout à l’heure que le quercitrin est un glucoside susceptible de se dédoubler en une espèce de sucre et en un principe jaune, la quercétine. La formule à adopter dépend donc, dans les limites des analyses les plus exactes, de celle qu’on donne à la quercétine elle-même, et nous réservons pour ce moment la discussion qui peut être soulevée à cet égard, en noirs contentant de donner ici les résultats analytiques qui semblent les plus exacts.
Séché à 200°. Incomplètement séché.
Zwenger et Dronke. Hlas. et Pfaundler.
Carbone 56,0 56,2 55,7 54, 1 52,4
Hydrogène 4,6 4,5 5,2 5,2 4,9
D'après les expériences de M. Rigaud (1), une solution (1) Anna/en der Cliemie und Pharmacie , XC, 283.