MATIÈRE COLORANTE DE LA GAUDE OU LUTÉOLINE
Elle a été étudiée par MM. Chcvreul (1), Moldenhauer (2) et Schützenberger et Paraf (3).
Nous nous sommes servis avec avantage, M. Paraf et moi, du procédé suivant, pour l’extraire de la plante.
Il est fondé sur la propriété que possède ce corps de se dissoudre en quantités assez notables, dans l’eau surchauffée à 230°, et de cristalliser, par le refroidissement, sous forme d’aiguilles jaunes parfaitement pures ; ce qui permet de séparer la matière colorante, d’une matière résineuse très-fusible qui l’accompagne en quantité abondante.
On commence par épuiser la gaude hachée en menus morceaux, dans un appareil de déplacement, par l’alcool bouillant. La solution concentrée est précipitée par l’eau, et donne d'abondants flocons d’un vert jaunâtre sale. Le précipité est introduit avec de l’eau dans un cylindre en verre, qui trouve place dans un cylindre en acier fondu ou en cuivre embouti, fermé par une vis de même métal. On chauffe pendant 20 minutes à 250°. Après refroidissement, on trouve les parois de l’éprouvette, jusqu’à la hauteur du liquide, tapissées de jolies aiguilles jaune d’or. Au fond s’est réuni un culot de résine. L’eau mère, au sein de laquelle s’est opérée cette cristallisation, est claire et transparente.
On purifie les cristaux en les redissolvant une seconde fois dans l’eau surchauffée.
Quant au culot résineux noir et demi-fluide, deux ou trois épuisements semblables suffisent pour le débarrasser entièrement de matière colorante.
A défaut de cylindre, permettant de chauffer à 250° une grande quantité d’eau, on peut faire usage de simples tubes
(1) Journal de chimie médicale , VI, 157.
(2) Journal fur praktische C hernie, LXX, 428; Ann. der Chem, und Pharm.,