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ESSAIS DES ANILINES DU COMMERCE

On peut dire qu'il y a dans lé commerce presque autant d'anilines que de fabricants de ce produit. Elles varient par leurs points d'ébullition (ISâ*» à 195% ou 180** à 195% ou 200 à 210°) et leurs caractères chimiques, suivant qu'elles ont été préparées avec telle ou telle benzine, avec telle ou telle nitrobenzine (1).

Parmi les nombreuses variétés d'aniline commerciale, le fabricant de couleurs choisira évidemment celles qui lui fournissent les meilleurs résultats, tant pour le rendement que pour la beauté des nuances, et ce choix dépendra de la nature de la couleur qu'il veut former. Il pourra alors déterminer les caractères physiques (densité et point d'ébullition) du produit convenable et l'essai d'une aniline se réduirait à constater ces caractères ; reste à savoir s'ils sont toujours en rapport avec la composition chimique et le rendement en matières colorantes, c'est ce que doit décider l'expérience particulière de chaque fabricant et ce qui semble découler d'un travail publié par M. Château. Dans tous les cas, il doit être possible par des essais faits sur une petite échelle et dans des conditions constantes de temps, de température et de proportions, de comparer le rendement en couleurs de diverses anilines.

Ainsi, M. Luxer avait proposé de déterminer la richesse colorante comparative des anilines pour rouge, en chaufTant pendant plusieurs heures au bain d'huile à 150" un mélange de 5 grammes d'aniline et de 5 grammes d'acide arsénique sirupeux à 75" Baume.

Lorsque la masse a pris une couleur rouge brun avec reflets verts, et se solidifie par le refroidissement en devenant

(1) T. GiAteau, Bulletins de la Sociélé industrielle, t. XXXIU, p. 76»

dure et cassante, on Tépiiise par Teau bouillante et on étend à un litre.

En prélevant sur chaque solution 80 centîm. cubes, étendant de manière à former un quart de litre et en teignant, jusqu'à décoloration du bain, S grammes de laine filée, on pourra juger de la richesse en couleur par la teinte prise piar la fibre textile.

Ce mode d'essai pourrait s'appliquer à l'aniline pour violet ; il suffirait de se mettre dans les conditions de génération de cette couleur.

Mais l'expérience a démontré que dçs essais ainsi faits sur quelques grammes ne donnent pas des résultats concordants avec ceux de la pratique industrielle .

Peut-être arriverait-on à plus d'exactitude en agissant sur un à deux kilogrammes d'aniline. Il ne serait pas nécessaire, une fois le rouge ou le violet bruts formés, d'épuiser la masse totale, mais seulement une fraction connue.

Quoi qu'il en soit, cette question réclame encore de nouvelles recherches, et une méthode rapide, sûre et pratique de dosage des anilines commerciales rendrait de grands services à l'industrie.

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