‹ Traité des matières colorantesChapitre 113 sur 124 · PROCÉDÉS DIVERS · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS DIVERS

La liste des corps susceptibles de donner du rouge avec l'aniline, n'est pas épuisée. Nommons encore les substances suivantes :

Sulfates stanneux et stannique, sulfates mercureux et mercurique, le nitrate d'argent, le nitrate ferrique, le nitrate d'urane, le chlorate de mercure, le bromate-de mercure, l'iodate de mercure (2), l'iode, l'acide iodique (Lauth, Ch.)

Si l'on verse de l'aniline dans une solution d'acide iodique sirupeux, étendu de quatre ou cinq fois son volume d'eau, le mélange devient presque instantanément d'un violet trèsfoncé et très-pur. En chauffant ce mélange, la nuance passe peu à peu au rouge pur.

Si l'acide iodique est très-étendu, le liquide prend à froid, au bout de quelques heures, une belle teinte rouge, et les parois du vase se chargent d'un produit résinoïde d'un vert foncé. Ce rouge d'aniline ne change pas de nuance par les acides, et passe au jaune par les alcalis (3).

MM. John Dale et H. Caro ont fait breveter l'action du nitrate de plomb sur l'aniline ou son chlorhydrate (4). M. R.

(1) Moniteur scientifique, du docteur QaeBneville, t. VII, p. 415, 1865.

(2) Additions au brevet de M. Renard. Rapport de MM. Persoz, Salvétat etdeLuyoes, p. 25.

(3) Répertoire de chimie appliquée, III, 274.

(4) Patent., n* 1307, 26 mai 1860.

Schmith (1) fait bouillir Taniline avec du perchlorure d'antimoine; on chauffe à ISO'' Tacide antimonique, le peroxyde de bismuth, le bioxyde d'étain, les oxydes de fer, de mercure ou de cuivre avec du chlorhydrate ou du sulfate d'aniline sec. Il rentre ainsi évidemment par une voie peu détournée, dans des procédés cités plus haut.

M. Mène (2) obtient du rouge en faisant passer du gaz ni* treux dans Faniline sèche, ou dissoute dans l'alcool : à froid l'aniline se colore en jaune brun ; si alors on ajoute un acide (nitrique, sulfurique ou oxalique), il se développe une magnifique couleur rouge très-soluble, qui vire au jaune par une grande quantité d'eau. Le corps rouge ainsi obtenu cristallise très-nettement.

D'après M. Fol (3), l'aniline chauffée avec de l'indigo bleu donne aussi de la rosaniline. L'indigotine est réduite et transformée en indigo blanc.

M. Croslay (4) traite par l'acide azotique la disulfophényl-carbamide (formée par l'action du sulfure de carbone sur l'aniline) et obtient une magnifique couleur pourpre.

M. William de Glascow (8) ajoute à deux équivalents d'un sel d'aniline, de préférence de l'acétate qui peut renfermer de l'aniline libre, un équivalent de phosphate ou d'acétate de mercure et chauffe d'abord à 116* en remplaçant l'eau qui se dégage par de l'aniline, puis à 160* et enfin pendant 44heures(l)ài82\

M. Wilson (6) chauffe un mélange d'aniline et de tolui-

(1) Patent., n* 1945. U août 1860. London Journ, ofArts, avril 1861, 224. Rapport de M. Hofmaon, 127. — E. Kopp, Examen des matières colorantes dérivées dujgoudron^ !'• part., p. 81, 82. Bulletins de la Société chimique de Paris, nottv. Bérie, U, 316.

(2) Comptes rendus de V Académie des sciences^ t. LU, 31 1.

(3) Répertoire de chimie appliquée, t. IV^ 181.

(4) Répertoire de chimie appliquée, t. V, 8, et Chemisches technisches Repert., ?. Jacolwen, 1862, p. 13.

(5) London Journal of Arts, nov. 1863, 238.

(6) Deutsche Industriezeitung^ 1864, p. 158.

diae avec environ 5 p. 100 d'acide nitrique ou d'acide arsénique, ou d'acide iodique, etc., à 120* et ajoute, de temps à au,tre, du peroxyde de manganèse ou un autre suroxyde.

' M; Blôkly de Leeds (1) traite l'aniline par de l'eau régale à une température de 100*.

M. Watson chauffe l'aniline à 80*» avec la moitié de son poids d'eau régale. On obtient un mélange de couleurs rouges, bleues, violettes et brunes. On extrait le rouge par l'eau. Le résidu est traité par l'alcool pour dissoudre le bleu, qu'on précipite par la benzine.

Toutes ces méthodes ou soi-disant découvertes n'offrent pas beaucoup d'intérêt. La plupart rentrent dans les procédés primitifs et nous n'en avons parlé que pour être complets et montrer dans quelle variété de conditions le rouge peut être formé.

En traitant par un acide, l'acide chlorhydrique par exemple, un mélange d'aniline et d'acide pyroligneux brut, on obtient une matière d'un très-beau rouge, qui rappelle par ses caractères la fuchsine (H. Koechlin) (2).

M. Stenhouse, dans un travail sur le furfuroî et ses dérivés, avait indiqué comme une réaction très-sensible de ce corps, la belle coloration rouge qu'il prend en contact avec l'aniline. M. J. Persoz (3) a étudié cette réaction. On ajoute à une solution froide d'acétate d'aniline, une solution aqueuse de furfuroî brut, telle qu'on l'obtient en distillant un mélange de son et d'acide sulfurique étendu. Aussitôt la liqueur devient- rouge, et à chaque addition on voit se produire à la surface un trouble blanc qiiî disparaît par l'agitation ; le 1nel3.cgp.etwt abandonné à lui-même, il se forme contre les parois du vase un dépôt d'une masse poisseuse à reflets verts de cantharides.

(1) Polytechnisches Centralhlatt, 1863, p. 703.

(2) Hépertoire de chimie appliquée^ 1. 1, 404.

(3) Hépertoire de chimie appliquée^ t. U. 220.

Toute l'aniline est presque transformée en matière colorante. Celle-ci est peu soluble dans Teau, sojuble dans l'alcool, l'esprit, de bois et l'acide acétique. Elle est décolorée par rammbfniaqueet.rq?rend sa teinte par l'acide acétique. Elle est soluble dans Tacide aulfurique concentré, l'eau la reprécipite en jBioccMis rouges. Les nuances pures et vives qu'elle donne sur soie et laine, n'ont aucune stabilité et disparaissent en quelques heures. Ce rouge n'est donc pas le même que celui dont nous nous sommes occupés jusqu'à présent.

Page 1