‹ Traité des matières colorantesChapitre 72 sur 124 · Ëcbantilbn d'arsénlte de chrdnie · texte numérisé non relu

Ëcbantilbn d'arsénlte de chrdnie

Cette nuance est de peu de ressource, l'eau chaude la ramenant au vert, le nitrate de chrome exempt de salpêtre ne donne pas le virement violet avec l'ammoniaque.

A cette occasion nous citerons l'observation très-curieuse de M. C. Kœchlln : une dissolution d'acétate de chrome à 13" Baume, additionnée du dixième de son volume d'ammoniaque, donne un composé violet, alcalin, dans les dissolutions étendues duquel l'ammoniaque détermine un précipité.

Lorsque les dissolutions de chrdme ne sont pas h l'état de sous-sels, on peut leur ajouter à l'avance un équivalent d'acide arsénieux ou d'un arsénite alcalin, ce qui dispense d'un verdissage subséquent. On se sert aussi quelquefois de l'acide arsénieux, comme réducteur du bichromate. Dans cette circonstance il se forme de l'arséniate de chrome mélangé de sulfate ou de nitrate, selon que l'on a ajouté de l'acide sulfurique ou de l'acide nitrique. Ces dissolutions mordancent par aérage ou par simple précipitation à l'eau au^lieu d'alcali, et ont l'avantage de donner la teinte la plus verte ; ce qui est d'autant plus remarquable que l'oxyde fixé au tissu et teint en acide arsénique, ne fournit pas une nuance aussi foncée qu'avec l'acide arsénieux.

Le mordant arséniaté se prépare avec :

100 parties de bichromate

98 — d'acide arséaieux

80 — d'acide sulfurique 200 — d'eau.

Il marque 66° Baume. Étendu de 20 fois son volume d'eau, il se décompose à 78"* cent.

On peut charger des tissus (coton ou laine) de vert de chrome au moyen de trempes alternatives en arsénisulfate et en eau bouillante.

On utilise aussi quelquefois les dissolutions alcalines d'oxyde de chrome, lorsqu'on peut opérer sans le secours d'un épaississant.

L'acétate de chrome, préparé ordinairement par double décomposition, est beaucoup plus stable que son congénère aluminique. Les dissolutions ne se décomposent pas par l'ébullition. Cependant par le vaporisage les tissus peuvent en soutirer la base. Ce n'est même que dans ces conditions et avec le concours d'épaississants convenables qu'on tire parti de ce sel. Il a l'avauitage de ne pas coaguler les épaississants à froid.

Sur laine on ajoute de l'acide oxalique (1 équival.).

DE l'oxyde de chrome ENVISAGÉ COMME MORDANT.

L'hydrate de sesquioxyde de chrome est susceptible de se combiner, comme ses analogues isomorphes (sesquioxydes d'aluminium, de fer) avec certaines matières colorantes organiques. Il conserve nécessairement ce pouvoir de former des laques, alors même qu'il est fixé sur tissu.

Il donne : avec la garance une teinte rousse particulière; avec le campêche du noir ou du gris ; avec les bois rouges du puce et du giroflée; avec la cocheAille un faux cramoisi ; du jaune avec les matières colorantes jaunes ; avec le cachou des nuances bois et jaunes (sur laine). En résumé, sauf le cachou

et le campêche, il ne donne pas, sur coton, comme mordant, des nuances avenantes.

Les proportions d'oxyde susceptibles de donner des couleurs foncées avec des décoctions, sont telles qu'elles ne suffisent pas pour être visibles sur blanc.

Le vaporisage ne lui fait pas perdre, comme à l'oxyde de fer, la faculté d'attirer en baiiis de teinture.

C'est la base la plus résistante, même devant les dissolvants desquels elle vient d'être extraite, celle qui détermine le pkis d'insolubilité et de solidité.

On emploie avec avantage des sels de chrome, et notamment l'acétate, comme mordants dans les couleurs vapeurs.

La fabrication retrouve alors tous les avantages de ceUe qui fixe par foulardage en chromate, joint à celui d'éluder le contact des chromâtes forts, et partant de pouvoir arriver avec d'autres couleurs et sur tous les tissus. Plusieurs de ces couleurs peuvent traverser des bains de teinture, même de garance, sans être affectées.

AinsîM.Gam.Kœchlinafabriqué des résédas etdesjaunesgarances.

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