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TERRES VERTES NATURELLES

Sous ce nom, on réunit plusieurs sortes de . substances terreuses vertes, plus ou moins agrégées et tendres. Les unes sont alumineuses, et d'autres point. Leur nuance dérive d'un silicate hydraté de protoxyde de fer. Les plus estimées viennent de Bohême. On les emploie dans la peinture des bâtiments, quelquefois en mélange avec des corps blancs. Leur teinte n'est ni belle ni brillante, mais elle résiste bien aux influences atmosphériques.

VERTS ET BLEUS A BASE DE CUIVRE (l).

Tout le monde sait que la propriété par excellence du cuivre est de communiquer à ses combinaisons salines [cuivriques) des couleurs variant du bleu au vert. De là une foule de méthodes pour la préparation de produits colorés utiles pour la peinture, l'impression des papiers et des tissus.

Quelques-uns reçoivent ou ont reçu d'importantes applications, malgré le danger qu'il y a à faire entrer dans l'usage courant des composés doués de réactions énergiquement toxiques.

(1) Bibliographie générale des couleurs à base de cuivre. Bulletins de la Société d'encouragement, 1814, p. 58; 1815, p. 48 et 159; 1816, p. 210; 1818, p. 215; 1819, p. 62; 1827, p. 326; 1831^ p. 187; 1859, p. 427 ; 1860, p. 693. Annales de chimie et de physique, IV, (1), 137 ; VI, (1), 10; XIII, (1), 48, 65; XXV, (1), 305, 321 ; XXVIII, (I), 119; LVIII, (1), 218; XXXII, (1), 46; LX, (1), 211 ; Vn, (2), 44 ; XXHl, (2), 4i2; XXX, (1), 201. Bulletins de la Société industrielle de Mulhouse, VU, 68 ; Dingler's Polytechnisches Joum,, XIV, 335; XLI, 52; LII^ 271 ; LIX, 158-453; LV, 328; LXXX, 239; XGVH, 442; CV, 158 ; CVI, 157 ; CVIII, 318 ; CXXI, 363; GLV, 465. Annalen der Chenue und Pharmacie, LXXXVIIÏ, 271 ; XCIV, 44. Répertoire de chimie appliquée, I, 148, 395; 111,97; III, 344.

Il est impossible de scinder Thistoire des verts et des bleus à base de cuivre. Il suffit souvent, en effet, d -une légère modilScation dans la composition et le mode de préparation pour faire virer de Tune à l'autre nuance.

Voici la liste de ceux de ces corps dont les applications offrent quelque intérêt :

l"" Hydrocarbonates verts et bleus, naturels et artificiels (malachite ; azurite, cendres bleues) ;

2° Hydrate d'oxyde de cuivre pur ou intimement mélangé à de l'hydrate de chaux ou du sulfate de chaux (bleus et verts de Brème) ;

3° Arsénite de cuivre (vert de Scheele) ;

4" Acéto-arsénite de cuivre (vert de Schweinfurt, vert mitis) ;

5° Vert de Brunswick ou mélange de vert de Scheele, d'hydrate de cuivre et de sulfate de chaux ;

6° Oxychlorure de cuivre ;

7* Borate de cuivre.

Malachite. — Le cuivre carbonate vert naturel est remarquable par sa belle teinte vert-émeraude. Son éclat est vitreux, ou soyeux, quelquefois adamantin. Il présente dans le même échantillon des zones concentriques, dont les unes sont foncées et les autres claires .

Aussi lorsqu'on taille et qu'on polit la malachite, on obtient souvent de très-beaux effets. Elle se rencontre généralement en rognons concrétionnés, à cassure fibreuse, rayonnée. Les grandes masses sont rares et d'un prix élevé. On voit au Trianon un magnifique bassin et de grandes plaques en malachite, envoyés à Napoléon I" par l'empereur de Russie. Le principal gisement de ce produit est en Sibérie.

Les variétés terreuses dérivent de l'altération lente, au contact de l'air, des minerais de cuivre (1).

Le vert de montagne a été reproduit artificiellement pour

(t) Dufrénoy, Traité de minéralogie^ lU^ 123.

les besoins de la peinture, mais il n'est plus guère employé. On vend aussi sous ce nom des mélanges d'arsénite de cuivre et de substances blanches (sulfate de baryte).

co.

Pour préparer Thydrocarbonate vert Ou*, [ 0*, on préci-

pite une solution tiède de sulfate de cuivre exempt de fer, par un léger excès de carbonate de potasse ou de soude. Le précipité lavé, séché et pulvérisé constitue une couleur peu intense, qui prend plus d*éclat sous l'influence de l'huile. Elle ne sert que dans la peinture à l'huile ou à l'eau.

Ce sel se décompose par la chaleur en laissant un résidu noir d'oxyde. D se dissout avec effervescence dans les acides ; le liquide offre les caractères des sels de cuivre.

L'ammoniaque le dissout entièrement, tandis que les substances étrangères restent comme résidu.

On évalue la richesse du produit en le mélangeant avec une proportion déterminée de blanc.

Azurite ou cuivre bleu naturel. — Le règne minéral le fournit en cristaux nets et éclatants, d'un très-beau bleu. Leur forme est celle d'un prisme rhomboïdal oblique. Les mines du Ghessy (Rhône) et celles de Nikolajewsk (Oural) sont les plus riches .

L'azurite a une composition représentée par la formule 2(00),) .

Cu^ 0«.

D'après Phillips (1), onapréparé artificiellement l'azurite, par un procédé tenu secret. Ce produit porte dans le commerce le nom de bleu verdâtre. Les analyses de Phillips semblent, en effet, démontrer l'identité des composés naturel et artificieL

Les cendres bleues fournies par la méthode de M. Payen paraissent plutôt être composées d'hydrate de cuivre.

(1) Annales de chimie et de physique, (î), VH, p. 44.

MATIÈRES COLORANTES VEnTËS. 29i

En effet, après avoir formé une solution de chlorure de cuivre, en précipitant du vitriol bleu par du chlorure de calcium et en décantant le liquide qui surnage lé dépôt de sulfate de chaux, M. Payen sature incomplètement par de la chaux bien éteinte. Le précipité vert d'oxychlorure de cuivre est filtré et égoutté et traité, par portions correspondant à 8 ki* logrammes de produit sec, par 1 kilogramme de lait de chaux et ^ô de litre dépotasse pure dissoute et marquant 1S° Baume. On remue vivement et on broie rapidement au moulin. La bouillie est enfin mise en* digestion dans des bouteilles fermées avec un mélange de 250 grammes de sel ammoniac dissous dans 4 litres d'eau, et de SOO grammes de vitriol bleu dissous dans 4 litres d*eau.

E est évident que Texcès de chaux contenu dans la bouillie doit réagir sur le chlorure de ciiivre du mélange et précipiter une nouvelle dose d'hydrate d'oxyde. Il ne reste plus qu'à laver et à sécher.

M. Péligot prépare un hydrate bleu susceptible de servir en peinture, en précipitant par un alcali un sel de cuivre dissous dans beaucoup d'eau et additionné d'un léger excès d'ammoniaque, soit en versant de la soude dans un sel de cuivre ammoniacal, soit en ajoutant beaucoup d'eau à une dissolution d'azotate de cuivre légèrement ammoniacal. La présence de l'ammoniaque libre ne favorise pas, comme celle d'un alcali fixe, la déshydratation du composé et son passage au noir.

L'ammoniaque caustique dissout 7 à 8 p. 100 de cet hydrate bleu.

Ces couleurs n'offrent plus, du reste, qu'un intérêt secondaire ; nous n'insisterons donc pas sur leur histoire, pas plus que sur celle des bleus et verts de Brème obtenus par des méthodes semblables. (Précipitation du vitriol bleu par la potasse, employée en quantité suffisante pour former un sulfate basique vert insoluble, et transformation de ce dernier en hydrate par addition d'une nouvelle quantité de potasse

caustique mélangée à du carbonate. La couleur doit être bien lavée avant la dessiccation, autrement elle deviendrait noire.) Le bleu calcaire (mélange intime de sulfate de chaux et d'hydrate de cuivre) s'obtient en précipitant, par la chaux, du sulfate de cuivre ammoniacal. Cette couleur est plus franchement bleue que.celle de Brème. Elle couvre assez bien avec Teau, mais mal avec l'huile.

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