‹ Traité des matières colorantesChapitre 75 sur 124 · VERT DE SCHEBLE OU ARSÉNITE DE CUIVRE · texte numérisé non relu

VERT DE SCHEBLE OU ARSÉNITE DE CUIVRE

Le produit commercial se présente ordinairement en fragments tabulaires irréguliers, cassants, d'un vert jaunâtre plus ou moins clair. La chaleur le décompose en eau, acide arsénieiix, arséniure et arséniate de cuivre.

La potasse à l'ébullition le change en oxydule de cuivre, en même temps il se dissout de l'arséniate et de l'arsénite alcalin. L'ammoniaque le dissout sans coloration.

Préparation. — Scheele prescrit de précipiter une solution chaude de 32 parties de vitriol bleu, par une solution claire et chaude de H parties d'arsenic blanc dans 32 parties de potasse.

Suivant Gentele, on dissout 100 livres de sulfate de cuivre dans 500 livres d'eau; le liquide est versé dans de grandes cuves en partie remplies d'eau.

D'un autre côté on dispose : 1"* d'une solution de potasse caustique; 2* d'une solution de 10 à 12 livres d'acide arsénieux, dans 20 livres de potasse perlasse. On ajoute au vitriol, d'abord l'arsénite, puis l'alcali, en remuant bien; on lave, on filtre et on exprime.

Rien n'empêche de remplacer la potasse par la soude. La couleur est d'autant plus claire qu'on a employé plus d'acide arsénieux.

Le vert de Brunswick se forme dans des conditions à peu près semblables. On précipite 100 livres de sulfate de

cuivre additionné de 2 livides de crème de tartre, par une solution de 350 grammes d'acide arsénieux dans 10 livres de potasse perlasse et 22 livres de chaux préalablement éteinte.

Cette couleur représente évidemment un mélange d'arsénite de cuivre, d'hydrate de cuivré et de sulfate de chaux. Elle est d'un vert bleuâtre clair, et sert dans la peinture à Teau etàThuile; mais ses applications sont aujourd'hui fort restreintes.

On trouve en Allemagne plusieurs sortes de verts, connus sous les noms de Neuwidergrûn.

L'une d'elles se prépare comme le vert de Brunswick, et contient seulement plus d'arsenic (2 livres et demie p. 100 de sulfate) ; aussi sa teinte es-elle moins bleutée. Ce produit est en outre mélangé à du sulfate de baryte naturel.

Une seconde espèce s'obtient en combinant directement l'hydrate de cuivre précipité par la chaux (voir le bleu calcaire), avec de l'acide arsénieux.

Enfin une troisième qualité de ce vert n'est autre chose qu'un mélange de vert de Schweinfurt et de sulfate de baryte ou de chaux.

L'arsénite de cuivre se fixe sur tissu par voie chimique, Ainsi en plaquant ou en imprimant un sel de cuivre et er^ passant en soude, on a de l'hydrate de cuivre blanc bleuâtre, adhérent à la fibre ; il est facile de le faire virer au vert en teignant en acide arsénieux ; ou bien encore, on plaque en arsénite de soude et on passe dans un bain de nitrate de cuivre, ou de sulfate de cuivre ammoniacal (1).

Page 1