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CXV. Quant à l'humeur des surfaces ar

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ticulaires et des gaines tendineuses, il paroît que , très-analogue à celle des cavités , elle en diffère cependant par la nature de l'albumine qu'elle contient. Voyez , à ce sujet , l'analyse qui en a été présentée dans les Annales de chimie.

CXVÏ. Le principal usage de ce fluide, en lubrifiant les surfaces , est d'empêcher les adhérences, inévitable effet, sans lui, du frottement qu'elles éprouvent. Ce frottement est continuel partout où se trouvent ces membranes. Comment les auteurs mécaniciens du siècle passé, qui dans l'économie organique ont tant attribué aux lois physiques , n'ont-ils pas imaginé de trouver dans ce frottement une des causes de la propagation de la chaleur animale? Comment ce frottement n'a-t-il pas été ajouté par eux à celui de la circulation?

CXVII. La surface externe des membranes séreuses adhère presque partout aux organes voisins ; il est rare en effet de voir ces membranes isolées des deux côtés. L'arachnoïde £ la base du crâne, et quelques autres exemples, font exception. Cette adhérence des membranes séreuses à leurs organes respectifs est toute différente de celle des membranes fibreuses, Dans celle-ci, le passage des vaisseaux unit.

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tellement les deux parties, que leur organisation semble commune, et que l'une étant enlevée, l'autre meurt presque toujours, comme on le voit dans le périoste par rapport aux os, etc. Au éontraire * toute membrane séreuse est presque étrangère à l'organe qu'elle entoure; son organisation n'est point liée à la sienne.

CXVI1I. J'examinerai plus bas les preuves de la première assertion, relative aux membranes fibreuses. Voici celles de la seconde par rapport aux séreuses. i°. On voit très-souvent ces membranes abandonner et recouvrir tour à tour leurs organes respectifs. Ainsi les ligaments larges, très-éloignés de la matrice dans l'état ordinaire , lui servent de membrane séreuse pendant la grossesse; l'intestin qui se distend emprunte du mésentère une enveloppe, qui le quitte lorsqu'il se contracte; l'épiploon est tour-à-tour, comme l'a très-bien observé M. Chaussier, membrane flottante dans le bas-ventre, et tunique de l'estomac. Souvent l'enveloppe péritonéale delà vessie l'abandonne presque en totalité ; le sac herniaire de ces énormes déplacements des viscères gastriques n'a-t-il pas primitivement servi à tapisser les parois du bas -ventre, etc.? Or, il est évi-

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dent que, puisque les divers organes peuvent exister isolément de leurs membranes séreuses, il n'y a nulle connexion entre leur organisation réciproque. 2°. C'est toujours un tissu lâche, facile à se distendre en tous sens , qui sert de moyen d'union, et jamais un système vasculaire sanguin , comme dans la plupart des autres adhérences. 5°. L'affection d'un organe n'est point une conséquence nécessaire de celle de sa membrane séreuse, et réciproquement; souvent l'organe s'affecte sans que la membrane devienne malade. Par exemple, dans l'opération de l'hydrocèle. le testicule reste presque constamment intact au milieu de l'inflammation de sa tunique vaginale : l'inflammation de la membrane muqueuse des intestins n'est point une suite de celle de leur enveloppe péritonéale ; et réciproquement , dans les diverses affections calarrhales aiguës des organes à membrane muqueuse au-dedans et séreuse au-dehors , on ne voit point celle-ci s'enflammer, etc. En un mot, les affections des membranes muqueuses sont partout trèsdistinctes de celles des séreuses , quoique le plus communément toutes deux concourent à la formation du même organe. Il est évident qu'une ligne de démarcation si réelle dans les

affections en suppose inévitablement une dans l'organisation ; la vie des membranes séreuses est donc entièrement isolée de celle de leurs organes correspondants.

CX1X. Cependant il est des cas où ces sortes de membranes cessent de présenter cette laxité d'adhérence . et où elles deviennent tellement unies aux organes qu'elles tapissent, que le scalpel le plus fin ne sauroit souvent les séparer. Voyez la tunique vaginale sur l'albuginée, les deux feuillets fibreux et séreux du péricarde, la synoviale sur les cartilages, l'arachnoïde sur la dure-mère et autres membranes dont il sera question à l'article des séro-fibreuses , etc. Telle est la connexion de ces diverses surfaces, que plusieurs ont été prises jusqu'ici pour une membrane unique. Il n'y a cependant pas plus d'identité d'organisation que là où les membranes séreuses sont plus foiblement attachées à leurs organes respectifs, comme on le voit au péritoine, à la plèvre, etc.

§ IV. Organisation intérieure, des membranes séreuses.

CXX. Une couleur blanchâtre, reluisante, moins éclatante que celle des aponévroses ; une

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épaisseur variable , sensible sur le foie , le cœur, les intestins, etc., à peine appréciable dans l'arachnoïde, l'épiploon, etc; une transparence remarquable toutes les fois qu'on décolle ces membranes dans une étendue un peu considérable, ou qu'on les examine là où elles sont libres par leurs deux faces, comme à l'épiploon : voilà leurs premiers caractères de structure.

CXXI. Toutes n'ont qu'un feuillet unique dont il est possible , aux endroits où il est épais , d'enlever des couches cellulaires», mais qu'on ne peut jamais nettement diviser en deux ou trois portions , caractère essentiellement distinctif de ceux des membranes muqueuses. L'action d'un vésicatoire appliqué sur leur surface externe préliminairement mise à nu. par exemple, sur une portion d'intestin fixée au-dchors dans un animal vivant, n'y fait point, comme à la peau, soulever une pellicule sous laquelle s'amasse la sérosité. J'ai plusieurs fois fait cet essai. Quelle est la composition immédiate de ce feuillet unique des membranes séreuses?

CXX1I. Tout organe est en général un assemblage, i° de tissu cellulaire, qui en est comme le moule , le canevas ; 2° d'une ma-

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tière particulière qui se dépose dans ce canevas, par exemple , de gélatine pour les cartilages , de gélatine et de phosphate calcaire pour les os, de fibrine pour les muscles, etc. ; 5° de vaisseaux apportant et rapportant cette matière de la nutrition ; 4° des nerfs. Ce qui rapproche les organes , ce sont donc l'organe cellulaire , les vaisseaux et les nerfs ; ce qui les distingue , c'est leur matière nutritive. Un os deviendroit muscle , si , sans rien changer à sa texture , la nature lui imprimoit la faculté de sécréter la fibrine et de s'en encroûter, au lieu de séparer et s'encroûter de phosphate calcaire. Or, les membranes séreuses ne paroissent point avoir à elles de matière nutritive distincte; elles ne sont point, sous ce rapport, un organe sui generis ; elles ne sont tissues que du moule, du canevas des autres, et non pénétrées d'une matière qui les caractérise. Toutes formées de tissu cellulaire, elles ne diffèrent de ce tissu dans sa forme commune que par un degré de condensation, que par le rapprochement et l'union des cellules, qui se trouvent écartées dans l'état ordinaire.

CXX1II. Voici sur quelles preuves repose la réalité de cette texture toute cellulaire , que j'attribue aux membranes séreuses : 1°. Il y a

identité de nature là où il se trouve identité de fonctions et d'affections. Or, il est évident que les usages de ces membranes et du tissu cellulaire relativement à l'absorption et à l'exhalatioD continuelles de la lymphe sont absolument les mêmes , et que les phénomènes des diverses hydropisies leur sont absolument communs, avec la seule différence de l'épanchement dans les unes et de l'infiltration dans l'autre. L'insufflation de l'air dans le tissu sous-jacent à ces membranes finit presque par les ramener à un état cellulaire, lorsqu'elle réussit et qu'on la pousse un peu loin. 3°. La macération , comme l'a très-bien remarqué Haller , produit toujours le même effet , mais d'une manière plus sensible encore. 4°- Les divers kystes, les hydatides, etc., dont l'aspect, la texture, la nature même, sont absolument les mêmes que dans les membranes séreuses , comme nous le verrons, naissent toujours au milieu du tissu cellulaire, croissent à ses dépens , et en soift tous formés. 5°. Aucune fibre ne se rencontre dans les membranes séreuses, caractère distinctif des autres organes, et analogue à celui du tissu cellulaire.

CXXIV. D'après cette texture des membranes séreuses , il est évident que le système

lymphatique entre essentiellement dans leur formation , qu'elles ne sont même vraisemblablement qu'un entrelacement d'exhalants et d'absorbants ; car on sait que l'organe cellulaire en est un assemblage; mais cette assertion , que dicte l'analogie . est appuyée encore sur des preuves directes. i°. Le fluide des hydropisies des diverses cavités varie en densité et en couleur : or, Mascagni a toujours observé que les lymphatiques de leur voisinage côntenoient un fluide exactement analogue. 2°. Deux cadavres ayant un épanchement sanguin dans la poitrine ont offert au même auteur les absorbants du poumon gorgés de sang. 5°. Dans un homme devenu emphysémateux à la suite d'un empoisonnement, les vaisseaux étoient distendus par l'air. 4°. Injectés dans le bas-ventre ou dans la poitrine, des fluides colorés se retrouvent bientôt après , dit-on , dans les lymphatiques voisins avec la même couleur. J'ai répété souvent cette expérience ; le fluide injecté a été bientôt absorba, mais non la matière qui le coloroit, en sorte que cette matière, plus condensée après l'absorption, teignoit la surface séreuse, les lymphatiques étant transparents comme à l'ordinaire. Il faut choisir en général l'abdomen pour ces sortes

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d'expériences, parce que, très à nu sur le foie , les absorbants peuvent y être plus facilement examinés. Cette faculté absorbante se conserve quelque temps après la mort ; mais on doit avoir soin, pour en obtenir alors plus sûrement l'effet, de conserver l'animal, s'il est à sang chaud, dans un bain à peu près à sa température: j'ai eu plusieurs fois l'occasion de m'assurer de cette vérité, et d'observer avec Cruikshanck que ce que dit Mascagni sur l'absorption des cadavres humains, quinze, trente, quarante-huit heures même après la mort^est au moins extrêmement exagéré *.

* N'est ce point a la permanence de cette faculté absorbante après la mort, qu'il faut en partie attribuer la vacuité du système artériel qu'on observe alors? Souvent, en effet, les artères contiennent encore une assez grande quantité de la portion fibreuse du sang, ramassée en caillots, mais toujours la sérosité a disparu. Or, si, comme on l'a dit, la vacuité de ce système étoit entièrement due à un dernier effort pour pousser le sang dans le système veineux qui ne fait point de résistance 1 tandis que le sang de ce dernier système en trouve une trèsgrande dans la plénitude déterminée dans l'oreillette droite, par la non-action du poumon; si, dis-je, la vacuité des artères étoit toute due à une semblable

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5°. Voici une expérience qui me sert, chaque année , à démontrer les absorbants : je fais macérer pendant cinq à six heures le cœur d'un bœuf dans l'eau ; au bout de ce temps, la membrane séreuse de cet organe , qui ne laissoit apercevoir que difficilement les vaisseaux , en paroît couverte. 6°. Lorsque les membranes séreuses s'enflamment, on voit les lymphatiques sous-jacents distendus, comme

cause, il semble que cette cause devroit s'exercer sur la portion fibreuse comme sur la sérosité; que, dans ce dernier effort, le sang devroit passer dans son état naturel, et tout entier dans le système veineux. Lors donc qu'on trouve des caillots dans le sy tème artériel , il est probable que les artères n'ayant point eu la force d'expulser tout le sang , celui-ci s'est décomposé ; que sa portion séreuse a été reprise par les absorbants qui s'ouvrent à leur surface interne, et que la fibreuse est restée , comme on le voit d'ailleurs dans la résolution de la plupart des ecchymoses. î\ 'est-ce point là aussi ce qui arrive dans le cœur, lorsqu'il nous présente, après la mort , beaucoup de caillots fibreux et point de sérosité? Au reste, toutes ces idées sont des conjectures que d'ultérieures recherches doivent confirmer (1).

(1) Ces phénomènes que Bichat cherche à expliquer, sont de pars résultats d'imbibitioD.

elles, par les globules rouges du sang, etc., etc. (1)

CXXY. Il paroît donc démontré, i° que les absorbants s'ouvrent par une infinité d'orifices sur les membranes sérquses ; 20 que leurs racines, mille fois entrelacées entre elles et avec les orifices des exhalants, concourent spécialement à former leur tissu; 5° que la difficulté de distinguer les pores absorbants et exhalants sur leurs surfaces n'est point une raison d'en nier l'existence , cette difficulté tenant , et à leur extrême ténuité . et à la direction oblique avec laquelle ils s'ouvrent entre les lames de ces membranes: aussi l'obliquité de l'insertion du conduit de Warthon, du cholédoque même, en rend-elle l'inspection très-difficile, quoique ces conduits soient infiniment plus considérables ; 4° que, d'après cette structure, il faut

(1) Tout ce qui est inexact et même erroné dans cet article, tient à ce qu'à Pépoque où écrivait l'auteur, toute absorption ou exhalation était attribuée à l'action vitale de prétendus vaisseaux nommés exhalans ou absorbans ; on ignorait alors que ces phénomènes sont en très-grande partie physiques, et tiennent à la propriété d'imbibition , ainsi que je l'ai démontré par un grand nombre d'expériences.

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regarder les membranes séreuses toujours disposées , ainsi que nous l'avons vu , en forme de sac sans ouverture , comme de grands réservoirs intermédiaires aux systèmes exhalant et absorbant, où la lymphe, en sortant de l'un, séjourne quelque temps avant d'entrer dans l'autre, où elle subit, sans doute, diverses préparations que nous ne connoîtrons jamais , parce qu'il faudroit l'analyser comparativement dans ces deux ordres de vaisseaux, ce qui est presque impossible , au moins pour le premier, et où enfin elle sert à divers usages relatifs aux organes autour desquels elle forme une atmosphère humide.

CXXVi. Entre-t-il des vaisseaux sanguins dans la structure des membranes séreuses? Ces vaisseaux sont très - nombreux autour d'elles, comme on le voit au péritoine, au péricarde , à la plèvre , etc. ; ils rampent sur leur face externe, s'y ramifient: mais j'ai toujours douté qu'ils fissent réellement partie de. leur tissu , et même je suis presque convaincu du contraire: les considérations suivantes appuient mon opinion. i°. Dans les cas où ces vaisseaux sont injectés, on les enlève facilement avec le scalpel de la face externe de ces membranes, sans intéresser leur continuité ; ce qu'il est

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impossible de faire jamais dans les fibreuses ni les muqueuses. 2°. En examinant ces membranes là où elles sont libres par l'une et l'autre de leurs faces, aucun vaisseau sanguin n'y est sensible : l'arachnoïde à la base du crâne en fournit un exemple. 5°. Les vaisseaux changent fréquemment de rapport avec ces membranes. J'ai prouvé dans la note des pages 5o et 5^, que lorsque l'épiploon s'applique sur l'estomac dans sa plénitude, les vaisseaux qu'il contient entre ses lames ne remontent point avec lui sur ce viscère , à cause de la grande coronaire stomachique qui s'y oppose. Lorsqu'on injecte des cadavres affectés de hernies volumineuses . on ne voit point les vaisseaux rampants dans l'état ordinaire, sur la surface du péritoine qui correspond à l'anneau , se prolonger inférieurement sur le sac herniaire. Il ne paroît pas que les vaisseaux que l'on observe dans les ligaments larges de la matrice les suivent dans le déplacement considérable qu'ils éprouvent lors de la grossesse , etc.

CXXVII. Je crois dbnc assez probable que les membranes séreuses n'ont point à elles des vaisseaux sanguins ; que ce qu'on appelle artères du péritoine, de la plèvre, etc., ne sont

que des troncs rampants sur leur surface externe, susceptibles de l'abandonner lorsqu'elles se déplacent, leur étant pour ainsi dire étrangers, n'entrant point immédiatement dans leur structure , à laquelle les systèmes absorbant et exhalant concourent presque seuls. Sans doute il existe des communications entre le système artériel et les membranes séreuses, au' moyen des exhalants; mais rien de précis n'est encore connu sur la nature , la disposition, et même jusqu'à un certain point les fonctions de ces vaisseaux.

§ V. Forces vitales des membranes séreuses.

CXXVIII. Il y a une très-grande différence entre la sensibilité des membranes précédemment examinées et celles des membranes séreuses; celles-ci, profondément situées , constamment hors du contact de tout corps étranger , ne jouissent que d'un sentiment obscur ; elles sont peu susceptibles de causer une impression douloureuse par leur irritation.

Voilà pourquoi, lorsque dans un animal vivant on les met à découvert, et qu'on les irrite avec des agents chimiques ou physiques , l'animal

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reste tranquille (i); mais l'action de ces excitants, qui, flans l'état d'intégrité de ces membranes, n'est d'abord pas sensible, devient bientôt très-pénible, très-douloureuse même, pour peu qu'elles restent exposées à l'air. Ce phénomène n'y est point, au reste, exclusivement observable. Tous les organes blancs , les tendons, les ligaments, les cartilages, en un mot , toutes les parties que Haller a appelées insensibles , ne font presque éprouver aucune sensation à l'animal par le contact des corps extérieurs, lorsque ce contact s'exerce dans leur état naturel, quand elles ont récemment été mises à découvert ; mais si le séjour à l'air, ou d'autres causes, les irritent, les euflamment, elles deviennent d'une extrême sensibilité.

(i) Il est assez fréquent de rencontrer des animaux, et même des hommes , chez qui les surfaces séreuses sont d'une exquise sensibilité; chez d'autres, au contraire, on les jugerait insensibles; car aucun contact, piqûre, etc., n'excite de <louleur. Il est difficile de juger de la sensibilité de ces membranes par les réactifs chimiques; car, en raison de leur perméabilité , les agens chimiques les traversent rapidement et vont agir sur les parties sous-jacentes qui sont souvent des nerfs.

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CXX1X. Pour bien concevoir ce l'ait essentiel, remarquons qu'il est deux espècesde sensibilité, l'une purement organique , l'autre de relation. La sensibilité organique est cette faculté par laquelle un organe reçoit l'impression d'un corps qui agit sur lui , sans transmettre cette impression au centre commun : ainsi , les glandes sont sensibles à la présence du sang qui y aborde; les conduits excréteurs, à celle des fluides qu'ils contiennent, etc. Sur cette espèce de sensibilité roulent les phénomènes de la digestion, de la circulation, delà respiration, des sécrétions, de l'absorption, de la nutrition, etc.; elle préside à la vie intérieure, à la vie organique, à celle qui est destinée à composer et à décomposer sans cesse l'animal , à assimiler et à rejeter les substances qui le nourrissent. La sensibilité de relation est celle par laquelle nos organes sont susceptibles nonseulement de recevoir l'impression des corps qui agissent sur eux, mais encore de rapporter cette impression au scnsorium commune ; c'est par cette sensibilité que l'animal est en rapport avec tout ce qui l'environne; c'est d'elle que dépendent les phénomènes de l'action des sens, du cerveau, etc.; c'est elle qui préside à la vie extérieure ou animale, ainsi appelée,

parce que les animaux seuls en sont cloués , l'autre leur étant commune ainsi qu'aux végétaux (î).

CXXX. La sensibilité organique est le principe, l'élément de la sensibilité de relation: c'en est pour ainsi dire le premier degré ; en sorte que lorsqu'elle augmente beaucoup dans un organe, elle prend le caractère de sensibilité de relation, et cet organe rapporte au centre commun les impressions qu'il reçoit et qu'auparavant il n'y transmettoit pas . ou qu'il n'y rapportoit que très-confusément. Or, il est évident que l'effet de l'inflammation est d'exalter dans les parties leur sensibilité organique , de la faire passer par conséquent à l'état de sensibilité de relation. D'après cela , il est facile de concevoir comment les tendons, les os, les cartilages, les membranes séreuses, et autres organes appelés insensibles par Haller, ne fout éprouver aucune sensation pénible à

(î) La sensibilité organique est un être imaginaire dont Bichat a souvent abusé en cherchant à expliquer des phénomènes inexplicables. Dire qu'elle est un premier degré de la sensibilité animale ou cérébrale, c'est faire un paradoxe sans aucune espèce de fondement.

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l'animal, lorsqu'on les irrite immédiatement après les avoir mis à découvert. En effet , comme ils sont alors dans leur état naturel , et que dans cet état la sensibilité organique est leur seul partage, ils ne peuvent transmettre au cerveau d'autres impressions que l'impression générale du tact. Mais s'ils restent à nu pendant quelque temps, l'air les enflamme, la sensibilité organique se transforme en celle de relation; tout contact d'un corps étranger sur eux devient et perceptible et douloureux pour l'animal (1).

CXXX1. Comment la nature , en augmentant ainsi dans une partie la sensibilité organique , la transforme-t-elle en sensibilité de relation? Comment se fait ce passage de l'une à l'autre? Contentons-nous d'énoncer le fait sans soulever le voile qui en couvre le principe. Toute doctrine des forces vitales ne peut jamais être qu'une série de données fondées sur l'observation. Indiquer les phénomènes ,

(i) Ceci est beaucoup trop général: il arrive souvent au conlraire qu'au milieu d'une large plaie en suppuration , on trouve les tendons, cartilages , aponévroses , complètement insensibles , comme dans l'état le plus sain.

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s'abstenir même souvent de rechercher la connexion qu'ils oqt entre eux , c'est presque toujours ici ce que nous avons à faire (1). J'observe, au reste, que mille causes, autres que le contact de l'air, en enflammant les membranes séreuses, peuvent exalter leur sensibilité organique, et la transformer en sensibilité de relation , quoique ces membranes ne soient pas mises à découvert. L'histoire de leurs phlegmasies est à consulter sur ce point.

CXXXII. Est-ce à l'excès de la sensibilité des membranes muqueuses sur celle des membranes séreuses, qu'il faut attribuer le phénomène suivant? Lorsque les premières sortent au-dehors, dans les chutes de l'anus, du vagin, etc. , elles conservent toujours à-peu-près le degré de chaleur qui leur est naturel, à moins qu'il n'y ait étranglement. Les secondes , au contraire, sont-elles mises à nu dans une plaie, comme on le voit dans les anses d'intestins retirées du ventre d'un animal , elles se refroidissent bientôt, restent long-temps à un

(1) Les principes qu'émet ici Bichat sont très sages cl vraiment philosophiques; il est à regretter que s.on imagination active l'ait trop souvent conduit à s'en écarter.

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degré de température inférieur, et ne reprennent celui qui leur est ordinaire que lorsque l'inflammation commence à survenir et exalte leur sensibilité.

CXXXIII. J'ai fait à cet égard une remarque qui prouve bien ce qui a été avancé plus haut , c'est-à-dire l'isolement de la vie des membranes séreuses d'avec la vie des organes qu'elles embrassent. En effet . quoique l'anse de l'intestin restée ainsi à l'air se refroidisse au-dehors , cependant la portion correspondante de membrane muqueuse conserve sa chaleur, comme on peut s'en assurer en fendant l'intestin et y introduisant le doigt; et même si on retire une portion du tube intestinal, qu'on la fende de manière à ce qu'elle présente en même temps à l'air une surface séreuse et une surface muqueuse, l'une est déjà froide, que l'autre n'a encore rien perdu de sa température habituelle (i).

(1) Le phénomène dont parle Bichat lient au mode de circulation du sang dans les deux membranes : dans la séreuse, le sang est très-peu abondant, et passe privé de ses parties colorante et fibrineuse ; sa marche est lente, et sa quantité peu considérable. Pans les muqueuses, au contraire, les vaisseaux san-

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CXXXIV. Les forces toniques des membranes séreuses sont caractérisées, i° par l'absorption qui s'y opère , et à laquelle président tellement ces forces , que dès qu'une cause quelconque frappe ces membranes d'atonie, l'absorption cesse et l'hydropisie survient; -a0 par la contraction lente et graduée qu'elles éprouvent à la suite de l'évacuation naturelle ou artificielle des fluides de ces hydropisies ; 5° par l'augmentation manifeste et subite de ces forces toniques, dans le cas où ces collections aqueuses sont tout-à-coup évacuées , ou repassent avec rapidité dans le torrent circulatoire; 4° par l'analogie du tissu cellulaire, qui, identique dans sa nature et ses propriétés vitales avec les membranes séreuses , jouit, comme on sait, d'une tonicité très-prononcée en certains endroits , au dartos , par exemple.

guins sont très-nombreux, fort gros comparativement à ceux des séreuses ; le sang en totalité les traverse- Rien d'extraordinaire donc qu'elles conservent plus long- temps la chaleur : toutefois, malgré ces conditions circulatoires avantageuses , ces membranes se refroidissent presqu'aussi promplement que les séreuses.

CXXXV. Les membranes séreuses sont douées d'une extensibilité beaucoup moins étendue que ne semblent le faire croire , au premier coup d'œil , les énormes dilatations dont elles sont susceptibles en certains cas. Le mécanisme de leur dilatation le prouve évidemment. Ce mécanisme tient à trois causes principales: i°au développementdes plis qu'elles forment , et c'est ici la plus influente des trois causes. Voilà pourquoi le péritoine , celle de toutes les membranes de cette classe la plus exposée aux dilatations, à cause de la grossesse, des hydropisies, des engorgements viscériques, là plus fréquents qu'ailleurs; voilà, dis-je, pourquoi le péritoine présente un si grand nombre de ces replis. Voilà encore pourquoi on les observe surtout autour des organes sujets à des alternatives habituelles de contraction et de resserrement , comme autour de l'estomac, des intestins, de la matrice, de la vessie : très-manifestes dans ce premier état , ils sont apparents dans le second. 2°. L'ampliation des cavités séreuses tient aux déplacements dont leurs membranes sont susceptibles. Ainsi . lorsque le foie grossit considérablement . sa membrane séreuse augmente en partie son étendue aux dépens de celle du dia-.

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phragme , qui, tiraillée, se décolle et s'applique sur le viscère engorgé. J'ai vu , dans un anévrysme du cœur, le péricarde, qui n'avoit pu que très-peu céder, être détaché en partie de la portion des gros vaisseaux qu'il recouvre. 5°. Enfin ces membranes subissent dans leur tissu une distension , un allongement réels. Mais c'est en général la cause la moins sensible de l'ampliation de leur cavité ; ce n'est même que dans les ampliations considérables qu'elle a une influence marquée ; dans les cas ordinaires , les deux premières causes suffisent presque toujours.

CXXXVI. Remarquons , en passant , que l'augmentation d'étendue d'une partie de l'organe cutané a souvent beaucoup d'analogie avec celle des surfaces séreuses. Par exemple, dans les sarcocèles extrêmement volumineux , la peau qui les recouvre s'accommode à leur étendue, i° par le développement des plis du scrotum ; 2° par le tiraillement de la peau de la verge, de la partie supérieure des cuisses, qui s'applique sur la tumeur ; 5° par une extension réelle de celle qui correspond , dans l'état ordinaire, au testicule.

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§ VI. Sympathies des membranes séreuses.

CXXXVII. J'ai divisé les sympathies en trois classes ; savoir, i° en sympathies de sensibilité , ou en celles qui , à l'occasion de l'irritation d'une partie, déterminent une douleur ou un sentiment quelconque dans une autre partie ; 2° en sympathies d'irritabilité , que caractérise la contraction d'un organe musculeux , à la suite de l'application d'un stimulus sur un autre organe plus ou moins éloigné; 5° en sympathies de tonicité , qui se manifestent quand un organe étant excité , un autre reçoit un surcroît de forces toniques. Je ne connois pour les membranes séreuses que les phénomènes sympathiques de la première et de la seconde classe.

CXXXVII1. i°. On observe dans la frénésie où l'arachnoïde est irritée une extrême sensibilité de l'œil et de l'oreille; 2° daus l'opération de l'hydrocèle par l'injection, l'irritation de sa tunique vaginale est souvent accompagnée de douleurs très-vives dans la région lombaire. ; 5° l'affection inflammatoire de la plèvre d'un côté est fréquemment la cause d'une douleur dans la plèvre du côté opposé . sans que dans

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les cadavres de ceux où cette douleur a eu lieu on observe une inflammation de ce côté , etc. , etc. Voilà des sympathies de sensibilité.

CXXXIX. Les sympathies de tonicité sont caractérisées dans les membranes séreuses par les phénomènes suivants: i° quand une portion même très-petite du péritoine est irritée, comme dans le pincement d'un point de la surface intestinale, souvent la totalité de la membrane s'enflamme. 2°. L'inflammation de la plèvre a déterminé quelquefois , comme l'observe Barthez, celle du cerveau, et réciproquement; l'inflammation des deux plèvres se succède assez souvent, et l'affection «le l'une naît alors sympathiquement de celle de l'autre. 5°. Si l'on irrite une portion du mésentère d'un reptile , toutes les parties voisines reçoivent un surcroît de forces toniques, surcroît qui change toutà-coup la direction que ces forces imprimoient aux humeurs , et fait que le point irrité devient le centre de la circulation capillaire de la partie. Haller, Fontane et plusieurs autres ont répété ces expériences. Dans tous ces cas , et divers autres que je pourrois ajouter , il y a évidemment surcroît de tonicité dans un point autre que celui irrité. Barlhez classe ces plié-

nomènes et autres analogues parmi les sympathies des vaisseaux sanguins.

§ VII. Fonctions des membranes séreuses

CXL. J'ai indiqué les fonctions des membranes séreuses relatives au système lymphatique; j'ai montré ces membranes comme de grands réservoirs intermédiaires aux systèmes exhalant et absorbant, où la lymphe se prépare, s'élabore, etc. Il me reste à indiquer leurs usages relatifs aux divers organes sur lesquels on les voit se déployer.

GXLI. Le premier de ces usages est sans doute de former autour des organes essentiels une limite qui les isole de ceux de leur voisinage. Remarquez en effet tous les viscères principaux, le cœur, le poumon, le cerveau, les viscères gastriques, les testicules, etc. : bornés par leur enveloppe séreuse , suspendus au milieu du sac qu'elle représente, ils ne communiquent qu'à l'endroit où pénètrent ces vaisseaux, avec les parties adjacentes; partout il y a contiguité et non continuité.

CXLII. Cet isolement de position coïncide très-bien avec l'isolement de vitalité qu'on re-

marque dans tous les organes , et notamment dans ceux que nous venons d'indiquer. Chacun a sa vie propre, laquelle est le résultat d'une modification particulière de la sensibilité, de la tonicité, de l'irritabilité; modification qui en établit nécessairement une dans la circulation, la nutrition, la température. Aucune partie ne sent, ne se meut, ne se nourrit comme une autre , à moins que celle-ci n'appartienne à un même système. Chaque organe exécute en petit les phénomènes qui se passent en grand dans l'économie ; chacun prend dans le torrent circulatoire l'aliment qui lui convient, digère cet aliment, rejette au -dehors dans la masse du sang la portion qui lui est hétérogène, s'approprie celle qui peut le nourrir : c'est la digestion en abrégé. Sans doute qu'ils vouloient donner une idée de cette vérité si bien développée par Bordeu , les anciens qui disoient que la matrice est un animal vivant dans un autre animal. C'est donc un usage bien important des membranes séreuses que de contribuer, en rendant indépendante la position de leurs organes respectifs, à l'indépendance des forces vitales , de la vie , des fonctions de ces organes. N'oublions pas d'envisager sous le même point

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de vue l'atmosphère humide dont elles les environnent sans cesse.

CXLÏII. Une seconde fonction des membranes séreuses , c'est de faciliter le mouvement des organes. Observons , à cet égard , que la nature s'est ménagé deux moyens principaux pour remplir ce but; savoir, les membranes et le tissu cellulaire. En distribuant audehors le second de ces moyens , elle a spécialement destiné le premier aux mouvements internes; le poli, l'humidité des surfaces séreuses leur sont singulièrement favorables.

CXLIV. Ces mouvements internes ne sont considérés ordinairement que d'une manière isolée, que relativement aux fonctions de l'organe qui les exécute, que par rapport à la circulation, pourlecœur; à la respiration, pour le poumon; à la digestion, pour l'estomac, etc.: mais il faut les envisager aussi d'une manière générale; il faut les regarder comme portant dans toute la machine une excitation continuelle, qui soutient, anime les forces et l'action de tous les organes de la tête, de la poitrine et du bas ventre, lesquels reçoivent moins sensiblement que les organes des membres l'influence des mouvements extérieurs. Ce sont ces mouvements internes qui excitent, entre-

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tiennent, développent au-dedans les phénomènes nutritifs, comme au -dehors les mouvements des bras, des cuisses favorisent la nutrition des muscles qui s'y trouvent, ainsi qu'on le voit d'une manière sensible chez les boulangers, les mécaniciens et autres artistes qui exercent plus particulièremen t telle ou telle partie. C'est ainsi que les membranes séreuses contribuent indirectement à la nutrition, à l'accroissement de leurs viscères respectifs; mais jamais elles n'ont sur cette nutrition une influence directe, parce que, comme je l'ai dit ailleurs, leur organisation, leur vie sont différentes de la vie et de l'organisation de ces viscères.

CXLV. Doit-on, comme quelques-uns, regarder les membranes séreuses comme servant d'une espèce de moule qui détermine la forme extérieure de l'organe qu'elles entourent? On repoussera cette idée, si Von considère, i° la laxité de leurs adhérences; 20 la facilité avec laquelle elles quittent leurs organes et viennent de nouveau les recouvrir, suivant qu'ils sont en contraction ou en dilatation ; 5° la disposition de plusieurs, qui n'embrassent qu'en partie ces organes, comme on le voit a la vessie, au coécum, etc.

CXLVI. Je n'indique point les usages particuliers de chacune, ceux de la plèvre, par exemple, relativement à la respiration, qu'elle favorise par 1 'écarteraient de la portion costale d'avec la pulmonaire, etc.

§ VIII. Remarques sur les affections des membranes

séreuses.

CXLVII. Voici quelques questions, sur la solution desquelles des connoissances plus étendues que celles que j'ai présentées sur les membranes séreuses, pourront peut-être influer un jour.

CXLVIII. Pourquoi les surfaces séreuses inférieures, telles que la l unique vaginale et notamment le péritoine, sont-elles plus fréquemment le siège des hydropisies, que les surfaces supérieures, telles que la plèvre, le péricarde, et surtout l'arachnoïde ?

CXLIX. Pourquoi, dans la diathèse hydropique de ces diverses membranes et du tissu cellulaire, une affection analogue ne se manifeste-t-elle pas dans les membranes synoviales des articulations et des gaines tendineuses? A quelle variété précise d'organisation cette différence tient-elle?

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CL. Quel rapport y a-t-il entre l'exsudation purulente et visqueuse des membranes séreuses enflammées, et l'augmentation de sécrétion qui, dans le même cas, survient dans les glandes des membranes muqueuses?

CLÏ. N'y a-t-il pas un parallèle exact à établir, i° entre les adhérences des membranes séreuses qui résultent de l'inflammation , et celles de la réunion des plaies par première intention? Ces adhérences ne sont-elles pas, dans l'un comme dans l'autre cas, l'effet de l'inflammation à son premier période? 20. Entre l'exsudation purulente de ces membranes et la suppuration des plaies non réunies, l'une et l'autre ne sont-elles pas l'effet du second période inflammatoire? Si l'identité de ces phénomènes est reconnue, ne dépend-elle pas de l'identité de structure des membranes séreuses et du tissu cellulaire, agent essentiel de la réunion et de la suppuration des plaies?

CLII. Lorsqu'il se rencontre des adhérences sur les membranes séreuses dans une surface un peu large, l'exhalation lymphatique devientelle en proportion plus abondante sur les autres surfaces non adhérentes ?

CLIII. Se forme-t-il dans les articulations . sur les surfaces synoviales, de ces espèces de

membranes contre nature, si communes à la suite de l'inflammation de la plèvre, de l'arachnoïde, etc., etc.?

ARTICLE IV

Membranes fibreuses.

§ l". Étewlue, nombre des membranes fibreuses.

CL1V. Les membranes fibreuses sont trèsmullipliées dans l'économie animale. Les organes qu'elles entourent n'ont point entre eux des analogies, comme ceux que revêtent les membranes séreuses, et qui tous sont remarquables par des mouvements plus ou moins manisfestes, ou comme les parties sur lesquelles se déploient les membranes muqueuses, qui sont partout en contact avec des corps hétérogènes â ranimai. On rencontre ces sortes de membranes" à l'extérieur des os, de l'œil, du testicule, de la verge, du rein, etc. On les voit se déployer sur la circonférence des membres, qui en empruntent une forte enveloppe, dans l'interstice des muscles, autour des surfaces articulaires; car il faut ranger parmi elles les aponévroses, les capsules fibreuses des articulations, etc.

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CLV. Il y a entre toutes ces membranes une continuité remarquable. Le périoste semble être leur point commun de réunion ; presque toutes en naissent, y aboutissent, ou communiquent avec lui par divers prolongements. La dure-mère, en sortant par les trous nombreux de la base du crâne, se continue avec lui et s'unit à la sclérotique, en envoyant à tous deux le feuillet ; la membrane du corps caverneux entrelace ses fibres avec les siennes sous l'ischion: il en est de même dans toutes les capsules fibreuses qui se fixent en haut et en bas de l'articulation. Toutes les aponévroses viennent presque y aboutir, soit qu'elles enveloppent un membre en totalité, soit qu'elles fournissent aux muscles des gaines , des points d'insertion ou de terminaison. Le péricondre du larvnx . la tunique albuginée, celle qui entoure le rein, semblent presque seules avoir une existence isolée. Il suit de là qu'on peut concevoir la surface muqueuse, comme la surface fibreuse, d'une manière générale, c'est-à-dire, se prolongeant partout, appartenant en même temps à une foule d'organes, distincte sur chacun par sa forme, sa texture, sa disposition, mais se continuant dans le plus grand nombre .

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ayant presque partout des communications. Cette manière de l'envisager paraîtra plus naturelle encore, si l'on considère que le périoste, aboutissant général des diverses portions de cette surface, est lui-même partout continu sur les articulations, soit au moyen des capsules fibreuses qui unissent celui d'un des deux os à celui de l'autre, comme à l'humérus, au fémur, etc. , soit au moyen des ligaments latéraux, qui remplissent cet usage dans les articulations, où , comme à celle du genou , on ne trouve point de capsule fibreuse, mais seulement un sac synovial. En considérant ainsi la surface fibreuse , elle a une étendue égale, au moins, et peut-être supérieure à celle des surfaces séreuses et muqueuses.

CLVI. L'étendue particulière de chaque portion de cette surface est en général proportionnée à celle de l'organe qu'elle entoure. On ne voit point la sclérotique, l'albuginée, le périoste, former de nombreux replis comme le péritoine, la plèvre, etc., ou comme la portion de la surface muqueuse qui revêt les intestins grêles; c'est un caractère distinctif des membranes fibreuses, caractère auquel la dure-mère seule fait exception, par les prolongements

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qu'elle envoie entre les lobes du cerveau, ceux du cervelet , et entre ces deux portions principales de la, masse cérébrale.

§ II. Division des membranes fié reuses.

CLVII. Quoique, presque partout continues, les membranes fibreuses ne fassent pour ainsi dire qu'un même tout, qu'un organe unique, il existe cependant entre elles des différences assez marquées pour les diviser en deux grandes classes. Je range dans l'une, i° les aponévroses, qu'on peut diviser en aponévroses d'enveloppe, telles que celles qui entourent la cuisse, la jambe, le bras, l'avant-bras , etc., et en aponévroses d'insertion : ce sont celles qui. interposées entre les fibres charnues, leur donnent naissance, en*»se continuant avec elles; 2° les capsules fibreuses des articulations, telles que celles du fémur, de l'humérus , espèces de membranes que les anàtomistes ont beaucoup trop multipliées, et qui, comme je le démontrerai ailleurs , n'existent que- dans le très-petit nombre d'articulations , la plupart n'étant pourvues que de membranes synoviales ; 5° les gaines fibreuses des coulisses des tendons.

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CLV1II. Je rapporte à la seconde classe des membranes fibreuses le périoste, la dure-mère, l'enveloppe du corps caverneux, celle du rein, la sclérotique, l'albuginée, la tunique interne de la rate , etc. Toutes ces membranes sont remarquables et distinctes de celles de la classe précédente, i° par l'immédiate connexion qu'elles ont avec l'organe qu'elles entourent; 2° parce qu'elles font pour ainsi dire partie de sa structure, les autres étant presque étrangères aux parties sur lesquelles elles se déploient, et ayant une vie très-indépendante de la leur; 5° par divers autres caractères qui vont être l'objet de nos recherches dans les paragraphes suivants.

§111. Organisation extérieure des membranes fibreuse*.

GLIX. Je vais indiquer d'abord les caractères généraux d'organisation extérieure qui conviennent à toutes les membranes fibreuses ; j'exposerai ensuite ceux de chacune des deux classes où elles ont été distribuées. i°. Toute membrane fibreuse a ses deux faces partout continues aux parties voisines, toujours adhérentes, jamais libres, comme on le voit dans

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Tune des faces des membranes séreuses et des muqueuses , jamais par conséquent humectées d'un fluide particulier, comme ces deux classes de membranes en présentent encore un exemple. 2°. La plupart représentent des espèces de sacs où sont contenues diverses parties. Ainsi le fascia-lata forme à la cuisse une enveloppe ajoutée à celle des téguments; l'albuginée en présente une au testicule, la sclérotique à l'œil, le périoste à l'os, les capsules fibreuses à la membrane synoviale, etc. 3°. Cette enveloppe est percée de diverses ouvertures pour le passage des vaisseaux et des nerfs qui se rendent aux parties sous-jacentes ou qui en sortent , caractère distinctif de celui des membranes séreuses, qui se replient toujours et ne s'ouvrent jamais pour laisser pénétrer les vaisseaux aux organes qu'elles embrassent. Ces ouvertures, formées par le simple écartement des fibres, sont en général plus grandes que le diamètre des vaisseaux correspondants; ce qui empêche qu'ils ne soient pinces , étranglés en diverses circonstances.

CLX.Lcs caractères d'organisation extérieure propres aux membranes fibreuses de la première classe, varient suivant les genres comr pris dans cette classe, suivant qu'on observe

ces caractères dans les aponévroses, les capsules articulaires ou les gaines tendineuses. Les aponévroses d'enveloppe présentent une forme très-variable, suivant la partie qu'elles embrassent : tantôt disposées en forme de gaines cylindriques , comme aux membres ; tantôt aplaties en manière de toile, comme au-devant des muscles abdominaux, elles sont toutes remarquables par leur continuité avec certains muscles , au moyen desquels l'animal leur imprime le degré de tension convenable pour borner ou faciliter les mouvements de la partie. Chacun a, pour ainsi dire, ses muscles tenseurs, dont la contraction, graduée à volonté , fait varier aussi à volonté l'état où elle se trouve. Cette loi d'organisation extérieure est évidente dans l'insertion, i° des articulaires et des deux portions frontale et occipitale à la toile épicrânienne; 2° des muscles droits à l'aponévrose abdominale antérieure, au moyen des intersections tendineuses; 5° du grand pectoral et du grand dorsal à la brachiale, du biceps à J antibrachiale; 4° du grêle de l'avant -bras à la palmaire; 5° du grand fessier, du fascia-lata , etc., à l'aponévrose du même nom; 6° des demi - tendineux , demimembraneux et biceps à la tibiale; 70 des

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