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rieure de la seconde classe de membranes fibreuses , du périoste, de la sclérotique, de l'albuginée, diffèrent beaucoup des précédents. Ces sortes d'enveloppes correspondent audehors par un tissu lâche aux organes qui les entourent. Ordinairement embrassées par les muscles, elles permettent facilement, sous ce rapport, leurs mouvements divers et prennent souvent à l'endroit où le frottement est considérable une texture cartilagineuse , par l'exhalation de la gélatine entre leurs fibres , qui s'en encroûtent. Cette disposition est improprement désignée sous le nom de périoste endurci s quand c'est cette membrane qui la présente.

CLXV. La surface interne de ces membranes , intimement unie à l'organe qu'elles entourent, y envoie divers prolongements, qui identifient , pour ainsi dire , leur existence à la sienne. Une foule de fibres se détachent du périoste et pénètrent dans l'os; la dure -mère y envoie aussi de nombreux filaments; de l'albuginée. de l'enveloppe du corps caverneux, de la tunique propre de la rate, partent des appendices fibreuses, qui, s'entre-croisant en divers sens au-dedans de l'organç, forment comme le canevas, la charpente, autour des-

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quels s'arrangent et se soutiennent ses autres parties constituantes.

CLXVI. D'après cela , nous devons considérer la membrane elle-même comme le moule qui détermine la forme et la grandeur de l'organe. Aussi on le voit , lorsqu'elle vient à être enlevée, pousser çà et là d'irrégulières végétations. Le cal, dans les cas de déplacement trop considérable pour permettre le prolongement du périoste sur les surfaces divisées, est inégal, raboteux, hérissé d'aspérités, etc. La figure du testicule s'altère, dès que sa tunique albuginée a été intéressée dans un point quelconque, etc. C'est là un caractère distinctif de celui des membranes séreuses, qui peuvent, sans causer aucune lésion dans la forme de leur organe respectif, l'abandonner, comme nous l'avons vu, dans une partie plus ou moins grande de son étendue, souveht même en totalité.

§ IV. Organisation intérieure des membranes fibreuses.

CLXV11. Quelle que soit la classe à laquelle elles appartiennent , les membranes fibreuses ont toujours à-peu-près la même organisation. Leur couleur, d'un gris foncé sur le plus grand nombre > devient sur les aponévroses d'un

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blanc resplendissant. Toutes, lorsqu'elles sont desséchées, sont, comme les tendons, exposées aussi à la dessiccation, jaunâtres, demi-transparentes, élastiques; leur épaisseur est moyenne entre celle des membranes séreuses et celle des membranes muqueuses.

CLXVIII. Ordinairement formées d'un seul feuillet, elles en présentent quelquefois deux, comme à la dure -mère; mais ils ne sont distincts ici que dans quelques parties, à l'endroit des sinus, par exemple : partout ailleurs, leur séparation est presque impossible. On dit communément que le feuillet interne forme, en se reployant , la faux , la tente du cervelet, etc. On conçoit, mais on ne démontre pas cette disposition. Je compareces prolongements à ceux qu'envoient dans l'interstice des muscles les aponévroses qui enveloppent les membres, avec la différence, i° que les premiers sont libres de tous côtés , et que. les autres , au contraire, fournissent de nombreux points d'attache ; 2° qu'a l'origine des uns , il y a un écartement de fibres pour les sinus, tandis qu'à celle des autres rien de semblable ne s'observe.

CLXIX. Toutes ces membranes ont pour base commune une fibre d'une nature par-

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ticulière, dure, élastique, insensible, peu contractile , que la macération ne résout point , comme Haller l'a dit, en tissu cellulaire. Cette fibre, très-abondamment répandue dans l'économie animale, est aussi le principe essentiel de la structure des tendons et des ligaments, qui ne diffèrent des membranes fibreuses, qu'en ce que cette fibre y est ramassée en faisceaux toujours parallèlement disposés, quelquefois entre-croisés ; au lieu que dans ces membranes elle s'entrelace en réseau mince et à large surface. Aussi la fibre nerveuse estelle étendue en membrane sur la rétine, ramassée en paquets allongés dans les nerfs ; aussi la fibre musculeuse forme-t-elle alternativement et des faisceaux charnus dans les muscles locomoteurs, et des couches membraneuses sur l'estomac, la vessie, etc. La nature organique reste la même dans ces variétés de conformation.

CLXX. C'est sans doute à cause de l'identité de nature entre la fibre des tendons, des ligaments et celle des membranes fibreuses, que l'on voit toujours ces organes s'entrelacer et se continuer. On sait, i°que partout les ligaments et le périoste se réunissent ensemble; 2° que presque tous les tendons naissent de cette mcm-

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brane ou s'y terminent; 5° que ces cordons blanchâtres et fibreux prennent encore leur insertion sur la sclérotique, sur l'enveloppe des corps caverneux; 4° que quelques-uns, comme ceux des muscles de l'œil, semblent se confondre avec la dure-mère. Cette continuité des tendons ne s'observe jamais sur aucun autre organe, et spécialement on ne la voit point sur les membranes séreuses et muqueuses.

CLXXI. Si l'on rapproche maintenant cette observation de celle qui nous a montré presque toutes les membranes fibreuses continues les unes aux autres, on verra, i° que l'étendue de l'organe fibreux, considéré d'une manière générale , est bien plus grande que d'abord nous ne l'avions annoncé, puisqu'il faut y ajouter encore les ligaments et les tendons ; 2° que cet organe se tient partout, s'enchaîne, se lie, et forme un corps continu, dont le périoste est comme le centre, l'origine et la terminaison.

CLXXII. Cette fibre fondamentale, base essentielle des membranes qui nous occupent, n'est pas disposée dans toutes de la même manière. La sclérotique, l'albuginée, la dure-mère, etc., nous présentent un entre -croisement, qui, varié selon mille directions, paroît absolument inextricable: cet entre-croisement de-

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vient moins compliqué dans le périoste, ne se fait qu'en deux ou trois sens dans les aponévroses et les capsules fibreuses; il est nul dans les ligaments formés, ainsi qu'il a été dit, de fibres parallèles.

CLXXIII. J'observe qu'il n'y a dans l'économie animale que trois fibres bien distinctes, i° celle qui nous occupe; 2° la nerveuse; 3° la musculeuse ; l'organe cellulaire n'étant point fibreux. Chacune, dans ses organes respectifs; savoir, les tendons, les muscles et les nerfs, est très-distincte , très-manifeste, parce qu'elle y existe isolément, et forme ces organes presque en entier; mais la nature ne peut-elle point les combiner deux à deux, trois à trois, etc.? N'estce point à cette combinaison qu'il faut attribuer les propriétés de certains organes qui participent également à celles de ces trois fibres primordiales? On conçoit que, par cette combinaison, je n'entends pas l'entrelacement ordinaire des muscles avec les nerfs apparents qui s'y distribuent, de ces mêmes muscles avec leurs tendons, etc.

CLXXIV. Quel que soit l'état isolé ou combiné de ces trois fibres, elles sont évidemment bien distinctes dans leur nature, et il est impossible d'admettre l'opinion d'une foule d'à-

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natomistes qui, observant que les compressions intérieures changent quelquefois les muscles en un corps blanchâtre, dense et serré, ont cru la fibre musculaire identique à celle des tendons et par conséquent des membranes fibreuses. Dans les muscles, la même fibre est, selon eux, alternativement charnue et tendineuse. Comment admettre unité de nature là où il y a différence d'organisation extérieure et intérieure, de propriétés vitales, de fonctions et même d'affections? Or, le moindre parallèle établi entre le tendon et le muscle démontre ces différences, sur lesquelles je ne m'arrête pas. 11 y a certainement moins d'analogie entre le muscle et le tendon qui reçoit son insertion, qu'entre celui-ci et l'os, qui, à son tour, lui fournit une attache dans l'adulte.

CLXXV. Quelle est la nature de cette fibre blanche, base commune des membranes qui nous occupent? On l'ignore, parce qu'on ne lui connoît pas des propriétés bien prononcées; qu'elle n'en a, pour ainsi dire, que de négatives de celles de la fibre musculaire, que caractérise la contractilité, et de celles de la fibre nerveuse, que distingue la sensibilité; on la voit presque toujours dans un état passif. Au reste, c'est à elle que tout l'organe fibreux

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doit cette force, cette résistance qui lui sont propres, et qu'on ne retrouve qu'en un petit nombre d'autres organes. Elle établit entre ceux où elle existe , et la peau , les cartilages , les membranes séreuses, etc., une différence de structure essentielle; aussi la division ordinaire des organes en blancs et en rouges est-elle manifestement défectueuse, en ce que, dans la classe des parties blanches, on confond avec les organes fibreux, et ceux que forme seulement le tissu cellulaire, et ceux qui, étant de texture différente, n'ont point cette fibre pour base.

CLXXVI. Cette fibre n'est pas développée également dans tous les âges; plusieurs membranes fibreuses n'en présentent, dans le fœtus, presque aucune trace. En considérant le centre phrénique, plusieurs aponévroses et la dure-mère même , dans les premiers mois , on y trouve l'aspect des membranes séreuses et une texture toute cellulaire; ce n'est que peu à peu que les fibres se développent, et finissent enfin par envahir, si je puis me servir de cette expression, toute la membrane.

GLXXVII. Le système vasculaire des membranes fibreuses est très-prononcé ; il pénètre leur tissu, entre évidemment dans leur com-

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position. Souvent on voit les vaisseaux s'y ramifier à l'infini, avant de pénétrer dans l'organe qu'elles recouvrent. Quelques auatomistes les ont considérées, d'après cela , comme propres à activer la circulation, à suppléer ainsi à la force du cœur, qui doit être ralentie à leur surface; mais leur peu de contractilité , leur adhérence sur les parties où on leur a attribué cet usage, semblent évidemment l'infirmer.

CLXXV1II. Il paroît certain qu'il y a un rapport remarquable, quoique peu connu, entre la circulation de ces membranes et celle de l'organe qu'elles recouvrent. Si l'on détruit le svstèuie médullaire, l'os se nécrose; la circulation y cesse au-dedans; tout son système vasculaire semble se reployer au -dehors sur le périoste, qui devient alors rouge, épais, très-sensible, et finit par s'ossifier. L'expérience inverse, celle par laquelle, eu détruisant le périoste sur une partie considérable de l'os, avec la précaution de laisser des troncs essentiels, on développe une circulation plus active sur le système médullaire, qui devient aussi osseux; cette expérience a eu, dit-on, du succès, faite par divers anatomistes vivants: elle m'a toujours présenté d'extrêmes difficultés, et jamais de succès.

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CLXXÏX. Les membranes fibreuses ont-elles des nerfs? Diaprés la dissection, on peut répondre que non : d'après plusieurs phénomènes de leur sensibilité, on peut assurer que oui. Mais ces phénomènes sont-ils irrévocablement liés à la présence de ces cordons médullaires, tels au moins que nous les voyons dans les autres organes?

§ V. Forces vitales des membranes fibreuses.

CLXXX. Haller a placé parmi les organes insensibles les membranes fibreuses , parce qu'irritées par divers agents chimiques et mécaniques, elles ne font éprouver à l'animal aucune sensation douloureuse; mais j'ai déjà fait remarquer que cette propriété, restreinte par ce grand homme dans des bornes trop'étroites. a voit deux degrés très-marqués: l'un, où l'organe semble être le terme de l'impression qu'il reçoit; l'autre, où il rapporte cette impression au cerveau.

CLXXX1. La sensibilité n'est qu'au premier deçré dans les membranes fibreuses; les divers excitants déterminent sur elles, dans leur intégrité, un effet analogue à celui des fluides qui y abordent pour leur nutrition: elles sen-

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lent le stimulus, mais ne transmettent point ce sentiment, ou du moins ne le transmettent que très-confusément. Je compare cet état à celui d'une région devenue paralytique: certainement la sensibilité organique subsiste dans cette région, puisque les fluides y circulent, puisque les sécrétions s'y opèrent, etc.; mais la sensibilité de relation y est éteinte. Les membranes fibreuses sont naturellement ce que les téguments de cette région deviennent accidentellement. Remarquons , au reste , qu'ici , comme aux membranes fibreuses, l'inflammation exalte tellement la sensibilité organique, qu'elle se transforme dans ce cas en celle de relation, comme on peut l'observer sur le périoste resté à nu, sur la dure-mère, qui s'exfolie après le trépan, etc.

CLXXXIi. Quoique, d'après un grand nombre d'expériences sur les animaux vivants . la sensibilité de relation semble nulle dans les membranes fibreuses et dans les organes analogues qui forment partie du corps fibreux, considéré en général, il est cependant un mode d'excitation qui la développe d'une manière remarquable dans les ligaments, avec lesquels elles ont tant d'analogie de structure. En effet, mettez à découvert une articulation sur un

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chien, celle de la jambe, par exemple; disséquez avec soin les organes qui l'entourent; enlevez surtout exactement les nerfs, de manière à ne laisser que les ligaments ; irritez ceuxci avec un agent chimique ou mécanique: l'animal reste immobile, et ne donne aucun signe de douleur. Distendez après cela ces mêmes ligaments, en imprimant un mouvement de torsion à l'articulation : l'animal , à l'instant, se débat, s'agite, crie, etc. Coupez enfin ces ligaments de manière à laisser seule la membrane synoviale qui existe dans cette articulation , et tordez ensuite les deux os en sens contraire : cette torsion cesse d'ôtre douloureuse (1).

CLXXXIII. Il résulte de cette expérience, que j'ai souvent répétée, que les ligaments, in-

(1) Cette expérience, à laquelle Bichat attachait une grande importance , n'est pas exacte ; je la répèle tous les ans dans mes cours. Jamais elle n'a réussi » c'est-à-dire que la torsion des ligament après la dissection de l'articulation et l'enlèvement des nerfs, ne produit aucune sensation appréciable à l'animal.

Les applications ingénieuses des résultats de celte expérience ne sont donc nullement fondées.

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